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Une nouvelle gouvernance pour une nouvelle vision du sport

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- 17/10/2018 09h:15

Interview très intéressante mais il aurait été approprié de relire avant de publier.

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Une nouvelle gouvernance pour une nouvelle vision du sport

Le rapport « Nouvelle gouvernance du sport » a été remis en comité de pilotage ce matin par Laurence Lefevre et Patrick Bayeux à la nouvelle ministre des sports.
Acteurs du sport a interviewé Patrick Bayeux

Vous remettez le rapport sur la gouvernance du sport aujourd’hui à Roxana Maracineanu qui n’a pas participé au chantier de la réflexion. Qu’attendez vous de la nouvelle Ministre des sports ?

Tout d'abord je souhaite saluer le travail qui a été fait tout au long de cette année 2018. Un énorme de travail de concertation avec l'ensemble des acteurs du sport qui a permis de dégager un consensus sur un nouveau modèle. Ce nouveau modèle est plus qu'une nouvelle organisation, il porte une vision du sport pour les prochaines décennies au delà de Paris 2014. Une vision selon laquelle le sport devient un bien commun, un bien  partagé, construit de générations en générations qui appartient au patrimoine immatériel d'un pays. Mais un bien commun c'est aussi un bien d'utilité sociale, un bien qui rapporte plus qu'il ne coute avec ses effets induits sur la santé sa capacité à créer du lien sociale, à éduquer. Certes la ministre n'a pas participé à toute la concertations, mais une grande majorité des propositions faites dans le rapport  sont partagées et permettent de faire basculer le sport dans une nouvelle économie qui reconnait que depuis 30 ans, la demande sociale a évolué, le rôle des acteurs a été profondément modifié et le quotidien de chacun est chamboulé avec le numérique. Donc j'attends de la ministre qu'elle s'approprie nos réflexions et surtout qu'elle prenne acte du consensus historique qui s'est dégagé entre l'Etat, le mouvement sportif, les collectivités territoriales et le monde économique.


Pouvez-vous planter le décor et nous expliquer comment va concrètement fonctionner cette nouvelle gouvernance, notamment la répartition des rôles entre les 4 acteurs et les niveaux national et local ?

Pour planter le décor il y a des acteurs une pièce, 2  scènes et  plusieurs actes. Les acteurs ce sont l'Etat, le mouvement sportif, les collectivités territoriales et le monde économique. C'est la première fois qu'on va leur permettre de jouer la pièce ensemble. Ca peut surprendre mais aujourd'hui ce n'est pas le cas. Les principaux financeurs du sport que sont les collectivités territoriales n'ont jamais été invitées à débattre avec l'Etat et le mouvement sportif d'une vision partagée du développement du sport en France. L'agence de financement réunira les 4 acteurs.
La pièce  c'est la gouvernance partagée c'est à dire le fait que les acteurs se mettent ensemble autour de la table pour échanger et décider ensemble des politiques à conduire et  ceci à 2 niveaux : au niveau national à travers la création de l'agence nationale de financement du sport et au niveau régional avec la mise en place d'une conférence régionale du sport et d'une conférence des financeurs.

Ensuite dans les actes la conférence nationale du sport a pour fonction de définir les enveloppes financières qui seront attribuées d'une part à la performance sportive avec un objectif de gagner plus de médailles et d'autre part au développement des pratiques avec un objectif d'augmenter le nombre de pratiquants et de licenciés. Dans le développement de la pratique l'agence attribuera 2 enveloppes financières une pour le sport sport fédéral avec la pratique licenciée et une pour le sport territorial. Cette enveloppe nationale  qui sera attribuée aux territoires sera mise au pot de la conférence des financeurs du sport au niveau régional.

La conférence des financeurs réunira là encore les 4 acteurs. L'objectif est qu'ils puissent discuter de qui fait quoi et qui paye quoi. Je prends un exemple le sport de haut niveau. Aujourd'hui un sportif de haut niveau est obligé de s'adresser à l'Etat, à sa fédération, à ses sponsors, à la région, au département, à la métropole et à la ville pour essayer de boucler son budget. Demain avec la conférence des financeurs, tous les financeurs seront autour de la table et se répartiront les financements entre eux par rapport à leur compétence. Le sportif aura une réponse globale. On n'a rien inventé ce mécanisme existe déjà sous cette forme pour les personnes agées. Tout ne passera pas bien sur par la conférence des financeurs. On a proposé sur les co financeurs se mettent d'accord sur 4 politiques : le sport de haut niveau, le sport professionnel, les équipements structurants et les territoires carencés dans l'accés à la pratique sportive.

Vous ne parlez pas des  moyens qui relèvent d’une « décision politique ». Mais pouvez-vous estimer la fourchette idéale pour un bon fonctionnement ?

Si on en parle puisqu'on indique que le mouvement sportif et les collectivités ont estimé nécessaire un financement public d’État de l’ordre 400 millions d’euros. Ceci correspond au montant actuel des taxes déplafonnées. Moi j'ai toujours affirmé 2 principes. Le premier le sport finance le sport. Qu'est ce que cela veut dire. Tout simplement que les taxes prélevées sur l'économie du sport  c'est à dire la taxe buffet, la taxe sur les paris en ligne et la taxe sur la française des jeux devaient financer la performance sportive et le développement du sport. Aujourd'hui ce n'est pas le cas puisque   l'état plafonne ces taxes. J'ai noté qu'un certain nombre d'amendements parlementaires sur le vote de la loi de finance allaient dans ce sens. En supprimant les plafonds actuels on arrive au budget de 400 M€. La deuxième chose c'est que gouvernance et financement sont intimement liés. Comment impulser une dynamique à l'approche des jeux et des actions sur les territoires sans disposer d'un budget pour des actions supplémentaires ?  Inimaginables et incompréhensible pour les acteurs du terrains que sont les clubs et les collectivités territoriales. Donc le budget nécessaire est dans un premier temps n'est sans doute pas de  400 M€ mais on pourrait y tendre d'ici 2024. Ce qui importe aujourd'hui c'est d'avoir les moyens d'impulser des actions nouvelles et notamment sur les territoires.


En quoi cette agence va permettre d’obtenir  davantage de médailles et d’augmenter le nombre de pratiquants ?

Ce n'est pas uniquement l'agence mais c'est toute cette nouvelle gouvernance au niveau national et au niveau des territoires qui permettra d'atteindre ces 2 objectifs. L'agence est un outil de concertation et de financement mais aussi de dialogue et d'impulsion avec les territoires. Cette nouvelle gouvernance va permettre d'atteindre ces 2 objectifs parce qu'elle remet le club au coeur de la préoccupation des acteurs. Sans club pas de sportifs de haut et pas de médailles, il ne faut pas l'oublier. Pour ce qui concerne les pratiquants ils peuvent être licenciés ou non licenciés. Chacun peut tous les jours constater l'engouement de plus en plus important pour une pratique non licenciée et c’est tant mieux. Dans notre rapport nous faisons un certain nombre de proposition pour accompagner cette évolution qui doit tenir compte de la révolution numérique en cours.
Pour ce qui est de la pratique en club, l’objectif est de renforcer le rôle des fédérations sportives, de leur donner plus d’autonomie et de les accompagner dans la conduite d’un projet sportif fédéral. Tout ceci avec un seul but renforcer le rôle du club sur le terrain.
Quant aux performances sportives le travail conduit par Claude Onesta qui intègre l’agence est essentiel. Il repose sur une approche totalement innovante de la performance sportive qui remet l’athlète au cœur de la préoccupation des acteurs ce qui est devrait produire rapidement des effets.

Quand pourrait-elle entrer en action ?

Je ne veux pas répondre à la place de la Ministre
On avait imaginé une mise en action au 1er janvier. Ça a pris un peu de retard suite à la démission de Laura Flessel mais j'en crois les échanges que j'ai eu avec Roxana Maracineanu on serait sur une création courant premier trimestre.


Qui sera à sa tête et pour combien de temps ?

Cela fait partie des choses encore à caler. Pour ce qui concerne la présidence de l'agence. Donc 2 solutions soit une présidence par un des membres acteurs, avec pourquoi pas une présidence tournante. Ou une présidence par une personnalité qualifiée.
Pour ce qui concerne le temps, pour ma part c'est sur du très long terme dans la mesure où cette agence marque l'entrée du sport dans une nouvelle ère.
 

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