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Stades : la pelouse hybride s'impose

Sylvie Roman • sylroman@yahoo.fr

Mis à jour le 17/10/2017 à 14h43

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Les Bleus s'y mettent aussi!
Dans le cadre de sa rénovation, le Centre national d'entraînement de Clairefontaine a fait le « grand saut », en s'équipant d'une pelouse hybride. Ce qui, pour les dirigeants alors que se profile l'Euro 2016, permettra une utilisation optimale du terrain et donc, un maximum d'entraînements, tout en préservant au mieux la pelouse. Et si aujourd'hui dix stades dont six accueillant les matchs de l'Euro sont équipés de pelouses hybrides, d'ici le coup d'envoi, Nice, Lens, Lille et le Stade de France devraient avoir rejoint le club.

Stades : la pelouse hybride s'impose

© irontrybex

Mélangeant fibres synthétiques et gazon naturel, les pelouses hybrides avaient jusqu'à présent du mal à se développer en France. Mais lors de l'Euro 2016, six des dix stades retenus en seront équipés. Grâce à l'évolution des techniques qui permettent aujourd'hui de conjuguer réduction des coûts et résistance à l'usage.

Le 9 janvier 2016, les spectateurs du match inaugural du Stade Lumière de Lyon ont découvert la nouvelle surface de jeu, alliant fibres synthétiques et gazon naturel : une pelouse hybride issue d'une technologie française. En usage depuis une quinzaine d'années, la pelouse hybride équipe aujourd'hui plus de 400 stades (ou autres lieux sportifs) dans le monde. En France pourtant, jusqu'en 2012, ce procédé ne faisait pas beaucoup d'émules, malgré le choix des précurseurs, Nantes et Monaco dès 2001.

 

Tapis en rouleau

Si le principe de base reste le même, un mixte de fibres synthétiques et de gazon naturel, deux procédés très différents cohabitent aujourd'hui. Le plus ancien (développé notamment par le leader Desso), est constitué d'une sorte de tapis en rouleau, en trames synthétiques, dans lequel sont implantées tous les deux centimètres, et à vingt centimètres de profondeur, des touffes de fibres synthétiques. Ensuite, les installateurs agréés par l'entreprise sèment du gazon naturel, dont les racines viennent s'enrouler et se mêler aux fibres synthétiques. Ce procédé permet un renforcement du gazon, une meilleure tenue des racines, et une forte résistance aux arrachages dus aux phases de jeu intensives. Un bémol, il nécessite une préparation plus classique du sol, avec terre et compost, et peut donc s'avérer sensible aux fortes intempéries, aux changements climatiques (sécheresse, fort ensoleillement...). Autre bémol, l'impossibilité de remplacer la pelouse par plaques (lire encadré), et donc un surcoût en cas d'aire de jeux fortement endommagée. Un « détail » qui explique peut-être la frilosité des clubs français à s'équiper de cette nouvelle technologie (a contrario des clubs belges, anglais, italiens, néerlandais...).

 

Trois couches

Mais les choses sont en train de changer. Une autre technologie plus récente est en effet apparue sur le marché en 2011: -AirFibr (de Natural Grass), issue de la recherche et du développement d'un groupe familial français. Ce système est constitué d'une pelouse en gazon 100 % naturel, qui est enraciné dans un substrat artificiel, composé de trois couches: du sable fin extra silicieux, chargé en matériaux organiques, « pour nourrir » le substrat, un niveau de granules de liège naturel, et enfin une couche de microfibres synthétiques. Les racines du gazon naturel sont ainsi ancrées dans le substrat fibré, leur apportant une très forte résistance à l'arrachement.

Par ailleurs, la couche de liège agit comme un matelas amortisseur, grâce à l'air naturellement présent dans le liège. De leur côté, les microfibres synthétiques agissent aussi comme un amortisseur de chocs, participant ainsi au confort de jeu, tout en apportant la résistance voulue, caractéristique première et recherchée de ces surfaces hybrides.

Multiplicité des usages

Au Stade Lumière de Lyon, l'installation autour de la pelouse reste cependant assez complexe : elle comprend en effet des radians électriques pour chauffer la pelouse, un système de luminothérapie, pour pallier les zones d'ombre dues à la configuration du stade, mais aussi un système d'absorption des eaux et une ventilation. Mais il est vrai que le stade sera soumis à rude épreuve, c'est d'ailleurs une autre caractéristique de la prescription de la pelouse hybride: pouvoir répondre à la multiplicité des usages et caractéristiques des jeux pratiqués - football, rugby, pour l'essentiel - tout en étant parfaitement adaptée à la transformation d'un stade en salle de concert géante. Dans ce cas-là, le gain est quantifiable et visible, puisque selon la technologie choisie (lire encadré), on procédera à un replaquage parcellaire, et à un entretien plus doux que pour les pelouses classiques.

Réduction de l'arrosage

Quel que soit le système hybride installé, il offre l'avantage d'une très forte réduction de l'arrosage: jusqu'à 2,5 fois moins par exemple au stade de l'Arsenal à Londres équipé de AirFibr. La résistance du sol étant fortement accrue par rapport à une pelouse traditionnelle, on constate aussi une très nette diminution du remplacement des plaques. Si l'entretien, la tonte, l'aération, le carottage, le drainage vertical, restent les mêmes que pour les pelouses traditionnelles, la différence peut provenir des produits phytosanitaires, selon la technologie choisie. Mais synthétique ne veut pas dire « polluant », puisque la majorité des fabricants, comme par exemple Art-Dan Sols sportifs, réalisent leurs éléments microfibrés en produits 100 % recyclables.

Tour de main spécifique

Les surcoûts, bien réels à l'installation (de l'ordre de 800 k) sont donc, assurent les fabricants, amortis en quelques années seulement... de quoi faire réfléchir les gestionnaires des clubs! Cependant, même si les caractéristiques se rapprochent du gazon naturel, l'entretien demande un tour de main spécifique et une formation des jardiniers. Le « greenkeeper » (intendant de terrain) est donc indispensable: à Lyon il sera secondé d'un cabinet indépendant qui aura un rôle de conseil pour l'entretien du terrain.

 

Plus résistant qu'une pelouse classique
De par sa composition et sa texture, le système hybride est plus résistant mais aussi plus malléable que la pelouse classique: ainsi le procédé Natural Grass permet de « replaquer » par zones abîmées, sans devoir scalper l'ensemble de la pelouse. Indispensable dans ces nouveaux équipements multifonctions, qui accueilleront des matchs mais aussi des concerts. L'entretien, quel que soit le système choisi, est facilité, « comme une pelouse traditionnelle », souligne Bertrand Picard, gérant de la société Natural Grass. Devant les caractéristiques actuelles des stades, qui sont de plus en plus fermés et bénéficient donc d'un éclairage naturel réduit, les pelouses hybrides sont plus particulièrement adaptées, même si souvent une installation de luminothérapie doit compléter le dispositif, notamment en fonction de la zone géographique concernée. Bien que les terrains de foot et de rugby constituent l'essentiel des « clients » pour la pelouse hybride, celle-ci est aussi utilisée dans les golfs, pour les parties très sollicitées, les stades d'athlétisme, ou encore pour des terrains de tennis.

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