Nous suivre Acteurs du sport

Sports d'hiver : les stations développent les alternatives au ski

David Picot • david1picot@yahoo.fr

La folie des complexes aquatiques
Bien-être et détente après le ski, c'est en effet ce que promettent ces centres dits « aqualudiques » - ou « aquasportifs » - érigés dans de nombreuses stations de sports d'hiver (Tignes, Val d'Isère, Villard-de-Lans, Val Thorens, Les Ménuires, Orcières, La Bresse, etc.). Sans compter ceux qui fleurissent ici ou là, comme dans la très chic Courchevel où la bâtisse est encore en chantier. Il est d'ailleurs possible de suivre sa construction sur un site internet dédié: http://www.centreaquatique.mairie-courchevel.fr/ L'ouverture de ce complexe de 10500 mètres carrés est prévue en décembre 2015. Coût des travaux: 40 millions d'euros HT entièrement financés par la commune. « Le centre pourra accueillir 1200 personnes en fréquentation maximale instantanée (FMI) », nous explique Jean-François Coquard. Au programme: des bassins de natation, de sauts, des jets d'eau, des toboggans avec courant, une zone de surf indoor, une autre d'escalade. Mais aussi un espace bien-être avec bassin d'eau salée, sauna, hammam, centre de soins personnalisés, etc. « Ce sera le seul complexe en dehors des piscines des hôtels et chalets privés », poursuit le directeur du service des sports. La station des Arcs vient aussi de se doter d'un nouveau centre aqualudique de 3800 mètres carrés, de même qu'Avoriaz avec son Aquariaz. « Les gens ne skient pas tous les jours ou skient moins longtemps », précise Stéphane Lerendu, le directeur de la station. « Il est important de leur proposer d'autres activités auxquelles ils peuvent également profiter les jours de mauvais temps ». L'investissement (13 millions d'euros) a été supporté par le groupe Pierre et Vacances. Quant à l'exploitation, elle est assurée par l'office de tourisme qui équilibre le budget (700000 euros/an).

Sports d'hiver : les stations développent les alternatives au ski

© kasjato - Fotolia.com

Le ski reste bien la principale motivation des adeptes des sports d'hiver. Mais leurs pratiques évoluent, vers notamment des glisses complémentaires qui nécessitent bien souvent la construction de nouveaux équipements, parfois originaux. De quelles façons s'adaptent les collectivités et autres domaines skiables? Tour d'horizon non exhaustif de ces équipements version XXIe siècle.

«Le ski alpin reste la motivation principale des clients des stations de sports d'hiver », explique Michel Giraudy, président de France Montagnes, une association qui regroupe les principaux acteurs du tourisme de montagne dans -l'Hexagone. « Ils viennent pour skier quel que soit leur niveau. Mais au-delà de cette démarche très classique, de plus en plus de personnes ciblent des activités complémentaires qui contribuent à dynamiser l'image des sports d'hiver », précise-t-il.

 

Du snowpark...

Le Savoyard, par ailleurs maire de Bourg-Saint-Maurice, fait notamment référence au snowboard, au ski alpinisme, à l'escalade sur glace et même à la luge. Depuis quelques années, ces disciplines émergent ou réémergent en haut des cimes. Du côté des stations, pour y répondre, c'est bien souvent la course à l'armement en termes d'équipements et parfois aussi à l'originalité. Pour des coûts très variés: négligeables lorsqu'il s'agit de tracer une piste de randonnée dans un chemin forestier, ou conséquents dès lors qu'il faut construire et entretenir un snowpark.

Importés des États-Unis au début des années 1990, les snowparks sont aujourd'hui très répandus en France. Abordés en ski ou en snowboard, ces équipements regroupent différentes structures permettant de glisser ou de décoller pour réaliser des figures acrobatiques, à l'image du rail ou barre de glisse, du big air - un tremplin assez raide - ou du half pipe, un demi-tube de neige à parcourir en allers-retours avec des envolées de chaque côté.

La station de Saint-Lary-Soulan, dans les Pyrénées, a été l'une des premières à miser sur ces « parcs à neige ». C'était en 1993. « Il y a un phénomène de mode », souligne Manuel Bernia, chargé de communication à l'office du tourisme et responsable du snowpark. « De nombreuses stations ont lourdement investi pour en créer. Mais le plus dur est de le faire sur la durée ».

... au stashpark

Pour entretenir le parc, 500 heures de damage par an sont nécessaires, soit un budget d'environ 75000 euros à l'année. Sans compter celui lié à la dameuse et aux six salariés qui œuvrent sur le site. Pour Manuel Bernia, « c'est grâce à cet investissement que nous avons pu rester en tête du peloton ». Il ajoute aussi une dose de savoir-faire. « Cela peut sembler tout bête mais chez nous, les pilotes de la dameuse sont des riders », c'est-à-dire des snowboardeurs expérimentés. « C'est super-important pour bien comprendre comment ramener la neige ».

Avoriaz a aussi son snowpark, mais depuis 2008, la station s'est également dotée d'un stashpark! « Le concept vient de Californie. Il est à mi-chemin entre le snowpark et la piste de ski », détaille -Stéphane Lerendu, directeur de la station. « Il se pratique en forêt. Nous y cachons des modules: troncs d'arbre en arc de cercle, souches, tables en bois, yeti sculpté, etc. L'objectif est de les trouver et de les rider. Nous avons démarré avec une trentaine. Aujourd'hui, nous en avons 100 ». Le parc a coûté 100000 USD (environ 82000 euros), en grande partie pris en charge par la société créatrice du concept. L'entretien annuel, lui, revient à environ 10000 euros. « Nous voulions quelque chose de vraiment original, ouvert à tous, loin de l'esprit ghetto'' qui anime parfois les snowparks. Et surtout dans le respect de la montagne. Nous travaillons avec l'Office national des forêts (ONF). Nous n'avons pas abattu un seul arbre », tient-il à préciser. Le succès a été au rendez-vous dès la première année puisque la fréquentation du télésiège qui emmène les adeptes au sommet a augmenté de 35 %.

 

Tour de glace

Et puisqu'il est question d'originalité, direction Champagny-en-Vanoise (Savoie) à proximité de La Plagne. Là-bas est érigée la tour de glace, un totem autour duquel se retrouvent les fondus d'escalade. « Du débutant au sportif de haut niveau », garantit Denis Tatoud, premier adjoint au maire et à l'origine de cet équipement ouvert en 2003. « À l'époque, il s'agissait à la fois de proposer une activité supplémentaire et de trouver un vecteur de communication efficace pour la station », nous dit-il. Le principe était entièrement nouveau: il repose sur une structure métallique et un système qui pulvérise de l'eau qui gèle comme sur une cascade naturelle. L'emplacement dans un vallon qui ne voit quasiment pas le soleil de l'hiver est idéal. À l'époque, l'investissement s'était élevé à 250000 euros, pris en charge pour moitié par la commune et par le syndicat intercommunal de la Grande Plagne (SIGP). « Avec le recul, l'objectif est atteint en termes de communication », poursuit l'élu. « La tour a aussi contribué à la mise en place d'une équipe de France de cascade de glace ».

 

Boardercross

Aux Gets (Haute-Savoie), Flora Richard, directrice de l'office du tourisme, constate que le ski reste non seulement l'activité « moteur » pour les stations mais aussi la plus lucrative. Mais « les gens skient moins longtemps qu'autrefois. Nous devons donc diversifier nos offres », indique-t-elle. La station, qui a déjà son snowpark, mise aussi sur le boardercross, sorte de parcours d'obstacles fait de bosses, de portes et autres virages relevés. « Nous accueillons des compétitions nationales et internationales, ce qui favorise notre attractivité. Et le reste du temps, le site est accessible au grand public ». Même objectif à Gérardmer (Vosges) qui a créé un stade de slalom. « Lignes de chrono souterraines, filets de sécurité, chalets intermédiaires: nous avons tout intégré », annonce -Philippe Voirin, le directeur de la station. L'investissement s'est élevé à 2 millions d'euros, dont la moitié prise en charge par les collectivités (Europe, État, région, département).

 

Ski de randonnée

Tout ne se résume pourtant pas aux nouveautés. La saison est aussi marquée par le retour en force de vieilles gloires comme le ski de randonnée. Le plus souvent à moindre coût pour les stations, comme c'est le cas à Courchevel. « La réputation d'une station se fait aussi à travers les équipements dont elle dispose et des compétitions qu'elle organise », enchaîne Jean-François Coquard, directeur du service des sports de la station alpestre. « Pour nous, c'est le ski et nous devons faire preuve d'originalité et être innovants pour coller au plus près d'attentes qui évoluent constamment. En ce moment, l'engouement est important pour le ski de randonnée qui, à l'image du footing, véhicule des notions de bien-être. Nous avons donc transformé des chemins forestiers existants pour permettre cette pratique. Nous avons aussi isolé une piste pour la dédier au ski alpinisme, la version plus engagée du ski de randonnée. Nous l'avons surtout créée pour des raisons de sécurité. De cette façon, les pratiquants peuvent s'y adonner sans croiser d'autres skieurs. Et donc sans risques de collision ».

Le retour de la luge

La luge, l'un des sports d'hiver les plus anciens, redevient aussi « tendance ». À Serre -Chevalier (Hautes-Alpes), une piste lui est même dédiée. Elle est baptisée Déval'bob: 4 km de descente, 576 mètres de dénivelé, 26 virages, elle chemine dans une forêt de mélèzes. Comme l'explique Marie-Noëlle Turc, responsable marketing du domaine skiable: « il est important de diversifier l'offre. Les clients sont demandeurs d'activités hors ski ou complémentaires au ski. Mise en service en 2013, la piste a été entièrement financée par le domaine (50000 euros) ». Le succès est semble-t-il au rendez-vous, même si le prix d'une descente (15,50 euros) fait réagir sur les réseaux sociaux.

Du haut de France Montagnes, Michel Giraudy s'amuse de ce retour en grâce de la luge, déjà populaire dans les années 1920-1930. « Il y a quelques années, nous nous inquiétions du vieillissement des skieurs. Ces évolutions sont vraiment rafraîchissantes d'autant plus qu'elles génèrent tout un business en termes d'équipements et de vêtements par exemple. C'est une vraie révolution », ose-t-il. Les stations semblent donc avoir pris la mesure des évolutions des demandes de leurs clients et continuent à innover. Il leur restera à intégrer celles liées aux bouleversements climatiques annoncés. Une autre histoire...

 

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdomadaire d’Acteurs du Sport

Nous vous recommandons

Viry-Châtillon met ses équipements en accès libre

Viry-Châtillon met ses équipements en accès libre

La ville de Viry-Châtillon a engagé une démarche expérimentale baptisée ViryVerySport. Elle vise à remettre les équipements collectifs à la disposition du plus grand nombre. Il s'agit de[…]

« Pour être prospectif, il faut élargir le champ des partenaires » - Jean-Paul Omeyer

« Pour être prospectif, il faut élargir le champ des partenaires » - Jean-Paul Omeyer

À Jonzac, l'espace aqualudique atteint l'équilibre

À Jonzac, l'espace aqualudique atteint l'équilibre

Le Calvados met le sport en mode transverse

Le Calvados met le sport en mode transverse

Plus d'articles