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Radicalisation : le sport n’est pas dans le match

David Picot • david1picot@yahoo.fr

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Radicalisation : le sport n’est pas dans le match

© KYNA STUDIO / stock.adobe.com

Vivre ensemble, égalité garçons-filles, respect de la règle comme de l’adversaire… Porteur de multiples valeurs universelles, le sport a longtemps été considéré comme un rempart contre les dangers de la société. À l’image des phénomènes de radicalisation et de séparatisme communautaire et religieux. Une commission d’enquête parlementaire pointe les failles françaises en la matière, dans plusieurs domaines dont le sport. Il est question de « laxisme » et autre « déni » d’un ministère, d’attentisme des fédérations sportives, sous le regard trop souvent lointain des collectivités…

Huit mois de travail, 58  heures de réunions, 67 personnes entendues, 800 pages de rapport et une conclusion cinglante : « La poussée de la radicalisation islamiste (constitue) une réalité dangereuse hélas niée ». Rendu public le 7 juillet dernier, le travail de la commission d’enquête du Sénat sur les réponses apportées par les autorités publiques au développement de la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre est un appel (urgent) à l’action des pouvoirs publics. « La jeunesse est évidemment une cible prioritaire, visée par des méthodes de recrutement et d’endoctrinement », explique Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice LR du Val-d’Oise, rapporteur d’une commission qui a identifié quatre « secteurs de vigilance particulière » : l’enseignement, « dont l’enseignement hors contrat », le monde économique, le monde associatif et le sport. Si ces deux derniers apparaissent étroitement liés, le sport est carrément perçu comme le « parent pauvre de la lutte contre le séparatisme » (1).

Compromis

Le constat n’est pas vraiment une surprise. En février  2018, le Plan national de prévention de la radicalisation (PNPR) avait déjà stigmatisé le monde du sport, érigeant la lutte contre la radicalisation au rang des « priorités ». En juin  2019, les députés Éric Diard (LR, Bouches-du-Rhône) et Éric Poulliat (LREM, Gironde) en ont remis une couche : « toute la mesure de la gravité de la radicalisation dans le milieu sportif n’a pas été prise », exprimaient-ils, dans un rapport d’information sur la radicalisation dans les services publics. Et d’attaquer : « La peur de remettre en cause les résultats, ou la crainte d’interférer avec l’organisation de grands événements sportifs (comme les JO de Paris en 2024), explique sans doute en partie sinon une forme de déni, à tout le moins une tendance à minimiser le phénomène ».

Le 11  juin dernier, au cours de son audition devant la commission d’enquête, la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, n’a pas non plus rassuré les sénateurs. « Le sport que je défends est un sport inclusif, où tout le monde a sa place, où chacun arrive comme il est, et qui permet à l’individu de se construire, de découvrir l’autre, de[…]

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