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Pour le taekwondo, l'avenir est à la mutualisation

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

Fédération française de taekwondo et disciplines associées
- Autonome et délégataire depuis 1994 (auparavant abritée par le judo, puis le karaté). - 945 clubs. - 54000 licenciés. - 104 athlètes inscrits sur les listes de haut niveau. - 1 centre national (INSEP). - 3 Français dans le top ten des athlètes olympiques de taekwondo. - Ligues: réorganisation en cours calquée sur les nouvelles régions, 19 comités départementaux. - Disciplines associées: hapkido, soo bahk do, tang soo do. - Olympique depuis 2000 (sport de démonstration à Séoul 1988). - 204 fédérations affiliées à la fédération internationale. - 80 millions de pratiquants dans le monde. FFDTA, 25 rue Saint-Antoine, 69003 Lyon Cedex, 0437561414, www.fftda.fr

L'arbitrage électronique une nécessité qui coûte cher
Les armes (les pieds, les poings), les surfaces de frappe (le torse, la tête), sont strictement limitées et les compétiteurs portent des protections: un plastron pour le torse, un casque pour la tête, des coudières. Les coups portés avec les poings ou les pieds au corps comptent pour 1 point (3 points si le coup de pied est retourné). Les coups de pied portés à la tête 3 points (4 si le coup de pied est retourné). Les combats ont lieu sous forme de reprises. Il s'agit de porter le plus de touches valables à l'adversaire. L'athlète qui a marqué le plus grand nombre de points est déclaré vainqueur. Comme dans d'autres sports, l'arbitrage a donné lieu à de nombreuses polémiques. Pour y mettre un terme, la fédération internationale s'est tournée vers l'arbitrage électronique et la vidéo. Les combattants disposent de plastrons, de casques et de pitaines (gants pour les pieds) munis de contacts électroniques permettant de valider et de comptabiliser les touches. En cas de doute, les arbitres recourent fréquemment aux ralentis vidéo. Des efforts d'objectivations de la performance remarqués et loués par le président du CIO Thomas Bach qui a plusieurs fois cité le taekwondo en exemple. Revers de la médaille, ces systèmes coûtent cher. «Nous l'utilisons dans le cadre des compétitions nationales », explique le DTN «parce que nous devons préparer nos athlètes à ce qu'ils rencontreront en compétition internationale, mais nous cherchons à développer, en partenariat avec l'université, un équipement mieux adapté à nos besoins. Un plastron utilisable en compétition mais surtout utile pour la formation, autour duquel nous pourrons mettre en place une pédagogie ludique. Et naturellement beaucoup plus abordable ».

Fédération française de taekwondo et disciplines associées
- Autonome et délégataire depuis 1994 (auparavant abritée par le judo, puis le karaté). - 945 clubs. - 54000 licenciés. - 104 athlètes inscrits sur les listes de haut niveau. - 1 centre national (INSEP). - 3 Français dans le top ten des athlètes olympiques de taekwondo. - Ligues: réorganisation en cours calquée sur les nouvelles régions, 19 comités départementaux. - Disciplines associées: hapkido, soo bahk do, tang soo do. - Olympique depuis 2000 (sport de démonstration à Séoul 1988). - 204 fédérations affiliées à la fédération internationale. - 80 millions de pratiquants dans le monde. FFDTA, 25 rue Saint-Antoine, 69003 Lyon Cedex, 0437561414, www.fftda.fr

L'arbitrage électronique une nécessité qui coûte cher
Les armes (les pieds, les poings), les surfaces de frappe (le torse, la tête), sont strictement limitées et les compétiteurs portent des protections: un plastron pour le torse, un casque pour la tête, des coudières. Les coups portés avec les poings ou les pieds au corps comptent pour 1 point (3 points si le coup de pied est retourné). Les coups de pied portés à la tête 3 points (4 si le coup de pied est retourné). Les combats ont lieu sous forme de reprises. Il s'agit de porter le plus de touches valables à l'adversaire. L'athlète qui a marqué le plus grand nombre de points est déclaré vainqueur. Comme dans d'autres sports, l'arbitrage a donné lieu à de nombreuses polémiques. Pour y mettre un terme, la fédération internationale s'est tournée vers l'arbitrage électronique et la vidéo. Les combattants disposent de plastrons, de casques et de pitaines (gants pour les pieds) munis de contacts électroniques permettant de valider et de comptabiliser les touches. En cas de doute, les arbitres recourent fréquemment aux ralentis vidéo. Des efforts d'objectivations de la performance remarqués et loués par le président du CIO Thomas Bach qui a plusieurs fois cité le taekwondo en exemple. Revers de la médaille, ces systèmes coûtent cher. «Nous l'utilisons dans le cadre des compétitions nationales », explique le DTN «parce que nous devons préparer nos athlètes à ce qu'ils rencontreront en compétition internationale, mais nous cherchons à développer, en partenariat avec l'université, un équipement mieux adapté à nos besoins. Un plastron utilisable en compétition mais surtout utile pour la formation, autour duquel nous pourrons mettre en place une pédagogie ludique. Et naturellement beaucoup plus abordable ».

La concurrence est rude entre les sports poings-pieds, de lutte et de combat. Pour se développer, le taekwondo se tourne vers les territoires en mettant en avant sa dimension éducative. En s'inscrivant résolument dans une logique de mutualisation avec les autres disciplines.

Nommé huit mois avant les Jeux, le directeur technique national (DTN) Patrick Rosso porte un regard résolument positif sur le bilan des jeux de Rio. Avec une médaille d'argent et deux cinquièmes places, le taekwondo est pourtant passé de peu à côté d'une moisson exceptionnelle. En moins de 67 kg, Haby Niare, championne du monde 2013, s'incline en finale d'un point (13-12): médaille d'argent. Le métal doré était à portée de main « une couleur qui change tout », constate le DTN! Les deux autres filles terminent au pied du podium: 5es. Un rang, puisqu'il y a deux médailles de bronze en taekwondo, qui équivaut à la 4e place des autres disciplines. Pour Patrick Rosso, « ces résultats prouvent que notre système de préparation est performant. Pour nos trois athlètes, la différence se fait sur un point! Le bilan que nous allons engager avec les athlètes et les cadres doit nous permettre de réfléchir aux raisons qui font que nous perdons ces points-là et nous permettre à l'avenir de ne plus laisser ces points à nos adversaires ».

 

Il nous manque un étage

Le cap est connu: Tokyo en 2020, puis les jeux de 2024. Principale piste: faire évoluer la filière du haut niveau. «Elle s'appuie aujourd'hui sur les clubs. La formule est bonne, les résultats de Rio le prouvent, mais les clubs sont à saturation. Très peu sont capables, en plus de l'entraînement, d'assurer aux athlètes l'environnement dont ils ont besoin: liens avec l'Éducation nationale, avec les institutions, suivi social... Il nous manque un étage ». Et de pointer l'exemple du judo qui dispose d'un réseau de pôles espoir ainsi que de quatre pôles France. Pour le DTN, « la création d'un ou plusieurs pôle France ainsi que des pôles espoirs est indispensable. Nous devrons le faire sans perdre la dynamique que la présence d'athlètes de haut niveau crée au sein de leur association et dans les territoires ». L'appel est lancé, si une ou plusieurs collectivités souhaitent accueillir un pôle sur leur territoire, la fédération travaillera avec elles à leur mise en place.

En tout point du territoire

Second pilier du programme, le développement dans les territoires. «Aujourd'hui, forte de 55000 licenciés, la fédération a un objectif et un potentiel de 65000 en 2020 », confie le président Denis Odjo. Les clés: la création de nouvelles structures, le développement d'activités en direction des jeunes de 5 à 12 ans et des jeunes adultes, l'accueil au sein de la fédération d'autres arts martiaux coréens. Car même forte de ses 945 clubs, la Fédération française de taekwondo (FFTDA) est encore loin d'être en capacité d'offrir la pratique de sa discipline en tout point du territoire. Patrick Rosso pointe deux enjeux:

- la taille des clubs: en moyenne 50 à 60 licenciés. Un nombre insuffisant pour pouvoir salarier les enseignants. Une condition jugée essentielle. Comment favoriser la création de clubs de 300 à 400 licenciés, seuil critique pour dégager des masses financières nécessaires?

- l'accès à des équipements: existants et nouveaux. Car le taekwondo a du mal à trouver des créneaux horaires dans les installations existantes.

 

Dans le cadre de la réorganisation fédérale en cours suite à la nouvelle donne régionale, ce sera une des priorités conventionnées avec les ligues. Accompagner les porteurs de projet à la fois dans leurs démarches en direction des propriétaires d'équipement (allocations de créneaux, nouvelles constructions), mais aussi pour aider ces porteurs de projet au quotidien dans la gestion et le développement de leurs activités. «Nous disons aux collectivités qu'elles peuvent faire confiance aux personnes qui viennent vers elles pour développer des activités taekwondo. La fédération sera à leurs côtés pour les soutenir, notamment avec le relais des équipes techniques régionales et départementales que nous souhaitons mettre en place. »

 

L'avenir est à la mutualisation

Pour les séduire, le taekwondo peut mettre en avant le fait qu'il soit peu exigeant en termes d'équipement. Il peut se pratiquer dans des salles de diverses dimensions dans lesquelles on installe un tapis de karaté (un peu plus dur que celui du judo), quelques sacs de frappe et des petits équipements (pattes d'oie, raquettes, plastrons). Des équipements qui peuvent être partagés avec d'autres disciplines. Pour le DTN, l'avenir est à la mutualisation avec d'autres arts martiaux. «Aucune discipline ne peut aujourd'hui justifier à elle seule la création d'une salle d'arts martiaux. Nous devons mutualiser avec d'autres arts martiaux, la boxe française, pour justifier d'équipements qui mobilisent des fonds publics.»

Le taekwondo, «voie du coup de pied et du coup de poing», est une manière d'atteindre une maîtrise de soi intellectuelle et corporelle qui peut aussi surfer sur la vague de l'autodéfense et de la forme. «Le taekwondo est une activité qui convient à tous les publics, un sport aux valeurs éducatives reconnues», poursuit le président. Un capital que le DTN entend faire fructifier en élargissant la palette des activités de la fédération. «Par exemple, en faisant évoluer les formats de nos compétitions jeunes pour les rendre plus attractives avec une priorité à l'éducation», propose le DTN, «en accueillant au sein de la fédération d'autres arts martiaux coréens ou encore en innovant dans le domaine éducatif et de la forme».

 

Un monopole remis en cause?

De fait, la concurrence est rude entre les sports poings-pieds, de lutte et de combat. Dans toutes les parties du monde, l'homme a développé des techniques de défense et de combat. Bien peu évoluent en sport. Seules quatre accèdent actuellement à la vitrine mondiale que sont les Jeux olympiques. Pour le moment, le taekwondo a le monopole des sports olympiques qui autorisent les frappes avec les pieds. Cependant, l'arrivée du karaté à Tokyo en 2020 (discipline additionnelle), les probables prétentions de la boxe française (classée au patrimoine immatériel de la France en 2015), d'être présente aux Jeux de 2024 pourraient bien rebattre les cartes. Une raison supplémentaire pour la fédération de pousser les feux. Il lui faudra pour cela, après une année 2015 marquée par le départ dans la crise d'une équipe, le retour aux affaires d'un ancien président, et l'arrivée d'un poids lourd du judo et de la préparation olympique au poste de DTN, retrouver la sérénité nécessaire à la réalisation de ses grandes ambitions.

 

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