Nous suivre Acteurs du sport

Paris 2024 : les collectivités déclarent leur flamme

David Picot • david1picot@yahoo.fr

Sujets relatifs :

Un centre aquatique relié au Stade de France
Le futur centre aquatique du projet Paris 2024 devrait être érigé à la Plaine Saulnier à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ce choix a été validé à l'unanimité par le bureau exécutif du GIP Paris 2024, sur recommandation du groupe de travail technique composé également du conseil départemental de Seine-Saint-Denis et de représentants de la Fédération française de natation. L'équipement accueillera les compétitions de natation, de plongeon et de natation synchronisée. Doté d'une jauge de 15000 places en configuration JO, il abritera deux bassins de 50 mètres (compétition et entraînement) et deux fosses à plongeon. Il sera relié au Stade de France par une passerelle qui surplombera l'autoroute A1. Il sera reconfiguré à 2500 places à l'issue des Jeux, pour un usage lié à la compétition, à l'entraînement et aux loisirs.

Paris 2024 : les collectivités déclarent leur flamme

© vectorfusionart Fotolia

C’est fait. Réuni le 13 septembre à LIMA (pérou), le comité international olympique a officiellement désigné Paris, ville hôte pour l’organisation des jeux olympiques d’été 2024. La capitale française n’était plus que l’unique candidate après l’accord intervenu avec le CIO le 31 juillet 2017 pour que l’autre candidate, Los Angeles, accepte de se positionner pour les jeux de 2028

À la différence des précédentes candidatures, la candidature parisienne aura cherché à mobiliser tout un pays et d'abord les collectivités locales. Si elles ont suivi le mouvement, c'est aussi par un intérêt bien compris. Car au-delà de celles qui espèrent être une base arrière pour les quelques dizaines de nations qui viendront s'entraîner dans la perspective des jeux, c'est tout le schéma directeur des équipements sportifs français qui risque d'être redessiné.

Depuis la déclaration, en septembre 2015, de la candidature française à l'organisation des Jeux olympiques de Paris en 2024, le défi du groupement d'intérêt public (GIP) Paris 2024 qui porte ce dossier, est double: convaincre les 95 membres du Comité international olympique (CIO) et... la population française! Un enjeu crucial. C'est principalement le manque d'adhésion populaire qui avait contraint Rome (Italie), en septembre 2016 après un vote en conseil municipal puis Budapest (Hongrie), en février 2017, à retirer leur dossier de candidature. Plus tôt en novembre 2015, les habitants de Hambourg (Allemagne) avaient également dit « Nein » aux JO 2024, par référendum. En France, si le débat sur le pour ou le contre n'a pas vraiment eu lieu, les appels à la mobilisation générale se sont répétés ces deux derniers mois. À l'image du président de la République, qui a l'occasion des Journées olympiques organisées les 23 et 24 juin 2017 à Paris, rappelait que « ce projet n'était pas seulement porté par une ville mais par tout un pays. Les Français et les Françaises en ont envie, comme les collectivités locales, les athlètes, etc. C'est le regroupement de tout le monde ».

 

La candidature de toutes les collectivités

La mobilisation des collectivités locales a été confiée à l'Association des maires de France (AMF) et aux autres associations d'élus (lire l'interview). Elle a été impulsée lors du 99e Congrès des maires de France en mai 2016, à Paris. L'occasion pour Bernard Lapasset, coprésident de Paris 2024, de préciser que « Paris 2024 a l'ambition de dépasser l'Ile-de-France ». Et Anne Hidalgo, maire de Paris d'ajouter à cette époque: « cette candidature est celles de toutes les collectivités ». L'AMF avait alors invité l'ensemble des maires et présidents d'intercommunalité à prendre une délibération de soutien à la candidature de la ville de Paris. À la fin juin 2017, l'association annonçait que 4 000 collectivités locales avaient suivi cette préconisation. Un nombre et une proportion (11 %) qui peuvent sembler faibles au regard des 34 486 maires et 1 481 présidents d'établissement public de coopération intercommunale (EPCI) adhérents. «Comme dans toute analyse statistique, il convient d'exclure les marges, à savoir les petites et grandes communes », souligne David Lazarus, maire de Chambly (Oise) et à la tête de la commission « sport » de l'AMF. Il évoque également « une faible tradition des motions dans de nombreuses communes ». Saint-Pierre-le-Vieux, bourg de 969 habitants du sud-Vendée, fait justement partie de ces « marges ». En juin 2016, son conseil municipal s'est opposé à la délibération. «À titre personnel, j'y étais favorable », précise Christian Henriet, le maire. «Mais, c'est surtout le fait qu'on nous sollicite encore alors que dans le même temps, nous nous serrons la ceinture pour tout qui a freiné une majorité de conseillers ».

 

« Une chance historique »

Pour David Lazarus, « la sensibilisation des collectivités est importante car notre monde sportif repose surtout sur un partenariat entre les collectivités et les clubs. À travers les subventions et le fait que les communes et EPCI sont propriétaires de 75 % à 80 % des équipements sportifs. Les collectivités constituent donc un relais essentiel pour véhiculer les messages olympiques. D'autant plus que les Jeux sont une chance historique de donner un souffle nouveau au développement de la pratique sportive en France ». Vice-président en charge du sport et des événements sportifs à la Métropole européenne de Lille (MEL), Dany Wattebled fait, lui, partie des convaincus. «Il est clair qu'il s'agit de la candidature de la France », rapporte-t-il. Présélectionnée pour recevoir des rencontres de football, la MEL s'imagine déjà « prête à accueillir les athlètes, que ce soit pour leur phase de préparation ou en compétition », complète Damien Castelain, son président. Fin juin, une délégation de Paris 2024 s'est d'ailleurs rendue dans les Hauts-de-France pour « partager son projet avec les décideurs locaux ».

 

Prêts à s'engager

Mais qu'en est-il dans des villes moyennes plus éloignées de la capitale? À Niort (Deux-Sèvres), « on se sent concerné par la candidature », glisse Alain Baudin, l'ancien maire, aujourd'hui, adjoint aux sports. Même s'il concède que la candidature pour 2012 avait semble-t-il, « davantage mobilisé dans la région ». Sans doute parce que La Rochelle (Charente-Maritime) située à une heure de route, avait été retenue pour accueillir les épreuves de voile. Pour le dossier 2024, elle s'est fait devancer par Marseille. «Toujours est-il que nous mettons en avant la candidature Paris 2024 lors de chaque manifestation sportive comme le Perche Elite Tour, les championnats de France de gymnastique ou le Maraisthon ». Du côté de Louhans (Saône-et-Loire) aussi, « nous avons délibéré en faveur de Paris 2024 », confirme Gérald Roy, l'adjoint aux sports. «C'est une façon d'apporter notre pierre à l'édifice et de montrer que nous sommes prêts à nous engager d'une façon ou d'une autre. Cela peut prendre la forme d'un soutien à un ou une jeune athlète de notre territoire, susceptible de participer aux Jeux en 2024 ». Dans certains cas, le soutien a pris des formes plus... visuelles. Début juin, à Saint-Jean-de-Monts (Vendée), 5000 jeunes se sont rassemblés pour dessiner les anneaux olympiques sur la plage. Le « planter » du drapeau de Paris 2024 au sommet du Mont-Blanc est aussi prévu, sur l'initiative d'une délégation de Saint-Gervais Mont-Blanc (Haute-Savoie). La promesse de belles images dans le dossier de candidature...

900 ERP accessibles au handicap
À l'issue des Jeux olympiques de Londres en 2012, plus de huit Britanniques sur dix (81 %) ont confié « avoir mesuré un changement positif vis-à-vis de l'inclusion ». La perspective des Jeux de Paris 2024 peut-elle aussi constituer une opportunité pour améliorer la mise en accessibilitéde la capitale, en particulier les infrastructures de transportet les bâtiments publics? À ce stade, Paris 2024 affiche sa volonté « d'améliorer les conditions d'accès et de pratique du sport pour tous », de changer la « perception sur le handicap dans la société » et de « développer l'accessibilité des équipements ». À la fin juin dernier, 500 établissements recevant du public étaient accessibles. Et 9 dossiers d'agenda d'accessibilité programmée (Ad'ap) avaient été déposés pour les 1800 ERP parisiens à mettre en conformité... La tâche est immense. De son côté, la mairie de Paris a lancé en mars 2017, une stratégie « Handicap, inclusion et accessibilité universelle 2017-2021 » pour rendre la ville accessible à tous les types de handicap et atteindre l'objectif « zéro Parisien sans solution d'accompagnement ». Environ 900 ERP devraient être rendus accessibles. Quant au budget consacré par Paris au handicap, il a plus que doublé entre 2001 et 2017, passant de 108 millions d'euros à 250 millions d'euros.

 

Être dans la course

Habituée à organiser ou prendre part à de grandes compétitions internationales, Vichy (Allier) prépare déjà le terrain pour Paris 2024. « Au même titre que la Coupe du monde de rugby 2023, cette perspective a constitué un élément d'impulsion supplémentaire pour entamer un travail de modernisation de certains équipements », explique Philippe Costelle, directeur des sports à Vichy Communauté. Il fait notamment référence au stade équestre du Sichon. Celui-ci va entamer sa mue et passer d'un revêtement en herbe à un autre en sable, histoire de répondre aux normes olympiques. «L'idée étant d'accueillir des compétitions internationales et/ou des stages de préparation pré-olympiques. Y compris paralympiques, bien sûr. Nous voulons être dans la course au moment où les choix seront faits ». Au même titre que Courchevel (Savoie) d'ailleurs. Au-delà des stages de préparation, « nous faisons la promotion des Jeux de 2024 à travers nos événements », souligne Jean-François Coquard, directeur des sports. «Nous pensons également organiser des stages loisirs et compétition pour les jeunes autour des disciplines olympiques: rugby à 7, beach-volley, handball, basket-ball, football féminin, badminton, squash ».

 

Camps de base

L'enjeu pour ces collectivités situées en dehors de l'Ile-de-France et qui ne sont pas susceptibles d'accueillir des épreuves de football ou de voile, est de proposer des sites qui seront labellisés pour l'accueil de délégations sportives étrangères. À l'occasion des Jeux olympiques de Londres en 2012, environ 600 équipements sportifs avaient ainsi été retenus comme potentiels camps de base. «Sans oublier que les fédérations sportives en profitent pour organiser de grandes compétitions en amont des Jeux. Précisément 119 avant les JO de Londres », glisse Camille Reinauld, conseillère en charge des relations institutionnelles à Paris 2024. « Il s'agit aussi d'économie locale, de tourisme et de valorisation du territoire ». Car beaucoup comme David Lazarus sont persuadés que Paris 2024 « redessinera le schéma directeur des équipements sportifs » français. À condition que les collectivités locales investissent... « Un premier soutien s'est dessiné avec le Plan Héritage de la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 ». L'appellation est importante car elle signifie que ce plan est lié à la candidature et non à l'obtention des JO. Dix millions d'euros ont donc été débloqués pour encourager le développement d'équipements de proximité. Un bon début.

 

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdomadaire d’Acteurs du Sport

Nous vous recommandons

À Limoges le sport se diversifie

À Limoges le sport se diversifie

Si Limoges est associée au CSP, le fameux club de basket, depuis les années 1980 sa politique sportive s’est largement diversifiée et anticipe sur les nouveaux besoins. Elle vient d’être reconnue membre du[…]

03/12/2019 |
Région Sud : dotation olympique

Région Sud : dotation olympique

Grand Est : la conférence régionale invite les pratiquants

Grand Est : la conférence régionale invite les pratiquants

Interview de Frédéric Sanaur

Interview de Frédéric Sanaur

Plus d'articles