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Mettre en place le dispositif « Sport sur ordonnance »

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Expérimenté il y a deux ans par la communauté urbaine de Strasbourg, le dispositif « Sport sur ordonnance » est destiné à donner la possibilité à certaines personnes souffrant de pathologies précises de pratiquer une activité physique modérée. L‘objectif est de « développer la prescription médicale d’activité physique et sportive (APS) et des modes de déplacements physiquement actifs pour les personnes sédentaires, atteintes de maladies chroniques, dans une optique de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé ». Pour le mettre en place, il est nécessaire de s’appuyer sur un partenariat fort, si possible dans le cadre d’un contrat local de santé : la collectivité, l’agence régionale de santé, le régime d’assurance maladie, la préfecture. Les services de la collectivité doivent bâtir une collaboration efficiente, notamment les directions en charge des sports, du social et de la santé.

Le public

Tous les experts le confirment, l’activité physique est un élément déterminant en matière de santé, mais aussi pour la qualité de vie et le bien-être psychologique. Elle fait désormais partie intégrante du traitement de nombreuses maladies. Le sport sur ordonnance doit s’adresser dans un premier temps aux personnes souffrant d’une pathologie bien défi nie tels que :

- l’obésité (indice de masse corporelle compris entre 30 et 35) ;

- le diabète type 2 (non insulinodépendant) ;

- les maladies cardiovasculaires stabilisées ;

- les cancers du sein et du colon en rémission (depuis septembre 2013).

L’expérience montre que, majoritairement, les bénéficiaires sont souvent dans une situation sociale difficile. La pratique d’une activité physique n’est pas dans la culture de ces personnes et se confronte alors au problème du coût. Le fait de bénéficier de la gratuité permet de lutter contre la sédentarité de ces personnes et de lutter contre l’inégalité sociale face à la pratique du sport. Beaucoup n’ont, par exemple, jamais appris à nager ou à faire du vélo. Les éducateurs de la ville peuvent donc mettre en place des séances d’apprentissage pour la natation et une école du vélo afin de permettre aux personnes de les utiliser dans la ville. Cela a aussi eu un effet positif sur le vivre ensemble ; certains patients peuvent ainsi (re) découvrir leur quartier grâce au vélo.

Le processus

Muni de son ordonnance, le patient prend contact avec la direction des sports pour fixer un rendez-vous avec un éducateur sportif de la ville. Lors de cette rencontre, l’éducateur oriente le patient vers l’activité physique qui lui convient le mieux, en fonction des recommandations du médecin. Il dispose pour cela de plusieurs possibilités :

- la prescription de modes de déplacements physiquement actifs : la marche avec la remise d’un podomètre, le vélo par la mise à disposition d’un vélo et une remise à niveau, avec le concours d’autres éducateurs sportifs de la ville ;

- l’orientation vers les pratiques douces et vers des activités gérées en régie par la direction des sports de la ville : pratiques douces et toniques, activités aquatiques, école de vélo…

- l’orientation vers les associations sportives labellisées « sport/santé » telles que : Éducation physique monde moderne (EPMM), Athlétisme santé nature, club d’aviron…

Un suivi est réalisé au bout d’un mois afin de faire un premier bilan : régularité aux activités proposées, motifs/ envies, points positifs/points négatifs, proposition éventuelle de nouvelles activités. Un nouveau rendez-vous est fi xé à six mois, l’ordonnance est valable pour une année ; le patient doit retourner chez son médecin pour poursuivre une année supplémentaire. Cela permet au médecin de pouvoir faire un bilan de l’effet sur son patient des actions menées dans le cadre du programme.

Le suivi

Le suivi du dispositif est assuré de la manière suivante :

Différents supports contractuels existent afin de consolider l’implication de tous : - une charte des professionnels de santé signée par chaque médecin prescripteur ;

- un certificat médical de prescription ;

- un carnet de suivi pour chaque bénéficiaire ;

- une convention signée avec chaque association sportive partenaire.

• Un réseau de médecins généralistes :

- ils prescrivent l’activité physique régulière et modérée ;

- ils suivent les patients ;

- ils participent à l’évaluation.

• Un médecin coordinateur, une demi-journée par semaine :

- il assure la formation des médecins et des éducateurs sportifs ;

- il soutient les médecins prescripteurs et les éducateurs sportifs ;

- il coordonne l’évaluation pour son versant médical.

• Des éducateurs sportifs sport/ santé de la ville :

- ils accueillent les bénéficiaires, les orientent, les conseillent ;

- ils délivrent les carnets de suivi, les podomètres, les bons pour disposer d’un vélo ;

- ils mettent les bénéficiaires en relation avec les associations sportives, encadrent eux-mêmes les activités ou les inscrivent sur des activités déjà menées par la direction des sports de la ville.

Le pilotage

L’ensemble du dispositif est piloté par un comité pouvant être composé de : - la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale ;

- l’agence régionale de santé ;

- le régime local d’assurance maladie ;

- les hôpitaux universitaires ;

- la compagnie des transports gestionnaire des locations de vélos ;

- la collectivité par l’implication des services de la mobilité et des transports, de la santé et de la solidarité, des sports ;

- l’université et l’hôpital.

L’évaluation

Il est possible de s’appuyer sur l’université afin que le dispositif « Sport sur ordonnance » puisse faire l’objet de thèses d’études. Cette évaluation médicale peut être menée sur un échantillon de patients sur une période de six à douze mois. Elle porte notamment sur les critères d’« amélioration statistique significative » du score de qualité de vie et du score d’activité physique. Par exemple, pour des personnes atteintes de diabète de type 2, une maladie particulièrement difficile à enrayer, il convient de vérifier qu’elles ont amélioré leurs résultats sanguins. Des effets bénéfiques peuvent également être relevés sur la prise de médicaments et sur la perte de poids. Après une année d’expérimentation, il faudra adapter et structurer le dispositif. Une ouverture pour les bénéficiaires peut être envisagée sur d’autres pathologies : par exemple les patients stabilisés en rémission du cancer du colon et du sein. En effet, le bénéfice de l’activité physique réduit de 30 à 50 % les risques de rechute. Pour augmenter le nombre de bénéficiaires, il faudra renforcer l’équipe d’accueil des patients : éducateur sportif territorial supplémentaire, agent pour le suivi administratif des patients (prise de rendez-vous, relance téléphonique, carnet de suivi…), augmentation de l’offre d’activités… Il conviendra également de s’interroger sur l’accompagnement des personnes ayant déjà bénéficié d’une prescription d’activité physique pendant une année.

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