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Maintenance des équipements sportifs : faut-il externaliser ?

Sylvie Roman • sylroman@yahoo.fr

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Maintenance des équipements sportifs :  faut-il externaliser ?

© Bernard Bodo - Fotolia

Il y a autant de types de solutions pour la maintenance et le suivi des équipements sportifs qu'il y a de collectivités, ou presque. Les réponses sont multiples et dépendent avant tout d'un choix de politique. Pour bien choisir, la collectivité doit définir ses besoins, l'état de son parc sportif, son implantation sur le territoire, et le nombre d'agents territoriaux qui ont des compétences techniques.

«Avant toute chose, il faut définir le mode de gestion: en régie, ou en délégation de tout ou partie. Cela dépend donc en premier lieu des élus », souligne Bernard Brilli, directeur commercial Services et Efficacité énergétique chez Idex. Pour le maître d'ouvrage, la question se pose en termes de niveau de maîtrise que la collectivité souhaite assumer. Vient ensuite le choix du mode de diagnostic en interne, ou par un bureau d'études selon que la collectivité possède ou non les compétences nécessaires à la réalisation de l'état des lieux et des besoins.

 

AMO

« Il est assez rare qu'une collectivité ait toutes les compétences pour mener un audit complet sur tous les postes, énergie, génie climatique, froid... De plus, par expérience je crois qu'un œil extérieur est utile, sinon indispensable. Pour moi la fonction d'assistant à maîtrise d'ouvrage, l'AMO, s'avère une assurance supplémentaire, pour le maître d'ouvrage et pour les entreprises », poursuit Bernard Brilli. L'AMO peut porter l'attention des élus sur les capacités d'une entreprise à répondre au marché (nombre de personnes affectées à la mission, implantation de l'entreprise, réactivité en cas de panne...); lors du suivi tout au long du contrat, c'est une garantie supplémentaire de résultats pour les élus, et donc les deniers de la commune. « Pour nos installations, nous avons réalisé les analyses en interne, nous avions les compétences entre les différents services, financiers, juridiques, des sports et techniques, avec notamment un ingénieur. Mais selon la taille des collectivités, ou l'ampleur du marché, par exemple plusieurs bâtiments et équipements sportifs, cela peut alors s'avérer utile d'avoir un AMO extérieur », souligne Marco Sentein, directeur des services techniques à Muret.

 

Marchés globaux

Selon l'importance du patrimoine, il est plus avantageux pour la collectivité de réaliser un diagnostic et des audits à grande échelle, puis de passer des marchés globaux portant sur plusieurs problématiques et plusieurs bâtiments, ce qui apportera des économies d'échelle et de gestion; cela aura forcément aussi une incidence sur le type de marché et ce qui est concerné, fourniture et gestion de l'énergie seule, ou jusqu'au financement des travaux avec engagements de résultats.

Les installations de chauffage sont régies par les « 4P » soit quatre niveaux de contrats, allant de la « fourniture et gestion de l'énergie » (P1), à « la garantie totale des équipements » (P3), jusqu'au « financement de travaux », (P4)... Les autres postes, fluides, équipements divers (pour un gymnase ou un site multisport par exemple) sont encadrés par la norme Afnor Fdx 60000, divisée en cinq niveaux d'engagement et d'actions: du N1, « réglages et contrôles et inspections simples, opérations élémentaires de maintenance... », pour lequel l'exploitant lui-même est l'intervenant, et donc facilement mis en œuvre par la plupart des communes, au N3, par exemple, « maintenance corrective, diagnostic dépannage, réparation, maintenance préventive », qui nécessite un technicien de maintenance qualité, et qui suit des procédures détaillées et très normées...

 

Sur mesure

Ainsi, sur l'agglomération de Chambéry, « un diagnostic a été réalisé sur l'ensemble des bâtiments, débouchant sur des préconisations d'accessibilité pour les personnes handicapées et énergétiques sur tout le parc immobilier, mais aucunement sur le type de gestion ou de contrats à passer, cela reste le choix du politique », précise-t-on à la direction des services techniques. Chaque équipement peut ainsi avoir sa solution: la piscine et la patinoire sont en régie directe, avec des contrats spécifiques. Un contrat avec une entreprise pour toute la maintenance et la production liées au froid (P2, entretien et maintenance des matériels et P3, garantie totale équipements) pour la patinoire. Concernant la piscine, tout est fait en direct, la maintenance et le suivi, car les équipes techniques la connaissent parfaitement, et d'ailleurs en dix ans il n'y a eu aucune fermeture de l'établissement à déplorer! Pour les six gymnases, délégués aux communes, seule la moitié est en partie externalisée, sur la maintenance et les contrôles réglementaires électriques, P2/P3.

 

Coordination

Garder une partie de la maintenance en interne est conseillé par plusieurs directeurs de services techniques ou des sports... « cela permet une proximité, un suivi au jour le jour, et une remontée des informations auprès des élus », souligne Philippe Devolle, directeur des piscines de Muretain agglomération. Les trois piscines de cette agglomération bénéficient d'un agent de niveau BTS, qui assure le suivi des travaux et de la maintenance, mais qui est surtout l'interlocuteur primordial entre la collectivité et l'entreprise titulaire d'un contrat P2, portant sur la conduite et les installations techniques (eau, air, électricité). Toutes les semaines, il s'entretient avec les agents d'Idex, lance les tâches à réaliser, fait un certain nombre de contrôles... notamment concernant le renouvellement du matériel et d'éventuels travaux à réaliser ou planifier. « Il a un rôle central et primordial », précise Philippe Devolle. C'est aussi lui qui assure la coordination du personnel d'entretien, et sur l'hygiène et la sécurité, il a rédigé les protocoles d'entretien des piscines et des fiches sécurité, qui sont améliorées si besoin; il lance aussi régulièrement des auto-contrôles sur les sols et autres sanitaires... En parallèle, le -Muretain s'est aussi lancé sur une gestion technique centralisée, GTC (avec Siemens qui met en place le protocole et les outils), cela permettra d'affiner le suivi de tous les équipements sportifs, d'avoir un réel poste de pilotage, et de mieux planifier les interventions futures, avec une vision globale sur toutes les installations sportives.

 

Garantie de résultat

Aujourd'hui, deux tiers des centres aquatiques sont toujours en régie pour un tiers seulement en DSP; mais le suivi et la maintenance sont externalisés à 80 %. Rares en effet sont les collectivités qui ont toutes les compétences en interne et l'encadrement, pour assurer ces tâches, tant pour les fluides, l'eau, le chauffage et la température... Sur le volet chauffage, la globalisation des trois niveaux, de 1 à 3, permet de fixer des objectifs de réduction des consommations et une efficience dans la gestion du matériel. Le prestataire prenant les risques en charge. « C'est la gestion de l'énergie avec la garantie de résultats », comme le précise Bernard Brilli, d'Idex. « Si, au niveau des consommations d'énergie ça dérive, c'est pour nous ». Ce qui implique en amont une étude très fine des bâtiments et notamment l'intégration des températures moyennes, le DJU (degré jour unifié). Sur le traitement de l'eau, même approche au plus près des besoins, avec des maintenances du chlore, et des ajustements au plus près des remarques des premiers concernés, les maîtres-nageurs. Idem pour la gestion de la température à la fois de l'eau et de l'air, et de son renouvellement... Charge à l'entreprise de tout mettre en œuvre pour honorer son contrat, et faire les investissements nécessaires pour cela. Par exemple sur les centres aquatiques, un marché portant sur les trois fluides, traitement de l'eau, électricité, climatisation, peut permettre d'atteindre une diminution globale des consommations de 35 voire 50 %. Cela dépend surtout du niveau d'investissement que la collectivité a planifié, ce qui a une incidence sur la durée des contrats, de six à douze ans, jusqu'à quinze ans selon les besoins en investissements.

 

Consommation plafond

Certaines collectivités peuvent faire le choix de tout externaliser, y compris les gros travaux et la reconstruction/rénovation, assorti d'un contrat d'exploitation et d'installation, pour le chauffage, la climatisation, les fluides (eau ou froid), comprenant des objectifs à atteindre et garantissant les résultats. L'entreprise garantit une consommation plafond, et pour une piscine, associée à une température minimum de confort pour l'eau et l'air. En cas de dépassement, elle prend à sa charge les différents dépassements de consommations. Elle élabore aussi un plan de priorité sur les investissements et peut mettre en place une garantie totale sur le matériel: en contrepartie d'une soulte financière provisionnée par la collectivité, l'entreprise s'engage à faire fonctionner le matériel, et donc le remplacer ou faire les investissements en lieu et place de la collectivité. En fait, quel que soit le niveau d'externalisation, un marché qui fonctionne bien est un marché sur lequel tout le monde a fixé les bons objectifs et où tout le monde parle le même langage.

 

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