Nous suivre Acteurs du sport

Les pompes à chaleur gagnent les centres aquatiques

Idir Zebboudj • idir.zebboudj@gmail.com

Sujets relatifs :

Un retour sur investissement d'à peine deux ans
Les mesures effectuées au centre aqualudique de la communauté d'agglomération de Moulins confirment le bien-fondé d'une solution de chauffage et de déshumidification par Pac. Ce suivi, effectué par EDF R&D, fait état, pour la première année de fonctionnement (2008) d'un prix du MWh (tous usages confondus) inférieur à 17 euros TTC, contre 43 euros TTC avec une solution gaz. EDF avait par ailleurs calculé, lors de la phase d'études du projet, que le retour sur investissement (12,7 millions d'euros TTC) serait de deux ans. Un chiffre confirmé par la communauté d'agglomération « à deux ou trois mois près ».

Les pompes à chaleur peuvent constituer une alternative viable aux chaudières dans les centres aquatiques. À condition de les associer à d'autres sources d'énergie renouvelable.

Le projet mené par la communauté d'agglomération du Puy-en-Velay, qui a sollicité les services du cabinet d'architectes Chabanne & associés pour réaliser son centre aqualudique (avec bassins sportifs et de loisir) a reçu le label HQE (haute qualité environnementale) dédié aux équipements sportifs. Cette distinction a été en partie obtenue grâce à ses modes de production d'énergie, à la fois écologiques et économes en matières premières.

 

Les atouts du bois énergie

En l'espèce, il s'agit d'une chaudière bois, ainsi que des panneaux solaires thermiques posés en toiture, pour assurer la production d'eau chaude sanitaire (ECS). L'utilisation des énergies renouvelables est devenue incontournable pour ce type de projet. Le bois-énergie a de sérieux atouts à faire valoir, en opération neuve comme en rénovation de site existant. « C'est une solution qui fonctionne très bien en centre aqualudique, confirme Valentin Trollé, directeur associé du bureau d'études INE. À condition toutefois de bien dimensionner le système. En général, nous préconisons une chaudière dont la puissance nominale permet de couvrir 85 % des besoins sur une année standard, assortie de petites chaudières d'appoint gaz peu onéreuses. Le piège serait de vouloir couvrir 100 % des appels de puissance avec la seule chaudière bois, ce qui conduirait à la surdimensionner. »

 

Les difficultés des pompes à chaleur

Les pompes à chaleur (Pac) air/eau sont également considérées comme des équipements utilisant une énergie renouvelable (la chaleur de l'air extérieur). Mais préconisées ainsi pour les centres aqualudiques, elles ne soutiendraient pas la comparaison avec les chaudières (gaz ou bois). « Les Pac sont indiquées pour une émission de chauffage à basse température, poursuit Valentin Trollé. Or, en centre aqualudique, il est difficile de fonctionner en basse température pour chauffer l'eau des bassins. Cela est possible, mais il faudrait alors surdimensionner les échangeurs thermiques. » Utilisées sur l'air extérieur, les Pac sont plutôt affectées à la déshumidification de l'air neuf insufflé par les centrales de traitement d'air. Associées à une autre source d'énergie renouvelable, elles peuvent néanmoins s'avérer compétitives.

Bordeaux : un puits géothermal de 1 150 mètres pour la piscine
La géothermie offre plusieurs possibilités techniques selon le gisement d'énergie disponible. En effet, le recours à une Pac n'est pas forcément nécessaire, si l'eau de nappe prélevée est à une température suffisamment élevée. Il est alors question de géothermie « basse énergie » (tandis que la géothermie « très basse énergie » requiert l'utilisation de Pac pour rehausser la température de l'eau). La ville de Bordeaux a récemment mis à profit son potentiel géothermique, très important en Gironde, de par la présence de nappes aquifères à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Ainsi, les bassins de la piscine judaïque de Bordeaux sont directement alimentés en eau de nappe, par le biais d'un puits de 1 150 mètres de profondeur. Bien qu'impropre à la consommation, cette eau de nappe est compatible avec une utilisation en bassin. Puisée à 50 °C, l'eau alimente les centrales de traitement d'air de la piscine municipale et est affectée à la production d'ECS (douches) pour ensuite être utilisée, à une trentaine de degrés, dans les bassins de loisir. Mis en œuvre en 2011, ce puits géothermique a permis à la municipalité d'économiser chaque année quelque 30 000 mètres cubes d'eau ainsi que 620 MWh de gaz naturel.

 

Chaud et froid

La rénovation du centre aqualudique de la communauté d'agglomération de Moulins (Allier) en est la preuve. Achevée en 2008, cette rénovation a notamment consisté à équiper le centre d'un mode de chauffage utilisant le principe de la géothermie « très basse énergie » (voir encadré ci-contre), qui consiste à utiliser les eaux de nappes phréatiques comme source de chaleur (contre-intuitivement appelée « source froide », en termes techniques) pour alimenter une ou plusieurs Pac. Tirant profit de la présence d'une nappe alluviale de l'Allier à proximité du site, une Pac géothermale a été préconisée en lieu et place de l'ancienne chaudière gaz. Cette Pac fournit jusqu'à 911 kW d'énergie thermique, destinée aux différents bassins du centre, soit un bassin sportif, une pataugeoire, un bassin de loisir, ainsi qu'un spa, totalisant une surface de 1 345 mètres carrés. La Pac produit également le chaud et le froid nécessaires aux centrales de traitement d'air pour la déshumidification de l'air intérieur. Pour l'alimenter, deux forages de 12 mètres de profondeur ont été creusés, deux autres forages étant dévolus à la réinjection de l'eau utilisée dans la nappe. Conçue avec le concours d'EDF R&D, cette installation a fait l'objet d'un suivi énergétique afin de rendre compte des consommations d'énergie effectives et de faire le bilan comptable de l'opération (voir encadré).

 

Pac et solaire : une alliance prometteuse

Outre la géothermie, le solaire est également en mesure d'optimiser les performances d'une Pac. C'est d'ailleurs la spécialité de la société française Héliopac, fournisseur de Pac associées à des capteurs solaires d'un genre particulier : contrairement aux panneaux solaires destinés à l'habitat, ces capteurs sont constitués de tuyaux souples en caoutchouc et ne sont pas renfermés dans une enceinte vitrée. Ces tubes sont agencés sous forme de « moquettes » parcourues par de l'eau glycolée. Portée à température lors de son passage dans les capteurs, cette eau glycolée circule alors dans un échangeur chargé de transmettre l'énergie solaire récupérée au circuit de la Pac. « Le fait de disposer d'un capteur solaire à basse température permet de combiner deux modalités de récupération d'énergie : sur l'air ambiant, par échange atmosphérique, et grâce aux apports solaires, détaille Éric Bosser, directeur commercial d'Héliopac. Ces apports solaires permettent d'obtenir des Cop (coefficient de performance) moyens annuels supérieurs à ceux de Pac puisant uniquement dans l'air extérieur. » De nombreux centres aqualudiques ont recours à cette solution mixant Pac et solaire, dont le palais des sports de Tours, inauguré en 2008. Six Pac associées à 350 mètres carrés de capteurs solaires y ont été installés. Un suivi énergétique assuré par Héliopac a permis d'évaluer le Cop moyen des Pac, sur la période 2009-2012, à 3,57. Traduction : pour 1 MWh d'électricité consommé, les Pac ont fourni en moyenne durant ces trois ans 3,57 MWh de chaleur.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdomadaire d’Acteurs du Sport

Nous vous recommandons

Piscine : la filtration sur céramique tient ses promesses à Annecy

Piscine : la filtration sur céramique tient ses promesses à Annecy

Premier équipement sportif de France doté d'une filtration sur céramiques, la piscine Jean-Régis d'Annecy tient ses promesses après un an de service: diminution de la consommation en eau du bassin, de[…]

26/10/2018 | Piscine
Quel système de filtration de l'eau pour les piscines?

Quel système de filtration de l'eau pour les piscines?

À Mandelieu-la Napoule, le fitness en libre accès attire de nouveaux publics

À Mandelieu-la Napoule, le fitness en libre accès attire de nouveaux publics

Le fitness prend son envol en plein air

Le fitness prend son envol en plein air

Plus d'articles