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Les offices du sport veulent prendre leur place dans la gouvernance territoriale

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

Chiffres clés
- 2000 offices des sports en France.
- 1300 adhèrent à la Fnoms.
- 30 millions de Français touchés.
- 40000 associations sportives adhérentes.
- Une revue « Sport dans la cité ».
- Un centre de ressources (internet).
- « L'innovation au service du sport pour tous », projet fédéral à télécharger sur le site de la Fnoms.
- Budget: 0,35 million d'euros.
- Fnoms, 13-15 rue Ambroise-Croizat, 94800 Villejuif, 0179848510, fnoms@fnoms.org, www.fnoms.org

Les offices du sport veulent prendre leur place dans la gouvernance territoriale

© shock - adobestock

Par fidélité aux valeurs qui l'ont fondée (et aussi parce que Fnoms et OMS sont devenus des marques auxquelles il est difficile de renoncer), la Fédération a gardé le M de municipale dans son titre. Dans les faits, elle se vit aujourd'hui comme la fédération des « offices du sport » tout court. Et veut prendre sa place dans le chantier de la nouvelle gouvernance du sport.

Un mouvement autant qu'une fédération regroupant des associations loi de 1901 indépendantes (1) et autonomes qui ne sont ni des services des sports bis, ni une commission municipale, ni un super club omnisport, voilà comment pourrait se décrire la Fédération nationale des offices municipaux des sports (Fnoms). Pour Claude Brana, son secrétaire général, l'office des sports « est un espace entre le service des sports, les élus en charge des sports, les fédérations, les acteurs du sport local. Actuellement les collectivités locales se rendent compte qu'on ne réussit pas seul. Cette prise de conscience existe dans l'urbanisme, l'économie, elle est encore embryonnaire dans le sport. Les sportifs nous poussent hors de nos marges. Des milliers de personnes pratiquent de nouvelles activités, créent de nouvelles formes de sociabilité qui dépassent les organisations traditionnelles clubs et manifestations. Le mouvement associatif territorial (et pas seulement sportif) doit évoluer, se fédérer, mettre en commun des idées, des moyens. Un mouvement comme celui des offices des sports ne peut qu'être au cœur de cette complexité.L'office des sports territorial est un outil à la disposition de tous ceux qui veulent se confronter à cette énergie, innover ».

 

Priorité au terrain

Sur le plan organisationnel, la fédération s'est mise en ordre de bataille. «Un nouveau siège social, fonctionnel dont nous sommes propriétaire, des finances assainies, un nouveau projet fédéral 2018-2021 », nous présente David Guillouf, directeur de la fédération. «Nous sommes engagés dans une démarche de qualité. Nous nous sommes donné un objectif: répondre en 48 heures aux questions qui nous sont posées par les offices des sports. Nous recevons entre 20 et 25 sollicitations par semaine, sur tous sujets. Cet observatoire nous permet de cerner les sujets qui préoccupent nos membres et d'adapter nos ressources en conséquence, qu'il s'agisse de formation, de fiches thématiques, de communication ». Des outils et une attitude qui donnent priorité au terrain. « Chaque territoire a ses propres spécificités, son histoire, ses problématiques originales. Il n'y a pas un modèle unique d'office des sports », poursuit David Guillouf. «Nous devons nous adapter à cette diversité des situations. Notre rôle n'est pas de dire comment faire, mais de donner les moyens de faire aux acteurs locaux. Rien n'oblige les offices des sports à adhérer à la fédération. Notre baromètre et notre satisfaction, c'est de constater que nos membres sont nombreux et fidèles ».

 

L'innovation au cœur de la démarche fédérale

Adopté en mai 2018, le projet fédéral 2018-2021 est la pierre angulaire de cette démarche. Il réaffirme le positionnement de la fédération et des offices territoriaux pour un sport pour tous social et solidaire et la vocation traditionnelle des offices de mutualisation des ressources et de renforcement de l'attractivité des activités physiques et sportives. Il place l'innovation au cœur de la démarche fédérale. Parmi celles-ci, l'ouverture des offices à d'autres acteurs locaux comme les associations « hors sport » (socioculturels, loisirs, bien-être, maisons de quartier, centres sociaux...). Innovant aussi le positionnement prioritaire de la Fnoms « dans l'espace rural ainsi que dans l'urbain et les quartiers de la politique de la ville où les équipements et les ressources humaines sont plus rares ». Enfin, le projet fédéral rappelle l'importance pour les territoires de se doter d'un projet sportif et met à leur disposition un outil adapté « le projet sportif territorial ».

 

Un service du sport territorial

Pour David Guillouf, « les offices des sports n'ont pas vocation à développer des activités sportives qui sont de la responsabilité des associations sportives et des fédérations. Cependant, on constate que l'organisation d'activités physiques et sportives représente 80 % de l'activité des offices. S'ils le font c'est qu'ils répondent à une demande d'un service du sport territorial. Avec les associations et les partenaires locaux, les offices jouent alors le rôle d'un assembleur pour répondre aux besoins de pratiques sportives en club ou hors club ou sur des thématiques particulières: santé, handicap, lien social... ». Une évidence pour Claude Brana, le secrétaire général « si les offices doivent être des agitateurs d'idées, il faut aussi que cela débouche sur des réalisations concrètes. Nos membres sont des présidents d'association qui ont leurs propres objectifs mais cela n'empêche pas de se réunir pour faire des choses ensemble ».

 

Les clubs devront s'adapter

« Nous sommes une fédération modeste », poursuit Claude Brana « mais nous faisons partie du paysage et nous devons travailler avec l'ensemble des acteurs. Compte tenu des évolutions en cours dans le sport, qui seront encore accélérées par l'organisation des Jeux olympiques en 2024, nous ne serons pas trop d'une multitude d'acteurs pour préparer le sport de demain. Quand on voit les enquêtes sur les demandes sportives, on se dit que la société sportive sera bousculée par ces nouveaux comportements. Avec des modes d'action et de pensée qui auront changé, la structure actuelle des associations sera complétée par d'autres formes de rassemblement auxquelles les clubs devront s'adapter ». Un futur proche et un programme d'action dans lesquels la Fnoms est prête à tenir toute sa place.

 

Quelques exemples d'actions
- Marchons dans nos campagnes (Croms Auvergne) est une action qui a pour but de prévenir la dépendance, favoriser l'autonomie des personnes âgées, renforcer le lien social, rompre l'isolement, favoriser le maintien à domicile. Dans ce cadre, les OMS partenaires proposent aux plus de 60 ans une marche encadrée par semaine de septembre à juin. Par temps de pluie, des séances d'activités physiques adaptées sont proposées en salle. - « Jour de sport-santé » (Saint-Paul, Ile de la Réunion). Cette journée tout public gratuite propose des ateliers de découverte d'activités physiques et sportives sous toutes leurs formes; des ateliers de sensibilisation sur la thématique « Sport-santé bien-être »; des ateliers de sensibilisation à la prévention des espaces, sentiers et itinéraires ainsi que des sites naturels dédiés à la pratique sportive, ainsi que de nombreuses animations ludiques à destination du jeune public. En 2017, 10000 à 14000 visiteurs ont arpenté les travées de la manifestation tout au long de la journée. - La Boîte utile sportive et solidaire (BUSS, Strasbourg): installée dans l'entrée de l'OMS, la BUSS est un lieu où on peut déposer des objets sportifs dont on n'a plus besoin (en bon état) et en reprendre d'autres. La BUSS a pour objectif de promouvoir un système économique limitant la consommation de masse ainsi que la production de déchets en favorisant le réemploi. Elle est également une ressource pour ceux dont le budget est limité.

 

 

(1) La Fnoms déconseille qu'un élu municipal assure la présidence de loffice notamment en raison des risques de gestion de fait.

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