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Les Landes mettent le cap sur les JO

Patrick Bayeux • patrick-bayeux@orange.fr

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Chiffres clés
- 4 M€ de budget dédiés aux politiques sportives.
- 125 000 licenciés.
- 60 comités départementaux actifs.
- Une antenne du Creps Bordeaux Aquitaine.
- 23 M de nuitées, dont 10 % de touristes étrangers, très majoritairement concentrées sur les 110 km de littoral.
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Les Landes mettent le cap sur les JO

© ffs

30 % des Landais sont licenciés contre 24 % en France. Soutien au mouvement sportif, chèque sport pour les collégiens, valorisation des sports de nature, le département est présent sur tous les fronts pour encourager les habitants à la pratique sportive. Y compris en se portant candidat avec les communes de Capbreton, Hossegor et Seignosse pour l’accueil des épreuves de surf aux JO de Paris 2024. 
Connu pour ses plages et ses vagues, le département des Landes offre de nombreux atouts avec un patrimoine naturel riche et  diversifié. Il a mis en place dès 2007 un plan départemental des espaces, sites et itinéraires (PDESI) pour compléter les 3 000 km de pistes cyclables. Les sites sports de nature inscrits au plan sont soumis à une évaluation à partir de critères comme l’intérêt sportif, la maîtrise foncière, les conditions de sécurité, les conventions précisant les responsabilités en matière d’aménagement, de gestion et d’entretien des sites, le volet touristique, l’impact environnemental, l’accessibilité du site pour tous. Un label « stations sport de nature », est attribué pour les projets de territoire à l’échelle d’une intercommunalité, constituée d’au moins deux espaces, sites et itinéraires (ESI), répondant aux critères de qualité définis (sécurité, enjeux sportifs et touristiques, préservation environnementale, etc.) et représentant au moins deux filières sports de nature (terrestre, aquatique ou aérienne).
 

De l’emploi sportif à l’accompagnement

L’emploi sportif dans les Landes passe par Profession Sport depuis 1995. Avec 215 équivalents temps plein (près de 700 salariés), le dispositif couvre quarante domaines d’activité. « Le département accompagne Profession Sport Landes depuis sa création. Nous y sommes particulièrement attentifs car il assure les fonctions de centres ressources du mouvement sportif et même de la vie associative dans son ensemble », souligne Philippe Courtesseyre, directeur adjoint jeunesse sport du département. De fait, à partir de la question de l’emploi, Profession Sport a su décliner toute une gamme de services et une politique d’accompagnement des acteurs du sport. C’est d’ailleurs avec Profession Sport que le département a mis en place une recherche-action autour des « comportements déviants dans le sport ». L’objectif est d’en repérer les origines et de former les acteurs du sport à leur prévention. Le projet est mené avec l’université de Bourgogne via l’accueil d’un doctorant qui conduit les travaux dans le cadre d’une convention industrielle de formation par la recherche (Cifre) cofinancée par l’Agence nationale de la recherche et de la technologie, le département, le mouvement sportif landais durant trois ans.
 

Pour les collégiens, un chèque sport mais pas que

Le département attribue une aide, sous la forme d’un chèque sport de 50 euros, aux collégiens en 6e pour une inscription dans un club sportif ou dans une association sportive scolaire relevant de l’UNSS. Dans le cas d’une seconde licence durant une même année scolaire, un second « chèque sport » peut être sollicité, fixé forfaitairement à 25 euros. Mais au-delà de ce soutien direct, le département a initié un projet original dans le cadre du dispositif « Savoir en partage ». Ce projet transdisciplinaire invite les élèves à regarder le sport à la lumière des sciences et techniques et des sciences sociales, dans un projet collaboratif. Avec l’appui d’experts comme le Centre européen de rééducation du sportif de Capbreton, il propose de s’intéresser aux réponses du corps à l’exercice, aux mécanismes émotionnels liés au sport, aux technologies modernes d’équipements ou encore à la dimension sociale du sport.
 

Un soutien aux écoles de sport

L’intervention en milieu scolaire auprès de l’UNSS s’accompagne d’un soutien aux écoles de sport animées par les clubs. Elle cible les enfants de moins de 15 ans. Tout club qui accueille plus de dix licenciés répondant à ce critère d’âge bénéficie ainsi d’une subvention du département, majorée en fonction du nombre de jeunes accueillis. Philippe Courtesseyre considère que ce soutien est fondamental car « dans un territoire rural comme le nôtre, les clubs ne peuvent plus compter sur les subventions de l’État et avec un soutien local limité par la taille des communes (80 % des communes ont moins de 1 000 habitants), le soutien départemental est essentiel. Il l’est d’autant plus qu’il ne repose pas sur une logique de ‘‘projet’’ mais sur un règlement clair et accessible, permettant aux clubs de se projeter d’une année sur l’autre ». Le département y consacre une enveloppe de 900 000 euros chaque année. 500 clubs, 25 000 licenciés sont concernés. 
 

Un label pour aider à l’épanouissement personnel des handicapés

Le service sports, intégration et développement (SSID) cache un programme peu répandu visant à favoriser la participation des personnes handicapées à la vie sociale, notamment par de la pratique sportive, conçue comme support et médiation de développement et d’épanouissement personnel. Un label a été créé : le label « Sport et handicaps » qui reconnaît les lieux de pratiques, l’encadrement, les structures pour accueillir les personnes en situation de handicap souhaitant pratiquer régulièrement une activité physique et sportive de compétition ou de loisirs. Dix professionnels qualifiés oeuvrent dans ce domaine, en assurant un travail de partenariat permanent avec les services de l’État, de la région, du département et des divers mouvements sportifs et associatifs. 
 
3 questions à Henri Bedat, vice-président en charge des sports
 
« Nous voulons rendre aux acteurs du surf ce qu’ils ont apporté  à notre territoire »
 
Vous êtes candidats avec les communes d’Hossegor, Seignosse et Capbreton à l’accueil de l’épreuve de surf des JO de 2024. Quel est le rôle du département ?
Le département est le chef de file de cette candidature. Il en assure la coordination technique, administrative avec la communauté de communes Maremne Adour Côte Sud (MACS), les communes de Capbreton, Hossegor, Seignosse. Nous avons retenu cette configuration car elle correspond aux habitudes de collaboration sur notre territoire, à la gouvernance locale du sport au sein de laquelle chaque niveau de collectivité intervient en complémentarité de l’autre. Cela nous permet d’optimiser notre approche du dossier olympique, des leviers que les JO permettent d’activer et l’héritage à construire. Le département mobilise notamment l’expertise de sa politique sportive qu’il croise avec ses compétences autour des collèges, dans le domaine social.
La communauté de communes engage ses ressources en matière de développement économique et les villes leur gestion des infrastructures. Cette complémentarité nous permet de fédérer tout un territoire derrière le mot d’ordre « We surf 2024 ».
La filière glisse nous soutient (Eurosima et Boardriders notamment), des athlètes de tous les horizons et de toutes les générations nous accompagnent et contribuent à construire un dossier solide et solidaire. 
 
Que représente la filière surf pour votre territoire ?
L’une de nos motivations de cette candidature olympique est de rendre aux acteurs du surf ce qu’ils ont apporté à notre territoire pour en faire l’épicentre européen du surf. La côte sud des Landes a attiré les pionniers de l’industrie de la glisse en Europe. Eurosima, cluster de la glisse, dispose d’un siège à Hossegor. Le territoire accueille également l’Ocean Tech, un programme d’innovation transfrontalier qui fédère les principaux acteurs industriels et de la recherche technologique sur le  territoire de l’Eurorégion qui s’étend d’Hossegor jusqu’à Bilbao. Et pour répondre directement à votre question, la filière c’est 4 000 salariés dans le milieu de la glisse, 400 entreprises & start-up, et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
 
Quels sont les principaux atouts de votre candidature ?
Notre environnement naturel, parmi les meilleures vagues au monde, est un écrin naturel exceptionnel, ouvert et accessible à tous. Il n’y a pas beaucoup d’endroits où l’on retrouve ce genre d’espace d’une telle dimension. En outre, nous pouvons proposer la meilleure expérience aux athlètes avec des équipements de pointe comme le Centre européen de rééducation du sportif (visité par le Cojo) et en les accueillant au plus près du spot. Idem pour la famille olympique qui serait accueillie autour du lac d’Hossegor, à quelques encablures des spots de la Gravière, des Estagnots, des Bourdaines. Le public sera également dans des conditions idéales, dans l’amphithéâtre naturel que proposent nos plages et avec l’aide des clubs de surf landais qui seront en première ligne pour accueillir le  monde entier, comme chaque été.

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