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Les gymnases font peau neuve

Vanessa Bernard

Lavelanet « Les associations sportives ont doublé leurs effectifs depuis que nous avons cet équipement »
À Lavelanet (Ariège), le nouvel équipement sportif est même « transgénérationnel », indique Erald Gast, responsable des sports de la ville. Ici, on trouve 3600 m2 de surface totale avec environ 2500 m2 dédiés aux activités sportives réparties en trois salles, le reste de l'espace étant occupé par les vestiaires et des salles de réunion pour les besoins des associations. André Cassan, élu référent au sport de la commune explique: « notre nouveau gymnase est mis à disposition des associations sportives bien sûr, mais aussi culturelles, les clubs de joueurs de cartes ou de scrabble, pour leurs activités ou leurs assemblées générales... » Marc Sanchez, maire de Lavelanet et par ailleurs président de l'Andes (Association nationale des élus en charge du sport), se félicite du succès de fréquentation: « Nous accueillons ici une vingtaine d'associations permanentes, soit 700 personnes par semaine, auxquelles il faut rajouter les quelque 300 élèves de la commune. Les associations sportives ont doublé leurs effectifs depuis que nous avons cet équipement. Tout le Pays d'Olmes en profite, soit une cinquantaine d'associations et plus de 4 000 licenciés de la communauté de communes ». L'acquisition du bâtiment et les travaux auront représenté un coût total de 1,5 million d'euros TTC.

Les gymnases  font peau neuve

Si depuis les années 1970, les gymnases étaient essentiellement confinés à des modèles métalliques, ces dernières années l'accent est mis sur la performance (notamment en termes de coûts de fonctionnement) et sur le confort intérieur. Les maîtres d'ouvrage comptent sur l'ingéniosité de la maîtrise d'œuvre pour que les réalisations soient toujours plus économiques, plus esthétiques et plus pérennes.

 

La maîtrise des coûts devient bien souvent le premier critère de sélection pour les communes. Pour Narbonne et son gymnase, le Dôme José-Nicolaï, l'argument en tout cas a prévalu. Coût total de l'opération: 650000 euros TTC pour cet équipement sportif d'une surface totale d'un peu plus de 1500 m2 (11 m de hauteur), adapté aux besoins de ses publics, et un chantier achevé en quatre mois à peine. En faisant le choix d'une structure gonflable, la ville a opté pour une solution six fois moins chère qu'une salle de sport classique. Côté qualité et pérennité de l'ouvrage, les arguments sont séduisants: en termes de résistance au feu, la construction répond à la réglementation en vigueur; également autonettoyante, le fabricant slovène qui la met en œuvre (Duol) lui assure une longévité de quarante ans au moins. Côté confort intérieur, le système à double membrane, combinant polyester et PVC, est doté d'une poche d'air d'une épaisseur de 40 à 70 centimètres entre les couches externe et interne assurant ainsi une isolation thermique comparable aux constructions traditionnelles.

Toiture métallo-textile

Le textile s'est également invité dans la construction des équipements sportifs. Avec ses réalisations tout en ossature bois intégrant une toiture métallo-textile, une société lyonnaise propose un système innovant qui a séduit la ville de Coignières (Yvelines). Les prérogatives du maître d'ouvrage: « Une très grande clarté naturelle, la rapidité de construction, bien sûr, et un coût moindre par rapport à un chantier classique du même type », explique son dirigeant. Il aura fallu moins d'un an pour achever l'opération d'un peu plus de 1000 m2 de surface et dévoiler un gymnase tempéré éclairé par la lumière du jour, comme sous un préau. Avantages encore: le choix de matériaux entièrement recyclables et d'excellentes propriétés thermiques: quand le bois est un isolant naturel, la membrane textile est dotée d'une faible inertie assurant le confort intérieur.

 

Apports lumineux naturels

Car outre l'importance majeure des coûts, l'autre critère essentiel est évidemment la performance du bâtiment avec un intérêt tout particulier à accorder aux apports lumineux naturels. Odile Servin, architecte, et dont l'Atelier A2A s'est vu confier la maîtrise d'œuvre du gymnase (1800 m2) de la commune de Pibrac (Haute-Garonne) achevé fin 2014 explique même que dans son métier « c'est un aspect primordialpour le confort mais aussi les économies d'énergie ». Pour son projet d'équipement sportif mené dans le Sud-Ouest, elle a ainsi opté pour une double orientation afin d'obtenir une lumière naturelle homogène au Nord comme au Sud. Pour ce faire, elle a privilégié un apport par la façade avec, à l'occasion, des surfaces entièrement vitrées, plus simple selon elle « que de travailler sur la toiture qui doit aussi prendre en compte le risque de surchauffe en été. » Une luminosité exceptionnelle ne requérant aucun éclairage artificiel.

 

Le bois fait la différence

Pour ce gymnase certifié Haute qualité environnementale, les cibles « très prioritaires », ont été la gestion de l'énergie (C4), la gestion de l'entretien et de la maintenance (C7) et le confort visuel (C10). Le choix constructif a été celui du bois en raison de son excellente inertie mais aussi du rapport qualité/prix. Coût travaux: 2,2 millions d'euros HT coût total de l'opération: 3,4 millions d'euros TTC. Odile Servin a donc fait des choix: « Le budget était serré et nous ne pouvions donc pas trop monter en volume. Pour la charpente principale, nous avons donc choisi des poutres métalliques de 50 cm de hauteur, alors qu'en lamellé-collé, elles auraient été de 1,20 m. » En termes de façades à payer mais aussi d'espace à chauffer, le compromis a fait la différence.

 

Le béton reste l'élément de base

Quand pour la maîtrise d'ouvrage l'enjeu est de performer économiquement dans tous les sens du terme, pour la maîtrise d'œuvre, le défi est de composer avec les enveloppes des collectivités et tous les matériaux disponibles pour créer des espaces chaleureux et performants. Et dans ce contexte, le bois, souvent associé à d'autres ressources, semble en effet avoir conquis de belles parts de marché. Pour la mise en œuvre de gymnases, il fait ainsi également bon ménage avec le béton au sein de structures mixtes qui ont le vent en poupe. Le béton reste en effet en France l'élément de base grâce à ses « circuits courts » avec un réseau se situant donc au plus près de la demande (près de 700 sites de production jalonnent le territoire français), mais aussi sa malléabilité puisqu'il se façonne à l'infini: poli ou poncé, brut lissé ou lasuré...

Panneaux sandwichs translucides

Du béton lasuré foncé, voilà le parti pris de Martin Duplantier (Martin Duplantier Architectes) qui a assuré la maîtrise d'œuvre du tout nouveau gymnase de Bussy-Saint-Georges (lire p. 19). Sa volonté? « Apporter une dualité à la façade entre matériau opaque et translucide » avec « le béton d'un côté, le verre de l'autre », explique-t-il.

Pour l'aspect transparent, c'est le système Kalwall qui a été retenu, un procédé innovant venu des États-Unis, constitué d'une matrice de panneaux sandwich translucides en fibre de verre. Pour la ville, l'opération aura représenté un coût colossal mais l'équipement est d'envergure (6000 m2) et Chantal Brunel, maire de la commune qui a « hérité » du dossier à son arrivée en mars 2014 évoque « untravail immense, un combat pour économiser les deniers de la commune. » À l'arrivée, 22,27 millions d'euros TTC pour l'intégralité de l'opération, contre 31,85 prévus sous l'ancienne majorité.

 

Mur solaire

Mais l'innovation ne coûte pas toujours plus cher. À Sassenage (Isère) pour le gymnase Alexandre-Fleming de 2865 m2 sorti de terre en 2012, l'écoresponsabilité était encore une fois au cœur du programme. Soubassements en béton doublé de galets, charpente et bardage en bois classe 3 sans entretien en mélèze: ici aussi, l'empreinte environnementale se voulait minime. Pour aller plus loin, le cabinet d'architecture r2k, d'ailleurs récompensé pour cette opération du Grand Prix de l'Innovation (Trophées de la construction Bois 2012 du conseil départemental de l'Isère), a opté pour un mur solaire au cœur du système hygrothermique de la salle principale. Avec Solarwall, le gymnase isérois est ainsi doté d'un revêtement métallique extérieur capable de capter la chaleur du soleil pour générer de l'air chaud. Installé sur la paroi Sud du bâtiment, grâce à ses microperforations, le système capte l'air frais extérieur, le chauffe, puis l'oriente vers le système de chauffage ou de ventilation du bâtiment pour qu'il se combine aux équipements existants. Bilan: « un gain de 4,10 kWhep/m2 Shon/an » précise Véronique Klimine, l'architecte du projet. De quoi envisager de substantielles économies d'énergie sur la durée.

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