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Les bassins nordiques séduisent le public

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Le bassin nordique de nage connaît actuellement un développement significatif, soit dans le cadre de réhabilitations soit d’extensions soit de modernisations de bassins d’été. Plébiscités par le public, ils suscitent des interrogations quant aux coûts de fonctionnement notamment. Pas toujours justifiées.

«On va chauffer toute la ville dans une débauche d’énergie, on va avoir froid dehors… ». Ouverts toute l’année, accessibles depuis les parties chaudes de vestiaires par un sas aquatique ou aérien, ces bassins extérieurs peuvent sembler anachroniques à l’heure où l’on cherche à maîtriser aussi bien les consommations énergétiques que les coûts de fonctionnement.

Renouer avec les origines

Le fait de se baigner dehors est pourtant à l’origine de la natation, ce qui explique aussi la forte saisonnalité de cette pratique. Sans refaire l’histoire des piscines, il faut noter que l’émergence des piscines couvertes en milieu urbain a été accompagnée d’un fort développement des piscines d’été, sur des sites souvent naturels. Les piscines estivales sont moins coûteuses, répondent à une demande sociale forte, acceptent une forte dimension sportive : les stades nautiques. Pourtant, dans une période plus récente, les piscines d’été ont souvent été abandonnées au profit de centres aquatiques de conception plus « moderne ». Plusieurs facteurs ont ainsi pesé sur cet abandon : - problèmes de sécurité, de maintenance de bassins fermés les trois quarts de l’année, de sécurité face aux transgressions ; - vision utilitariste opposée à la baignade et valorisant l’apprentissage de la natation et la compétition sportive ; - vieillissement des stades nautiques définissant une offre de plus en plus décalée par rapport à la demande sociale.

Une offre plus généreuse et plus saine

De fait, les bassins nordiques de nage affichent actuellement un fort caractère de modernité, en optimisant les réponses aux besoins des citadins : - nager toute l’année, faire des longueurs (jogging nautique), correspond à la demande majeure pour un public fidélisé ; - respirer dehors dans son effort de nage réduit l’impact des chloramines, pour une pratique plus saine ; - nager en toute tranquillité dans des lignes d’eau sans la pression sonore des halls bassins fermés, sans risques de plongeons intempestifs ; - profiter le plus souvent d’un cadre naturel, ou d’une impression visuelle d’ouverture vers l’horizon. La très grande plasticité de l’offre permet de se baigner dehors au soleil l’été, une demande croissante pour des citadins plus limités dans leurs capacités financières à se rendre sur les sites balnéaires de bord de mer ou d’étangs naturels. Elle offre en outre la possibilité d’accueillir facilement des grands événements ou compétitions par un aménagement non pérenne de gradins et d’espaces pour les hospitalités. Les aménagements pour le meeting EDF sur le bassin nordique de nage Lagardère-Racing La Croix Catelan Bois de Boulogne. En fait, ces projets permettent une offre plus généreuse, plus saine, avec des montants d’investissement plus réduits : - les tailles des bassins peuvent ainsi être modulées, avec des lignes d’eau de 25 mètres, de 50 mètres, voire de 100 mètres (stade Marx Dormoy de Lille) ; - les grandes surfaces de plages, minérales et végétales, proposent une offre diversifiée de loisirs, de détente estivale et d’animation. 

De nouvelles formes de fréquentation

Ces bassins suscitent en outre une nouvelle forme de fréquentation et révèlent une demande sociale forte correspondant aux données les plus récentes de sociodémographie sportive. La transformation du bassin d’été de la piscine de Nogent-sur-Marne (comprenant un bassin de 25 mètres couvert) en bassin de nage ouvert toute l’année a ainsi généré une augmentation de sa fréquentation hivernale de 16 % (de 38 928 entrées en 2005 sans bassin nordique… à 92 106 entrées en 2011 avec bassin nordique, source : Vert Marine). La piscine estivale du Wacken à Strasbourg (cf. équipement du mois, Acteurs du sport n° 143, novembre 2012) ouverte uniquement au grand public, de 7 heures à 21 heures sans présence de clubs ni de scolaires, fait apparaître une hausse de la fréquentation de l’ordre de 800 entrées payantes par jour, soit 70 000 entrées sur la période de janvier à avril 2013.

La demande est forte sur les créneaux du matin, du midi et du soir et la fréquentation correspond à une pratique régulière voire intensive (81 % au moins une fois par semaine). Un quart des personnes qui fréquentent le Wacken n’allait pas à la piscine avant. Il s’agit donc bien d’un nouveau public. Mais les fréquentations de ceux qui allaient déjà dans une piscine sont largement modifiées, 45 % ne fréquentant plus du tout les piscines couvertes et 38 % moins souvent.

Des coûts compétitifs

Reste la question décisive de la réalité économique des bassins nordiques, notamment dans une inévitable comparaison avec les bassins en piscine couverte. En investissement, le bassin nordique est avantageux. La question du fonctionnement est plus polémique. Les difficultés théoriques sont nombreuses. Les estimations de consommations sont établies à partir d’hypothèses qui fixent des paramètres décisifs tels que les températures, la vitesse du vent, la présence d’une couverture thermique nocturne. Elles sont établies par des formules complexes qui estiment les déperditions de calories d’un bassin et les besoins énergétiques liés à : - l’évaporation de l’eau depuis la surface ; - la conduction de chaleur vers la terre autour et sous le bassin ; - la convection depuis la surface de l’eau vers l’air ; - le rayonnement du plan d’eau vers l’atmosphère ; - le chauffage de l’eau d’appoint en remplacement de l’eau évaporée ; - l’électricité pour éclairage de fond de bassin et des plages ; - les appoints solaires. Les tentatives de comparaison entre bassin couvert et bassin nordique donnent des résultats contrastés, même si un relatif équilibre peut exister dans la mesure où, pour le bassin nordique, le chauffage de l’eau est plus important, mais on évite les charges du traitement d’air. Cependant, les résultats concrets sont rares, car les données existantes de consommation énergétique regroupent les consommations d’ensemble des bassins, couverts et intérieurs.

 

À l’investissement c’est moins cher

Sur l’exemple d’un bassin de 25 mX12,5 m avec sas d’accès par un chenal d’une profondeur de 1,3 à 2 mètres, les montants proposés par Octant Architecture sont les suivants (Conférence pour l’association Aires du 25 janvier 2013) :

Bassin nordique

  • Bassin béton carrelé Environ 215 000 HT
  • Galerie technique périphérique sur 2 mètres de largeur Environ 150 000 HT
  • Traitement d’eau, chauffage associé et électricité Environ 251 000 HT
  • Couverture isothermique Environ 200 000 HT
  • Plages Environ 50 000 HT

TOTAL Environ 866 000 HT

Bassin intérieur

  • Bâtiment Environ 1 470 000 HT
  • Traitement d’eau chauffage ventilation, électricité Environ 150 000 HT

TOTAL Environ 1 920 000 HT

Prix : hors plages, aménagements extérieurs, fondations spéciales.

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