Nous suivre Acteurs du sport

"Les associations doivent requestionner leur projet associatif et l'adapter à un environnement qui évolue vite"

Sujets relatifs :

,
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

Interview de Denis Bernardeau, sociologue des associations - université Paris-Est-Marne-la-Vallée

Le monde du sport doit-il s'inquiéter des annonces concernant la suppression d'emplois aidés?

Oui, cela ne fait aucun doute. La diminution du nombre d'emplois aidés constitue un obstacle de plus pour le milieu associatif dans son ensemble. Avec un cadre général dans lequel l'État se désengage et des collectivités qui ont de moins en moins d'argent et modifient la nature de leurs relations avec le tissu associatif avec une diminution des subventions et davantage de contractualisation. Donc le message pour les associations est très clair : c'est « débrouillez-vous ».

 

Êtes-vous d'accord avec l'argument selon lequel trop peu d'emplois aidés participent à la professionnalisation du secteur sportif?

Il n'est pas faux. Alors bien sûr, des associations recourent aussi à des emplois aidés par facilité, à moindre coût. Mais il y en a aussi beaucoup qui n'ont pas le choix. Dans le domaine sportif, les emplois aidés concernent surtout les entraîneurs et les éducateurs sportifs et donc des formations coûteuses. Les clubs doivent trouver leurs propres ressources pour fonctionner. Au-delà des subventions, il s'agit d'aller chercher des recettes autour de l'événementiel, d'organisations diverses et des cotisations des membres bien sûr. L'adaptation peut aussi passer par des regroupements d'associations sur un même territoire, afin qu'elles soient plus fortes. Elles doivent enfin régulièrement requestionner leur projet associatif et l'adapter à un environnement qui évolue vite.

 

Doivent-elles revoir le montant de leur cotisation, généralement assez faible?

En France, on considère que le milieu associatif ne doit pas coûter cher car il est géré par des bénévoles. Mais bien souvent, ce même public est prêt à payer bien plus cher - rapporté au taux horaire - le prix d'entrée dans une salle de fitness par exemple, parce qu'elle est gérée par une entreprise. Alors si l'on veut que l'association soit de qualité, il faut aussi qu'elle en ait les moyens. Et la cotisation fait partie de ses ressources principales. C'est un message à faire passer.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdomadaire d’Acteurs du Sport

Nous vous recommandons

Gouvernance territoriale du sport : les collectivités sous tutelle ? Les élus l'ont-ils bien compris ?  Par Patrick Bayeux

Gouvernance territoriale du sport : les collectivités sous tutelle ? Les élus l'ont-ils bien compris ? Par Patrick Bayeux

Le projet de décret relatif aux conférences régionales du sport et aux conférences des financeurs du sport va être une nouvelle fois examiné au Conseil d’État vendredi puis[…]

La circulaire de rentrée sport 2020 du ministre et de la ministre déléguée

La circulaire de rentrée sport 2020 du ministre et de la ministre déléguée

Sport : un rapport du Sénat pointe « le désengagement de l’État »

Sport : un rapport du Sénat pointe « le désengagement de l’État »

Plan de relance dans le sport : pour France urbaine le compte n’y est pas

Plan de relance dans le sport : pour France urbaine le compte n’y est pas

Plus d'articles