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Le vol libre ne manque pas d'air

Denis Cheminade - denischeminade@gmail.com

Kitesurf: un contentieux qui dure
« Sur le plan international, la France est présente sur tous les podiums internationaux dans toutes les disciplines. Deux disciplines, le parapente et le kitesurf, sont reconnues de haut niveau. Notre filière d'accès au haut niveau est performante et nous est enviée par de nombreux pays », précise François Cuzinaud, DTN adjoint. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si l'international ne s'en mêlait pas. À ce niveau, la Fédération internationale de voile (ISAF) s'est la première emparée du kitesurf en 2012. Dans la foulée, la Fédération française de voile a demandé la délégation du kitesurf, délégation que le ministère ne lui a pas accordée au regard de l'ancienneté et de la qualité de l'engagement de la FFVL au service du kitesurf. S'en est suivi un contentieux qui dure malgré un schéma de coopération proposé par le président de la FFVL « À la voile le politique (les relations internationales, le calendrier international), au vol libre la technique (formation, préparation des athlètes) ». Un schéma pourtant déjà mis en œuvre dans d'autres sports mais refusé jusqu'à ce jour par la voile. À noter que le différend entre la FFVL et la FFV ne porte que sur les disciplines du kite revendiquées par lISAF. Pour gérer les autres disciplines du kite, une Fédération internationale de kitesurf (IFKO), complémentaire mais indépendante des activités de l'ISAF, vient de se créer. Elle organise ses premiers championnats du monde en cette fin d'olympiade. La compétition continue...

Parapentes, deltaplanes, kitesurfs ont en commun d'appartenir à la Fédération française du vol libre. Outre la sécurité et notamment la cohabitation avec les autres usages militaires ou civils de l'espace aérien, l'accès aux sites est une préoccupation constante. Heureusement, les choses ont beaucoup progressé ces dernières années.

La Fédération française de vol libre a été créée en 1974 et s'est rapidement développée. « L'air n'est pas seulement un élément sur lequel on prend appui pour voler, c'est aussi un élément dont on peut utiliser la force de traction », explique son président, Jean-Claude Bénintende. Elle est ainsi devenue une fédération multisport regroupant les sports aériens non motorisés. L'aventure a commencé par le parapente (l'aile delta) aujourd'hui supplantée par le parapente. À ces deux disciplines de vol, s'est ajouté le kite qui utilise la force de traction de l'air. Associée avec un engin de glisse (une planche) ou de roulage, l'aile de traction a dompté toutes les surfaces: l'eau avec le kitesurf, la neige avec le snowkite, la terre ou le sable avec un tricycle (buggy), une planche ou des roulettes. Depuis peu, la fédération s'est encore enrichie de deux nouvelles activités.

 

Educ'en ciel

« Nous sommes la fédération de la culture de l'air. C'est pourquoi nous accueillons aussi d'autres engins non motorisés comme le cerf-volant et le boomerang. Dans nos disciplines, l'âge minimum pour voler est de 14 ans. Ces activités nous permettent d'accueillir les jeunes. Elles leur permettent d'entrer dans l'aérologie et favorisent la découverte du milieu aérien », déclare Véronique Gensac, vice-présidente de la fédération. L'accueil de ces disciplines répondait aussi à une demande du ministère soucieux d'éviter la multiplication de nouvelles fédérations et d'accompagner le développement d'activités nouvelles. Le boomerang, le cerf-volant se prêtent particulièrement bien à l'animation en milieu scolaire. Les animateurs fédéraux accompagnent la fabrication des cerfs-volants et des boomerangs, facilitent les premiers envols. Un programme fédéral « Educ'en Ciel » met à disposition des enseignants les outils pédagogiques qui leur permettent d'animer ces activités (téléchargeables sur le site www.ffvl.fr - rubrique éduc'en ciel).

 

Passeports de progression

La liberté de l'espace aérien exige du pratiquant une grande autonomie, une capacité à gérer lui-même sa sécurité, à cohabiter avec les autres usages militaires ou civils de l'espace aérien. La sécurité est une dominante constante et transversale à toutes les disciplines de la fédération. La colonne vertébrale en est la formation. Celle des pilotes pour laquelle la fédération a défini une progression type balisée par des brevets et présentée dans les différents « passeports de progression ». Celle des encadrants qui dans les clubs et les écoles accueillent les pratiquants. Celle des écoles que la fédération labellise. Ce travail de formation s'accompagne d'un travail sur les matériels dont elle facilite la mise au point, et d'une information permanente sous forme « d'alertes sécurité ».

Chiffres clés
Pratiquants: 45000 participations (plus 2,1 % en 2015). 321000 licences annuelles (72 %), 13000 titres de participation.Compétiteurs: 2500 (28 %) dont parapente 1500, kite 800. Hommes: 85 %, femmes 15 %. Clubs: 650, sociétés (organisme à but lucratif: OBL): 280. Sites de pratique recensés dans la base fédérale: 1100. Cadres techniques fédéraux et d'État: 20. Budget 2015 : 3,5 millions d'euros. Fédération française de vol libre (FFVL), 4 rue de Suisse, 06000 Nice, www.ffvl.fr, 0497038282.

Gestion des sites

L'accès aux sites est la seconde préoccupation transversale de la fédération. Le vol libre a besoin de plateformes de décollage et d'aires d'atterrissage. Le plus souvent un aménagement du milieu naturel suffit, et avec le développement du treillage qui permet l'envol en plaine, plus besoin de longs déplacements sur des zones à fort relief et à l'aérologie favorable, les sites de pratique se rapprochent des grandes agglomérations. Les plateformes d'envol les plus fréquentées sont moquettées, équipées d'une manche à air, d'équipements légers (local technique et sanitaires). Un parking accueille les véhicules à l'écart de la voie publique. La gestion des sites est réalisée par les clubs sur la base de conventions avec les propriétaires. Elle peut prévoir à certaines périodes de l'année la mise en place de régulateurs chargés d'organiser les vols. « S'il y a quelques années nous observions des problèmes sur certains sites, nous avons beaucoup progressé. Nous avons maintenant les savoir-faire et les bons outils comme les conventions de survol dans le cadre de certains parcs naturels ou celle avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO), et s'il le faut la fédération peut (exceptionnellement) procéder à l'acquisition de sites », explique François Cuizinaud, directeur technique national (DTN) adjoint.

 

Une phase de maturité

Si les prix du matériel ont beaucoup baissé, l'investissement initial demeure. De plus, les activités aériennes sont des activités pour lesquelles on ressent spontanément le besoin de se former. Malgré ces freins, il est assez facile de se lancer. La pratique en école professionnelle ou en club-école est parfaitement adaptée à l'initiation. On trouve sur tout le territoire des écoles qui proposent des formules de stages qui permettent une approche « clé en main » à des tarifs abordables. On peut ensuite continuer au sein d'un club avec des conseils sur le matériel, les techniques de vol, les règles de l'air, la sécurité ou au sein des écoles professionnelles qui, particularité du vol libre, sont membres à part entière de la fédération. Bien que les membres de la fédération soient majoritairement des hommes, le projet fédéral ambitionne d'ouvrir plus largement le vol libre aux féminines. Le vol libre est également accessible aux handicapés à travers le projet Hand'Icare. Côté matériel, si le vol libre a été marqué jusqu'à présent par une évolution constante, « nous sommes arrivés à une phase de maturité qui nous permet de nous déployer à l'international et de travailler au développement quantitatif et qualitatif de nos disciplines », souligne le président. Et si l'aventure olympique, un temps entrevue, à travers l'introduction du kitesurf à Tokyo semblait s'éloigner, la candidature de Paris 2024 relance les ardeurs fédérales.

 

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