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Le surf au sommet de la vague

Denis Cheminade, denischeminade@gmail.com

Chiffres clés
Les régions du surf - Les 200 clubs de la fédération sont concentrés sur les littoraux Aquitaine, Pays de la Loire, Bretagne, Poitou-Charente, Paca. - Pratique estivale, le surf compte: 450000 pratiquants (toutes disciplines affiliées: surf, longboard, bodyboard, stand-up paddle, etc.), 80000 licenciés (17000 licenciés pratiquants/compétitions + 63000 licenciés loisirs). Une augmentation de + 180 % depuis 2005. - 1 pratiquant sur 3 est une femme (66 % hommes, 34 % femmes), 55 % des pratiquants ont moins de 18 ans (dont 60 % de garçons et 40 % de filles) Fédération française de surf, 123 boulevard de la Dune, 40150 Soorts-Hossegor, contact@surfingfrance.com, www.surfingfrance.com

En cinq ans, le nombre de licenciés compétition en surf a presque doublé passant de 9500 à plus de 17000. S'y ajoutent 63000 licences loisir et une estimation à environ 450000 pratiquants. Le tout s'appuyant sur un modèle original où le sport et l'économie sont étroitement liés.

«Le surf explose », constate Michel Plateau, le directeur technique national (DTN) de la Fédération française de surf. Introduite en France voici une cinquantaine d'années, la pratique du surf s'est aussi beaucoup diversifiée et la fédération chapeaute aujourd'hui un ensemble de disciplines: le surfqui se pratique avec des planches de 180 à 240 cm suivant la taille des vagues, le bodyboardqui consiste à glisser, allongé sur une planche plus courte, muni de palmes et à réaliser des manœuvres acrobatiques ainsi que le longboardtrès à la mode qui utilise de longues planches (270 cm minimum). S'y ajoutent le bodysurfqui consiste à surfer avec le seul usage de son corps, le kneeboardoù le surfeur est à genoux sur la planche et le skimboard, surf à partir de la plage. Dernière venue, la pratique du stand-up paddleconnaît un certain succès que lui jalousent la voile et le kayak.

 

Bientôt olympique

Quatrième nation mondiale et première nation européenne, la France tient le haut des podiums dans le surf mondial. Les juniors deux fois vice-champions du monde se préparent à assurer la relève. Les deux circuits (hommes, femmes) sont organisés par la World Surf League. Dans chaque compétition, les compétiteurs accumulent des points. Les meilleurs participent au World Tour, les suivants aux World Qualifications Series. Un système de montée et relégation redistribue chaque année les compétiteurs entre les deux séries pour la saison suivante. La France a actuellement un homme (Jérémy Florès) et une femme (Johanne Defay), tous deux Réunionnais, en ligue mondiale. Chaque année, d'autres Français arrivent en limite de qualification de la première ligue mondiale sans franchir la marche. Une question aussi de moyens car une saison coûte cher. La discipline figure dans la short list pour intégrer les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. Une liste que l'exécutif du Comité international olympique (CIO) a adoptée en juin 2016. Sauf coup de tonnerre, le surf deviendra olympique lors de la session du CIO d'août à Rio au Brésil. De quoi élargir l'horizon de la discipline et lui donner de nouvelles ambitions mondiales.

 

Cohabitation

Le surf attire les jeunes et nombreux sont ceux qui veulent en faire leur métier. Chaque année, la fédération forme 80 à 90 professionnels (Brevet professionnel). La formation française se distingue par sa qualité. «Nous mettons la barre assez haut lors de l'entrée en formation. C'est nécessaire si nous voulons former des cadres capables d'assurer la sécurité de leurs pratiquants dans toutes les conditions et cela permet de passer du temps sur les aspects professionnels », explique Michel Plateau. Une fois formés, certains de ces professionnels cherchent à s'installer sur une plage pour créer leur entreprise. Les demandes affluent vers les municipalités qui doivent organiser la cohabitation surf/baigneurs/autres activités, choisir parmi les intervenants ceux qui offriront les meilleures activités, contribueront le mieux à l'animation et la notoriété de la plage, aménager les sites, faire cohabiter activités associatives et activités commerciales... Pour cela, explique le DTN, « nous répondons régulièrement à des demandes de collectivités qui font face à ces questions et nous sommes en capacité de les accompagner dans les politiques qu'elles souhaitent mettre en place ». Une mission de conseil et d'accompagnement que la fédération conduit à travers son réseau de cadres techniques implantés sur les différentes zones littorales.

Un surf de qualité loin du littoral
À l'image de ce qui se passe dans d'autres disciplines, le surf anticipe l'impact que la promotion olympique pourrait avoir sur le développement de la discipline. Encore faut-il avoir des vagues, si possible parfaites, proches des lieux d'habitation. Si, dans le monde, plusieurs équipes planchent sur le sujet, la première réalisation a été mise au point par deux surfeurs, ingénieurs et basques. Une première installation de démonstration a vu le jour dans le pays basque. Le procédé est maintenant commercialisable. Il vient de s'exporter au Pays de Galles où s'est ouvert « Snowdonia, » un parc de loisirs construit autour du surf. Bien dans l'esprit « nature » du surf, le site est issu de la réhabilitation d'une friche industrielle. Dans un lagon, grand comme huit à dix terrains de football, est implanté un ponton central abritant un dispositif tracté qui lève une vague « parfaite ». À la fin de la vague aller, le dispositif repart dans le sens inverse. Il est aujourd'hui possible, pour le prix d'un gymnase, de créer des installations offrant un surf de qualité loin de tout littoral. De quoi vaincre bien des réticences ou résoudre des crises comme celle du requin à la Réunion. Et cela d'autant plus que ses concepteurs apportent un soin tout particulier à la dimension écologique de leur installation (économies d'énergies, énergie verte, qualité de l'eau...).

Cluster

Le poids est loin d'être seulement sportif. En Aquitaine, ce secteur représente 3500 emplois et 1,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires (2012). Le cluster EuroSIMA rassemble secteurs privé et public autour des disciplines de la glisse pour prendre en compte des domaines comme l'innovation, la recherche et développement, la formation et l'emploi, le développement durable et les ressources économiques. Témoignage de cette connexion de la fédération avec son secteur économique, le siège social de la Fédération française de surf, à Hossegor (Landes), abrite les bureaux de l'Eurosima (association qui regroupe des entreprises comme Quicksilver, Billabong, Rip Curl...). Mais si l'industrie des textiles d'été a longtemps été portée par le succès de la « mode surf », elle a souffert ces dernières années. Conséquences pour les surfeurs, un moindre soutien de l'industrie et des budgets plus difficiles à boucler. Pour le DTN, les temps difficiles semblent s'achever et « le plus dur est derrière nous ».

 

Sociétal

Si l'engagement des surfeurs et de la fédération pour la protection du littoral et les questions de développement durable est reconnu depuis de nombreuses années, l'action en direction des publics handicapés et de l'insertion mérite d'être mise en évidence. La fédération a mis en place une stratégie originale. Ces activités sont localisées au sein (ou en partenariat avec) d'associations nationales qu'elle agrée. Handi-surf intervient ainsi pour labelliser les structures, développer des activités, former les cadres. Récemment, elle s'est intéressée à l'accessibilité des bases nautiques à travers une contribution au guide du ministère des Sports consacré à l'accessibilité des bases nautiques. L'association Surf Insertion organise quant à elle des chantiers écocitoyens qui permettent à des jeunes d'engager une démarche d'autonomie et de responsabilisation. Enfin, son partenariat avec Surf Rider Foundation lui permet de toucher le grand public et de participer à des campagnes pour la protection des vagues « gardiens de la côte », de surveillance de la qualité des eaux ou de lutte contre les déchets. Une formule originale qui présente deux mérites: permettre l'inclusion de ces publics au sein des structures de la FFSurf et leur donner accès, en complément des financements sportifs, à la générosité des donateurs ainsi qu'aux fonds sociaux.

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