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Le squash veut se faire une place

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

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Denis Bourret, directeur du Squash/badminton club de Chartres Notre projet est plus large que la compétition
«Le déclencheur a été l'organisation au centre de Chartres de compétitions internationales avec des courts vitrés. C'est sans doute ce qui a motivé les élus à investir dans l'activité et à soutenir notre association» se rappelle le directeur de l'association Squash et badminton de Chartres. «Nos quatre courts étaient devenus trop petits et à l'occasion d'une opération de requalification du quartier dans lequel se situe le club, la municipalité répondant à la demande de l'équipe a construit une nouvelle structure dont l'association assure la gestion. Nous disposons de huit courts de squash et de deux terrains de badminton. Pour les événements, nous pouvons installer un court vitré dans l'espace badminton.» La réussite tient en quelques chiffres. Le club est ouvert 7 jours sur 7, de 10 heures à 23 heures, il emploie six salariés à temps plein, compte 2600 adhérents dont 1000 licenciés. Les tarifs pratiqués sont volontairement accessibles: 30 euros l'abonnement annuel auquel on ajoute le paiement des séances qui se fait sur la base de cartes de douze ou vingt-quatre séances, consommables sans limite de temps. La séance d'une heure (heures creuses) ou trois quarts d'heure (heures pleines) revient à moins de 3 euros. «Notre projet est plus large que la compétition. Nous voulons mettre le squash à la portée de tous et nous sommes largement ouverts aux associations de quartier, aux maisons pour tous. Nous intervenons dans les écoles. Récemment, nous avons développé des animations pour les entreprises qui connaissent un certain succès» poursuit le directeur. Pour l'animation, le club emploie deux brevets d'État et trois certifiés de qualification professionnelle (CQP) «moniteur de squash». La limite des 360 heures d'animation directe pour les CQP est-elle un obstacle? À cette question la réponse du directeur est non : «Tous nos salariés sont en CDI et à temps plein. À côté de l'animation directe, il y a beaucoup de choses à faire dans une structure comme la nôtre: accueillir le public, monter des projets, rechercher des partenariats, démarcher les entreprises, sans compter l'entretien, ménage et petites réparations». Une gestion des ressources humaines qui ferait envie à bien des élus et des directeurs en charge des sports.

Malgré des stars internationales, le squash demeure largement peu pratiqué en France. Le manque d'équipements et les difficultés d'accès sont très certainement en cause. Surmontant l'échec de sa candidature olympique, le squash continue sa quête de visibilité et mise sur les rénovations d'équipements pour se faire une place.

Dans son dossier de candidature aux JO, la Fédération internationale énumérait les atouts du squash:

- son universalité: le jeu est pratiqué dans 185 pays par 40 millions de personnes sur les cinq continents;

- son accessibilité: tout le monde peut le pratiquer hommes, femmes et enfants pour un budget modique;

- sa popularité croissante dans les marchés émergents;

- son organisation sportive: championnats du monde et circuits pro masculins et féminins...

 

Déficit d'image

En France, le squash concerne environ 250000 pratiquants et la fédération regroupe 30000 licenciés, à des années-lumière de la place tenue par le squash dans les pays anglo-saxons, en -Malaisie, en Égypte ou dans d'autres parties du monde. Le numéro 1 mondial est pourtant un Français, Grégory Gaultier, quatre fois vice-champion du Monde et huit fois champion d'Europe. Il est quasiment inconnu chez nous tout comme Camille Serme, 5e du classement mondial féminin et trois fois championne d'Europe. Pour remédier à ce déficit d'image, le président de la fédération, Jacques Fontaine, fait entre autres le pari du spectacle des athlètes de haut niveau en action. À son initiative, la France va accueillir des championnats du monde. En 2016, ce seront les championnats du monde féminin par équipe avant de recevoir en 2017, les championnats du monde masculin également par équipe. Cette médiatisation viendra sans doute aussi des nouveaux canaux de diffusion. En 2013, les finales du championnat du monde masculin se déroulant à Mulhouse, retransmises sur l'Équipe 21, ont été suivies par près de 100000 téléspectateurs pendant plus de 3 heures et cela sans que le volume du streaming baisse (près de 200000 connexions lors des finales). Un record -mondial!

La FF squash en chiffres En 2013, la Fédération française de squash comprenait:
- 30000 licenciés sur 250000 pratiquants en France; - 208 clubs affiliés dont 781 courts; - 128 écoles de squash; - 350 associations affiliées; - 6 pôles (2 pôles France, 4 pôles Espoir); - 10 cadres techniques d'État, 7 salariés fédéraux; - 61 athlètes de haut niveau; - 3 courts vitrés fédéraux. Son budget est de 1,6 million d'euros. La FF squash organise 16 championnats de France chaque année. Fédération française de squash 2 rue de Paris, 94100 Saint-Maur-des-Fossés Tél.: 0155123490 www.ffsquash.com https://www.facebook.com/FFSquash https://twitter.com/FFSquash

Structure type

Pour le directeur technique national de la fédération, Jacques Lagrange, la priorité «c'est rendre le squash plus accessible à toutes les populations». Dans ce domaine, la France part de loin. Si l'on en croit le recensement des équipements sportifs du ministère des Sports, la France compte un court pour 45000 habitants. Un chiffre à comparer avec les Pays-Bas par exemple où l'on compte un court pour 7000 habitants. Et encore, beaucoup des courts français ne sont pas accessibles au public, installés dans des hôtels, des villages vacances, des salles de remise en forme ou même des particuliers. Sans même parler d'un aménagement harmonieux du territoire. Pour y remédier, la fédération a modélisé une structure type comportant six courts, dont un court «événementiel» fixe (entièrement ou partiellement vitré) pour accueillir des compétitions. La fédération souhaite l'implantation de plusieurs installations de ce type sur le territoire, notamment en relation avec l'organisation des deux championnats du monde que la France accueillera en 2016 et 2017. Ces équipements sont partie intégrante du plan de développement que la fédération a déposé auprès du Centre national pour le développement du sport («Des équipements pour nos événements, et des événements pour susciter de nouveaux équipements»). Les courts vitrés, indispensables pour l'accueil de ces événements internationaux, seront achetés dans le cadre de leur organisation, mais seront également destinés à structurer les territoires en étant installés sur place, dans le cadre d'un conventionnement avec la fédération qui participera à la valorisation de l'équipement.

 

Courts autoportants

«Les courts de squash peuvent aisément trouver leur place dans un programme de réhabilitation d'équipement» déclare Philippe Bosson, cadre technique en charge du développement des équipements à la fédération. «Un court de squash c'est 62 mètres carrés au sol avec une hauteur libre de 5,64 mètres. Avec l'évolution des disciplines, un certain nombre de salles couvertes anciennes, souvent de petite taille, ne répondent plus aux attentes des disciplines sportives. De nouveaux équipements sont réalisés. Que faire de ces installations anciennes? Elles peuvent facilement accueillir plusieurs courts de squash.» Dans la mesure où l'installation existe (accueil, vestiaires, sanitaires...), l'aménagement squash consiste à installer les courts dans le volume existant. La solution la plus souvent retenue est celle des courts «autoportants», une structure que l'on monte sur place. Il faut alors compter environ 40000 euros par court, légèrement moins (30000 euros environ) pour des courts maçonnés. Une manière économique de redonner une nouvelle vie à ces installations et d'offrir une nouvelle activité aux habitants pour un budget très raisonnable.

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