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Le sport s'adapte au handicap

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Plus de 7 000 structures recensées
Depuis 2006, le ministère a mis en place un recensement des structures sportives en capacité d'accueillir des personnes en situation de handicap: le handiguide des sports. Il est disponible sur internet à l'adresse: www.handiguide.sports.gouv.fr. L'enjeu est de porter à la connaissance des personnes en situation de handicap l'offre de pratique sportive qui leur est dédiée à proximité de leur lieu de vie. Au 31 octobre 2016, un total de 7109 structures était référencé dans le handiguide. Parmi elles, un peu plus de 4000 associations ont indiqué être affiliées à une fédération.

Alpes-Maritimes: le handisport au naturel
Le département des Alpes-Maritimes est engagé depuis 2000 dans la promotion des activités physiques et sportives auprès des personnes en situation de handicap. Et ce à travers six plans spécifiques, à partir notamment de sites naturels autour de la mer et de la nature (montagne...): Handi-ski 06, handi-voile 06, handi-tennis 06, handi-équitation 06, handi-air 06 et handi-rando 06. « Nous finançons le matériel et le fonctionnement », explique Éric Pauget, vice-président du département en charge de la politique sportive. Les coûts de fonctionnement varient d'une année sur l'autre. Il cite les sommes de 80000 euros par an pour la voile, 16000 euros pour le tennis et encore 10000 euros pour l'équitation. Au-delà des chiffres, « c'est surtout le regard des valides qui évolue », assure-t-il. «Les handisportifs sont sur les plages, sur les chemins de randonnée adaptés, sur les courts de tennis, etc. Ils ne sont plus regardés. C'est une évidence ».

L'essentiel :
- Les collectivités territoriales apparaissent très engagées dans la promotion des activités physiques et sportives des personnes en situation de handicap. - Au-delà des subventions, la question de l'accessibilité reste toutefois un enjeu majeur pour les années à venir: l'accessibilité au cadre bâti mais aussi et surtout aux pratiques, implique des efforts au niveau de l'accueil et de la formation des encadrants.

" Toutes les collectivités ont assurément une fibre par rapport à cette problématique "
Interview de Philippe Bissonnet, responsable du Pôle ressources national sport et handicaps (PRNSH) Comment qualifieriez-vous l'implication des collectivités dans l'accès à la pratique des personnes en situation de handicap? Qu'il s'agisse de villes, d'intercommunalités, de départements ou de régions, toutes les collectivités ont assurément une fibre par rapport à cette problématique. Nous travaillons d'ailleurs avec l'Association nationale des élus en charge du sport (Andes) pour mesurer plus finement le degré d'implication et l'impact réel: entre celles qui en font un axe stratégique de leur politique sportive et d'autres qui vont répondre à la demande sans être moteur en termes de développement. Notre rôle intervient davantage à ce dernier niveau pour essayer de faire évoluer les choses avec l'objectif affiché du ministère des Sports: que chaque personne en situation de handicap trouve la réponse qui lui convient. Existe-t-il une forte demande? C'est une question que se posent de nombreux dirigeants. Pour être schématique, je dirais que c'est un peu l'histoire de l'œuf et de la poule. Mais au-delà de la sensibilisation des différents acteurs, le premier combat est de faire comprendre aux personnes en situation de handicap et à leur entourage, qu'elles ont le droit et peuvent pratiquer une activité physique. L'enjeu est donc de booster l'offre sportive afin qu'elles ne se posent plus de questions. Le Handiguide des sports est un support de cette ambition. Pour quelles raisons les collectivités sont-elles amenées à solliciter le PRNSH? Elles se tournent vers nous principalement pour des questions d'accessibilité des établissements recevant du public (ERP): au sujet des bonnes pratiques à adopter, des bonnes façons d'opérer, de la méthodologie, etc. Nous leur expliquons au passage que si l'accessibilité des ERP est une chose, c'est bien l'autonomie de chacune et de chacun qui doit être pensée et recherchée dans l'organisation des structures sportives. L'accueil des sportifs en situation de handicap doit être le plus naturel possible.

Plus de 7 000 structures recensées
Depuis 2006, le ministère a mis en place un recensement des structures sportives en capacité d'accueillir des personnes en situation de handicap: le handiguide des sports. Il est disponible sur internet à l'adresse: www.handiguide.sports.gouv.fr. L'enjeu est de porter à la connaissance des personnes en situation de handicap l'offre de pratique sportive qui leur est dédiée à proximité de leur lieu de vie. Au 31 octobre 2016, un total de 7109 structures était référencé dans le handiguide. Parmi elles, un peu plus de 4000 associations ont indiqué être affiliées à une fédération.

Alpes-Maritimes: le handisport au naturel
Le département des Alpes-Maritimes est engagé depuis 2000 dans la promotion des activités physiques et sportives auprès des personnes en situation de handicap. Et ce à travers six plans spécifiques, à partir notamment de sites naturels autour de la mer et de la nature (montagne...): Handi-ski 06, handi-voile 06, handi-tennis 06, handi-équitation 06, handi-air 06 et handi-rando 06. « Nous finançons le matériel et le fonctionnement », explique Éric Pauget, vice-président du département en charge de la politique sportive. Les coûts de fonctionnement varient d'une année sur l'autre. Il cite les sommes de 80000 euros par an pour la voile, 16000 euros pour le tennis et encore 10000 euros pour l'équitation. Au-delà des chiffres, « c'est surtout le regard des valides qui évolue », assure-t-il. «Les handisportifs sont sur les plages, sur les chemins de randonnée adaptés, sur les courts de tennis, etc. Ils ne sont plus regardés. C'est une évidence ».

L'essentiel :
- Les collectivités territoriales apparaissent très engagées dans la promotion des activités physiques et sportives des personnes en situation de handicap. - Au-delà des subventions, la question de l'accessibilité reste toutefois un enjeu majeur pour les années à venir: l'accessibilité au cadre bâti mais aussi et surtout aux pratiques, implique des efforts au niveau de l'accueil et de la formation des encadrants.

" Toutes les collectivités ont assurément une fibre par rapport à cette problématique "
Interview de Philippe Bissonnet, responsable du Pôle ressources national sport et handicaps (PRNSH) Comment qualifieriez-vous l'implication des collectivités dans l'accès à la pratique des personnes en situation de handicap? Qu'il s'agisse de villes, d'intercommunalités, de départements ou de régions, toutes les collectivités ont assurément une fibre par rapport à cette problématique. Nous travaillons d'ailleurs avec l'Association nationale des élus en charge du sport (Andes) pour mesurer plus finement le degré d'implication et l'impact réel: entre celles qui en font un axe stratégique de leur politique sportive et d'autres qui vont répondre à la demande sans être moteur en termes de développement. Notre rôle intervient davantage à ce dernier niveau pour essayer de faire évoluer les choses avec l'objectif affiché du ministère des Sports: que chaque personne en situation de handicap trouve la réponse qui lui convient. Existe-t-il une forte demande? C'est une question que se posent de nombreux dirigeants. Pour être schématique, je dirais que c'est un peu l'histoire de l'œuf et de la poule. Mais au-delà de la sensibilisation des différents acteurs, le premier combat est de faire comprendre aux personnes en situation de handicap et à leur entourage, qu'elles ont le droit et peuvent pratiquer une activité physique. L'enjeu est donc de booster l'offre sportive afin qu'elles ne se posent plus de questions. Le Handiguide des sports est un support de cette ambition. Pour quelles raisons les collectivités sont-elles amenées à solliciter le PRNSH? Elles se tournent vers nous principalement pour des questions d'accessibilité des établissements recevant du public (ERP): au sujet des bonnes pratiques à adopter, des bonnes façons d'opérer, de la méthodologie, etc. Nous leur expliquons au passage que si l'accessibilité des ERP est une chose, c'est bien l'autonomie de chacune et de chacun qui doit être pensée et recherchée dans l'organisation des structures sportives. L'accueil des sportifs en situation de handicap doit être le plus naturel possible.

Le sport s'adapte au handicap

© Grégory Picout

« C'est un vrai bonheur »! Gérard Masson, président de la Fédération française handisport, ne tarit pas d'éloges sur le rôle joué par les collectivités dans la prise en compte du handicap. Quinze ans après la mobilisation sonnée par Jacques Chirac en clôture des états généraux du sport le 8 décembre 2002, de nombreux efforts ont été faits notamment en matière d'accessibilité. Mais il reste des efforts à faire en matière d'accompagnement notamment vis-à-vis des personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle ou une maladie psychique.

En France, la politique selon laquelle le sport s'inscrit comme un outil de promotion individuelle et d'intégration des personnes en situation de handicap est en place depuis 2003. Dans l'année qui suit les États généraux du sport de 2002, la prise de conscience est symbolisée par la création du Pôle ressources national sport et handicaps (PRNSH). Cette entité du ministère des Sports, basée dans les murs du Creps de Bourges (Cher) a vocation à constituer un réseau au sein des services déconcentrés de l'État et à former des agents qui travaillent au développement et à la promotion des activités physiques et sportives (APS) pour les personnes en situation de handicap.

 

Deux fédérations

Quasiment quinze ans plus tard, deux fédérations multisports agréées sont centrées sur le handicap: la Fédération française du sport adapté (FFSA) (1), ses 114 ligues et comités départementaux, 1500 associations et 61000 licenciés et la Fédération française handisport (FFH) (2): 90 comités départementaux, 1200 clubs et environ 37000 licenciés. Toutes deux suivent une mission commune: organiser, développer et coordonner la pratique des APS des personnes en situation de handicap. Que celui-ci soit moteur, visuel ou auditif pour la FFH ou mental, intellectuel ou psychique pour la FFSA.

Sur les 1200 clubs que compte la FFH, la moitié correspond à des sections intégrées à des structures valides et l'autre moitié à des clubs handisports. «Le développement s'est réalisé et continue à se réaliser à travers des clubs valides », explique Gérard Masson, le président de la FFH. «Ce schéma est le plus adapté pour que chacun trouve une structure proche de chez lui. Dans tous les cas, l'enjeu est de permettre aux personnes concernées de découvrir les capacités qu'elles ont pour faire du sport ».

 

Écoute positive

Dans ce contexte, les collectivités territoriales se posent en alliés incontournables pour accompagner ces structures au quotidien. «C'est un vrai bonheur », n'hésite pas à lancer Gérard Masson, lorsqu'il s'agit de qualifier le rôle joué par les villes, intercommunalités, départements, autres régions. «Nous avons une écoute positive, attentive, bien plus que n'importe quelle autre fédération. Nous ne nous plaignons pas. Et elles n'agissent pas par sentimentalisme », tient-il à ajouter.

Responsable du PRNSH, Philippe Bissonnet confirme: « les collectivités ont assurément une fibre par rapport à cette problématique du sport et du handicap. «Entre certaines qui en font un axe stratégique de leur politique sportive et d'autres qui vont répondre très volontiers à la demande sans être moteur en termes de développement, nous nous trouvons face à une diversité de situations ». Une diversité telle qu'elle est compliquée à évaluer avec précision. Le PRNSH et l'Association nationale des élus en charge du sport (Andes) travaillent justement sur ce sujet.

De fait, de nombreuses villes ont aujourd'hui leur mission handisport et sport adapté. C'est le cas de Nantes (Loire-Atlantique) qui vient de lancer son deuxième plan handisport et sport adapté. Les objectifs? Structurer l'offre sportive des associations, améliorer les conditions de prise en charge par les clubs des sportifs en situation de handicap et élargir l'éventail des disciplines et possibilités de pratiques. En conseil municipal de juin 2016, les élus se sont félicités des résultats du premier plan avec la création de dix clubs et sections entre 2011 et 2014 et une augmentation de 24 % du nombre de licenciés handicapés (de 500 à 622).

Inégalités d'accès

En 2013, le ministère des Sports, par l'intermédiaire du Centre national pour le développement du sport (CNDS), a toutefois souhaité donner une nouvelle impulsion, en arrêtant de nouvelles modalités d'intervention (3). Au-delà du financement de grands événements sportifs internationaux, de la construction ou de la rénovation des équipements sportifs locaux et nationaux, l'attribution des subventions vise désormais la « réduction des inégalités d'accès à la pratique sportive ». Ainsi, « les directives nationales du CNDS soutiennent-elles en priorité, sur la part territoriale, les actions de développement du sport, notamment en direction des publics fragilisés et des territoires carencés ». Des publics parmi lesquels les personnes en situation de handicap.

Dans un contexte budgétaire contraint, des collectivités tendent à aligner leur approche sur celle du CNDS. C'est le cas de Grenoble Alpes Métropole (Isère, 49 communes), où le soutien aux associations est désormais conditionné à quelques piliers parmi lesquels la parité ainsi que la place du handisport et du sport adapté. «Nous soutenons les structures qui mettent en place des stratégies en droite ligne avec la politique développée par la métropole », souligne Claus Habfast, le vice-président délégué aux sports. Dans les Alpes-Maritimes, Éric Pauget, vice-président du département en charge des sports, assure que la baisse des dotations de l'État aux collectivités n'affectera pas la politique conduite de longue date (lire encadré), en faveur du handisport et du sport adapté. «Le handicap fait partie des compétences obligatoires des départements », rappelle-t-il. «Depuis le début des années 2000, nous déclinons cette compétence obligatoire dans notre politique sportive. Et malgré les difficultés économiques actuelles, le champ sportif comme culturel d'ailleurs n'a pas fait l'objet de coupes budgétaires. Et si demain, la situation devait s'aggraver, nous sanctuariserions ces thématiques handisport et sport adaptés en se rattachant, sur le plan juridique, à la compétence obligatoire en matière de handicap ».

 

Excès des normes

Au-delà des subventions, l'intervention des collectivités s'effectue aussi au niveau des équipements. «Elles nous sollicitent effectivement sur ce plan », confirme Philippe Bissonnet. Particulièrement sur l'épineuse question de l'accessibilité, en lien avec la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 (4). « Pas simple », reprend Gérard Masson, qui tempête sur « l'excès de normes qui freine tout le monde, y compris les plus motivés des élus. C'est rageant ».

Enseignant chercheur en sciences de l'éducation à l'université de Poitiers, Jacques Bouchand suit cette question de près. «L'accessibilité, ce n'est pas qu'une question de largeur de porte ou d'accès à un bus ». Il fait référence à un autre type d'accessibilité: celle de la pratique. «En plus du cadre bâti, l'enjeu est la formation des personnels d'accueil, de l'encadrement », poursuit Philippe Bissonnet. Sans compter que cette notion d'accessibilité au cadre bâti renvoie avant tout à l'accessibilité des personnes à mobilité réduite. «Petit à petit, un certain nombre d'obligations réglementaires ou de réflexions partagées conduisent à intervenir au niveau des autres déficiences », enchaîne-t-il. «Malvoyants et malentendants sont de plus en plus pris en compte mais oui, il est vrai que nous avons encore du travail à engager pour inciter l'accueil sportif des personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle ou une maladie psychique ».

Président de la FFSA, Marc Truffaut acquiesce. «Chez nous, l'accessibilité renvoie à la question de l'accompagnement. Elle passe par l'humain et c'est toute la difficulté. Cela constitue un levier d'emploi important: en moins de dix ans, si nous avons réussi à doubler le nombre de licenciés, c'est grâce aux aides de l'État et des collectivités ».

Sport inclusif

L'approche inclusive constituerait-elle une solution? À la tête du Master IPHD - pour intégration des personnes handicapées et en difficulté - Jacques Bouchand en est convaincu. Cité dans la loi de 2005, ce terme est souvent confondu avec celui d'intégration. Avec l'inclusion, « il y a une volonté de dire que la personne en situation de handicap est, dans la société ordinaire, pleinement associée aux activités que ce soit à l'école, dans le monde du travail ou dans le sport ».

Les collectivités ont là aussi un rôle à jouer pour promouvoir ce type d'activités. À l'image du baskin, proposé par l'association nantaise Orea (5). Cette discipline se pratique sur un terrain de basket-ball, sur lequel deux paniers ont été ajoutés sur les côtés, de part et d'autre de la ligne médiane. Les équipes sont mixtes et constituées de joueurs valides associés à d'autres, en situation de handicap. «Sur le terrain, chacun exerce un rôle bien défini selon le poste qu'il occupe », explique Vincent Galisson, le coordinateur de la section Baskin au sein d'Orea.

Pour Marc Truffaut, ce type d'inclusion « n'est pas simple car la cohabitation peut être difficile, à la fois pour les valides et les handicapés ». Jacques Bouchand conclut: « Oui, le sport inclusif est peut-être un rêve mais il faut quand même essayer... ».

(1) www.ffsa.asso.fr (2) www.handisport.org (3) www.cnds.sports.gouv.fr/Orientations-13 (4) Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, http://bit.ly/29T4Qyg (5) www.asso-orea.fr

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