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Le sport dans l’acte I du quinquennat Macron : un coup d’épée dans l’eau ? Par Patrick Bayeux

Patrick Bayeux • patrick-bayeux@orange.fr

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- 07/07/2020 10h:19

Avec ce bilan, on comprend qu'elle soit rétrogradée, ministre déléguée, donc elle ne siégera plus qu'épisodiquement au conseil des ministres.

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Le sport dans l’acte I du quinquennat Macron : un coup d’épée dans l’eau ? Par Patrick Bayeux

Alors qu’un remaniement se profile, que peut-on retenir des 3 premières années de la présidence d’Emmanuel Macron dans le domaine du sport ? Pas grand chose en réalité.

Laura Flessel aura fait voté la loi Olympique et lancé le chantier « gouvernance du sport ». On lui doit la large concertation avec tous les acteurs. Terminé au cours de l’été 2018, le rapport sur la nouvelle gouvernance du sport a été finalement remis le 16 octobre 2018 à Roxana Maracineanu nommée suite à la démission de l’ancienne escrimeuse début septembre 2018.

Au cours de l’été 2018, la situation s’est largement dégradée avec une baisse significative du budget du ministère des sports qui a conduit le mouvement sportif à lancer une pétition « Le sport compte ». Pétition sans effet. C’est aussi à cette période que le sort des cadres techniques avait été arrêté. La crise des cadres techniques a donné lieu à une mission de médiation de Yann Cucherat et d’Alain Resplandy-Bernard, haut fonctionnaire. Depuis rien, aucune annonce, aucune décision.

Le bilan du ministère des Sports se conjugue au futur !

Dans une interview donnée à l’Equipe avant hier dont le titre est « On sait maintenant que les choses vont changer », la Ministre annonçait l’« arrivée sur le bureau du Premier ministre dans les deux semaines » d’une proposition de loi. Une loi qui devait être présentée par Laura Flessel début 2019 ! Une loi « sport et société » visant à encourager la pratique pour tous et partout, tout au long de la vie.

A la question « que voudriez-vous qu'on retienne de votre action en tant que ministre des sports ? », la Ministre a peu de chose à mettre en avant. « Tout ce que j'ai engagé sur la partie éthique et intégrité, protection des sportifs. Ce lien qu'on va réussir, grâce à l'agence nationale du sport, à créer plus fort avec les sportifs, les territoires, le monde de l'entreprise. Le fait que cette gouvernance partagée puisse se mettre en oeuvre sur les territoires via les régions ».

Pour la partie éthique et intégrité, on partage. Pour la partie Agence nationale du sport et en particulier la gouvernance du sport sur les territoires, c’est aujourd’hui un véritable échec. Deux ans après la fin des travaux sur la gouvernance, aucune avancée significative pour les acteurs du sport alors qu’un formidable espoir était né avec cette dynamique et le projet olympique en perspective. Tout reste à prouver pour l’ANS.

Alors que le ministère des sports aurait pu montrer son utilité pendant la crise du Covid 19, il s’est montré défaillant avec des déclarations intempestives, des annonces à contre temps, un plan de relance finalement repoussé en septembre, un guide de recommandations sur les équipements sportifs inapplicable.

Plus récemment devant la commission d’enquête sénatoriale visant à combattre la radicalisation islamiste, la Ministre des sports y a défendu des positions qui ont « surpris », voire même « inquiété » les élus. « Le ministère des Sports a été jugé trop « laxiste » dans le « déni », pour citer les représentants de la commission sénatoriale.

Même la prévention des noyades et le développement de l’aisance aquatique, programme phare sur lequel beaucoup personnes se sont mobilisées, n’a pas eu l’echo escompté. A part la conférence de consensus qui mériterait d’être vulgarisée et diffusée, pas grand chose de concret.

Certes la Ministre s’est beaucoup engagée sur certains dossiers sociétaux et sur  la moralisation des dirigeants sportifs : il fallait le faire. Mais l’acte I du quinquennat Macron manque encore tellement de relief.
Nous avons connu une ministre qui souhaitait être à l’avant de la caravane du Tour de France sans forcément connaître le tracés de l’épreuve mais qui avait l’intuition qu’il fallait faire bouger les lignes puis une autre qui se reconnaît plus dans le maillot jaune au cœur de la course voulant tout contrôler sans coéquipiers à ses côtés et surtout avec un sponsor défaillant … 
Nous attendions une ministre dans la voiture du directeur de course, nous avons un ministère qui espère encore une victoire d’étape...

Mais faut-il un ministère des Sports ?

Pour l’acte II,  comment le ministère des Sports pourrait-il incarner une politique publique ambitieuse qui dépasse l’événement olympique à venir pour enfin parler sport à tous les français ? Même le partenaire historique n’y croit plus.
Pour Denis Masseglia c’est non. Le président du CNOSF lors de l'Assemblée générale du Comité lundi, a clairement affirmé que la place du ministère des Sports est sous la tutelle de celui de l'Éducation nationale.
Tout reste encore à prouver : attendons de voir !

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