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Le rugby veut jouer collectif

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

Chiffres clés
- 455747 licenciés au 31 mai 2016.

+ 23,6 % de féminines en plus dans les écoles de rugby, + 25,9 % dans les catégories jeunes, + 5 % de seniors.

- 1895 clubs.

- 18,8 millions de Français intéressés par le rugby dont 40 % dans le Nord de la France (potentiel de développement).

- 3,8 millions de spectateurs dans les stades du Top 14 (2015-2016) + 40 % d'affluence en 10 ans.

- Les droits TV du rugby français étaient de 48 M€ en 2013 et atteindront 120 M€ en 2019.

- Fédération française de rugby, 3-5 rue Jean-de-Montaigu, 91463 Marcoussis, 0169636465, www.ffr.fr

Le programme de Bernard Laporte (extraits des 44 mesures)
- Réformer la gouvernance de la Fédération française de rugby: transformation du comité directeur en Conseil national supérieur du rugby, nouvelles modalités de vote, limitation à deux des mandats de président et du vote par procuration, instauration du vote décentralisé électronique, création d'un fonds national de développement du rugby (FNDR), large décentralisation du pouvoir fédéral à travers les ligues régionales. - Des équipes de France fortes: contrats fédéraux pour les internationaux, limitation du nombre de joueurs non sélectionnables (étrangers), réforme du calendrier. - Amateurs et professionnels unis: mutualisation de la gestion des recettes entre la FFR et la Ligue nationale de rugby, réforme des modalités et des montants de l'indemnité formation due par le club pro quand il engage un joueur formé par un club amateur. - La formation avenir du rugby français: rôle central donné à la DTN, création de 130 postes de conseillers techniques territoriaux, création de l'e-université du rugby. - Réussir le choc de simplification: réformer l'ensemble des compétitions, diminuer la fiscalité des clubs, création d'une centrale d'achat et diminution de 10 % des frais de fonctionnement de la fédération. - Accroître la féminisation du rugby: 30000 licenciées féminines en 2025, création de sections pro dans les clubs professionnels, féminisation des instances. - Relever le défi du VII: définition d'un socle de pratiques communes entre le VII et le XV, réorganisation et renforcement de la filière, création d'une filière haut niveau du VII dans les Caraïbes, Océanie. - Un rugby français raisonnable et ambitieux: stopper le projet de « Grand Stade », entrer au capital du consortium du Stade de France. - Briser la discrimination des DOM-TOM: mise en place d'un plan de développement du rugby dans les DOM-TOM. L'infographie des mesures et le programme détaillé sont disponibles sur le site de campagne de Bernard Laporte: http://lafedecestvous.fr

Chiffres clés
- 455747 licenciés au 31 mai 2016. + 23,6 % de féminines en plus dans les écoles de rugby, + 25,9 % dans les catégories jeunes, + 5 % de seniors. - 1895 clubs. - 18,8 millions de Français intéressés par le rugby dont 40 % dans le Nord de la France (potentiel de développement). - 3,8 millions de spectateurs dans les stades du Top 14 (2015-2016) + 40 % d'affluence en 10 ans. - Les droits TV du rugby français étaient de 48 M€ en 2013 et atteindront 120 M€ en 2019. - Fédération française de rugby, 3-5 rue Jean-de-Montaigu, 91463 Marcoussis, 0169636465, www.ffr.fr

Le programme de Bernard Laporte (extraits des 44 mesures)
- Réformer la gouvernance de la Fédération française de rugby: transformation du comité directeur en Conseil national supérieur du rugby, nouvelles modalités de vote, limitation à deux des mandats de président et du vote par procuration, instauration du vote décentralisé électronique, création d'un fonds national de développement du rugby (FNDR), large décentralisation du pouvoir fédéral à travers les ligues régionales. - Des équipes de France fortes: contrats fédéraux pour les internationaux, limitation du nombre de joueurs non sélectionnables (étrangers), réforme du calendrier. - Amateurs et professionnels unis: mutualisation de la gestion des recettes entre la FFR et la Ligue nationale de rugby, réforme des modalités et des montants de l'indemnité formation due par le club pro quand il engage un joueur formé par un club amateur. - La formation avenir du rugby français: rôle central donné à la DTN, création de 130 postes de conseillers techniques territoriaux, création de l'e-université du rugby. - Réussir le choc de simplification: réformer l'ensemble des compétitions, diminuer la fiscalité des clubs, création d'une centrale d'achat et diminution de 10 % des frais de fonctionnement de la fédération. - Accroître la féminisation du rugby: 30000 licenciées féminines en 2025, création de sections pro dans les clubs professionnels, féminisation des instances. - Relever le défi du VII: définition d'un socle de pratiques communes entre le VII et le XV, réorganisation et renforcement de la filière, création d'une filière haut niveau du VII dans les Caraïbes, Océanie. - Un rugby français raisonnable et ambitieux: stopper le projet de « Grand Stade », entrer au capital du consortium du Stade de France. - Briser la discrimination des DOM-TOM: mise en place d'un plan de développement du rugby dans les DOM-TOM. L'infographie des mesures et le programme détaillé sont disponibles sur le site de campagne de Bernard Laporte: http://lafedecestvous.fr

Le rugby veut jouer collectif

© Jacques Robert

L'élection d'un ex-sélectionneur de l'équipe de France, ancien ministre des Sports, n'est pas un événement fréquent. Derrière l'éclat médiatique, le projet de la nouvelle équipe de la Fédération française de rugby s'appuie sur deux piliers principaux: améliorer la gouvernance et réorganiser les pratiques. Et profiter de la réforme territoriale pour mettre en place une nouvelle organisation fédérale.

La conviction de Bernard Laporte, nouveau président de la Fédération française de rugby, lui serait venue en 2014 lors de sa convocation à Marcoussis devant la commission de discipline de la fédération (1). « J'ai été reçu comme un moins-que-rien. Blessé par un tel manque d'élégance, je me suis promis ce jour-là de me présenter à la présidence de la fédération en 2016. Non par vengeance personnelle, mais parce que je venais de toucher du doigt ce qui est le lot quotidien des présidents de club: l'autisme et le mépris d'une Fédé qui s'est totalement coupée du monde du rugby. »

 

Perspective

Dix-huit mois et 120 réunions plus tard, il est élu confortablement devant deux autres listes (une première au rugby!) président de la fédération. Après avoir transformé une blessure d'orgueil en programme politique (lire encadré), il lui faut maintenant réussir le pari de la transformation de la fédération. Car pour le directeur technique national (DTN) Didier Retière, la transformation est nécessaire.

«Le rugby a explosé en France. Nous prétendons au titre de deuxième sport préféré des -Français. La fédération s'y est adaptée par l'accumulation de dispositifs successifs. Il est nécessaire de tout remettre en perspective pour adopter une organisation moderne et efficace ». Car c'est bien là l'enjeu que s'est donné le nouveau président. Derrière l'éclat médiatique des mesures des premiers jours: arrêt du projet de construction du Grand Stade, après-midi du dimanche réservé aux compétitions amateurs (début des retransmissions télévisées de rugby reporté à 17 heures), dotation de chacun des 1895 clubs d'un écran télé et d'un abonnement Canal Plus, le projet de la nouvelle équipe s'appuie sur deux piliers principaux: améliorer la gouvernance, réorganiser les pratiques.

 

Responsabiliser

« La réorganisation territoriale est une opportunité dont nous devons profiter pour mettre en œuvre une nouvelle organisation », poursuit le DTN. L'idée forte consiste à plus responsabiliser les treize nouvelles ligues en leur laissant une plus grande souplesse pour adopter une organisation adaptée à leur histoire et leur contexte. Des moyens fédéraux accompagneront ces évolutions: création d'un fonds de développement du rugby, alimenté par les revenus des droits d'image et du partenariat pour financer les actions entrant dans le cadre du projet fédéral, création sur des fonds fédéraux de 130 postes de cadres techniques territoriaux qui viendront compléter les 70 existants.

Proximité

Campagne électorale oblige, cette réorganisation est à construire et les travaux devront être conduits à marche forcée. Sans attendre l'injonction fédérale, dans les régions les choses sont déjà en route. Ainsi en Ile-de-France, région pourtant réputée non concernée par la réforme territoriale, la ligue Ile-de-France de rugby se prépare à se séparer de trois départements (Oise, Aube, Marne) qui lui étaient auparavant rattachés. «Nous préparons des conventions de partenariat avec ces trois départements qui permettront de faire évoluer nos relations pour coller à la nouvelle organisation », déclare le président Jean-Louis Boujon. Soulignant qu'il n'avait pas attendu pour s'interroger sur son organisation, anticipant en quelque sorte la nouvelle politique fédérale. «À côté du comité exécutif, nous avons mis en place un conseil des présidents de clubs et un conseil des présidents de comités départementaux. Nous voulons imposer la proximité comme règle d'action, repréciser le rôle des cadres techniques, développer une logique participative à travers la consultation directe des clubs sur les sujets importants. »

 

Tronc commun

Le programme de la nouvelle équipe présage d'une profonde évolution de la vie sportive fédérale. Au cœur de celle-ci, la direction technique. Le DTN devient le pivot de cette politique et des moyens affectés. À charge pour lui de mettre en place une nouvelle organisation des compétitions, un tronc commun de formation des joueurs et joueuses qui les prépare à la fois au rugby à 7 (olympique) et au rugby à 15, et de piloter le haut niveau: un poste de DTN adjoint en charge du rugby à VII est prévu. «Nous sommes encore très polarisés sur le rugby à 15. De nouvelles activités sont apparues: le rugby à 7, le rugby à toucher (à 5) pour la santé, l'éducation, le loisir, les pratiques féminines. Nous devons intégrer toutes ces nouvelles demandes et avoir le souci d'offrir à nos pratiquants un programme d'activité motivant qui leur permette à la fois de pratiquer le 15 et le 7. »

(1) « Ce rugby que j'aime » (éditions Solar).

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