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Le mouvement sportif pleure ses contrats aidés

Le mouvement sportif pleure ses contrats aidés

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Coûteux, les emplois aidés seraient également inefficaces en matière d'insertion professionnelle, selon le Gouvernement. Déjà contraints par des baisses de subventions des collectivités, les représentants du monde sportif s'élèvent contre la diminution annoncée du nombre de ces contrats. Car si certains concèdent qu'il y avait des abus, bien accompagnés ces contrats pouvaient être un tremplin vers l'emploi. Une nouvelle fois, le sport n'est-il pas considéré comme une variable d'ajustement?

L'ambiance était plutôt bon enfant en ce samedi 30 septembre qui marquait la rentrée associative à Nantes (Loire-Atlantique). Plus de 180 associations avaient dressé leur stand dans l'immense hall de la Cité des congrès pour faire découvrir leurs activités. Et tout à coup, un... cercueil! Il était porté par quatre représentants d'associations locales qui cheminaient dans les allées. «C'est le cercueil des emplois aidés », lance l'un d'eux, un sourire de façade ne masquant ni inquiétude ni colère.

 

Situation d'urgence

Cette colère trouve son origine au beau milieu de l'été dernier, précisément le 9 août, en séance plénière à l'Assemblée nationale. Interrogée sur ce sujet des contrats aidés, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, explique « avoir trouvé, en mai, la situation suivante: 70 % du budget de l'année était consommé, avec une sous-budgétisation et une surconsommation ». Face à ce qu'elle décrit comme une « situation d'urgence [...], nous avons créé 110000 contrats aidés supplémentaires pour finir l'année », poursuit-elle. Elle saisit surtout l'opportunité pour aborder « le fond du sujet ». Sans pincettes: « les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation. Ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage. Ils ne sont pas un tremplin pour l'insertion professionnelle ».

S'appuyant sur des études réalisées notamment par la Direction de l'animation, de la recherche, des études et des statistiques, la Dares (lire encadré ci dessous), elle cite alors différents chiffres: « dans le secteur marchand, où l'État les prend en charge à hauteur de 35 % du Smic, ces contrats constituent un très fort effet d'aubaine: 63 % des contrats dans ce secteur auraient été signés sans l'aide de l'État, par les mêmes personnes et au même moment. Le rapport entre l'efficacité et le coût du dispositif est très mauvais: sept contrats aidés doivent être signés pour créer un emploi. Dans le secteur non marchand, l'État les prend en charge à hauteur de 75 % du Smic - davantage en Outre-mer -, mais le taux d'insertion reste très faible: seuls 26 % des bénéficiaires trouvent un emploi de longue durée ».

Un frein à l'embauche?
En mars 2017, la Dares a publié une étude sur les objectifs des contrats aidés et le bilan de cette politique. «À court terme, les contrats aidés, particulièrement ceux du secteur non marchand, permettent de soutenir efficacement l'emploi », souligne-t-elle. «Ainsi, on estime que[…]

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