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Le motonautisme met le cap sur la plaisance

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

Chiffres clés
Bateaux à moteur (2015): - 8000 immatriculations nouvelles; - 51000 mutations de propriétés; - 88000 permis plaisance délivrés; - 750000 bateaux immatriculés au 31 août 2016 (voile et moteur); - 11000 places dans plus de 473 ports (moteur et voile); - 556 installations portuaires ou haltes en eaux intérieures. FFM: - 50 clubs; - 2500 licenciés; - licence: de 55 € à plus de 400 €. - Fédération française de motonautisme, 49 rue de Boulainvilliers, 75010 Paris, 0142246088, www.ffmotonautique.com

Le motonautisme met le cap sur la plaisance

© razorconcept - fotolia

Le motonautisme est plus connu en France pour les résultats de sa filière économique que par ses résultats sportifs. Injustement, car ses sportifs sont aux premières places. La fédération, qui avoue avoir peut-être un peu trop mis l'accent sur la compétition, entend désormais s'imposer dans l'univers des plaisanciers en collaborant avec les pouvoirs publics.

Issue en 1922 de la plaisance motonautique et de la transformation en fédération d'une commission de l'Automobile Club de France, la Fédération française motonautique (FFM), comme la plupart des sports motorisés, doit affronter des vents contraires: pollution sonore, dérangement des milieux, lutte contre le changement climatique.

 

Effectifs modestes

L'essentiel des 50 clubs qui adhèrent à la FFM sont des organisateurs d'événements. Peu disposent de locaux. Les licenciés FFM assurent eux-mêmes le stockage, l'entretien et la préparation de leurs embarcations. La licence se justifie principalement par la participation aux compétitions. Une licence grevée par le prix de l'assurance. Ce qui explique sans doute la modestie des effectifs licenciés: 2500 en 2016. Une situation habituelle dans les sports mécaniques à l'image de son pendant terrestre la Fédération de sports automobiles qui ne rassemble, elle aussi, qu'une petite fraction des conducteurs automobiles.

 

8000 immatriculations

Dans le domaine du nautisme, le moteur est omniprésent. Sécurité, voile, hors-bord, le motonautisme participe au rayonnement industriel et nautique de la France, quatrième nation mondiale en matière de bateaux à moteur. Un marché soutenu par la demande intérieure mais surtout pas l'export qui capte près de 80 % de la production. En 2015, ce sont plus de 8000 embarcations neuves qui ont été immatriculées pour la première fois tandis que les mutations de propriété (occasion) se chiffraient à plus de 50000. L'équipement type est un bateau de moins de 6 m de longueur disposant d'une motorisation de 100 CV que l'on utilise pour se promener, se déplacer, la pêche voire tracter un engin de loisir.

 

Socialement acceptable

L'apparition des « jet-skis » a rajeuni la discipline. Dès l'apparition de ces nouveaux engins, la fédération s'est attachée à encadrer cette activité pour la rendre responsable et socialement acceptable: formation des pratiquants, développement d'activités, de codes de conduite, formation de cadres, relations avec les pouvoirs publics pour définir des cadres de pratique adaptés... Non sans succès puisque les effectifs de la fédération ont bondi jusqu'à 4000 licenciés. Un élan brisé par l'introduction, suite au Grenelle de l'environnement, d'une taxe annuelle exigible dès que la puissance du moteur de ces engins dépasse 90 kW. Un VNM moyen de 110 kW acquittera une taxe annuelle de 330 euros environ et un véhicule de 160 kW plus de 600 euros.

 

Aux côtés des pouvoirs publics

La Fédération française motonautique s'est progressivement spécialisée autour des activités sportives de compétition. «On a un peu laissé glisser la plaisance », regrette Gilles Guignard, président de la commission sportive de la fédération. Ajoutant: « c'est une des priorités de la nouvelle équipe fédérale ». Une initiative qu'elle entend partager à travers un club des partenaires comprenant le Yacht-Club de France, la Fédération des industries nautiques et la Confédération du nautisme et une alliance avec l'Association nationale des plaisanciers motonautiques qui vient d'adhérer à la fédération. «Nous rencontrons les mêmes problèmes que la moto verte » souligne le président. «Nous sommes rendus responsables des comportements de pratiquants non membres de la fédération. Il nous faut au contraire expliquer et convaincre que nous sommes aux côtés des pouvoirs publics pour encadrer ces activités, apporter notre expertise, trouver des solutions, former ». Déjà la fédération a désigné des représentants plaisance dans toutes les régions et prépare sa feuille de route dans ce domaine.

 

Fédération délégataire

La Fédération française motonautique est une fédération délégataire. Elle gère les activités de sports motonautiques en mer (Offshore), en eaux intérieures (In shore), de véhicules nautiques à moteur (VNM - jet-ski étant un nom de marque) et d'aéroglisseurs. Récemment, à la demande du ministère des Sports, la Fédération de France de modélisme naval a rejoint la FFM. Dans ces différentes disciplines, les catégories se déclinent en fonction des catégories d'embarcations. Un compétiteur commencera sa carrière dans des catégories de petite cylindrée pour progressivement atteindre la F1, la catégorie reine de la vitesse inshore. Les catamarans de F1 sont des bateaux de haute technologie, pèsent 500 kg et sont propulsés par des moteurs de 2500 cm3 développant 400 CV.

 

En haut du classement

La France a une longue tradition de course motonautique. Chaque année, à Rouen, se déroule le plus grand événement d'endurance motonautique au monde: les 24 heures motonautiques de Rouen dont c'était la 57e édition en 2017. Pour la troisième année consécutive, le grand prix de France de motonautisme organisé à Évian comptera comme une manche du championnat du monde de Formula. Les Français brillent dans les compétitions mondiales. C'est un Français, Philippe Chiappe, qui, en 2016, a conquis pour la troisième fois consécutive le titre de champion du monde. «En F3, de jeunes espoirs français sont dans le haut du classement, nous avons de bons espoirs pour l'avenir », déclare Gilles Guignard. À condition qu'ils puissent financer leur saison. Il leur faudra sans doute, comme Philippe Chiappe, trouver des investisseurs là où se trouve le marché mondial des moteurs hors-bord: aux États-Unis, dans les Émirats ou dans le sud-est asiatique.

 

Une filière de déconstruction va se mettre en place
Beaucoup de bateaux finissent abandonnés au fond d'un port, d'un parc à bateaux, d'un jardin, détruits de manière sauvage, voire coulés... Le nombre de ces bateaux « inactifs » est estimé à plus de 100000. Même s'il est conscient du problème, le propriétaire d'un bateau n'a pas toujours les moyens de faire face à la situation. En fin de vie, le bateau nécessite une prise en charge spécifique pour éviter toute forme de pollution visuelle ou environnementale. Il doit être déconstruit, dépollué avant que ses composants soient détruits ou recyclés. Un coût qui peut atteindre plus d'un millier d'euros pour les grandes embarcations. Jusqu'à présent, le manque de demandes solvables n'incitait pas les entreprises à investir dans la mise en place d'un outil industriel de déconstruction. Dans le prolongement des Grenelle de l'environnement et avec le soutien des acteurs du nautisme regroupés au sein de la Fédération des industries nautiques (FIN), la loi de transition énergétique (2016) a créé une « responsabilité élargie du producteur (REP)» pour les navires de plaisance ou de sport (dont les kayaks) pouvant être immatriculés, en eau intérieure comme en mer. À partir du 1er janvier 2018, toutes les embarcations immatriculées en fin de vie devront être traitées dans le cadre de cette nouvelle filière REP. Cette obligation va permettre de mettre en place une véritable filière de déconstruction des embarcations qui sera financée par une écocontribution sur le prix de vente et une dotation annuelle de l'État.

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