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Le hockey sur glace affiche ses ambitions

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

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Chiffres clés
• 21223 licenciés (10 % de femmes). • 122 clubs affiliés. • 4 championnats masculins, 1 féminin. • Des événements importants: Coupe de France Accor Hôtels Arena (Bercy), Wintergame (OL Park). • 17 salariés, 15 cadres. • 11 Championnats du monde organisés en France depuis 2006. • 5,50 M€ de budget.

Le hockey sur glace affiche ses ambitions

© XAVIER LAINE

C'est à Paris, en mai 1908, qu'a été créée la Fédération internationale de hockey sur glace. Presque 110 ans plus tard, c'est une toute jeune fédération qui organise à Paris les 81es Championnats du monde. C'est qu'il aura fallu attendre 2006 pour que le hockey sur glace, jusque-là géré au sein de la Fédération des sports de glace, prenne son autonomie.

Gérald Guennelon, le directeur technique national, porte un regard positif sur cette évolution. «La séparation a permis à la famille du hockey sur glace de prendre son destin en main et de se développer. Aujourd'hui, toutes les équipes de France se situent dans les seize premières nations mondiales (l'équipe masculine est 14e). Nous organisons les Championnats du monde et nous visons les Jeux olympiques. Notre organisation est solide et notre budget s'est développé.» Un résultat qui ne doit rien au hasard. À l'initiative de Luc Tardif, président de la fédération, ilrésulte de la mise en œuvre d'un plan d'action volontariste basé sur « la promotion du hockey sur glace par les événements, l'amélioration des infrastructures avec la définition d'un plan patinoire, la priorité accordée aux équipes de France ainsi que la mise en place d'un championnat de France attractif et pérenne ». La construction à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) du Centre national de hockey sur glace est venue donner un cœur à cet ensemble.

 

Cahier des charges

Volontarisme ne veut pas dire précipitation. «Nous avions besoin de professionnaliser notre championnat », explique le président. «Cet objectif est en passe d'être atteint même si, avec 44 matches, le championnat de France est un des championnats européens qui en compte encore le moins. Passer à trois matches par semaine, cela veut dire plus de joueurs dans les équipes et à former, des besoins logistiques à satisfaire, un suivi médical renforcé, une mise à niveau des installations. Nous avons associé les clubs à la définition d'un nouveau cahier des charges et nous n'avons pas hésité à repousser de deux années la date de mise en place de cette nouvelle formule pour donner aux clubs le temps de se positionner. Pour certains, cela leur a permis de constater que la marche était trop importante et de se donner des objectifs plus en rapport avec leurs moyens. Pour d'autres, cela constitue un puissant accélérateur. 2017 est une année charnière d'évaluation et nous pensons que tout le monde va franchir ce cap ». Deuxième axe exploré, l'organisation de grands événements. La fierté de la fédération c'est d'être, avec la coupe de France, une des rares disciplines sportives qui remplisse Bercy. Autre fierté, avoir réuni autour du hockey 22000 personnes dans le stade de Grenoble (2015) et 25000 en décembre 2016 dans le nouveau stade de l'Olympique Lyonnais dans le cadre de matches « spécifiques ». Des événements qui permettent de mettre en évidence la discipline et contribuent à sa médiatisation.

 

Patinoire d'animation territoriale

Dans le cadre du Grenelle de l'environnement, l'interdiction de certains fluides frigorifiques producteurs de gaz à effet de serre et l'obligation de mise aux normes des installations qui en a résulté a failli être une grave menace pour les patinoires. «Nous avons accompagné les collectivités pour éviter des dérapages et contenir les budgets de rénovation dans des limites raisonnables. Nous innovons. Avec le Centre national de Cergy-Pontoise », poursuit le président, « nous expérimentons de nouvelles solutions de fluide frigorifique pour montrer aussi que les budgets énergétiques peuvent être tenus dans des limites nouvelles ». Après avoir réalisé un inventaire de l'existant, le lancement d'un « plan patinoire » a servi selon le DTN « d'élément déclencheur, qui a contribué à donner un sens à l'action des collectivités ». Ce qui a permis bon an mal an à la fédération d'accompagner une à deux patinoires par an à travers le CNDS. «Il aurait fallu mieux accompagner ce plan auprès des collectivités », poursuit le DTN. «Avec le concept de patinoire d'animation territoriale concerté avec la Fédération des sports de glace et validé par la Cerfres, nous prolongeons cette démarche. Pluridisciplinaire, la patinoire d'animation territoriale doit améliorer l'accès à la pratique, contenir les frais de gestion, faire que les clubs soient en mesure d'alléger la charge des collectivités. Chaque public: loisir, éducation, sport, spectacle renforce les autres. À l'étranger, des patinoires sont rentables. On doit bien pouvoir y arriver en France! »

 

Nouveau cap

En 2017, les Championnats du monde (lire encadré) viennent consolider ce cycle de dix années d'un développement conduit à marche forcée. «Notre objectif à l'horizon des cinq prochaines années est de passer un nouveau cap. Nous devons encore nous renforcer sur le plan sportif pour permettre aux joueurs français de jouer les premières places au niveau mondial, renforcer le modèle économique de nos clubs et améliorer l'accès à la pratique par un meilleur aménagement du territoire », conclut Luc Tardif. À voir le chemin parcouru en si peu de temps, la qualité des équipes et le réalisme des projets, on se dit que le hockey sur glace devrait prochainement sortir de la confidentialité.

 

 

Des Championnats du monde coorganisés avec l'Allemagne
Du 5 au 21 mai 2017, la France accueillera le plus gros événement annuel de sport d'hiver au monde: les Championnats du monde de hockey sur glace. Particularité: ce championnat est coorganisé par deux pays, la France et l'Allemagne. «L'idée nous est venue dans le cadre d'une commission de la fédération internationale chargée du développement de notre sport », explique Luc Tardif, le président de la fédération française. «Nous explorions différentes pistes dont celle de la coorganisation par plusieurs pays. Je partageais beaucoup d'idées avec mon collègue allemand et c'est naturellement que l'idée de cette candidature commune nous est venue.» Les Championnats du monde rassemblent les seize meilleures nations mondiales. Paris accueillera trente matches à l'Hôtel Accord Arena (Bercy) 14000 places. Trente-quatre matches auront lieu à Lanxess Arena (Cologne), le plus grand aréna multifonction d'Europe avec 18500 places. La phase finale se déroulera dans la plus grande des deux patinoires, à Cologne. Les chiffres donnent la mesure de l'événement: 24,4 millions d'euros de budget, 800000 spectateurs attendus (la billetterie représente 80 % du bugdet), 5400 heures de diffusion (plus de 300 chaînes relaient l'événement), 1,3 milliard de téléspectateurs, 800 bénévoles mobilisés rien que sur Paris... Pour Luc Tardif, les avantages de la coorganisation sont multiples. «Avec 5,5 millions d'euros de budget fédéral, nous n'avions pas la capacité financière pour assumer la totalité de l'organisation. Nous en assumons la moitié (13,5 millions d'euros), ce qui est gérable. Les Allemands nous apportent une expérience qui nous manquait en matière d'organisation de grands événements. En termes de capacité de spectateurs, Bercy est le seul grand aréna existant en France, c'est insuffisant. Enfin, nous nous appuyons sur deux marchés pour remplir nos objectifs en matière de recettes billetterie et de partenariats». « En démontrant notre capacité à organiser de grands événements, nous renforçons notre crédibilité vis-à-vis de nos partenaires et notre audience internationale. Notre nouveau statut nous permet d'accéder à des partenaires de niveau mondial et d'entretenir de nouveaux rapports avec les médias. Notre notoriété nous servira de point d'appui pour développer notre sport en direction de nouveaux publics », conclut le président.

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