Nous suivre Acteurs du sport

Le fitness prend son envol en plein air

Sylvie Roman • sylroman@yahoo.fr
Le fitness prend son envol en plein air

© playgones

Depuis plusieurs années, le fitness a poussé les murs, pour se pratiquer en plein air, interférant directement avec l'espace public. Les usages ont évolué et les publics se sont élargis. Les collectivités doivent en tenir compte dans la localisation et la conception de ces équipements.

«En tant que constructeur d'équipements de sports in et outdoor, on constate vraiment ce phénomène. Il y a une porosité entre le type de sports pratiqués, les différents pratiquants, occasionnels ou plus assidus. Ainsi, les équipements ne sont pas dévolus à une seule approche. Ils doivent jouer la complémentarité, et être conçus dans ce sens », indique Nicolas Lovera, gérant de Protec Sport.

 

Analyser les besoins

La conception d'un site de fitness de plein air doit commencer par l'analyse des publics visés (jeunes, sportifs assidus, personnes éloignées du sport...). Les clubs, et peut-être plus inattendu, les coachs sportifs qui utilisent ces installations pour y délivrer leurs cours doivent également être pris en compte. Le lieu d'implantation pressenti, à proximité d'une plaine sportive, d'un lycée, le long d'un parcours de santé, influence également les pratiques. «Le plus important est que les sites soient fréquentés, utilisés par un plus grand nombre et des pratiquants divers », confirme Alain Breysacher, adjoint aux sports d'Yvetot. La ville a installé deux sites dédiés aux pratiques de plein air. Le premier est situé dans la plaine des sports, à proximité des gymnases et des stades de rugby, dans le cadre de la politique de sport-santé vers un public le plus large possible. Les équipements sont des mobiles classiques de type rameur, vélo, etc. Cependant, le retour d'expérience montre qu'ils nécessitent un entretien relativement important, ne sont pas toujours bien utilisés, ou sont parfois détournés de leur fonction. Aussi, pour son deuxième site (environ 25000 euros, sol compris), la ville s'est tournée vers un autre type d'équipement (AirFit), compact et plus complet. «Une structure fixe nécessitant moins d'entretien, avec peu de risques de blessures et de détournements d'usages, et présentant à la fois de la musculation, du fitness, des étirements et le sac de frappe, excellent pour travailler le cardio », précise Alain Breysacher, ancien kinésithérapeute dans un club de sport.

 

Proposer des solutions multiples

À l'instar de ce que l'on constate à Rennes par exemple, on assiste à un glissement de l'utilisation des différents types d'équipements. Fin 2016, la ville a inauguré un plateau pour le street workout (30000 euros environ pour 100 m2), fréquenté par un public qui va bien au-delà des seuls pratiquants de ce sport de haut niveau. Un deuxième site, plus grand public, vient d'être livré, le long d'un parcours de santé, signalé avec de nombreux pictogrammes et des indications pour les différents usages et publics. «Les deux équipements ont été coconçus avec des utilisateurs, et élargis au maximum des besoins exprimés », explique le directeur des services sportifs.
Loin d'être élitistes, ils s'adressent au plus grand nombre, pour des utilisateurs qui passent d'une pratique sportive à l'autre, tendance actuelle du sport de plein air. «Les agrès de type vélos elliptiques ou rameurs, sont plus adaptés à des pratiquants occasionnels, des personnes qui redécouvrent les activités physiques, ou encore, sont un bon support pour les personnes plus âgées, leur permettant de bouger, tout en recréant un lien social », témoigne Nicolas Lovera. Mais poser des équipements dans un site ne suffit pas. Aider à leur manipulation, donner des conseils ou faire des démonstrations est primordial si la collectivité souhaite vraiment une bonne utilisation. Les applications pour téléphone mobile sont un plus indéniable. Elles permettent de se tourner vers d'autres publics, jeunes, mais aussi des gens éloignés de ce type de sport, grâce à un côté ludique et « branché ».
C'est la vraie tendance de demain, qui accompagne au mieux les pratiquants de tous niveaux. Si peu de concepteurs d'équipements proposent ces facilités connectées, on trouve une myriade d'applications téléchargeables pour smartphones, avec même des sites de comparaison en ligne, et des communautés d'utilisateurs connectés se forment autour du sport de plein air, y compris pour utiliser les agrès. «L'application qui accompagne le nouveau site offre une vraie liberté aux clubs et aux particuliers », souligne l'adjoint aux sports d'Yvetot.

 

Bien choisir la localisation

La NF EN 16630 (norme européenne déclinée pour la France) s'applique aux « Modules fixes d'entraînement physique de plein air ». Sont concernés les agrès mobiles de type vélos, rameurs, et les modules fixes, comme les espaliers ou les barres de gymnastique. En tout premier lieu, les « modules d'entraînement physique » ne doivent pas être installés à proximité immédiate des aires de jeux pour enfants (norme NF EN 1176). Cependant, si pour des raisons de commodité, mais aussi, comme le souligne -Nicolas Lovera « pour amener des parents, et surtout des femmes à la pratique d'une activité physique », il est très intéressant d'installer ce type de module à proximité des aires de jeux, avec des préconisations de bon sens. La norme NF EN 16630 précise ainsi que « les modules d'entraînement doivent être séparés de barrières ou autre », ou à « une distance appropriée ». L'espace autour de chaque appareil fait aussi l'objet de préconisations précises. Le distinguo est fait entre l'espace occupé au sol par le module, l'espace d'exercice et l'espace d'évolution! L'espace nécessaire pour réaliser les exercices sur le module est plus important que l'emprise au sol. L'espace d'évolution signifie la zone nécessaire pour monter sur le module, bouger, etc. Ces considérations sont loin d'être anecdotiques car en découle la superficie nécessaire à consacrer à l'installation sportive, la préparation du sol, et donc son coût.

 

Limiter les risques de chutes

Comme pour de nombreuses activités de plein air en accès libre, le sol est essentiel. Les chutes sont à prendre en considération, à la fois pour une utilisation normale, mais aussi détournée. « L'utilisation d'un sol prescrit normalement pour les aires de jeux est tout à fait possible, d'ailleurs c'est évoqué dans la norme sur les modules d'entraînement physique. Copeaux de bois, béton, gazon, les typologies sont diverses. Les recommandations sur l'absorption du sol dépendent de la hauteur de la chute présumée, par exemple 2 mètres depuis l'appui des pieds jusqu'au sol'', ou 1 mètre depuis la surface sur laquelle une personne est censée s'asseoir'', explique Florent Giraud, chef de projets à l'Afnor. Ces mesures donnent ainsi un tableau avec les types de surfaces de sol qu'il est préférable d'employer ou pas. De nombreuses collectivités choisissent un sol amortissant, de type gazon ou sol pour aires de jeux, pour des raisons évidentes de confort, de sécurisation optimale lors des chutes, ou encore, pour l'utilisation quel que soit le temps (intempéries) avec un entretien minimal par rapport à un gazon, et ce, malgré un coût supérieur à un béton, plus dangereux pour les utilisateurs. La NF EN 16630 spécifie aussi les modalités concernant les fondations d'accroche des modules, la typologie de matériaux, ainsi que les protections des parties visibles des modules de sport, afin d'éviter au maximum tous risques de blessures pour les usagers. L'information des publics est aussi fondamentale, pour une sécurisation maximale: panneau général sur le site, avec catégories de public visé (âge ou taille minimum par exemple), contacts des urgences ou de l'entreprise de maintenance et des services de la mairie...

 

Jusqu'à 50 % d'aide dans le cadre du Plan héritage 2024
Les équipements de « sports de plein air et de proximité » bénéficient d'aides dans le cadre du Plan héritage 2024 (dossiers suivis par les services déconcentrés de l'État chargés des sports). Les plateaux de fitness de plein air peuvent bénéficier d'une subvention pouvant atteindre 50 % du coût global (inférieur à 25000 euros), sans aucun caractère territorial. La mesure est assez large puisqu'au-delà du fitness, les équipements de musculation, de remise en forme et d'exercices physiques sont concernés, mais doivent répondre à la norme NF EN 16630. L'utilisation des équipements avec un support connecté étant un plus pour obtenir ces aides.

 

 

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdomadaire d’Acteurs du Sport

Nous vous recommandons

À Mandelieu-la Napoule, le fitness en libre accès attire de nouveaux publics

À Mandelieu-la Napoule, le fitness en libre accès attire de nouveaux publics

La commune de Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes,a installé une station de fitness et musculation au cœur d'un complexe multisport. Un équipement intégré dans un projet global de sports pour[…]

Interview de David Lazarus

Interview de David Lazarus

Interview de Dominique de Legge

Interview de Dominique de Legge

Face à l'inflation des normes, les collectivités veulent responsabiliser les fédérations

Face à l'inflation des normes, les collectivités veulent responsabiliser les fédérations

Plus d'articles