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Le financement public des événements sportifs internationaux : vers un modèle turc ?

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Nous proposons une analyse du rôle des États dans l’organisation d’événements sportifs relevant traditionnellement du domaine de compétences des fédérations sportives. En effet, des coûts économiques croissants ont conduit à une ingérence de financeurs privés à visées commerciales (dans le cadre du sponsoring notamment) et, dans les pays émergents, à celle de financeurs publics en complément des apports fédéraux et faute de financements privés commerciaux. Une raison majeure de cette inflation des coûts est à situer du côté des fédérations internationales qui imposent des modalités d’organisation de plus en plus lourdes économiquement et, par conséquent, une implication financière des États. Le cas de la Turquie, pays émergent sur le plan économique et très actif sur le plan sportif, nous est apparu particulièrement exemplaire. En effet, dans les années 2000, plusieurs grands événements ont été organisés en Turquie avec l’appui massif de l’État et la Turquie a candidaté pour l’accueil des Jeux Olympiques de 2020 alors que le pays ne rassemble qu’un million et demi de licenciés. Nous appuyons notre analyse sur une étude documentaire portant sur plusieurs événements internationaux et une enquête par interviews menée en juin 2013, qui tendent à montrer que le financement public s’inscrit dans une logique économique globale pouvant apparaître comme un modèle.

Organiser un événement sportif de haut niveau international est hors de portée budgétaire de la plupart des fédérations sportives nationales (à statut associatif) et conduit à solliciter le concours financier de partenaires privés commerciaux (dans le cadre de contrats de sponsoring notamment) mais également celui des pouvoirs publics au niveau local (celui des collectivités qui accueillent les événements) et surtout national (celui de l’État). Cependant, convaincre les responsables politiques d’un soutien financier est particulièrement difficile en période de crise économique et de rigueur budgétaire publique. Il convient alors de montrer en quoi l’événement peut contribuer à la poursuite de leurs objectifs politiques et socio-économiques, faute de quoi l’État n’y trouvera pas son intérêt public.

Dans les pays dits «émergents» (1), bien que les taux de croissance économique soient généralement favorables (des taux approchant les 10 % parfois), les contraintes budgétaires restent importantes du fait de transformations structurelles à financer. Cependant, force est de constater que ces pays sont particulièrement actifs en matière d’organisation d’événements sportifs (Desbordes & Richelieu, 2011). Ainsi, les Jeux Olympiques d’été de 2016 ont été attribués au Brésil, la Coupe du monde de football de 2022 au Qatar et la Turquie a été candidate pour l’organisation des JO de 2020. Pour ce qui concerne l’accueil des Grands Prix de Formule 1, la part de l’Europe est passée de 70 à 40 % en dix ans (de onze GP sur seize en 2000 à huit sur vingt en 2012). Cet activisme semble très lié à l’attitude et aux croyances des responsables politiques en matière de politique sportive, qui font consensus de la base des collectivités locales jusqu’au sommet de l’État. En effet, tous sont généralement d’accord sur le principe d’une efficacité sociétale des valeurs sportives (principalement en termes de socialisation citoyenne, de pacification des rapports sociaux et de valorisation de l’image nationale). Il y a également relatif consensus officiel sur l’efficacité économique des investissements engagés dans les événements sportifs (générant des retours sur investissements sur l’ensemble de l’économie – bâtiments et travaux publics, infrastructures de transports, etc. – et donc sur le niveau d’emploi). Ce constat tend à justifier le soutien financier apporté aux fédérations nationales et aux comités d’organisation. Nous proposons une analyse du rôle de l’État turc dans l’organisation des grands événements sportifs à partir d’une étude documentaire qui a porté sur quelques événements récents (encadré 1) et d’une enquête menée auprès de six acteurs majeurs du système sportif turc (encadré 2). Après avoir fait le point des connaissances actuelles sur cette question d’un activisme étatique dans le domaine de l’événementiel sportif à des fins politiques et socio-économiques (à travers quelques éléments de littérature), nous aborderons le cas de la Turquie en tant que pays représentatif de régions à économie émergente et fortement impliqué dans le sport, pour analyser les modes d’action mis en oeuvre dans le cadre d’une économie politique du sport. Notre objectif est de contribuer à l’ébauche d’un modèle d’engagement financier public dans l’organisation des événements sportifs à des fins de retombées politiques et économiques et ayant une pertinence pour les pays à économie émergente.

 

Encadré 1 – Étude documentaire

Quatre événements organisés en Turquie ont été analysés : (1) sous l’angle du rôle joué par l’État – la part de financement public direct ou indirect (à travers des sociétés contrôlées par l’État), la part de financement privé ; (2) sous l’angle des retombées observées : politiques, économiques, sociales.

- Les Championnats d’Europe de Basket-ball de 2001

- Le Mondial de Basket-ball de 2010

- Les 25es Jeux Universitaires d’Hiver de 2011

- L’épreuve cycliste Presidential de 2012

Nous avons exploité deux types documents :

(1) Des rapports d’activité et notes internes des organisateurs des événements.

(2) Des articles de périodiques turcs : Hürriyet Gazetesi (9/09/2010, 30/07/2011, 13/03/2012) ; Vatan Gazetesi (1/01/2009).

Les résultats d’une étude d’opinion ont été exploités : celle réalisée par la société Stratejik Fokus, auprès de 2 408 personnes âgées de 15 à 65 ans, en janvier puis en novembre 2012, dans 17 villes turques.

Encadré 2 – Enquête auprès d’acteurs du système sportif turc

Six interviews, en juin 2013, par téléphone (excepté le ministre Suat Kilic : questions posées lors d’une conférence de presse)

- Hasan Arat, Président du Comité d’Organisation des Jeux Istanbul 2020 et Vice-Président du Comité National Olympique

- Ahmet Bozdogan, président de la Fédération turque de natation

- Suat Kılıç, Ministre des sports de Turquie

- Koray Öztürkler, Vice-président de la société Türkcell - Fikret Orman, président du club sportif de Besiktas - Mehmet Terzi, président de la Fédération turque d’athlétisme

Guide des interviews - Quel rôle l’État turc doit-il jouer dans l’organisation des événements sportifs ?

- Pour quels objectifs – politiques, sociaux, économiques ?

- Dans le cas spécifique de l’organisation des JO ?

- Quelle répartition des rôles entre l’État et les collectivités ?

- Quels rôles doivent jouer les partenaires privés ? Pour quels objectifs ?

- Que pourraient apporter les JO de 2020 : à l’économie turque, au peuple turc, au sport turc, à l’État turc, autre apport ?

 

I. Les effets sociaux et économiques des événements sportifs

Avant de faire l’analyse du cas turc – celui d’un financement public majeur des événements sportifs organisés par un pays à économie émergente, il nous semble nécessaire d’expliciter la nature des objectifs politiques sous-jacents ; faute de quoi l’engagement apparaîtrait seulement éthique (le sport posé comme étant bon pour la société). Une rapide revue de littérature nous permet de préciser la finalité économique et sociale de cette rationalité de la mise en oeuvre de moyens publics pour le sport.

Le sport tel qu’il est pratiqué ou tel qu’il est consommé en spectacle par la population d’un pays, est une forme d’expression de l’autorité politique et d’intégration citoyenne (Polo, 2005 ; Fontanel & alii, 2009 ; Fates, 2009). Il signifie qu’il y a consensus et partage de valeurs communes en mesure de transcender les inégalités sociales et donc de cimenter la société (Huesca, 1999). Un club sacré champion d’Europe ou un athlète titré au niveau international sont des objets de fierté à la fois pour les dirigeants politiques (ils symbolisent, par ricochets médiatiques, la réussite de l’action publique) et pour le peuple de leurs administrés, des catégories bourgeoises dominantes jusqu’aux travailleurs précaires et aux sans-emploi en marge de la société. Il peut être aussi un instrument de construction identitaire à un niveau local (telle ville affichant sa différence avec la capitale, telle région déshéritée prenant sa revanche par l’exploit sportif ; Smith, 2002). Il est également une vitrine de l’identité d’un pays sur la scène internationale (Lemieux & Mignon, 2000). C’est sous cette forme métaphorique qu’un pays peut signifier aux autres ce qu’il est vraiment (Dine & Crosson, 2010). Ainsi, le football apparaît souvent comme un bon moyen de communication politique (Boniface, 1998), comme un axe de communication stratégique pour des régions ou des pays en forte concurrence à la fois économique et géopolitique (Hautbois et Desbordes, 2008). Il est utilisé tout autant pour rappeler la hiérarchie des nations européennes (le football anglais contesté par le football allemand puis par celui des pays du Sud de l’Europe – comme une illustration sportive des rapports de forces économiques) que pour remettre en cause l’ordre du monde comme peuvent le faire certains pays émergents d’Amérique du Sud ou comme l’ambitionnent de le faire des pays en mal de légitimité comme le Qatar (Fates, 1999). L’intervention de l’État est rarement directe (cela a été le cas patent dans l’ancien bloc communiste des pays d’Europe de l’Est ; cela reste en partie effectif dans des pays dirigistes comme la Russie ou la Chine), elle passe généralement par le subventionnement des institutions sportives et des organisateurs d’événements dont les actions servent ses intérêts (De Waele & Husting, 2005).

De façon concomitante à la poursuite de ses objectifs sociopolitiques, l’État utilise les grands événements sportifs à des fins économiques. Les économistes du sport en ont montré l’impact direct en matière d’emploi et d’investissement (pour l’aménagement du territoire notamment : par le développement d’infrastructures sportives mais aussi routières, aériennes, ferroviaires, hôtelières, etc.) et en soulignant l’importance des flux financiers qu’ils génèrent (Halba, 1997 ; Andreff & Nys, 2002) (2). Plus largement et concernant plus précisément les grands événements internationaux (à couverture médiatique internationale), Andreff a montré de quelles façons les retombées commerciales (les effets sur la balance des produits importés et exportés du territoire national), les flux touristiques (des touristes attirés par la notoriété provoquée par l’événement et une image du pays valorisée), les investissements directs (des implantations d’entreprises, des participations étrangères dans des entreprises locales ou de simples joint-ventures), pouvaient justifier pleinement l’intervention publique (Andreff & Szymanski, 2007 ; Andreff, 2010 ; Andreff, 2012). En effet, l’événement provoque des externalités positives qui, si l’organisation est efficace, doivent largement compenser les externalités négatives en termes de nuisances, de spéculation immobilière et, plus largement, de (mal-) développement durable. Barget et Gouguet (2008) ont caractérisé un double effet à prendre à compte : un effet d’évitement (des touristes peuvent annuler un séjour programmé du fait de l’événement sportif) et un effet de substitution (les dépenses liées à l’événement se substituant à d’autres dépenses à contrainte budgétaire constante). Le contexte d’économie de marché mondialisée peut alors justifier un subventionnement lourd des événements ; soit à la hauteur des retombées visées (Bourg & Gouguet, 2005).

Après avoir fait le point de la littérature relative à la finalité économique et sociale de l’interventionnisme public en matière sportive, en général, nous proposons de focaliser l’analyse sur le cas de la Turquie afin de mettre en lumière une relation exemplaire entre un financement public massif (quasi exclusif pour certains événements), et des objectifs en lien direct avec la situation économique, sociale et géopolitique du pays.

II. Le rôle déterminant de l’État dans le financement des événements sportifs en Turquie

Nous avons choisi le cas de la Turquie car il semble que sa politique économique et sociale intérieure (de développement économique accéléré dans un contexte social agité) comme sa

politique extérieure – sa relation à l’Europe notamment (en regard de son entrée controversée dans l’Union Européenne) – passent à certains moments par le moyen privilégié du sport (Milza, 1984). S’agissant de l’un des pays les plus endettés au monde, paradoxalement, il est l’un de ceux qui investissent le plus dans le domaine sportif et notamment depuis le milieu des années quatre-vingt-dix. En effet, malgré l’augmentation de sa dette extérieure (passée de 118 à 270 milliards de dollars entre 2003 et 2011) (3), le pays n’a jamais cessé de promouvoir le sport par l’argent public. Les dirigeants sportifs en sont pleinement conscients ; comme le reconnaît le président du club phare de Besiktas : « Il faut apprécier la bonne volonté du gouvernement qui fait de nombreux sacrifices pour Istanbul 2020, surtout dans cette période de crise économique » (interview de Fikret Orman, 04/06/2013).

Le but politique affiché de ces investissements publics sportifs est, outre celui de développer une pratique sportive jugée socialement utile (en termes de santé publique et de socialisation des jeunes par l’acquisition d’une éthique), d’obtenir le droit d’organiser des Jeux Olympiques d’été considérés comme une sorte de consécration sportive absolue au niveau de la planète et en mesure de faire accéder le pays au statut convoité (et fantasmé) de grande puissance mondiale (encadré 3). Si l’on relève des résultats d’enquêtes (deux études d’opinion réalisées par Stratejik Fokus en Janvier et novembre 2012 – échantillon de 2 408 personnes de 15 à 65 ans, dans 17 villes de Turquie dont Istanbul), il semble que cette ambition soit partagée par les citoyens turcs. Ainsi, on apprend que si 50 % des Turcs suivent en général les événements sportifs (4) ; ils sont 43 % à suivre les JO (32 % ont suivi les Jeux de Pékin 2008, 41 % ceux de Londres 2012 ; mais, en janvier 2012, ils étaient seulement 5 % à savoir que les JO 2016 se dérouleront à Rio, ce qui conduit à relativiser le constat d’un intérêt pour les Jeux). À la question « Quels sont les candidats pour les JO de 2020 ? », 23 % ont cité Istanbul en janvier, 30 % en novembre et seule une poignée d’amateurs bien informés connaissaient les autres candidats (1,9 % ont cité Madrid, 2,8 % Tokyo). Par contre, ils étaient 83 % à se déclarer favorables à la candidature d’Istanbul (en novembre 2012). Pourquoi un tel consensus national ? Pour 9 sur 10, l’accueil des JO va aider au développement touristique du pays, à sa notoriété et à son image sur la scène internationale ; 3 sur 4 estiment que la ville d’Istanbul sera plus agréable à vivre et 71 % que les Jeux vont procurer de nouveaux emplois. Mais cette attitude favorable aux Jeux et à ses supporteurs publics ne se traduit pas forcément en comportements : ainsi, ils ne sont que 24 % à déclarer être prêts à s’engager bénévolement pour les Jeux ; 31 % à acheter des billets.

 

Encadré 3 – Interview du Ministre du sport Suat Kılıç (questions posées lors de sa conférence de presse du 19/06/2013) :

L’atout d’Istanbul pour organiser les Jeux Olympiques est le soutien à la fois de l’État et de ses habitants qui veulent montrer au monde que la ville est magnifique. Ainsi 83 % des habitants veulent ces Jeux ». À propos des 17es Jeux Méditerranéens de 2013 considérés comme une démonstration de savoir-faire en vue de l’attribution des JO de 2020. « (ils) devaient avoir lieu en Grèce, mais du fait des difficultés économiques rencontrées par les Grecs, Mersin, une ville du sud de la Turquie, a été choisie (bien qu’administrée par un parti d’opposition) […]. L’État a ainsi financé la construction d’infrastructures sportives […] pour un coût total de 350 millions de dollars et dans un délai record de 18 mois […]. Nous avons construit onze nouvelles installations sportives (dont un stade de football de 30 000 places, une salle de basket de 7 500 places, une piscine olympique, une salle de gymnastique, etc.) et rénové 43 installations existantes. Le gouvernement turc considère ces Jeux Méditerranéens comme étant une préparation pour l’organisation des Jeux Olympiques ».

 

Or la Turquie n’est tout simplement pas un pays sportif. En effet, selon le ministère du Sport et de la Jeunesse (5), 2 % seulement de la population pratique une activité sportive en compétition, c’est-à-dire avec une licence fédérale (1,6 million de licenciés pour une population de 75 millions de Turcs ; même leur nombre a été multiplié par quatre de 2003 à 2010) (6) et la dépense moyenne de consommation sportive des Turcs s’élève à 10 euros (contre 45 à 50 euros en Bulgarie, 65 euros en Grèce, 170 à 180 euros en Allemagne ; Vatan, 2009). Ce constat statistique peut trouver un début d’explication historique dans la politique sportive très modérée des précédents gouvernements turcs. Une autre explication est à situer dans le constat économique et géographique de pauvreté de certaines régions déshéritées du pays où les habitants et leurs élus ont d’autres urgences que celle de dépenser l’argent public en installations sportives. En conséquence, sur les 85 villes turques, 23 n’ont pas de piscines olympiques, 56 n’ont pas de stades d’athlétisme et aucune ne possède de vélodrome ; et on dénombre seulement 1 200 courts de tennis sur l’ensemble du territoire. Cette pénurie relative d’infrastructures sportives est sans doute un élément d’explication du déficit de performance des sportifs turcs dans les compétitions internationales (au-delà des seuls Jeux Olympiques). Pourtant, la Turquie a participé à ses premiers Jeux Olympiques d’été dès 1908 et à tous ceux qui ont suivi (excepté ceux de 1920, 1932 et 1980). Bien que Chamerois (2002) considère que l’ancienneté dans le mouvement olympique soit un facteur important de succès dans les compétitions internationales, il semble que la Turquie échappe à la règle puisque le pays n’a récolté que 82 médailles (dont 37 en or, 23 en argent et 22 en bronze) en vingt participations, soit quatre médailles en moyenne par édition (tableau 3) (7). Cependant, au cours des quatre dernières olympiades (1996-2008), les sportifs turcs ont amélioré leurs performances en remportant 29 médailles, soit le même nombre qu’au cours de la période 1960-1992. Cela mérite analyse (tableau 1).

C’est en athlétisme, en natation, en tennis et en escrime, que les sportifs turcs sont le moins compétitifs, alors même que ces sports bénéficient d’une bonne visibilité dans les médias turcs. Ainsi, en athlétisme, la Turquie n’a remporté que trois médailles (deux en argent et une en bronze) depuis les débuts des championnats du monde et se classe 68e sur 87 pays. Aux mondiaux de natation et d’escrime, elle n’a toujours pas réussi à décrocher une seule médaille depuis leur création. La mauvaise performance des nageurs turcs est également patente dans les championnats européens : depuis la première édition en 1926 jusqu’à celle de 2010, la Turquie n’a gagné qu’une seule médaille de bronze et elle est classée dernière (sur 37 pays). En tennis, le meilleur joueur turc masculin est classé 202e mondial (Marsel Ilhan), la meilleure joueuse est classée 169e (Çagla Büyükakçay). Il n’y a que deux joueurs (Marsel Ilhan et Ipek Senoglu) qui aient réussi à atteindre le tableau principal d’un tournoi du Grand Chelem.

Il semble donc que l’article 59 de la Constitution de la République de Turquie qui stipule que « l’État prend des mesures pour développer la santé physique et morale des citoyens turcs de tout âge, encourage la pratique du sport par tous et soutient les sportifs brillants », n’ait pas été d’une grande efficacité, du moins pour ce qui concerne la réussite des compétiteurs. C’est pourquoi, en 1995, a été votée une loi dite « olympique » qui engage l’État à travers un Plan national sportif : notamment par la création d’un centre olympique de préparation physique et de formation sportive, et d’un centre de recherche. Ainsi, de nouvelles installations sportives ont pu être financées et le pays s’est lancé dans l’organisation de grands événements sportifs (tableau 2). Après avoir souligné la finalité politique, économique et sociale, du financement des événements sportifs par l’État turc, nous proposons un début de modélisation de l’interventionnisme public dans des pays à économie émergente.

III. Vers un modèle turc d’intervention publique dans le sport ?

Pourquoi cet activisme sportif soudain de l’État turc et notamment celui déployé pour obtenir l’organisation des très prestigieux Jeux Olympiques d’été de 20208 ? Le lobbying de l’ancien président du comité national olympique (Sinan Erdem) s’est certes soldé par trois tentatives avortées en 2000, 2004 et 2008, mais le sport turc y a gagné à chaque fois des installations sportives : un stade de football aux normes internationales (le stade Atatürk d’Istanbul), deux grandes salles calibrées pour accueillir des événements officiels (celle de Sinan Erdem et celle de Fenerbahçe Ülker à Istanbul), une salle d’athlétisme (Ataköy à Istanbul). Ainsi, au fur et à mesure des candidatures et des investissements publics d’accompagnement, puis des manifestations organisées dans ces nouvelles infrastructures, l’idée d’une Turquie capable d’organiser le premier événement sportif au monde a fait son chemin. La politique sportive publique a donc, semble-t-il, payé. Le discours du viceprésident actuel – Hasan Arat – résume assez bien les enjeux extra-sportifs des Jeux (encadré 4).

 

Encadré 4 – Interview de Hasan Arat, Président du Comité d’Organisation et Vice-Président du Comité National Olympique (17/06/2013)

« Cette fois, Istanbul est prête à organiser les Jeux. La Turquie d’aujourd’hui n’est plus la Turquie d’il y a dix ans. Ce pays mérite de les organiser mais il faut continuer à travailler (car) Istanbul fait le lien entre deux continents, l’Asie et l’Europe. C’est un premier facteur original. Un autre facteur est qu’Istanbul fait référence à la fois à la modernité et à son passé prestigieux. » « Nous devons expliquer au peuple turc ce que les Jeux Olympiques et paralympiques vont apporter à notre culture du sport. Toutes les installations sportives que nous allons construire, vont être utilisées après les Jeux par nos jeunes et par tous. Le pays a besoin de ces installations sportives […] L’État joue un rôle très important car la réussite des Jeux ne dépend pas uniquement de la qualité des installations sportives, mais aussi de facteurs comme la sécurité ou le transport urbain qui sont des services publics […]. Il nous faut respecter les délais des constructions et les standards olympiques. Pour tout cela, il y a la garantie de l’État turc. »

 

Une autre explication de cet activisme public se trouve dans l’objectif de politique intérieure de diffusion d’un sport consensuel au sein de la société turque. En effet, l’organisation de grands événements sportifs peut avoir des conséquences remarquables sur le développement du sport national (la réussite à haut niveau mais aussi la pratique du plus grand nombre) ; ce qui tend à conforter les bons choix politiques. Ainsi, dans la perspective des JO de 2020, les présidents des fédérations d’athlétisme et de natation affichent des objectifs sportifs très liés au soutien de partenaires. Pour Mehmet Terzi, président de la fédération turque d’athlétisme (interview du 03/06/2013), « l’objectif de la Turquie n’est pas uniquement d’obtenir le droit d’organiser les Jeux d’été de 2020, il est aussi d’avoir des sportifs compétitifs pour ces Jeux. Dans cette perspective, les entreprises sponsors aident certaines fédérations comme celle d’athlétisme car il s’agit d’un sport qui sera très médiatisé lors des Jeux […]. Grâce aux sponsors (notamment Turkcell), nous envisageons de construire une grande infrastructure afin de pouvoir préparer au mieux nos athlètes pour 2020 ». Il est rejoint par Ahmet Bozdogan, président de la fédération de natation (interview du 03/06/2013) : « c’est la première fois que l’État et le secteur privé agissent ensemble pour nous aider à réaliser un grand projet […]. Grâce à cette aide, nous ouvrons six centres d’entraînement dans l’ensemble du pays, accessibles à toutes les catégories d’âges. Cela nous permet aussi de recruter Bob Bowman, l’ancien coach de Michael Phelps, qui sera a la tête de ce projet ».

Par-delà les projets au niveau desquels l’État est fortement présent, si l’on prend l’exemple des championnats d’Europe de basket-ball de 2001 organisés dans trois villes turques (Istanbul, Ankara et Antalya), on a constaté un net regain d’intérêt pour ce sport (en termes d’audiences médias et de fréquentation des salles) et le nombre de licenciés a fortement augmenté (il est passé de 48 524 en 2002 à 164 863 en 2007, soit 132 346 hommes et 28 412 filles) (tableau 3). Parallèlement, cet événement a permis la construction de nouvelles salles (comme la salle de l’ASKI d’Ankara) et la rénovation d’anciennes salles (comme celle d’Abdi Ipekçi à Istanbul). Après l’Euro 2001, neuf ans plus tard, La Turquie a organisé un autre événement international de basket-ball, et visant un objectif d’image plus ambitieux encore : le Mondial 2010. L’État est resté très présent aux côtés de la fédération en affectant un budget important à la construction de trois nouvelles grandes salles (à Istanbul – Sinan Erdem, à Kayseri – Kadir Has et à Izmir – Halkapinar). Il semble que sans l’aide économique de l’État, la fédération turque n’aurait sans doute pas été capable de supplanter la candidature de son principal rival : la fédération française de basket-ball. En effet, le dossier turc a été préféré par la fédération internationale (FIBA) sur la base de son volet budgétaire principalement. Le budget prévisionnel indiquant une capacité économique largement supérieure à organiser matériellement un tel événement a supplanté le dossier français pourtant estimé plus convaincant sur le plan sportif. La leçon a été retenue par les officiels turcs et leurs financeurs publics.

Il est important de relever que l’État turc n’intervient pas seulement à travers son Ministère des sports mais également à travers d’autres institutions publiques parallèles comme le Ministère de la culture et du tourisme ou encore les services du Premier ministre et ceux de la Présidence (à partir de fonds dits « spéciaux ») qui participent aussi au subventionnement de grands événements sportifs. Ainsi le Tour Présidential (événement cycliste dont le budget est estimé entre sept et huit millions de dollars) est financé en grande partie par ces fonds, faute de partenaires privés intéressés par un événement suscitant peu d’audiences et donc sans grandes retombées médiatiques. L’État a cependant misé sur cette épreuve pour amorcer un intérêt populaire pour le cyclisme (sur le mode de ce qui se déroule en France). Un autre type de soutien indirect de l’État emprunte le canal du sponsoring sportif. Alors même que la logique du sponsoring repose sur une logique d’échange entre une entité sportive (l’organisateur de l’événement) et des partenaires majoritairement privés (intéressés par la notoriété de l’événement et son image) – secondairement par des partenaires publics en mal d’image (Tribou, 2011) – il semble qu’en Turquie l’ordre soit inversé et que le sponsoring public soit déterminant. Prenons l’exemple du Mondial de basketball. Si la fédération a réussi à porter le montant de ses revenus de sponsoring à hauteur de 40 millions de lires turques (soit environ 13 M€), c’est grâce à l’apport majeur de 35 millions consenti par l’entreprise publique Spor Toto (relevant du secteur des paris sportifs) ; soit indirectement par l’État turc propriétaire de la société. Si l’on fait référence à la déclaration du directeur de la société (Bekir Yunus Uçar, Hürriyet, 2010 : « Je ne considère pas ce contrat de sponsoring comme un objectif commercial mais plutôt comme un accord qui aide le développement du sport et du basket-ball en Turquie »), il apparaît clairement que l’accord n’avait pas de visée commerciale mais plutôt politique et de citoyenneté. Nous sommes donc loin du sponsoring commercial tel qu’il se pratique habituellement sur les grands événements médiatisés (par exemple, celui de la FDJ, entreprise française du même secteur, dont les objectifs sur le Tour de France sont en grande partie commerciaux).

Il est remarquable de constater que les partenaires privés à vocation commerciale tiennent des discours très ambigus quant à leurs objectifs officiels. Ainsi les dirigeants de la firme de télécommunications Turckcell mettent en avant leur volonté « désintéressée » de soutenir le sport turc sans jamais évoquer le marché pourtant très disputé de la téléphonie mobile (encadré 5). En échos, les dirigeants du Comité National Olympique restent dans le même registre sportif et patriotique. Ainsi Hasan Arat, Président du Comité d’Organisation et Vice-Président du Comité National Olympique (interview du 17/06/2013) : « Sept sponsors ont déjà signé (pour soutenir les JO) : Digiturk, Dogus, Koç, Sabancı, Turkcell, THY, Ülker ; soit pour une somme totale d’environ 20 millions de dollars […]. La Turquie est l’un des pays les plus performants de cette région du monde et ces sept entreprises sont représentatives de la Turquie moderne qui gagne. Elles sont le symbole de l’innovation et de la performance. Leur aide comme sponsors officiels sera cruciale pour nous amener à la victoire. Cette collaboration entre le monde sportif, le monde de l’entreprise et l’État est inédite dans l’histoire de la Turquie ».

 

Encadré 5 – Interwiev de Koray Öztürkler (Vice-président de Türkcell, sponsor du comité d’organisation d’Istanbul 2020 et de plusieurs fédérations sportives – 4/6/2013)

« Notre entreprise va travailler avec les fédérations d’athlétisme et de natation pour élever le niveau des compétiteurs. Nous allons leur donner 28 millions de lires turques (14 millions pour chaque fédération), soit la moitié de ce que le Ministre des sports a estimé nécessaire pour une bonne préparation. Le but est d’attirer 200 000 licenciés dans ces deux fédérations et nous envisageons d’ouvrir des centres de formation. En athlétisme, il y a seulement 33 sportifs de haut niveau en 2012, nous visons 60 athlètes en 2016 et 100 en 2020. En natation, nous avons le même objectif. Il y a actuellement 6 nageurs ; notre objectif est de passer à 20 en 2016 et à 40 en 2020. Le but final est de parvenir à 100 000 nageurs licenciés ».

 

Ainsi, les entreprises publiques ou semi-publiques (dont l’État est actionnaire), voire privées mais proches du gouvernement turc (via des réseaux de pouvoirs), apportent leur soutien au sport turc à la demande des dirigeants politiques. C’est sans doute sur la base de ce réseau d’influence que l’opérateur téléphonique Turk Telekom a été le top sponsor des 25es Jeux Universitaires d’hiver de 2011 à Erzurum (ville située à l’Est du pays dont il convenait de soutenir politiquement la promotion). Il a été rejoint par un autre sponsor, Turkish Airlines, soit une entreprise semi-publique qui a transporté gratuitement à Erzurum 5 000 sportifs venus de 58 pays. Les autres sponsors – Spor Toto (paris sportifs), Milli Piyango (loterie), PTT (poste), Ziraat Bankası (banque) – sont tous des entreprises publiques. Seule la multinationale Coca- Cola relève du secteur privé, s’agissant d’une entreprise très ambitieuse commercialement sur le marché turc, trait d’union entre les marchés d’Europe et d’Asie.

Cette désaffection relative des partenaires privés (du moins ceux sans lien direct ou indirect avec l’État turc) a posé problème économique et a fait porter tout le poids du financement sur le secteur public (soit les contribuables turcs de la classe moyenne). Car le coût d’un tel événement est lourd (410 millions de dollars) et il est justifié par la nécessité de construire la totalité des sites de pratiques (pistes de ski alpin et de ski nordique, infrastructures de biathlon, de saut, de snowboard, une patinoire de hockey pouvant accueillir 3 000 spectateurs, une salle de curling, un village olympique, etc.). Or l’investissement est socialement à haut risque car les sports d’hiver ne sont pas véritablement intégrés dans la société turque et ces équipements risquent fort d’être désertés et de ne pas générer de chiffre d’affaires une fois les épreuves passées. De plus, la localisation géographique du site a également posé problème : la région se trouvant loin des grands centres économiques comme ceux d’Istanbul, d’Ankara, d’Izmir, d’Antalya, et dépourvue d’infrastructures de transport. Du point de vue managérial des investisseurs privés, le retour sur investissement est apparu très aléatoire (9).

Par ailleurs, afin d’inciter les entreprises turques (et les filiales de sociétés étrangères), autant publiques que privées, à investir dans le domaine sportif, l’État a modifié une loi de 2004 réglementant la fiscalité du sponsoring. La nouvelle loi accorde ainsi un avantage fiscal renforcé aux entreprises qui investissent dans le sport. Les répercussions ont été immédiates. Selon le Bureau turc du sponsoring, le montant des contrats officiels avant la promulgation de la loi ne dépassait pas un million de lires turques ; il est passé à onze millions en 2005, à quarante millions en 2008 et à 73 millions en 2011 (tableau 4). L’impact de la loi fiscale a donc été spectaculaire. Et cette estimation ne prend pas en compte les dépenses d’activation, en publicité notamment, liées indirectement au sport. Par ailleurs, Il faut également ajouter à ce montant, les investissements directs dans les clubs. Par exemple, la marque de bière Efes Pilsen est propriétaire d’une des meilleures équipes de basket-ball du championnat (pour laquelle elle dépense environ 20 millions de dollars chaque année) ; la banque privée Vakifbank possède sa propre équipe de volley-ball avec un budget annuel estimé entre six et huit millions de dollars.

Conclusion

En conclusion, nous pouvons avancer que l’exemple de la Turquie illustre bien le rôle financier majeur de certains États dans l’organisation d’événements sportifs de dimension internationale, en tant qu’alternative à un soutien privé commercial défaillant. En cela, nous pouvons parler de «modèle turc» en mesure d’inspirer d’autres pays dits émergents. Une des tendances d’évolution du modèle se trouve dans le fait que cette implication politique ne concerne plus exclusivement les très grands événements à forte portée symbolique comme des Jeux olympiques ou une Coupe du monde de football mais aussi, et de plus en plus, des événements de moindre envergure comme des compétitions universitaires, afin de pouvoir répondre aux exigences économiques croissantes des fédérations internationales. Car ces institutions sportives se trouvent en concurrence forte pour attirer les grands médias et elles sont contraintes à adopter des cahiers des charges de plus en plus lourds. Or les budgets fédéraux ne suffisant plus au financement, les États sont dans l’obligation d’intervenir. C’est pleinement le cas de l’État turc qui gère la subvention sportive en fonction de ses grands objectifs politiques internes de cohésion sociale et, sur la scène internationale, selon une conjoncture géopolitique de compétition d’influence. Ainsi, s’il a refusé d’investir dans la Formule 1 jugeant la somme excessive (26 millions de dollars) en regard de retombées d’image jugées médiocres (d’autres pays se distinguent déjà avec cette discipline) (10), il a cependant accepté de dépenser quinze fois plus (410 millions de dollars) pour l’organisation de Jeux universitaires d’hiver jugés plus intéressants en termes d’image internationale et d’impact social interne (Hürriyet, 2011). Et ses investissements dans le sport commencent à porter leurs fruits. Ainsi, Istanbul a été élue capitale européenne du sport en 2012, titre attribué pour la première fois à une ville d’un pays non-membre de l’Union Européenne. Lors de la remise du prix, le maire d’Istanbul, Kadir Topbas, a déclaré qu’Istanbul avait été élue grâce à l’action de l’État et que ce prix était un pas de plus vers l’attribution des JO (Hürriyet, 2012). Il semble, en effet, que les représentants de l’État aient fait de l’accueil des Jeux un objectif essentiel en mesure de justifier toutes les dépenses publiques engagées dans le sport jusqu’à aujourd’hui.

Bibliographie

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1 Un pays « émergent » réunit trois critères d’appréciation : un PIB/habitant inférieur à la moyenne de ceux des pays développés, un taux de croissance supérieur à la moyenne, une politique de développement basé sur l’adoption des structures économiques de base des pays développés. Un groupe de pays fait relatif consensus : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Mexique, Indonésie. D’autres pays comme la Turquie font débat. Cf. notamment : Kateb, A. (2011). Les nouvelles puissances mondiales. Pourquoi les BRIC changent le monde. Paris : Ellipses Marketing.

2 La mesure des retours sur investissements – et donc de l’efficacité de l’action publique en matière d’événements sportifs – fait

3 http://www.indexmundi.com/fr/turquie/dette exterieure.html

4 Les sports préférés des Turcs : le football (57 %), l’athlétisme (50 %), le basket-ball (39 %), la natation (35 %), le volley-ball (33 %), la boxe (18 %).

5 http://www.memurlar.net/haber/210342

6 Évolution du nombre de licenciés en Turquie : 203 (405 083), 2004 (607 893), 2005 (917 818), 2006 (1 123 042), 2007 (1 262 891), 2008 (1 433 948), 2009 (1 583 737), 2010 (1 658 567). Source : Sporve Gençlik Müdürlügü (Centre du Sport de la Jeunesse).

7 C’est en lutte que la récolte a été la meilleure (28 en or, 16 en argent et 13 en bronze), devant l’haltérophilie (8, 1, 1), le judo (1, 0, 1), la boxe (0, 2, 3) et l’athlétisme (0, 2, 2).

8 « Le coût total des installations sportives est de 3 milliards de dollars (10 installations fixes et 5 modulables). Le coût du village olympique et celui du centre médias s’élèveront à 1,2 milliard de dollars ; celui des transports (routes, rails) à 9,8 milliards de dollars. Tous ces projets relèvent des pouvoirs publics. Même si les Jeux n’étaient pas attribués à Istanbul, tous ces projets seront réalisés. Ainsi le coût total des services publics sera de 2,6 milliards de dollars (sur un coût total de 19,4 milliards) » (Interview de Hasan Arat, Président du Comité d’Organisation).

9 Autre exemple : l’organisation du WTA Championships 2011- 2013 à Istanbul a conduit l’État turc à accorder une subvention de 20 millions de dollars à la fédération turque de tennis par l’intermédiaire du ministère du Sport ; puis à mobiliser les partenaires publics et semi-publics habituels (Spor Toto et Turkish Airlines notamment).

10 Sept pays émergents ont déjà fait le choix onéreux d’accueillir un GP de F1 : Malaisie, Chine, Singapour, Russie, Brésil, Bahreïn et l’émirat d’Abou Dhabi.

 

Cet article a été écrit par : 

Cem Çetin - Université de Kocaeli – Turquie

Gary Tribou - EA 1342, Université de Strasbourg – France

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