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Le basket joue la carte des territoires

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

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Tracés : une mise en place progressive
Sous une apparente uniformité : cinq joueurs contre cinq, une balle, deux paniers, etc., il existe au niveau international plusieurs variantes de pratiques du basket-ball. En 2008, la Fédération internationale de basket-ball (Fiba) a décidé de faire évoluer ses règles dans le sens d'une meilleure convergence de l'ensemble des règles mondiales du basket-ball. Pour les propriétaires d'installations, l'aspect le plus visible a été les modifications des tracés. Impossible pour la France de ne pas transposer ces prescriptions dans ses règlements. Cela aurait impliqué de ne plus accueillir de compétitions internationales et d'hypothéquer la formation des joueurs. Les tracés conditionnent de nombreux aspects du jeu : ligne de lancer à trois points, zones où la présence des joueurs est réglementée, zones où il est interdit de charger un autre joueur, etc. Dans un sport où les habiletés motrices sont déterminantes, ne pas s'inscrire dans ces évolutions signifiait s'exclure à terme du haut niveau mondial. Avec l'accord des représentants des associations d'élus locaux, la commission des normes du ministère des Sports a décidé d'une mise en place progressive sur cinq années : Pour toute question concernant les tracés et leur mise en conformité, s'adresser au service équipement de la FFBB : Damien Heno, dheno@ffbb.com, 01 53 94 25 76, site internet : ffbb.com - rubriques : FFBB / pôle territoire / salles et terrains. Évolution des règles du basket-ball Salles existantes Date International, continental, ProA, ProB, NM1, LFB, L2 (ex-NF1)* 1er sep. 2010 NF1, NM2, NF2 1er sep. 2013 NM3, NF3 1er sep. 2014 Championnat de France jeunes, prénational, régional, départemental 1er septembre 2015 Pour les salles devant être mises en service ou devant faire l'objet d'une rénovation lourde affectant l'aire d'évolution, le nouveau règlement s'appliquera à partir du jour d'expiration du délai réglementaire de deux mois suivant l'avis de la commission.

Comment gagner en notoriété, en nombre d'adhérents, promouvoir des clubs aux ambitions européennes quand le foot a préempté toutes les grandes villes ? C'est le challenge relevé par la nouvelle direction de la Fédération française de basket-ball en misant sur la carte territoriale.

 

« La pratique du basket-ball a un coût », souligne -Yannick Supiot, président de la Ligue de basket des Pays de la Loire. « Même si ce coût est modéré, il est nécessaire d'apporter quelque chose en face. Il faut intéresser l'enfant, donner aux parents le sentiment que la pratique en club s'inscrit dans le parcours éducatif, offrir un championnat bien organisé, protéger les joueurs des accidents et des blessures ».

La qualité par la formation

Pour atteindre cet objectif, le -basket a choisi la carte de la qualité par la formation, pour améliorer l'accueil mais aussi garantir la qualité de l'enseignement et la sûreté des pratiques. Cela a notamment conduit la FFBB à mettre en place un institut de formation relayé en régions. Quand on sait que pour assurer le bon déroulement de plus de 150 000 rencontres par an, la FFBB manage un corps de 11 000 arbitres (et il en manque !), qu'il faut ajouter à cela les formations d'entraîneurs pour lesquels un parcours complet de formations fédérales et d'État a été mis en place, ainsi que les formations de dirigeants, on mesure l'ampleur de la tâche.

Chiffres clés
Fédération française de basket-ball 117 rue du château des Rentiers, 75013 Paris, Tél. : 01 53 94 25 00 • 480 000 licenciés. • 4 500 clubs. • Premier sport de salle. • 40 % de féminines. • 7 768 salles recensées, 3 447 classées dont H3 : 114 (plus haut niveau) ; H2 : 597 ; H1 : 2 812. • 6 000 playground répertoriés. www.ffbb.com

 

Contrats territoriaux

L'originalité de l'approche de la FFBB c'est de prendre en compte les territoires. « L'ambition de l'équipe fédérale est d'être plus proche des clubs, de leur offrir une meilleure qualité de relations et de services en s'appuyant sur les territoires » précise Sébastien Diot, directeur du nouveau pôle « Territoires » de la fédération. Initialement créées pour faciliter la vie des clubs dans des zones où les clubs -rencontraient des -problèmes -d'effectifs, les « ententes de clubs » évoluent en « contrats territoriaux d'équipe (CTE) ».

Les CTE permettent à deux ou plusieurs clubs qui ne disposent pas, dans une catégorie, des effectifs suffisants, d'engager une équipe composée de joueurs issus de ces clubs.

 

Juste équilibre

Dans le prolongement des CTE, la fédération propose : les « contrats territoriaux de clubs (CTC) » qui s'adressent à deux ou plusieurs clubs d'un même EPCI. Le pivot de cette association est « le projet de coopération et de développement » que les clubs doivent concevoir et qui doit permettre de « réunir les forces et les compétences pour faire émerger une véritable politique de développement à l'échelle du territoire. Il faut que le projet de chaque entité soit bien construit et trouver le juste équilibre pour élever le niveau sportif sans délaisser l'animation des territoires » rappelle -Yannick Supiot. Pour être agréés par la fédération, les projets de clubs doivent être de qualité et satisfaire à deux conditions : chaque club doit avoir une école de minibasket et avoir une école de formation d'officiels commune.

 

À l'échelle d'une région

Si le basket pro français est en bonne santé financière, il a en effet du mal à fidéliser ses jeunes qui partent vers des championnats plus rémunérateurs. Les clubs français, avec un budget moyen de 4 millions d'euros, ne peuvent pas rivaliser avec les ténors européens (20 millions d'euros au moins). À travers un système de « wildcard », la Ligue souhaite favoriser l'émergence de clubs à envergure européenne. Alors que le basket est actuellement le sport des villes moyennes, ces clubs rayonneront nécessairement à l'échelle d'une région. Pour favoriser les fusions, rapprochements, créations, les clubs, répondant à un cahier des charges exigeant, pourront être autorisés à accéder directement à la pro A si leur dossier est agréé par une commission indépendante. Un système, dérogatoire au traditionnel système de montée et relégation sportive, se mettra en place au plus tôt en 2014 puisqu'aucun des dix dossiers examinés par la commission cette année n'a été retenu.

 

Trop peu de créneaux

Du côté des équipements, après un démarrage difficile, l'évolution des tracés des terrains ne semble plus poser beaucoup de problème. Une évolution que la fédération accompagne à travers son « service des terrains » auquel les collectivités peuvent directement s'adresser. Cependant, en matière d'équipement, « je ne connais pas de club qui se plaigne d'avoir trop de créneaux horaires » remarque -Yannick Supiot qui déplore « qu'il y ait encore trop d'équipements dont l'ouverture soit liée aux horaires de travail du gardien ou d'ouverture de l'établissement ». Et de souhaiter la passation de conventions entre les clubs et les propriétaires -d'installation pour les aider à valoriser l'équipement au-delà du seul basket.

 

Salles moyennes

Pour le niveau européen c'est une autre histoire. À l'initiative du conseil régional, la Ligue des Pays de la Loire vient de réaliser son « Schéma de cohérence des équipements sportifs ». L'occasion de faire apparaître les besoins de création ou d'amélioration. Et de souligner le besoin d'une grande salle régionale qui vienne compléter l'offre de la région qui, avec Antares (Le Mans) et le -Vendespace (La Roche-sur-Yon), dispose de deux salles moyennes. Une situation partagée par de nombreuses régions de France et qui situe notre pays très loin de ce que l'on observe à l'étranger.

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