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Le ball-trap veut vivre avec son temps

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

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Chiffres clés
• 51300 membres dont 26000 licenciés plus 25300 autres titres de participation.

• 544 clubs.

• 6 disciplines sportives.

• 5 salariés (pas de poste mis à disposition par l'État).

• Fédération française de ball-trap, 14 rue Avaulée, 92240 Malakoff, 0141410505, www.ffbt.asso.fr

Le ball-trap veut vivre avec son temps

© ffbt

Ayant perdu le statut de discipline olympique, le ball-trap a dû se réorganiser. L'évolution des mentalités vis-à-vis de la chasse et de l'environnement et les problèmes de sécurité liés au maniement des armes impactent sa pratique. Une nouvelle organisation territoriale et l'essor du laser devraient lui permettre de perdurer.

«Le ball-trap est un sport de plein air, historiquement lié au monde de la chasse », explique -Souleymane Camara, le directeur de la Fédération française de ball-trap. De fait, cette discipline se pratique principalement dans des stands de tir extérieurs avec des carabines de chasse à canon lisse tirant des cartouches à grenaille. Si les compétiteurs disposent d'armes spéciales, le licencié de ball-trap utilise généralement une arme de chasse. Son but: toucher des cibles, des plateaux dont les trajectoires s'apparentent à des gibiers: lapins, pigeons, faisans, sanglier...

« Nos activités sont plutôt saisonnières. La saison de tir commence fin février pour se terminer en septembre », poursuit le directeur. Une période où la chasse est fermée et où les chasseurs se rendent dans les stands de ball-trap pour s'entraîner et se perfectionner au tir. C'est aussi dans cette période que sont organisées à l'occasion des fêtes de village des stands de tir éphémères appelés encore « ballots de paille » qui permettent à beaucoup de personnes de tenir, au moins une fois dans leur vie, un fusil de chasse.

 

Scission

Le ball-trap est cependant bien plus qu'un divertissement ou un entraînement à la chasse, c'est une activité sportive à part entière qui demande adresse et concentration.

Jusqu'en 1985, l'ensemble des activités de tir était abrité par un seul organisme: la Fédération française de tir. Au sein de celle-ci, la cohabitation entre les activités se faisant mal, une scission s'est opérée aboutissant en 1985 à un partage d'activités entre la FF tir et une nouvelle entité: la FF ball-trap. Depuis les dernières évolutions du programme olympique, le partage d'activité a encore évolué. La FF tir développe toutes les disciplines olympiques et la FF ball-trap est devenue non olympique, perdant au passage le poste de directeur technique national dont elle disposait.

Évidemment, ces aléas ont impacté la vie de la fédération. Le directeur le reconnaît et positive « la perte de disciplines olympiques crée des difficultés de reconnaissance pour la fédération. Mais une discipline olympique c'est aussi une grosse charge d'organisation qui mobilise des ressources humaines et financières importantes au détriment d'autres actions ».

 

Antibruit

La fédération doit aussi faire face à l'évolution des mentalités vis-à-vis de la chasse, de l'environnement et des armes. C'est pourquoi elle travaille à intégrer son sport dans notre temps en anticipant les impacts négatifs du ball-trap. L'impact le plus immédiat des stands de ball-trap est le bruit. Un bruit d'autant plus impactant qu'il survient généralement dans des lieux calmes et qu'il est discontinu, surprenant l'auditeur à chaque explosion. La fédération aide ses clubs à respecter les réglementations bruit. Elle missionne un expert pour réaliser des études de bruit et préconiser des aménagements spécifiques: murs antibruit par exemple. Pourra-t-on un jour rêver d'un ball-trap sans bruit? Peut-êtrecar commencent à apparaître dans les attractions des dispositifs lasers qui remplacent sur des fusils authentiques les systèmes de mise à feu et sont capables de mesurer si la cible a été touchée.

 

Récupération

Autre volet problématique: les déchets: Pour limiter leur quantité, la fédération a réduit à 28 g la quantité maximum de grenaille de plomb contenue dans les cartouches afin de limiter l'accumulation de celui-ci sur le champ de tir. Critiquée par les tireurs à l'origine, cette mesure, « qui rend le tir plus intéressant », dixit Souleymane Camara, est finalement bien acceptée. Autre geste devenu automatique dans les clubs de ball-trap, la récupération des douilles de cartouche. Parallèlement, la fabrication des plateaux évolue de manière constante vers des plateaux non polluants, réutilisables voire biodégradables.

 

Sécurité

Comme dans toutes les disciplines d'armes à feu tirant à balles réelles, les questions de sécurité des tireurs, spectateurs et accompagnateurs sont centrales. S'il suffit d'une surface assez réduite pour installer le stand de tir, celui-ci doit être entouré d'une zone « de sécurité » de 250 m. Toutes les précautions doivent être prises pour que, pendant les séances de tir, personne ne s'aventure dans cette zone. À défaut d'être clôturée, celle-ci doit être signalée afin d'alerter le public sur les dangers liés à l'exercice du ball-trap. Chaque installation (qui doit être autorisée par la commune et la préfecture) est régulièrement visitée par les services préfectoraux qui s'assurent du respect des règles d'hygiène et de sécurité. Des précautions encore renforcées avec le plan -Vigipirate. Avant chaque délivrance de licence, la fédération vérifie que la personne a bien le droit de détenir et utiliser son arme et vérifie sur un fichier national qu'elle ne fait pas l'objet d'une interdiction de tir.

 

Attractivité

Le directeur de la fédération estime aujourd'hui que ces difficultés sont en passe d'être surmontées. «Notre organisation est stabilisée, les hommes sont en place et avec 600 clubs répartis sur le territoire nous sommes à même de nous développer ». Trois axes mobiliseront l'équipe qui vient de se mettre en place en mars 2017:

- la mise en place d'un centre d'entraînement national. Idéalement, ce centre sera situé dans le sud de la France pour bénéficier de conditions climatiques favorables. Disposant d'installations pour accueillir l'ensemble des disciplines, il permettra l'entraînement des sportifs, jeunes et équipes de France, la formation des cadres;

- la mise en place de la nouvelle organisation territoriale correspondant aux treize nouvelles régions qui viennent d'être créées;

- le renforcement de l'attractivité des stands de tir et des clubs de la fédération et l'harmonisation des compétitions.

 

6 disciplines
La Fédération française de ball-trap gère six disciplines qui, ensemble, constituent le ball-trap: la fosse universelle, le parcours de chasse, le DTL (down the line), la fosse américaine, les hélices, le sanglier courant. Ces différentes disciplines nécessitent chacune des équipements spécifiques. Ils ont en commun d'être constitués de postes de tir (des carrés de 1 m de côté) où se tient le tireur. En face du ou des postes de tir, une zone libre plate ou légèrement descendante qui sera survolée par les cibles, les plateaux ou les hélices « le champ de tir ». Le tireur commande le lancer en disant « pull ». Suivant les disciplines et les formes de compétition, il tire soit un plateau à chaque fois, soit deux simultanés ou légèrement décalés. On parle de tir en doublé. Avant que le ou les cibles n'aient fini leur trajectoire, il doit le ou les toucher. Chaque plateau touché donne des points. Le tireur qui a marqué le plus de points a gagné. Depuis le début du XIXe siècle, les plateaux sont lancés mécaniquement et c'est à un Français que l'on doit d'avoir inventé une machine qui se charge de les propulser: le lanceur. Aujourd'hui, ces lanceurs sont automatisés et commandés à distance. La position des lanceurs par rapport au champ de tir varie suivant les disciplines. Devant le tireur au ras du sol, en hauteur ou encore à l'extérieur du champ de tir. Ils sont capables de faire varier l'angle, la vitesse, la hauteur du lancer afin de simuler des trajectoires suivies par les perdreaux, canards, pigeons. Certains plateaux roulent sur le sol pour figurer le lapin. Deux disciplines nécessitent des installations différentes. Le « tir au sanglier » où le tireur doit atteindre une cible mobile et le « parcours » dans lequel le tireur passe de poste en poste le long d'un cheminement et doit atteindre des plateaux simulant une variété de gibiers.

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