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La raquette à neige rentre dans la norme

Sylvie Roman • sylroman@yahoo.fr

Du vert au noir
Tout, absolument tout, est prévu dans l'accord AC S 52-109 de l'Afnor, qui devrait commencer à se généraliser dès cet hiver: depuis la définition d'un itinéraire damé, à la couleur des panneaux, à leur distance maximale, à la difficulté, ou encore à l'unité de mesure utilisée, le kilomètre. L'objet affiché est « de rendre plus sûrs les déplacements sur ces itinéraires, les faciliter, et de donner les informations utiles ». À l'instar du ski, nordique ou de piste, quatre dénominations sont retenues, du vert au noir, avec des distances et des dénivelés positifs correspondants. Un itinéraire rouge, itinéraire difficile que l'on se trouve sur le plateau du Vercors, à l'Alpe d'Huez, fera de 6 à 12 km, avec de 300 à 500 mètres de dénivelé positif. Pour les initiateurs de l'accord, il s'agit avant tout de sécuriser les pratiquants, et de limiter les surprises éventuelles et éviter les situations d'échec.

Du vert au noir
Tout, absolument tout, est prévu dans l'accord AC S 52-109 de l'Afnor, qui devrait commencer à se généraliser dès cet hiver: depuis la définition d'un itinéraire damé, à la couleur des panneaux, à leur distance maximale, à la difficulté, ou encore à l'unité de mesure utilisée, le kilomètre. L'objet affiché est « de rendre plus sûrs les déplacements sur ces itinéraires, les faciliter, et de donner les informations utiles ». À l'instar du ski, nordique ou de piste, quatre dénominations sont retenues, du vert au noir, avec des distances et des dénivelés positifs correspondants. Un itinéraire rouge, itinéraire difficile que l'on se trouve sur le plateau du Vercors, à l'Alpe d'Huez, fera de 6 à 12 km, avec de 300 à 500 mètres de dénivelé positif. Pour les initiateurs de l'accord, il s'agit avant tout de sécuriser les pratiquants, et de limiter les surprises éventuelles et éviter les situations d'échec.

Sport de pleine nature, la raquette échappait jusqu'à présent à la réglementation. Un accord réalisé sous l'égide de l'Afnor (norme -AC S 52-109) s'applique désormais dans la Drôme et l'Isère. Il pourrait bientôt s'étendre à d'autres départements...

Dans la mesure où, à l'instar du ski de randonnée, la raquette à neige ne nécessite aucune infrastructure, elle ne répondait jusqu'à présent à aucune obligation en matière de sécurité ou d'encadrement (sauf en cas de prestation payante). Pourtant, afin de répondre à la demande touristique, de nombreuses communes disposant de sites de ski nordique ont équipé des parcours dédiés à l'apprentissage et à la pratique de l'activité, d'où le besoin d'établir une réglementation.

 

Convention annuelle

A Névache, dans les Hautes-Alpes, la mairie a ainsi balisé trois parcours dédiés aux raquettes, en complément de chemins pour piétons, et surtout de son domaine de ski nordique. Leurs ouverture et fermeture dépendent d'un arrêté municipal. « L'accès est gratuit, mais pourtant ces trois parcours sont balisés, entretenus par la mairie, et la communication est aussi assurée, via les plaquettes d'information sur le ski nordique », explique Frédéric -Casanova, conseiller municipal. Ce qui pose la question de l'organisation des secours. La mairie a donc choisi d'intégrer les différentes pratiques sur neige dans la convention annuelle passée avec une société d'ambulances. La convention concerne donc aussi bien l'évacuation des blessés de ski nordique, que les piétons ou les pratiquants de raquettes à neige. L'équipe municipale d'entretien des pistes et les pisteurs-secouristes, soit cinq personnes, intervient elle aussi sur l'ensemble des parcours balisés et officiels mis en place par la mairie: ski nordique, piétons, raquettes. En dehors de ces parcours, les secours dépendent du « droit commun » et sont du ressort du PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne) ou de la CRS montagne (compagnie républicaine de sécurité), tous deux basés à proximité à Briançon.

 

Simplifier les signalétiques

En Isère et dans la Drôme, sous l'impulsion des deux conseils départementaux, s'est développée une organisation interdépartementale pour la pratique de la raquette à neige, qui a abouti à la norme AC S 52-109. « Depuis des années, le 100 % ski, c'est terminé. Les activités parallèles se développent, et les communes sont sollicitées de plus en plus par les touristes et vacanciers pour de nouvelles offres sportives ou de découverte », détaille -Yannis -Ameziane, chargée de mission au Conseil départemental de l'Isère. Jusqu'à présent dans ces départements limitrophes, les signalétiques étaient différentes, et pouvaient poser parfois des problèmes aux pratiquants, notamment concernant la difficulté des parcours. « Afin de répondre au mieux aux problèmes posés, et favoriser la pratique, nous avons souhaité simplifier et clarifier les signalétiques, les uniformiser, comme pour le ski nordique ou le ski de piste », indique la chargée de mission.

 

Une aide aux petites stations

Même s'il est impossible d'avoir une idée précise du nombre de pratiquants, la raquette à neige est principalement pratiquée par des personnes ne connaissant pas la montagne, et multipliant les expériences sportives et de découverte. D'où l'intérêt pour les stations ou les mairies de baliser et donc, de sécuriser.

Dès la saison dernière, la quasi-totalité des stations de l'Isère a adopté les signalétiques, et leur communication a, elle aussi, été uniformisée, grâce à l'édition de plaquettes papiers prises en charge par le conseil départemental. « Cette aide à la diffusion permet notamment aux petites stations d'être sur un pied d'égalité dans leur communication, et de se faire connaître à l'instar des stations plus importantes », continue Yannis Ameziane. « D'ailleurs, nous avons déjà eu des retours très positifs sur l'augmentation de la fréquentation des parcours ».

La pression des fédérations

Gratuite ou payante? C'est la question centrale que soulève la norme. En Isère et dans la Drôme, le problème est soulevé, car la mise en place d'un forfait permettrait aux communes de « rembourser » en partie les frais induits par le balisage, le damage, l'entretien, l'encadrement par les secouristes. Si aujourd'hui seule une minorité de stations se pose sérieusement la question, la situation pourrait changer assez rapidement, notamment sous la pression de fédérations sportives. Certaines estiment en effet que les fondeurs supportent en partie, via leurs forfaits, le coût de l'entretien des parcours de raquettes. Dans les Hautes-Alpes, la question fait d'ailleurs sérieusement débat au sein de la Fédération de ski nordique, alors même que les stations n'ont pas encore adhéré à la norme Afnor.

Mais avec la judiciarisation du monde sportif et la demande toujours plus grande de sécurisation des pratiques, le risque de voir sérieusement encadrer la raquette à neige est grand, comme le fut en son temps, le ski nordique.

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