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La pétanque veut faire évoluer son image

Chiffres clés
- 300 000 licenciés.
- 6 122 clubs.
- 16 % de féminines.
- Âge moyen du joueur : 50 ans.
- 12 championnats de France (dont 2 dédiés au jeu provençal).
- 50 000 spectateurs présents sur les différents championnats de France.
- 2 700 clubs inscrits à la coupe de France des clubs.
- Budget : 3 millions d’euros.
- Règlement des équipements disponibles sur le site fédéral, rubrique équipement, www.ffpjp.fr
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La pétanque veut faire évoluer son image

© FFPJP

Avec 300 000 licenciés, la Fédération française de pétanque et de jeu provençal est la première – par ses effectifs – des fédérations sportives non olympiques. Un mariage réussi entre le sport et les loisirs qui la pousse à vouloir faire partie du programme olympique. D’où une volonté de rajeunissement qui passe par la formation et une meilleure présence dans les territoires.

Née sur une place du sud de la France au début du XIXe siècle(lire encadré), la pétanque compte aujourd’hui plus de 6 000 clubs. Elle a réussi son implantation sur tout le territoire national et Outre-mer. « Nous avions l’image d’un Jeu de loisir », explique Michel Desbois, président de la Fédération française de la pétanque et de jeu provençal (FFPJP), « et à force de travail, nous avons réussi à faire évoluer cette image, en évoluant vers une pétanque plus sportive et de haut niveau, sans nous couper de la pétanque populaire ». Une pétanque populaire dont on estime le nombre de pratiquants réguliers à 15 millions, ce qui offre encore des perspectives de développement.

 

Médiatisation

Un mariage sport et loisir réussi qui intéresse et qui a conduit la chaîne L’Équipe 21 (chaîne gratuite de la TNT) à devenir le diffuseur de référence de la pétanque. En 2016, la pétanque a bénéficié de 58 heures de diffusion sur cette chaîne où elle fait partie des valeurs sûres. La retransmission en 2016 de la demi-finale des championnats de France de triplette a réuni 186 000 téléspectateurs en moyenne (3,9 % de part d’audience). La rediffusion en soirée a attiré 253 000 téléspectateurs avec une pointe à 300 000.Une réussite qui permet à la fédération, au-delà des traditionnels fabricants de boules, d’élargir sa palette aux assureurs, vendeurs de voitures, de vacances… En complément des retransmissions de L’Équipe 21, la FFPJP a mis en place avec succès une web-tv fédérale (Daily motion, 383 vidéos, 1 760 000 vues) entièrement réalisée par ses soins.

 

Pétanque tour

Cette médiatisation s’appuie sur une politique d’événements. Douze championnats de France(un contre un, en doublette ou en triplette, hommes ou femmes, jeunes, seniors et vétérans)complétés par une coupe de France des clubs dans laquelle presque la moitié des clubs de la fédération (2 700) se sont engagés en 2016. Une réussite due à la formule originale de la compétition qui associe parties en tête à tête, doublette et triplette avec obligatoirement des féminines. Pour aider les clubs, la fédération prend en charge leurs déplacements aux championnats de France. Elle redistribue à cette occasion 35 % de son budget soit plus de 1 million d’euros. Un exemple pas si fréquent. Le Pétanque tour, tournée nationale de promotion du sport de pétanque, est l’autre temps fort de l’activité fédérale. Organisé pour la 7e fois en 2017, il comprend entre six à huit étapes qui accueillent en moyenne 12 000 personnes. Il s’organise autour d’animations gratuites, d’ateliers adaptés au public jeune, de récompenses pour tous les participants avec, clou de la manifestation, des champions disponibles pour le public qui peut jouer avec eux et leur lancer des défis.

 

Boules sport 2024

Le grand projet de la Confédération mondiale des sports  de boules (CMSB), c’est de faire partie du programme olympique. Un projet porté au sein d’un comité de soutien pour la candida- ture des boules sport aux Jeux olympiques « Boules sport 2024 » sous l’accroche « Un même sport, plusieurs disciplines, une seule candidature ». Avec les porteurs du projet, Michel Desbois se veut confiant. «    Nous correspondons parfaitement au profil des sports invités : une large participation mondiale sur les cinq continents, des disciplines masculines, féminines et mixtes et nous sommes des marqueurs de l’identité française ». À cela s’ajoute sans doute la simplicité d’organisation. Cette inscription pourrait venir accélérer le développement sportif international déjà en cours de la pétanque. Si la France restait sur une hégémonie de quatorze titres mondiaux et européens, elle a eu la surprise d’échouer en demi- finale des derniers championnats du monde à Madagascar. « Ces dernières années, les pays asiatiques ont pris des places sur les podiums. Il a fallu réagir », analyse le président. « Une excellente relève se profile pour continuer à conserver notre rang car la concurrence internationale est de plus de plus intense avec de nombreuses nations pouvant postuler pour des médailles, surtout du continent asiatique », complète Jean-Yves Peronnet, le directeur technique national (DTN).

Rajeunissement

Le rajeunissement, c’est l’objectif principal du projet de développement de la fédération. Il s’appuie sur deux piliers, détaille le DTN, « la structuration dans les territoires et la formation des jeunes ». L’amélioration de la présence dans les territoires, « c’est la mise en place d’un responsable technique professionnel dans chaque région », poursuit Jean-Yves Peronnet. « Pour financer ces postes rattachés à terme directement à la fédération mais implantés territorialement, l’assemblée générale a voté une augmentation de la licence de 1,30 euro pour créer un fonds dédié à cet effet. » La deuxième pièce du puzzle, c’est la formation des jeunes. Les bases sont posées à travers une convention avec l’Éducation nationale et les fédérations du sport scolaire Usep et UNSS qui permet à la pétanque de devenir un support pour l’éducation physique et sportive. Cette convention est accompagnée par une réflexion pédagogique très approfondie destinée aux enseignants portée à travers un ouvrage cosigné par le DTN, une conseillère pédagogique de circonscription et un ancien inspecteur d’académie, tous deux passionnés de pétanque, « Une autre idée de la pétanque ».

Tout ceci devrait concourir au développement des 400 écoles de pétanque pour favoriser son recrutement et pour développer leur encadrement.

 

Les sports de boules

Le jeu provençal est le plus ancien des deux sports gérés par la fédération. Surtout pratiqué dans le sud de la France, il peut se jouer sur un terrain irrégulier à « la longue » : sur une distance de 15 à 20 m. On trace un cercle sur le sol à partir duquel on lance le cochonnet. C’est la manière de lancer qui rend le jeu spectaculaire. Pour « pointer », le joueur doit obligatoirement sortir un seul pied du cercle dans la direction qu’il souhaite pour lancer la boule. Pour « tirer », le tireur doit également sortir de son cercle pour faire trois bonds d’élan pour se rapprocher de la cible et lancer la boule après le dernier pas. Les premiers championnats de France ont été créés en 1945.

La pétanque vient de l’expression « pés tanqués » qui signifie en provençal « pieds joints ». En français méridional, cela a donné « jouer à pétanqués » qui donnera son nom au nouveau « jeu de pétanque ». L’invention du jeu remonte à 1906 à La Ciotat, un joueur de « longue », Jules Lenoir, qui ne peut plus jouer à son jeu à cause de ses rhumatismes, trace un cercle sur le sol, raccourci le jeu en envoyant le cochonnet à 5-6 m et « les pieds tanqués » – les deux pieds au sol sans sortir du cercle – joue ses boules pour se rapprocher du cochonnet. Les règles sont codifiées et le premier tournoi est organisé en 1910.

L’adhésion de 112 fédérations nationales à la Fédération internationale de pétanque et de jeu provençal témoigne du développement international de la discipline. À ce niveau, il existe plusieurs fédérations de sports de boules. Depuis 1985, elles sont réunies au sein de la Confédération mondiale des sports de boules qui comprend : la FI de pétanque et jeu provençal, FI de boules (boules lyonnaises) et la Confederazione Boccistica Internazionale (CBI Raffa). Présidée par un Français, Claude Azema, la confédération mondiale, déjà reconnue par le CIO, a permis l’inscription des sports de boules à plusieurs manifestations mondiales omnisports, antichambres des Jeux olympiques : World Games, Jeux méditerranéens et Jeux des petits États.

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