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La musculation aux normes européennes

Sylvie Roman • sylroman@yahoo.fr

Albi mutualise la salle de musculation du club de rugby
Avec 17000 licenciés et 155 associations sportives, pour seulement 51000 habitants, Albi a reçu le challenge de la ville la plus sportive décerné par le journal « L'Équipe » en 2012. Ancien rugbyman amateur, Michel Franques, 1er adjoint au maire délégué au tourisme, aux sports, à la promotion et aux actions événementielles, défend le sport au même titre que le patrimoine exceptionnel d'Albi. C'est dans cet esprit qu'en 2011 la ville a complètement réhabilité un bâtiment abritant un dojo et une petite salle de musculation servant essentiellement aux rugbymen et au club d'haltérophilie. Situé sur le centre sportif du Stadium, un havre de 14 hectares, comprenant des pistes d'athlétisme, un stade de rugby, de foot, des tennis, la municipalité a investi 850000 euros pour rénover le bâtiment et surtout l'agrandir: la salle de musculation est passée de 100 à 320 mètres carrés, et une salle de kinésithérapie et de soins de 120 mètres carrés a été aménagée. Elle a été équipée avec l'ancien matériel, enrichi de nouveaux agrès, choisis par les clubs bénéficiant de ces installations, dont le fameux Sporting. Mais les rugbymen ne sont pas les seuls à s'entraîner: « c'était un choix de la municipalité que de mutualiser au mieux possible ce nouvel espace », explique le 1er adjoint. Et surtout, ajoute-t-il, « une nécessité, pour une question de coût ». La salle est occupée du lundi au samedi, de 8 heures à 23 heures. Un tour de force qui fonctionne à merveille grâce à une gestion des créneaux par la vingtaine d'associations qui en profitent: du club de volley femmes, à l'haltérophilie, en passant par la boxe, et bien sûr, les 80 jeunes du centre de formation, lui aussi situé dans l'enceinte du centre sportif du Stadium.

Bien que la musculation soit un sport à part entière, les instances « officielles » semblent toujours avoir du mal à classer celui-ci et à édicter des règles précises. Une norme expérimentale publiée en 2011 distingue trois types de salles, aucune n'évoquant clairement la musculation. La réponse pourrait venir de l'Europe qui planche sur de nouvelles règles pour corriger les abus.

La pratique de la musculation dans une salle ouverte au public est à la fois une activité simple, particulièrement accessible (on estime à 12 millions le nombre de personnes fréquentant ces équipements), mais complexe quant aux règles qui s'y appliquent. Celles-ci émanent en effet de deux codes (de la consommation et du sport), agrémentées d'un arrêté, d'une instruction, d'une recommandation, d'une fiche pratique de la DGCCRF (1). Sans oublier une norme technique volontaire et... expérimentale.

Norme XP S 52-412

Celle-ci, publiée en janvier 2011 « sur l'initiative du ministère chargé des Sports », visait à « prévenir les problèmes potentiels de sécurité inhérents à cette pratique » et à « fournir des lignes directrices en matière de conception et d'exploitation de ces salles ». « Jusqu'à présent, la norme n'a pas été rendue obligatoire par décret mais elle fournit un premier cadre intéressant pour les aménageurs et les exploitants, et elle a le mérite de faire le point sur les différentes pratiques », explique Denis Roux, chef du bureau équipements sportifs, au ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. La norme Afnor au nom poétique de XP S 52-412 distingue trois types de salles: les salles de « remise en forme » dont la pratique est encadrée de manière permanente par des personnes diplômées, qualifiées ou compétentes, les salles dont la pratique est non encadrée, enfin dernier cas, les salles qui « constituent un service additionnel à l'activité principale », comme dans un hôtel, un camping ou dans une résidence privée. Détail cocasse, nulle part, au fil des pages du document expérimental il n'est question de salle de musculation, mais on parle de « salle de remise en forme », comme si l'on espérait gommer jusqu'à l'existence même de ce sport.

 

Bonne conduite

Autre point soulevé par la norme, l'encadrement par une personne titulaire d'un diplôme professionnel qui n'est pas obligatoire, mais selon le type de salle et le type d'activités dispensées, comme des cours, une personne diplômée sera indispensable, que la salle soit gérée par un exploitant privé ou public, comme une commune, via la mise à disposition de la salle à des associations. La norme expérimentale tente d'encadrer et de lister les points de bonne conduite lors de l'ouverture au public: il convient par exemple d'assurer un encadrement ou une surveillance pour l'utilisation de certains équipements comme des tapis de course motorisés ou les appareils de type haltères ou barres. Il est par ailleurs recommandé la mise en œuvre d'un plan d'organisation de sécurité et de secours, et notamment un référent pour les alertes, ainsi qu'un règlement intérieur, ou encore un niveau d'occupation, avec le nombre d'encadrants ou de surveillants; cette dernière notion étant particulièrement importante selon les agrès, puisqu'une personne diplômée n'est pas obligatoire à l'intérieur de l'enceinte, s'il s'agit d'une simple mise à disposition, hors cours particuliers ou collectifs.

 

Bientôt l'Europe?

« Des discussions et des travaux sont menés depuis l'élaboration de la norme française, mais au niveau européen. Cela permettra de mieux cadrer la pratique, de la simplifier aussi, et c'est particulièrement une bonne chose que ces discussions émanent de notre pays », confie Denis Roux. Cela viendrait compléter la série de normes européennes qui couvrent la conception et l'utilisation du matériel utilisé dans les salles de « remise en forme », comme la norme NF EN 957-1, et cela permettrait aussi d'harmoniser certaines pratiques, comme le coaching en entreprise par exemple. Des discussions sont en effet toujours en cours, notamment avec les instances ad hoc d'Allemagne et de Grande-Bretagne. Autre point souligné par des parlementaires français, en 2013 celui des salles de remise en forme « low cost », qui ne proposent aucun cours, aucun coaching, réduisant ainsi au maximum la masse salariale, qui peut représenter jusqu'à 50 % dans les salles privées « classiques ». L'activité dégagerait d'ailleurs un chiffre d'affaires avoisinant le milliard d'euros! On en vient même à parler de « concurrence déloyale avec les clubs classiques ». Ces questions ainsi que la surveillance réelle de l'utilisation des appareils dans le cadre des établissements recevant du public de cinquième catégorie, devaient être abordées dans le cadre de la modification du code du sport, programmé à l'origine fin 2013, début 2014, mais qui n'est toujours pas finalisé.

(1) Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes.

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