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La moto cherche sa voie

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

Fédération française de motocyclisme
74 avenus Parmentier, 75011 Paris Tél.: 0149237700 www.ffmoto.org Facebook.com/ffmotocyclisme Twitter: @ffmoto

L'avenir est-il à la moto électrique
À l'exemple de ce qu'on observe dans le vélo (VTT électrique, vélos utilitaires à assistance électrique, etc.), dans l'auto (véhicules électriques et hybrides) la moto électrique gagne du terrain, y compris au sein de la FFM. Pour la première fois en 2014, une moto électrique engagée dans une compétition de moto « normale » s'est imposée devant toutes les motos thermiques. Bastien Hieyte est, en effet, devenu en 2014 le premier sportif a avoir remporté un championnat de France (Trial senior 2) sur une moto électrique. « Même si la propulsion électrique est bien adaptée à la discipline Trial et s'il s'agit d'une compétition de troisième division nationale, cette victoire en annonce d'autres. S'il ne faut pas rêver et si, en vitesse, le thermique n'est pas prêt d'être détrôné, la moto électrique est déjà clairement la solution d'avenir pour le moto-ball », pronostique Jacques Bolle. La fédération a collaboré avec un constructeur pour mettre au point une moto répondant aux exigences des pilotes. La fédération a acheté une présérie qu'elle met à disposition des clubs (leasing). L'obstacle reste encore le coût: 12000 euros par moto, dont la moitié pour les batteries. Mais les progrès dans ces domaines sont rapides et on peut espérer des baisses. L'autre avantage de l'électrique, c'est la gestion du bruit. C'est en s'équipant que le club de Troyes a pu maintenir ses activités. Son terrain, isolé au moment de sa création, s'est retrouvé comme beaucoup, compte tenu de l'urbanisation, au cœur des habitations. Sans l'électrique, il ne lui restait plus qu'à disparaître ou à déménager. La moto électrique sauvera-t-elle la discipline? Elle pourrait en tout cas y trouver une nouvelle jeunesse?

Alors qu'elle connaît la réussite sportive, la Fédération française de motocyclisme constate un glissement de ses licenciés vers le loisir. En cause, le prix des licences mais aussi la difficulté à trouver des terrains. Heureusement, elle peut s'appuyer sur un réseau de bénévoles passionnés.

« 2014 a été une année sportive exceptionnelle pour notre fédération. Lors de la remise des prix de la Fédération internationale, j'ai passé mon temps sur le podium », savoure fièrement Jacques Bolle, champion de sport motocycliste et actuel président de la fédération.

 

Filière de haut niveau

Ce classement ne doit rien aux faveurs d'un mode de comptabilité de la fédération internationale, puisqu'il a été confirmé par le ministère des Sports à partir de ses propres méthodes de calcul. Il récompense la mise en place depuis de nombreuses années d'une filière du haut niveau qui permet l'accompagnement des pilotes, depuis leur plus jeune âge, dans les disciplines jusqu'au plus haut niveau international (vitesse, motocross, enduro et trial). Un volet de l'action fédérale qui mobilise bon an mal an un budget de 2 millions d'euros dont 500000 euros d'aides personnalisées. Résultat: « la France a remporté le Grand prix des nations de motocross 2014 et en vitesse plusieurs jeunes pilotes prometteurs devraient nous donner prochainement satisfaction », précise le président.

CHIFFRES CLÉS
- 85000 licenciés, 100000 adhérents. - 1350 clubs affiliés. - 1300 épreuves organisées en 2014. - 7 disciplines: vitesse, enduro, motocross, trial, course sur piste, rallyes routiers, moto-ball. - 42 « moto clubs éducatifs FFM » reconnus pour leur pratique éducative. - 42 écoles labellisées « École française de motocyclisme ». - 170000 journées stagiaires en 2014. - 700 livrets « J'apprends la moto » diffusés. - 10 contrôles antidopage effectués, 47 sportifs contrôlés (2014). - 26 ligues régionales. - 20 millions d'euros de budget. - 60 permanents.

 

Choix budgétaire

Compte tenu du prix élevé du matériel, les effectifs de la fédération sont très sensibles aux variations des conditions économiques. Dès que celles-ci sont moins dynamiques, les ménages font des choix budgétaires. Les loisirs sont souvent touchés. Cependant, avec 85000 licenciés (100000 adhérents) répartis dans 1350 clubs, la Fédération de motocyclisme traverse plutôt bien la période actuelle car elle n'a pas vu ses effectifs reculer. « C'est parce que nos adhérents, motards, bénévoles des clubs, organisateurs sont des passionnés », explique Jacques Bolle, ajoutant cependant que « nous observons un glissement des licences compétitions vers les licences loisir ». Une des explications réside dans le coût des assurances qui viennent enchérir les tarifs des licences compétition. « Quand on cumule l'ensemble des primes d'assurance collectées à travers nos clubs, les licenciés, la fédération, on est proche des deux millions d'euros ». Il a fallu démarcher un assureur anglais pour limiter les hausses. Quand on sait qu'une prime pour un Grand prix peut coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros, on comprend que ce sont beaucoup d'organisations qui étaient menacées.

Licence en ligne

« Nos adhérents aiment la moto. Ils prennent une licence pour pratiquer, faire de la compétition. Le paradoxe c'est que la fédération n'organise rien elle-même. Ce sont nos clubs qui organisent. Notre politique c'est de les y aider », poursuit le président. D'abord financièrement: la fédération subventionne les organisateurs de manifestations, jusqu'à 1200 euros pour des événements d'ampleur. Ensuite, en limitant toute administration inutile au travers, par exemple, de la mise en place d'un intranet au bénéfice des clubs et licenciés avec la possibilité pour tout le monde de prendre sa licence en ligne.

 

Chaque année, des terrains disparaissent

Mais le grand combat de Jacques Bolle c'est la sauvegarde des lieux de pratique. Les terrains de motocross, les pistes de vitesse sont les gymnases de la moto. On en compte aujourd'hui 650. Chaque année, des terrains disparaissent et il est très difficile d'en créer de nouveaux. De nombreux clubs peuvent se retrouver en difficulté, notamment les clubs de motocross. Beaucoup ont en effet loué ces terrains à une époque ou ils avaient peu de valeur et les accords passés entre voisins ou connaissances ont été plus ou moins bien établis. En cas de décès, de revente, la question du maintien de l'activité est posée, les clubs n'ayant pas les moyens d'acheter. Dans le cadre d'un plan national, la fédération se substitue à eux et leur reloue ensuite les terrains pour le montant des annuités. Sept opérations de ce type ont déjà été réalisées. Depuis 2012, la fédération assure, en outre à la demande des pouvoirs publics pour en sauvegarder sa fonction sociale, la gestion en délégation de service public du -Circuit Carole en Ile-de-France. Le propriétaire voulant reprendre possession des terrains, elle accompagne le déplacement du circuit dans un autre lieu proche de l'aéroport de Roissy redoutant de devoir jouer le rôle de maître d'ouvrage.

 

Dans les quartiers, au cas par cas

« Nous sommes parfois sollicités par les collectivités qui doivent faire face à l'organisation de runs sauvages ou à des incivilités de jeunes conducteurs de deux-roues. Nous répondons au cas par cas car ce sont des questions difficiles pour lesquelles nos structures ne sont pas forcément préparées », précise Thierry Courty, responsable formation de la FFM. « C'est vrai », ajoute le président de la fédération, « cela peut se mettre en place dans des conditions très particulières, par exemple un président de club par ailleurs éducateur, mais dans la plupart des cas notre vraie valeur ajoutée c'est d'accompagner et de relayer l'action des pouvoirs publics ».

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