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La gouvernance du sport bute sur les territoires

David Picot • david1picot@yahoo.fr
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La gouvernance du sport bute sur les territoires

© PiyawatNandeenoparit - adobestock

Entre inquiétudes et scepticisme, l’Agence nationale du sport sort d’une première année d’existence chaotique. Le cadre national désormais posé, place à  l’organisation territoriale à travers les conférences régionales du sport et les conférences des financeurs. Avec quels moyens affectés par l’État pour financer les projets ? La question interroge grandement au sein des collectivités face à un ministère qui se positionne davantage en générateur de dynamiques que de « distributeur d’argent ».

« Gouvernance collégiale à responsabilités réparties »… La promesse initiale répétée à l’envi depuis le lance- ment du chantier de rénovation de la gouvernance du sport français, fin 2017, sera-t-elle tenue ? La « révolution », autre  mot souvent employé ces derniers mois par les acteurs, aura-t-elle bien lieu ? Née en pleine crise des conseillers techniques sportifs (CTS), sur la base d’une concertation menée tambour battant entre janvier et juin 2018, suivie de la publication d’un rapport publié en août 2018, l’Agence nationale du sport (ANS) vit des débuts chaotiques. Jean Castex, son président, les a même qualifiés de « tumultueux ». À tel point qu’il « demande un peu de patience et beaucoup de confiance »*. Comme une réponse aux remontées de terrain qui se multiplient ces derniers temps, à l’heure où les conférences régionales du sport doivent justement émerger.

 

Première alerte

« Oui nous sommes inquiets », souligne Jacques Vergnes, président de l’association Sports  & territoires. « Au niveau national, nous avons le sentiment que l’État garde la main sur l’agence. Nous ne prenons pas la direction d’une vraie gouvernance partagée telle qu’elle l’était envisagée ». Référence au fameux 30-30-30-10, poids respectif de chacun des collèges représentés au sein de l’ANS : État, collectivités territoriales, mouvement sportif et secteur marchand. Une première alerte est survenue début 2019 avec une tentative de reprise en mains par l’État d’un des deux piliers : le haut niveau. De ce bras de fer, l’État a quand même conservé 60 % des droits de vote  du secteur performance. La gouvernance partagée ne concerne finalement que le second pilier, le développement des pratiques. « Après tout, il est cohérent qu’il fixe la politique dans ce domaine », relativisait à l’époque David Lazarus, au titre de l’Assemblée des maires de France (AMF). Aujourd’hui, il s’avoue satisfait de constater que « l’agence est en ordre de marche au niveau national. Mais nous serons très attentifs à la traduction de ce mode de gouvernance dans les territoires ».

 

Des décrets souples et agiles

Les inquiétudes grandissent à mesure que l’on se rapproche du terrain. Si quelques régions – Grand Est (lire l'article), Bretagne Pays de la Loire – ont planché sur le sujet en 2019, les conférences régionales du sport sont appelées à se généraliser en 2020. Quid de la présidence de ces structures dont l’enjeu sera de réaliser un projet sportif territorial (PST) ? S’il apparaît certain que[…]

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