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L'avenir du sport santé c'est surtout du sport et pas seulement du sanitaire

L'avenir du sport santé c'est surtout du sport  et pas seulement du sanitaire

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Le décret n° 2016-1990 du 30 décembre 2016 précise les conditions d'encadrement de l'activité physique sur prescription médicale. Qu'en retenez-vous?

Cette publication va développer la prescription de l'activité physique adaptée par le médecin traitant pour des patients atteints d'une affection de longue durée.

Je note que, fait exceptionnel en France, l'amendement de la loi « santé » proposé par Valérie Fourneyron (1) a pris pour argument les initiatives existantes, notamment celle de Strasbourg et du réseau français des villes sport santé sur ordonnance de l'Organisation mondiale de la santé.

Cela consacre l'activité physique comme thérapeutique et instaure la possibilité de prise en charge des patients par de nombreux professionnels qualifiés (dont les éducateurs sportifs). Les onze millions de personnes souffrant en France d'une affection de longue durée pourront ainsi pratiquer une activité physique adaptée à leur pathologie.

Et puis je suis soulagé que nous ayons ce décret car ce n'était pas évident en cette période politique si particulière.

 

Cela changera-t-il quelque chose pour votre dispositif de sport sur ordonnance?

La ville de Strasbourg a innové en 2012 en proposant aux malades chroniques de pratiquer une activité physique modérée dans le cadre du dispositif sport santé sur ordonnance. À ce jour, 1500 personnes en bénéficient, ou en ont bénéficié, et 320 médecins généralistes strasbourgeois prescrivent du sport sur ordonnance.

Ce décret renforce la légitimité du travail effectué et ne « détricote » pas notre travail... Nous craignions qu'un décret vienne réserver ces actions aux professions de santé, voire de soins. En effet, l'avenir du sport santé c'est surtout du sport et pas seulement du sanitaire.

Je voudrais insister aussi sur le fait que cette activité est au cœur de la ville, dans ses stades, ses gymnases et ses piscines. C'est donc un lieu d'activité pour tous. Grâce à cela, le sport santé est aussi un formidable instrument d'intégration sociale.

 

Comment voyez-vous l'évolution de votre dispositif?

Il convient désormais de définir le modèle économique du sport-santé, comme cela fonctionne à Strasbourg où l'engagement fort des partenaires du contrat local de santé assure la prise en charge de l'activité physique avec un reste à charge nul ou faible pour les patients. En complément, l'intervention de la sécurité sociale est très attendue, voire indispensable! Ainsi, cela permettra à tous de bénéficier de ce dispositif et contribuera à réduire concrètement les inégalités sociales de santé.

Strasbourg va plus loin en rénovant sa piscine historique (Les Bains municipaux ouverts en 1908) en en faisant le vaisseau amiral du sport santé dans la ville. Ce centre sera dédié à la pratique, à la recherche et à l'évaluation. Enfin, nous militons pour un grand plan sport santé qui développe des outils de prévention pour tous les publics fragiles et pas seulement les personnes atteintes de maladies chroniques (seniors, prédiabétiques, enfants, etc.).

 

Docteur Alexandre Feltz, Vice-président de l'eurométropole et adjoint au maire de Strasbourg en charge de la santé.

1963 : naissance à Metz en Moselle.

1991 : Docteur en médecine.

 

1- Article 144 de la loi n°2016-41 du 26  janvier 2016 de modernisation de notre système de santé 

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