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[Interview] "Le contexte financier des collectivités peut faire courir le risque d'une gestion à bas coût " - Mohand Guergouz

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[Interview]

© Vert marine

Interview de Mohand Guergouz, Directeur des études Vert Marine

Comment vous définissez-vous? Êtes-vous des professionnels des loisirs et de l'animation ou des techniciens?

Les deux. Des professionnels du sport-loisirs et de la remise en forme, c'est une évidence. Mais comme nous le disons souvent: une piscine, c'est « 50 % dessus, 50 % dessous ». Cela nécessite donc un savoir-faire technique pour gérer et maintenir l'ensemble des lots techniques, que ce soient les systèmes de chauffage ou de traitement d'eau par exemple. La clientèle de nos établissements est très sensible à la qualité de l'hygiène et de la propreté. Et comme les équipements ont beaucoup évolué ces dernières années, ils sont plus compliqués à gérer. Les collectivités ont donc davantage tendance à déléguer.


Que représente la subvention qui vous est versée par les collectivités pour compensation de service public?

Au début des années 2000, nous étions à environ 60 % de subvention par rapport au montant des charges. Il y a cinq ans, nous sommes descendus sous les 40 %. Et nous tendons désormais vers 35 %. Mais il s'agit bien là d'une moyenne, avec des variations importantes en fonction des caractéristiques des équipements, des bassins de population et des zones de chalandises. Cette subvention est plus importante dans les équipements qui ont moins de services à proposer. Dans nos métiers, les activités, ainsi que les espaces de remise en forme et bien-être sont des moteurs de rentabilité. Mais nous subissons aussi la concurrence du marché des salles de fitness par exemple. Aujourd'hui, les possibilités d'amélioration des recettes sont plus limitées dans un contexte où les frais de personnels et de fluides augmentent également de façon importante.


Ressentez-vous le contexte contraint que vivent les collectivités?

Plus que jamais. Nous insistons justement sur l'importance des études préliminaires avec les vrais coûts qui doivent être annoncés aux collectivités, en termes d'investissement ou d'exploitation. Mal évaluées, les subventions d'exploitation de contraintes de service public peuvent être très lourdes de conséquences pour les collectivités. Cette situation engendre un risque de gestion à bas coût incompatible avec la conduite, la maintenance et la pérennité des installations.Et en matière d'investissement, ilfaut bien avoir conscience qu'un équipement moins bien conçu au départ va mal vieillir et coûter bien plus cher au final. Certains échecs de gestion sont directement imputables à cette cause.

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