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Interview de Thierry Gaillard

Jean-Louis Gouju • gouju@u-pec.fr

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conseiller technique national, chargé de développement à la Fédération française de handball

Quels sont les horizons de développement pour une fédération « championne du monde » pour la cinquième fois?

Le fait pour la Fédération française de handball (FFHB) d'être porteuse de deux titres européens, deux titres olympiques et de cinq titres mondiaux pourrait laisser penser que son développement se résume à surfer sur une vague régulière entretenue par son équipe de France.

Certes, vingt ans de handball à succès auront marqué, à jamais, l'histoire du sport français et assis notre fédération à la table des plus de 500000 licenciés mais c'est sur les termes « implantation », « ancrage » et « pérennité » que le développement de l'activité se discute aujourd'hui avec, au menu, un programme intitulé « Horizon 2020 ». Les différents sauts quantitatifs vécus, à ce jour, sont consubstantiels à l'obtention de titres majeurs ou à l'organisation de compétitions internationales.

Il s'agit pour la fédération d'être désormais, sinon gagnante, tout du moins régulièrement organisatrice de ce type d'événement et s'appuyer, ainsi, sur ces opportunités, accélératrices de développement.

En cela « Horizon 2020 » sera rythmé par les « Mondial masculins 2017 » et « Euro féminin 2018 » ouvrant la route aux JO de Tokyo avec comme ambition, d'ici là, de densifier notre maillage territorial tout en apportant une meilleure réponse aux attentes de l'ensemble des publics.

 

Vous semblez sous-entendre que le développement se joue au plan local?

Le club, constituant l'unité active de la fédération, tous nos efforts doivent converger pour que les 2400 clubs actuels s'implantent et constituent des cellules de progrès du handball.

Pour cela, il convient d'alimenter la « boîte à outils » en améliorant ou initiant des offres de pratiques, en développant des ingénieries de formation et des services facilitant la « professionnalisation » de nos dirigeants et salariés, et en garantissant une organisation fédérale cohérente, répartissant les rôles entre le niveau national, « outilleur » et les structures territoriales fédérales « accompagnatrices » des clubs.

Ainsi, le club sera en mesure de répondre aux besoins des publics de son périmètre de vie, se positionnant, ainsi comme « partenaire » des acteurs, éducatifs, sociaux et économiques.

C'est ainsi que se jouent l'ancrage et le développement durable du handball pour ne pas être trop liés aux résultats de l'équipe de France.

 

Y a-t-il encore des marges de progrès pour le handball en termes de maillage territorial?

Les constats mettent en évidence des zones d'ombre importantes notamment en milieu rural et périurbain qu'il faut investir en adaptant nos activités aux potentialités de besoins et capacités d'accueil. On doit, sur ce point, pouvoir sortir, notamment, le handball du « 40x20 » dans des contextes souvent contraints d'occupation des équipements. Le baby handball, le handball premiers pas et désormais le handfit - pratique plaisir santé bien-être des seniors -, vont dans ce sens amenant des possibilités de pratique dans des lieux divers.

De même, il s'agit de sortir de l'obsolescence de stéréotypes tels que « activités = club » ou « handball = compétition » et parler plutôt d'antenne locale, de club satellite ou parrain et offrir aux pratiquants un panel d'activités régulières ou ponctuelles et combinables, au sein desquelles l'aspect compétition n'est pas un postulat.

C'est aussi l'enjeu d'un meilleur maillage territorial que d'adapter le handball aux besoins et non l'inverse.

Ce programme « Horizon 2020 » est indissociable d'une adaptation continue des métiers du handball, des formations et de la gouvernance fédérale et territoriale.

À ce titre, l'évolution territoriale prochaine à treize régions, loin d'une menace, doit être une opportunité pour réussir cette évolution.

 

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