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Interview de Sophie Sultan

Jean-Louis Gouju • gouju@u-pec.fr

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formatrice pour les métiers de la forme et responsable de formation fitness à l'Upec (Université Paris Est Créteil)

Quelles sont les évolutions majeures dans la pratique du fitness?

En premier lieu, on constate un développement de concepts préchorégraphiés avec marketing agressif et fort, plus facile à vendre pour les clubs, visant à emmener les clients vers toujours plus de performance. Ils ne sont pas adaptés à tous et surtout pas en adéquation avec les problématiques de sédentarité. Le produit est mis en avant et non le professeur (ils deviennent interchangeables!). Il est alors plus facile de remplacer des professeurs absents. Jusqu'aux années 2005, les cours cardio prédominaient alors que maintenant les cours de renforcement sont plus présents. Beaucoup de clients se tournent alors vers des disciplines moins agressives comme le yoga, le Pilates, le vélo, l'aquagym... Les idées de travail « fonctionnel » (core training, TRX, surfaces instables comme le Bosu, etc.) mais aussi de fitness outdoor (s'entraîner seul avec ce que j'ai sous la main comme les boot camp) sont également très présentes.

 

Quelles incidences cela a-t-il au niveau de l'offre?

Je suis marquée par l'usage du terme « coaching » avec la recrudescence des professeurs qui s'intitulent « coach », parfois sans diplôme! Du point de vue des clubs et des clients, on voit l'émergence du low cost avec des abonnements où le client ne paye que ce qu'il consomme, des clubs avec travail en petits groupes, des clubs spécialisés (spinning, aquabiking...) ou encore tournés vers l'écologie. On voit aussi des programmes de fitness fleurir via les smartphones pour travailler seul chez soi ou encore les réseaux sociaux qui permettent l'apparition de communautés. On se regroupe et on se reconnaît dans une façon de travailler...

 

Quelles sont les principales compétences attendues d'un « professeur-intervenant-coach »?

Il faut avoir de l'énergie, de l'empathie, du savoir vivre, une vraie relation de service du client; savoir répondre aux problématiques de sédentarité rencontrées par les gens aujourd'hui. Il faut être polyvalent pour pouvoir construire ses propres contenus, aussi bien en cours collectifs de tout type qu'en plateau musculation. Il faut un vrai savoir-faire mais surtout de l'expérience pour répondre au mieux aux besoins et problématiques des clients. Cela ne s'improvise pas.

Qu'est-ce que cela implique en termes de formation?

Il faut une formation initiale (DEUST, BPJEPS) de qualité. Les modes changent. Il y a vingt ans, les disciplines phares étaient les cours chorégraphiés (LIA/Step). Aujourd'hui, ces cours tendent à disparaître. Une base solide permet de ne pas se trouver vite dépassé. Mais il faut en parallèle une formation continue permanente pour suivre les tendances même si elles disparaissent (Zumba par exemple). Plus on a de connaissances, plus on peut répondre de façon efficace et sécurisée aux besoins et envies des gens.

 

Qu'est-ce qu'une formation universitaire apporte en plus?

Une formation complète avec des intervenants pointus en théorie et issus du milieu professionnel pour le cœur de métier. En plus de la technique (avec, en plus, une immersion dans le milieu professionnel via un stage lourd), il faut maîtriser la communication, le management, la gestion, etc. Les étudiants sont formés pour répondre et s'adapter aux besoins du marché, à prendre des responsabilités voire à ouvrir leur propre structure. Une formation sur deux ans leur permet de gagner en maturité et d'être mieux préparés pour affronter une clientèle et des dirigeants de plus en plus exigeants.

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