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[Interview] de Marc Charles, interne en santé Publique

David Picot • david1picot@yahoo.fr

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[Interview] de Marc Charles, interne en santé Publique

« La problématique liée à l’engagement des médecins a été largement sous-estimée »

Vous attendiez-vous à ce que le sport-santé sur ordonnance peine autant à émerger dans la foulée du décret de décembre 2016 ?

Il faut relativiser car le dispositif date de deux ans, ce qui est récent. Malgré tout, oui, nous pensions qu’il allait décoller plus rapidement. La difficulté reste de mobiliser les médecins. Ils ont peu de temps et il faut impérativement développer des moyens pour les soulager au moins en partie, de tout ce qui est lié à l’entretien motivationnel, au bilan fonctionnel, au suivi en lien avec l’encadrant, etc. Cette problématique a été largement sous-estimée. Cela pourrait prendre la forme d’un interlocuteur unique qui fasse figure de coordonnateur du dispositif. Nous observons aussi que les médecins les plus enclins à prescrire sont ceux qui pratiquent une activité physique de façon régulière.
 

Au-delà du remboursement, le défi de demain ne sera-t-il pas d’inciter les patients à poursuivre une activité, une fois sortis des dispositifs ?

Oui, c’est un enjeu crucial. Certains acteurs y sont d’ailleurs déjà confrontés. Modifier les comportements est ce qu’il y a de plus difficile en médecine. En attendant, l’enjeu technique est surtout de parvenir à connecter le monde des médecins et celui du sport-santé. Et de faire en sorte que les uns et les autres se connaissent, préalable indispensable pour travailler ensemble. Sur ce plan, nous
partions de loin. Mais ces derniers temps, d’importants progrès ont été relevés. Les choses avancent donc dans le bon sens.
 

Pensez-vous que le lobby pharmaceutique puisse constituer un frein ?

Certes, les laboratoires ont peu d’intérêts dans l’activité physique. De là à penser qu’ils puissent casser la dynamique… Non, je n’ai
pas ce sentiment. Pour l’heure, les initiatives fonctionnent avec des bouts de chandelles, c’est à-dire des financements divers publics ou privés qui ne sont pas forcément pérennes. Mais dans les deux à trois ans à venir, la question du remboursement, dont l’absence est un frein majeur, va être déterminante. Lorsqu’elle sera vraiment sur la table, nous verrons s’il y a des blocages que l’on explique difficilement…
 
(1) Thèse en cours sur la prescription du sport-santé sur ordonnance, sous la direction du Pr Martine Duclos, chef du service de médecine du sport et des explorations fonctionnelles au CHU Montpied de Clermont-Ferrand.

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