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Interview de Hélène Bossé, enseignante universitaire, responsable d'un projet de sport-santé urbain pour tous

Jean-Louis Gouju • gouju@u-pec.fr

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En quoi consiste le nouveau concept de « pratique sport-santé pour tous » qui se développe sur Paris?

Il s'agit de programmes d'exercices se pratiquant à l'aide du mobilier urbain et sur des parcours, encadrés par des coachs formés à cette nouvelle pratique. Ces parcours sollicitent toutes les fonctions de l'organisme et les groupes musculaires dans un travail d'alternance d'effort et de contre-effort en tenant compte du niveau de ressources des pratiquants pour une pratique agréable et efficace. Chaque parcours propose trois niveaux selon trois motifs d'agir:

- le niveau 1 se destine à ceux qui redémarrent une pratique physique;

- le niveau 2 se destine à une pratique engagée sans dépasser ses limites;

- le niveau 3 se destine à celles et ceux qui cherchent à se surpasser.

Chaque parc (bancs, murets, rambardes, côtes, escaliers...) permet un renforcement des muscles, y compris celui du cœur. Une trentaine d'exercices est déclinée en trois niveaux en jouant sur différentes variables.

 

Comment est né ce concept?

Les sports urbains (parkour, urban training, course, musculation ou body art...) se développent considérablement depuis plusieurs années et sont des acteurs majeurs de notre vie sociale. Les pratiquants s'engagent dans une activité sans enjeu de compétition. Ils recherchent une sensation de bien-être, de liberté, de dépassement et d'évasion. Il s'agit donc pour le pratiquant de s'éloigner des schémas des fédérations sportives traditionnelles pour aller vers une activité de service, plus autonome, urbaine et conviviale, loin des stéréotypes de fitness ou de compétition. Cela implique de redéfinir l'activité dans son rapport aux lieux de pratique et à ses mises en œuvre. La ville est conçue dès lors comme un immense espace où l'on peut pratiquer seul ou en groupe, encadrés par des coachs professionnels ou des éducateurs sportifs dont l'objectif est d'offrir un service adapté.

 

Pourquoi cette pratique nécessite-t-elle un encadrement?

Si l'objectif est d'entrer ou de revenir à une activité physique nouvelle et de s'y maintenir, il faut que ceci soit encadré. Ainsi, on s'assure des conditions nécessaires et indispensables pour que chacun pratique à son niveau et en toute sécurité. En adaptant les variables des exercices, on garantit ainsi une qualité de service et on répond mieux aux attentes du pratiquant. Il s'agit également d'organiser les parcours, de les doser en fonction des objectifs et des caractéristiques des pratiquants. Le postulat de départ reste que les pratiquants ne fidéliseront une activité physique que s'ils éprouvent du plaisir à la pratiquer, que s'ils réussissent et que si l'activité prend du sens pour eux. Les personnes n'ayant pas de pratique significative ne s'inscrivent pas dans un projet à long terme. Cette ambition d'encadrement justifie un haut niveau de compétence.

 

Comment sont formés les encadrants?

Encadrer les parcours santé nécessite avant tout de connaître les besoins et la façon d'y répondre par la modulation et la diversité des parcours et des exercices. Il s'agit bien de créer les conditions du développement d'une pratique au plus près des citoyens qui ont besoin de ce type de service adapté au mode de vie urbain et dans des conditions différentes des conditions associatives traditionnelles. L'université, par exemple celle de Paris Est Créteil, forme désormais à ces exigences très pluridisciplinaires. Actuellement, ces formations prennent place au sein d'une licence professionnelle, où les étudiants sont formés à la conception et à l'encadrement de ces parcours santé faits « sur mesure », en groupe ou individuellement, mais ces compétences sont appelées à être développées par d'autres dispositifs.

 

 

Pour tout renseignement: Hélène Bossé, helene.bosse@u-pec.fr

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