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Interview d'Eric Adamkiewicz : "Nous avons un déficit d'analyse économique"

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Interview d'Eric Adamkiewicz :

Interview Éric Adamkiewicz, maître de conférences en management du sport et développement territorial à l'université Toulouse III Paul Sabatier

Les quelques projets de ski-dômes et pistes artificielles en France constituent-ils une bonne ou une mauvaise idée?

Rappelons que 8 % de la population française part à la montagne. Nous sommes donc sur une pratique de niche et de classes supérieures. Du coup, ce genre de projet m'apparaît totalement fantasmagorique par rapport à la clientèle potentielle. Le seul ski-dôme en état de fonctionnement est celui d'Amnéville. Il est déficitaire et a fait l'objet d'un rapport critique de la Cour des comptes. À mon avis, un ski-dôme seul, ça n'a pas de sens. J'attends toutefois de voir le projet qu'il y aura dans le cadre d'Europa City avec un parc de glisse et un espace de pratique à côté duquel sera disposé un espace de vente. C'est plus englobant.

À l'inverse, ne peut-on pas se dire que ce genre d'équipement peut amener des non-skieurs à goûter à la pratique? 

Je n'y crois guère. Tout dépend des conditions d'accès. D'une manière générale, avec le ski, nous sommes sur une des seules pratiques sportives où le pratiquant paie un tarif proche du coût réel. Dans le cadre de projets privés, si l'équipement fonctionne a minima, il y a quand même des coûts propres relativement importants. Nous ne sommes pas à Dubaï. Ni même en Belgique ou aux Pays-Bas où il existe aussi des ski-dômes. Mais dans ces deux derniers pays, les gens ont l'habitude de payer pour la pratique sportive. Pas en France.

L'approche commerciale de ces projets laisse-t-elle à désirer?

Absolument. À tel point que je me demande parfois si des études de marché sont réalisées. Elles doivent être très partielles... De nombreux équipements en France - et pas seulement des ski-dômes - sont pensés pour faire plaisir aux pratiquants mais nous avons un déficit d'analyse économique. Bien souvent, dans le domaine du sport, l'affect prend le dessus. Nous restons sur des présupposés et la croyance que le sport se suffit à lui-même. Et qu'il va générer du miracle économique.

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