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Il y a une contradiction avec les obligations d'acompagnement des apprentis qu'on nous impose

Jean-Louis Gouju • gouju@u-pec.fr

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Interview de Cécile Tamburini, directrice de l'Association régionale pour la formation des animateurs (Arfa)

Quelle est l'activité principale de votre association?

Nous gérons le centre de formation des apprentis (CFA) des métiers du sport et de l'animation. Nous y formons 850 apprentis par an sur des diplômes délivrés par le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, de niveau 5 à 2, dans de nombreuses disciplines sportives et socioculturelles: activités physiques pour tous, sports collectifs, équestres, aquatiques et de la natation, gymniques de la force et de la forme, judo-jujitsu... Nous travaillons en partenariat avec un réseau d'employeurs très diversifié: collectivités territoriales (40 %), associations et fédérations sportives (30 %), secteur privé commercial (30 %). 68 % de nos apprentis trouvent un emploi à l'issu de leur formation, ils sont 80 % six mois après. Notre CFA est soutenu par le conseil régional d'Ile-de-France qui a initié, en partenariat avec deux CFA (université et sport/omnisports), la signature d'un contrat d'objectifs et de moyens pour développer l'apprentissage dans le sport. En dehors du CFA, nous organisons des « Passerelles vers l'apprentissage » pour valider les parcours professionnels, remettre à niveau avant l'entrée en formation et accompagner à la recherche d'employeurs. Nous gérons aussi les tests d'exigences préalables à l'entrée en formation de certaines spécialités du BPJEPS et nous sommes mandataires d'un groupement sur le PRQC (Programme régional qualifiant compétences) du conseil régional d'Ile-de-France.

 

Quel est, à votre niveau, l'impact concret de la mise en œuvre de la nouvelle loi régissant l'apprentissage?

Il y a avant tout un impact financier immédiat. En effet, la nouvelle répartition d'affectation de la taxe d'apprentissage va entraîner une baisse de la moitié des ressources liées à sa collecte; les CFA ne pouvant désormais prétendre qu'à la part quota de celle-ci soit 26 %, quand ils bénéficiaient auparavant de 78 % des reversements (quota + barème). La question est de savoir comment la fraction régionale de la taxe (qui passe de 22 % à 51 %) sera affectée. Viendra-t-elle combler ces pertes financières prévisibles pour l'ensemble des CFA ou sera-t-elle affectée à d'autres projets régionaux? Aujourd'hui, une telle obligation d'affectation des fonds n'est pas inscrite dans la loi. Il y a là une contradiction avec les obligations complémentaires d'accompagnement des apprentis qu'elle nous impose. Faire plus et mieux avec moins, voilà à quoi nous sommes confrontés.

 

Quelles sont vos priorités?

Avec la FNCFASAT, nous travaillons depuis 2006 au développement de l'apprentissage dans notre champ professionnel qui, rappelons-le, est porteur d'emploi! Notre engagement consistera à valoriser la voie de l'apprentissage par des campagnes de communication spécifiques, et la création de « développeurs de l'apprentissage » dans le sport et l'animation... Nous prévoyons aussi de renforcer le partenariat avec les branches professionnelles, les agences régionales de santé, le ministère des Sports, les organismes collecteurs de la taxe d'apprentissage pour aller vers un conventionnement ou des contrats d'objectifs et de moyens nationaux. Enfin, nous devons proposer des sources complémentaires de financement pour nos CFA, dont les employeurs sont très peu ou pas assujettis au versement de la taxe d'apprentissage. La volonté de notre ministère étant de doubler le nombre d'apprentis pour 2017, nous devons continuer nos efforts dans ce sens.

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