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“ Il y a bien des financements, ce n’est pas le problème ” - Gilles Vieille-Marchiset

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“ Il y a bien des financements, ce n’est pas le problème ” - Gilles Vieille-Marchiset

Interview de Gilles Vieille-Marchiset, sociologue, directeur du laboratoire Sport et sciences sociales de l'université de Strasbourg - rapporteur du Plan de mobilisation pour la politique de la ville

L'état des lieux est connu. Par quoi faudrait-il commencer pour enfin changer les choses?

Par des études! Effectivement, nous avons pas mal de données au niveau de la répartition des équipements sportifs avec d'importantes disparités entre des territoires bien dotés en province notamment et d'autres moins, en région parisienne. La variable qui manque se situe au niveau des clubs, entre ceux qui ont leur siège social dans les QPV et ceux qui y travaillent. Du point de vue du pilotage, c'est problématique car nous naviguons à vue. Aujourd'hui, il y a des tas de bonnes pratiques en matière d'éducation et d'insertion par le sport. Elles n'attendent qu'à être démultipliées. Un plan digne de ce nom permettrait aussi de faire collaborer les acteurs du terrain, les universitaires et les services de l'État. Il ne manque que la bonne volonté étatique...

La question sportive n'est-elle pas non plus abordée de façon trop sectorielle?

Absolument. Les problématiques sont abordées au niveau du ministère des Sports alors qu'il faudrait s'inscrire dans une politique interministérielle. Cela pourrait faciliter des financements par l'intermédiaire notamment de l'ANRU. Car, au niveau des QPV, il y a bien des financements, ce n'est pas le problème. Encore faut-il que certains budgets soient fléchés vers les équipements sportifs ou culturels, en plus du logement bien sûr et autres services publics.

La perspective de Paris 2024 peut-elle permettre au sport de passer un cap dans les banlieues?

C'est bien l'intention de l'État de faire de ces Jeux une réussite sociale. Je crains malheureusement que cela reste une occasion manquée. L'Histoire nous montre que les impacts sociaux liés à ce type d'événements sont très limités. Ce fut le cas à Londres par exemple où les enjeux de mixité dans le quartier qui abritait le village olympique sont loin d'avoir été atteints. Bien au contraire. Les bonnes volontés sont là. Restent à créer les conditions de réussite.

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