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Grand Est: rayonnement et solidarité

Jacques Vergnes . jvergnes@maregionsud.fr

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3 questions à ...
Jean-Paul Omeyer, président de la commission sport de la région Grand Est et de l'Association des régions de France Vous avez défini vos nouvelles orientations en moins d'un an. Comment avez-vous procédé? JPO: Depuis la mise en place de la nouvelle région Grand Est, le 4 janvier 2016, j'ai souhaité sillonner, avec les services, tout le territoire afin d'aller à la rencontre des acteurs locaux, que ce soient les représentants élus des communes, des intercommunalités, des départements, les dirigeants de ligues et de clubs, ou encore les sportifs eux-mêmes. Ces neuf mois nous ont permis, certes à un rythme soutenu, d'établir un état des lieux précis des actions menées, des attentes, des inégalités et des atouts sportifs de cette grande région. Des rencontres, aussi enrichissantes que les autres, de Charleville-Mézières à Épinal, en passant par Épernay, Pont-à-Mousson, -Chaumont ou Bar-le-Duc, nous ont permis d'affiner nos réflexions et d'identifier deux axes prioritaires: la structuration du haut niveau, l'offre de pratique sportive de proximité. La réforme territoriale a-t-elle conduit à remettre en question certains fonctionnements? JPO: Bien sûr. Il y avait les réalités alsaciennes, que nous maîtrisions et sur lesquelles nous nous étions basés pour mettre en place une politique sportive plus ambitieuse, principalement basée sur le haut niveau. Mais nous devons désormais réfléchir à l'échelle d'un territoire aussi grand que deux fois la Belgique, avec des inégalités territoriales que l'on ne peut nier. Avec 1400 clubs et près de 1,3 million de licenciés, le sport tisse un important lien territorial de cohésion sociale qui rassemble tous les citoyens pratiquants ou spectateurs, et génère une activité aux enjeux économiques importants et non délocalisables. La région a donc décidé de conforter le sport comme facteur d'attractivité, d'excellence et d'identité régionale. Certes, la loi « Notre » a maintenu le sport comme compétence partagée, mais de plus en plus l'ensemble des collectivités admet l'intérêt de la concertation, afin d'optimiser l'intervention publique dans ce domaine. À titre d'exemple, la ville de Nancy, le Grand Nancy, le département et la région n'ont parlé que d'une seule voix pour candidater à l'accueil de l'Euro féminin de handball 2018, et cela a porté ses fruits. Vous vous êtes aussi intéressé au modèle économique du sport? JPO: Les résultats mitigés durant l'olympiade Rio 2016, le récent transfert des Creps aux régions et l'élaboration des parcours de performance fédéraux 2017-2024 sont autant d'arguments qui incitent à franchir une nouvelle étape dans la gestion du sport en France. J'y travaille en lien avec le ministère dans le cadre de mes missions au sein de l'association Régions de France. De nombreuses réflexions sont en cours et nous essayons d'y associer le plus grand nombre. Des pistes de préconisations ont déjà été identifiées, notamment dans le cadre de la gouvernance du sport. Mais le nerf de la guerre reste avant tout le modèle économique du financement du sport en France. Des projets de loi très intéressants devraient être proposés dans les prochaines semaines à ce sujet.

Chiffres Clés
- 14000 clubs. - 1,3 million de licenciés. - Taux de licences sportives par nombre d'habitants: 23 %. - Budget sport: 15 millions d'euros. - 1054 sportifs reconnus de haut niveau. - 3 Creps.

3 questions à ...
Jean-Paul Omeyer, président de la commission sport de la région Grand Est et de l'Association des régions de France Vous avez défini vos nouvelles orientations en moins d'un an. Comment avez-vous procédé? JPO: Depuis la mise en place de la nouvelle région Grand Est, le 4 janvier 2016, j'ai souhaité sillonner, avec les services, tout le territoire afin d'aller à la rencontre des acteurs locaux, que ce soient les représentants élus des communes, des intercommunalités, des départements, les dirigeants de ligues et de clubs, ou encore les sportifs eux-mêmes. Ces neuf mois nous ont permis, certes à un rythme soutenu, d'établir un état des lieux précis des actions menées, des attentes, des inégalités et des atouts sportifs de cette grande région. Des rencontres, aussi enrichissantes que les autres, de Charleville-Mézières à Épinal, en passant par Épernay, Pont-à-Mousson, -Chaumont ou Bar-le-Duc, nous ont permis d'affiner nos réflexions et d'identifier deux axes prioritaires: la structuration du haut niveau, l'offre de pratique sportive de proximité. La réforme territoriale a-t-elle conduit à remettre en question certains fonctionnements? JPO: Bien sûr. Il y avait les réalités alsaciennes, que nous maîtrisions et sur lesquelles nous nous étions basés pour mettre en place une politique sportive plus ambitieuse, principalement basée sur le haut niveau. Mais nous devons désormais réfléchir à l'échelle d'un territoire aussi grand que deux fois la Belgique, avec des inégalités territoriales que l'on ne peut nier. Avec 1400 clubs et près de 1,3 million de licenciés, le sport tisse un important lien territorial de cohésion sociale qui rassemble tous les citoyens pratiquants ou spectateurs, et génère une activité aux enjeux économiques importants et non délocalisables. La région a donc décidé de conforter le sport comme facteur d'attractivité, d'excellence et d'identité régionale. Certes, la loi « Notre » a maintenu le sport comme compétence partagée, mais de plus en plus l'ensemble des collectivités admet l'intérêt de la concertation, afin d'optimiser l'intervention publique dans ce domaine. À titre d'exemple, la ville de Nancy, le Grand Nancy, le département et la région n'ont parlé que d'une seule voix pour candidater à l'accueil de l'Euro féminin de handball 2018, et cela a porté ses fruits. Vous vous êtes aussi intéressé au modèle économique du sport? JPO: Les résultats mitigés durant l'olympiade Rio 2016, le récent transfert des Creps aux régions et l'élaboration des parcours de performance fédéraux 2017-2024 sont autant d'arguments qui incitent à franchir une nouvelle étape dans la gestion du sport en France. J'y travaille en lien avec le ministère dans le cadre de mes missions au sein de l'association Régions de France. De nombreuses réflexions sont en cours et nous essayons d'y associer le plus grand nombre. Des pistes de préconisations ont déjà été identifiées, notamment dans le cadre de la gouvernance du sport. Mais le nerf de la guerre reste avant tout le modèle économique du financement du sport en France. Des projets de loi très intéressants devraient être proposés dans les prochaines semaines à ce sujet.

Chiffres Clés
- 14000 clubs. - 1,3 million de licenciés. - Taux de licences sportives par nombre d'habitants: 23 %. - Budget sport: 15 millions d'euros. - 1054 sportifs reconnus de haut niveau. - 3 Creps.

Grand Est: rayonnement et solidarité

© Bodez Grand Est

Moins d'un an après la fusion entre les trois anciennes régions(Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine), la nouvelle région Grand Est a formalisé sa politique sportive. Philippe Richert, son président, et Jean-Paul Omeyer, président de la commission sport, en ont présenté les règlements d'intervention le 30 novembre. Deux logiques structurent cette politique: le rayonnement de la région grâce au haut niveau, la solidarité vers le mouvement sportif et les territoires.

Dès 2017, la région Grand Est entend s'affirmer comme un partenaire incontournable du développement du haut niveau et de l'organisation de compétitions internationales. L'accueil du Mondial de handball masculin à Metz en janvier, les Internationaux de tennis de Strasbourg en mai et trois villes étapes du Tour de France en juillet en sont quelques exemples. Au-delà de ces événements internationaux, chaque ligue amenée à se constituer à l'échelle du Grand Est a la possibilité de proposer une vingtaine de manifestations chaque année, qui pourront être accompagnées financièrement par la région, réparties idéalement à raison de deux par département afin d'irriguer l'ensemble du territoire.

 

Team « Grand Est »

Autre dispositif avec une aide régionale attribuée aux sportifs licenciés dans un club du Grand Est et identifiés sur les listes ministérielles de haut niveau, Élite, Seniors, Relève, Espoirs et collectifs nationaux. Trois niveaux de soutien selon le niveau de pratique atteint: bronze, argent ou or. En complément, un accompagnement personnalisé dans le « projet personnel de formation » leur est également proposé, en lien avec la compétence « Formation » de la région.

La sélection « or » concerne des sportifs de reconnaissance internationale, identifiés par un comité de sélection composé de la région, du Cros (comité régional olympique et sportif), des Creps (centres régionaux de l'éducation populaire et du sport) et de la DRDJSCS (direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale). Au nombre d'une vingtaine, ces sportifs intègrent la « Team Grand Est » afin de mettre à profit leur expérience sportive pour communiquer sur les actions de la région. Ils perçoivent une aide forfaitaire de 6 000 euros.

Le conseil régional soutiendra également à partir de la saison sportive 2017-2018, les clubs évoluant parmi l'élite nationale de leur discipline, à savoirles clubs professionnels et assimilés comme tel par la région, le 1er et le 2e niveau amateur en sports collectifs et le 1er niveau en sports individuels.

 

Organiser la solidarité des territoires

La région veut également accompagner des clubs d'intérêt territorial, de 3e niveau amateur pour les sports collectifs et de 2e et 3e niveaux amateurs pour les sports individuels. Ces clubs sont ciblés sur des zones à conquérir dans lesquelles la discipline n'est pas présente à un niveau supérieur. Ce partenariat se concrétise par des conventions triennales d'objectifs, en vue de l'accession au niveau supérieur de compétition ou de la structuration de la discipline sur le territoire donné.

La région a aussi prévu de soutenir les collectivités avec un dispositif d'aide au financement des équipements sportifs. Mis en place au 1er janvier 2017, il vise, d'une part, la rénovation et la mise aux normes des équipements existants, et d'autre part, la construction de nouveaux lieux de pratique compétitive dans les zones dépourvues. Des projets de territoire à rayonnement intercommunal, permettant un usage mutualisé entre plusieurs structures ou encore respectueux du développement durable pourront ainsi émerger.

 

Cap sur la mutualisation pour ligues

Les ligues et comités régionaux dans leur nouveau format ne sont pas oubliés. Sur la base d'un plan de développement quadriennal, identifiant des projets tels que la formation de l'encadrement technique, sportif, arbitral et bénévole, l'accession aux parcours de performance fédéraux ou le développement de la pratique, un soutien sera accordé. Il tiendra compte notamment des effectifs, des licenciés et du niveau de structuration de la pratique.

Enfin, les ligues et comité pourront aussi bénéficier d'un financement complémentaire pour des projets de mutualisation de matériel sportif mis à disposition des associations sportives du territoire et visant à développer et promouvoir les disciplines.

3 Creps en appui

Les Creps viennent en renfort comme outils de développement de la politique sportive régionale du Grand Est. Ainsi, depuis le 1er janvier 2016, les Creps de Nancy, Reims et -Strasbourg sont transférés au conseil régional. Ils vont renforcer l'accueil et le suivi des quelque 1054 sportifs reconnus de haut niveau par le ministère des Sports et licenciés dans le Grand Est, mais aussi développer les formations aux métiers du sport et de l'animation.

 

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