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En Occitanie, le sport ce sont aussi des métiers

Jean Damien Lesay

Chiffres clés
- Budget sport de la région (et part dans le budget global): 23 M€ en 2018 (1 % du budget global).
- Nombre d'agents du service sport de la région: 19.
- Budget dédié au CFA du sport: près de 730000 €.
- Nombre de sites dédiés au CFA du sport: 20 sites.
- Nombre de stagiaires accueillis (dernier exercice connu): près de 140000 heures de formation dispensées à 450 apprentis par an (3e CFA des métiers du sport et de l'animation de France, qui en compte 19).
- Nombre de diplômes préparés: près de 60 formations ouvertes à l'apprentissage pour former aux métiers du sport et de l'animation en Occitanie.

En Occitanie, le sport ce sont aussi des métiers

© africa studio - adobestock

Les régions tâtonnent parfois pour trouver leur place dans le sport. L'Occitanie a choisi d'en faire un axe de travail prioritaire en lien avec deux compétences « lourdes »: le développement économique et la formation. C'est ainsi qu'est né en septembre 2018 le CFA Sport-Occitanie.

Unique en son genre, Sport Occitanie est le fruit de la fusion du CFA sport de Toulouse, créé en 1999 et porté par le Creps de Toulouse, et du CFA sport Méditerranée, créé en 2008 à l'initiative du Creps de Montpellier et du monde sportif. Le nouveau venu se positionne désormais au troisième rang, sur dix-neuf, des CFA des métiers du sport et de l'animation en France. Surtout, il permet de placer le sport au cœur de la double ambition du conseil régional: le développement de l'apprentissage et de l'économie touristique.

 

Une croissance annuelle de 8 %

En termes d'apprentissage, l'Occitanie affichait au 1er janvier dernier un effectif de 36500 apprentis, toutes filières confondues, pour une croissance annuelle de 8 %, le tout avec un budget de 143 millions d'euros. Dans ce paysage, le sport contribue largement à la dynamique. Les effectifs cumulés des deux CFA de Toulouse et Montpellier atteignaient 232 apprentis en 2016 puis 312 en 2017. Ils s'établissent désormais à 450 au sein de la nouvelle structure. Quant aux heures de formation, elles sont passées de 72000 en 2016, à 100000 en 2017, et ont atteint cette année 140000, soit un doublement en deux ans. Le développement économique de la filière des métiers du sport touche d'abord le tourisme, deuxième secteur économique de la région. Ici, ce sont les activités de pleine nature qui sont visées, tant en montagne qu'en bord de mer, mais aussi les nouvelles pratiques liées au sport-santé. Des besoins ont ainsi été identifiés et reliés au potentiel de la région. Là où existaient des vocations, le conseil régional a mis sur pied les formations manquantes. Ce sont plus de cinquante cursus, tous niveaux de diplômes confondus, qui sont aujourd'hui proposés aux apprentis.

 

Mailler les treize départements

L'une des particularités du développement du CFA Sport Occitanie réside en outre dans le déploiement d'une offre de nouvelles formations sur tout le territoire. L'un des objectifs est en effet de mailler les treize départements et de former les gens là où ils se trouvent. Alors que les formations sont restées longtemps très concentrées dans les deux métropoles, il existe actuellement vingt sites. À terme, il faut imaginer que chaque territoire aura son propre CFA, particulièrement là où se trouve un potentiel d'emplois. Des formations pourront par exemple être créées sur les départements pyrénéens pour permettre aux jeunes de s'insérer dans la vie active comme accompagnateurs de moyenne montagne. Car dans l'esprit des promoteurs du CFA Sport Occitanie, qui dit apprentissage dit emploi!

 

Les Creps au cœur du dispositif

Pour nourrir cette ambition, le conseil régional a choisi de s'appuyer en priorité sur des ressources locales en exploitant par exemple des bâtiments communaux en partenariat avec les municipalités, à l'image de ce qu'il réalise déjà avec l'école régionale du numérique. Mais les Creps, qui en 2017 accueillaient les deux tiers des effectifs des apprentis aux métiers du sport en Occitanie, demeurent bien évidemment au cœur du dispositif. Alors qu'une partie de la gestion de ces centres est déléguée aux régions depuis 2017, l'Occitanie a été l'une des premières à prendre le tournant même si cela allait coûter cher alors que l'État n'avait peut-être pas joué pleinement son rôle en termes d'investissements dans les infrastructures depuis plusieurs années. La région a donc immédiatement mis la main à la poche. À Toulouse, en quelques semaines seulement, un plan d'investissement de 10 millions d'euros a été validé pour moderniser l'offre d'hébergement du Creps. Et en l'espace d'un an, l'investissement atteignait 20 millions pour les sites de Font Romeu et Toulouse.

 

Une seule porte d'entrée

Les Creps jouent donc plus que jamais un rôle essentiel: préparer et accompagner le travail réalisé sur la formation grâce à une expertise développée au contact direct du mouvement sportif et des athlètes. Ils constituent un pôle ressources pour la région avec laquelle ils travaillent main dans la main. Cette efficacité se met aujourd'hui au service d'un objectif porté par le vice-président chargé du sport: doubler le nombre d'apprentis dans les métiers du sport. Pour y parvenir, un important travail de communication a été entrepris. La région met désormais en avant la capacité des Creps à former, à accompagner et à accueillir. Les trois centres jouent ainsi la cohérence et ont, pour la première fois, créé une documentation partagée. Plus globalement, la création d'un seul CFA du sport en Occitanie permet de proposer une seule porte d'entrée, une seule boîte à outils et une seule banque de ressources aux personnes qui recherchent une formation. Cela a aussi un impact symbolique fort qui contribue à marquer les contours d'une région qui compte à peine trois ans d'existence.

 

3 questions à Kamel Chibli, vice-président de la région Occitanie, chargé de l'éducation, du sport et de la jeunesse

Dès l'attribution des Jeux olympiques 2024 à Paris, l'Occitanie a affiché son ambition d'accueillir des délégations en préparation. Pourquoi?

Notre ambition est de participer à la grande fête du sport qui aura lieu en France en 2024, en démontrant que la grande région Occitanie est une terre propice à la préparation olympique et à la formation des sportifs. Il s'agit aussi de préparer la génération 2024. Nos atouts sont d'abord nos athlètes, qui sont de véritables ambassadeurs, à l'image de Martin Fourcade, Perrine Laffont et même Kevin Mayer, désormais installé à Montpellier, mais aussi nos sites que l'on améliore, que l'on modernise et qui répondent à l'attente des sportifs.

Quel dispositif avez-vous mis en place pour proposer la meilleure offre aux délégations?

Nous travaillons avec les départements, les agglomérations et les métropoles pour unir nos forces. Depuis un an, nous avons recensé les sites potentiels, discipline par discipline, en précisant à chaque fois s'ils doivent être améliorés ou développés. Il n'y aura pas de création sauf dans les cas où des projets antérieurs existaient, comme à Nîmes avec la création d'une énormissime [sic] salle de sport de combat. Parmi les sites déjà identifiés: le pôle France d'escrime, à Tarbes, qui a marqué ce sport au plan mondial; le tir à l'arc, à Nîmes, où s'entraîne un médaillé olympique; l'escalade autour de Millau, en Aveyron; La Grande-Motte pour la voile; et bien sûr un nouveau bassin olympique ainsi qu'une piste d'athlétisme qui sera totalement rénovée à Font Romeu.

L'opération Occitanie Ambition 2024 s'intègre-t-elle dans un plan plus large?

Oui, nous ne sommes pas sur une logique de court terme. Les JO ne sont pas une fin en soi. Nous voulons profiter de cette opportunité pour valoriser et améliorer nos infrastructures dans les treize départements de la région pour la pratique du sport par nos jeunes les plus performants. Cela va de pair avec l'amélioration de la formation et de l'encadrement dans nos structures. Nous rechercherons donc la labellisation du Cojo [comité d'organisation des Jeux olympiques], en complément d'un grand projet d'accompagnement des sites que l'on aura identifiés. Et bien entendu, l'accompagnement de la région sera significatif.

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