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En Ardèche, le sport vient aux pratiquants

Jean Damien Lesay

Fiche technique
- Budget de fonctionnement du service sport: 1,6 million d'euros.
- Part du sport dans le budget global du département: 0,4 %.
- Investissement sport sur la durée du mandat: 50 000 euros de crédits d'investissement annuels (en 2018: 3 millions d'euros pour la rénovation de la base départementale « Sport nature et patrimoine » de Salavas).
- Nombre de partenaires aidés: environ 400 associations sportives et 55 comités départementaux. µ
- Nombre de manifestations aidées: environ 100 manifestations d'envergure départementale et 20 d'envergure nationale voire internationale.
- Direction des sports: 10,3 ETP; dont 10 agents et 5 saisonniers.

En Ardèche, le sport vient aux pratiquants

© Nicolas Dupuy

Depuis plus de dix ans, le conseil départemental de l'Ardèche a imaginé une politique sportive originale, tenant compte des atouts et des handicaps du territoire. Par petites touches, à la manière impressionniste, celle-ci a évolué pour former un ensemble cohérent. Sa dernière réalisation - La Semaine verte - concentre son ambition: faire bouger jeunes et moins jeunes.

C'est par défi qu'est né, en 2006, un des fleurons de la politique sportive de l'Ardèche. Dans ce département pourtant pourvu de pistes de ski de fond, le comité départemental de l'UNSS avait pris l'habitude de se rendre en Haute-Loire voisine pour y organiser ses compétitions scolaires. Motif : il n'existait pas à l'époque de salle hors sac d'une capacité suffisante pour accueillir 200 ou 300 enfants. Le service des sports du département a alors décidé de louer un chapiteau pour pouvoir recevoir l'événement. Mais une location d'une seule journée n'avait pas grand sens. Le chapiteau a donc été monté durant toute une semaine et a servi, en plus des championnats des collèges et lycées, à inviter des scolaires à une séance dans le cadre des cours d'EPS. La Semaine blanche était née. Elle allait très vite devenir un projet de territoire.

 

Découverte des sports de nature

Aujourd'hui, le fameux chapiteau s'est transformé en une véritable salle hors sac capable d'accueillir plus de cent personnes sur un site désormais équipé de canons à neige. Ce qui a offert un levier considérable pour le développement de l'activité nordique du département. Outre la Semaine blanche, qui englobe toute l'activité que peut proposer la montagne ardéchoise, soit près de deux mois d'activité dans l'année, le site accueille une étape de la coupe du Dauphiné de ski de fond et a même été l'hôte du championnat de France de ski d'orientation. Et depuis septembre 2017, la Semaine blanche se décline en... vert. Le concept de la journée de découverte des sports de nature proposée aux collégiens a été étendu à un nouveau public: les seniors. Avec le concours d'autres services du département, autonomie et handicap d'une part, culture d'autre part, le service des sports a investi Alba-la-Romaine et son site archéologique pour proposer la découverte d'activités allant du sport à la culture.

 

Conférence des financeurs

Pour sa première édition, la Semaine verte LudiSport s'est déroulée sur deux jours. Le 27 septembre, 350 collégiens ont découvert les sports antiques grâce aux partenaires associatifs du département (comités départementaux et clubs). Le lendemain, l'opération a été reconduite avec quelque 600 seniors, dont la moitié résidant en Ehpad, pour des activités adaptées à leurs capacités physiques. Un bémol toutefois: la difficulté des partenaires à s'adapter à ces capacités. Ainsi, le comité départemental de football s'est aperçu qu'il ne savait pas faire pratiquer du football à des personnes de plus de 60 ans... mais s'est engagé dans une réflexion sur le sujet. Côté financement, le partenariat est également au rendez-vous. Pour le volet seniors, d'un coût total de 25000 euros, les crédits « sport » du département ont été abondés par la contribution d'une conférence des financeurs constituée d'acteurs publics et privés issus du monde de la prévention de la perte d'autonomie (CPAM, caisses de retraite et de prévoyance). Pour les scolaires, l'opération a coûté moins de 10000 euros. En 2018, le département envisage d'élargir l'opération en proposant une journée dédiée aux agents des collectivités territoriales. D'autres journées sont envisagées dans un futur plus lointain, pour les enfants des écoles primaires par exemple, toujours dans une logique de mutualiser davantage les installations. La logistique déjà en place signe la volonté du département de pérenniser cette opération et d'en faire un moteur dans sa politique sportive. La participation à la Semaine verte -LudiSport a été intégrée aux conventions d'objectif liant le département aux comités sportifs départementaux.

 

Coffre à trésor

La convention d'objectif est encore au cœur d'un dispositif majeur de la politique sportive de l'Ardèche: le Mobil'Sport. Cette initiative unique en France est un parfait complément aux Semaines blanche et verte. Si les pratiquants ne vont pas au sport, le sport vient à eux! Dans un département dont la partie ouest est moins accessible que le reste du territoire, l'opération permet de toucher une population qui se déplace peu. Créé il y a quatre ans en collaboration avec le comité Ardèche-Drôme de la Fédération nationale du sport en milieu rural, le Mobil'Sport avait à l'origine vocation à proposer des activités structurées aux enfants des centres de loisirs qui, pendant les vacances, entretenaient peu de contacts avec les clubs. Dans cette camionnette transformée pour l'occasion en coffre à trésor, on trouve du matériel sportif (raquettes à neige, VTT, tchoukball, une sorte de handball sans contact, etc.) et un éducateur sportif titulaire d'un BPAPT (activités physiques pour tous), véritable couteau suisse des diplômés sportifs. Comme pour les Semaines blanche et verte, priorité est donnée à la pratique extérieure, voire en pleine nature. Et quand le temps l'impose, c'est la salle polyvalente du village qui prend des allures de stade. Ici encore, le département fait le pari du cofinancement. Si l'investissement dans le camion et le matériel provient quasiment à 100 % de son budget, le fonctionnement est en partie pris en charge par la collectivité accueillante (commune ou communauté de communes) et, le cas échéant, par une association de seniors ou un Ehpad. Car, ici aussi, pour mutualiser les coûts, le Mobil'Sport propose une tarification à la journée avec, le matin, des activités pour les seniors, et l'après-midi, pour les enfants dans le cadre de l'aménagement des rythmes scolaires. Une initiative qui s'apprête aujourd'hui à essaimer au niveau national...

3 questions à Christian Feroussier, vice-président du conseil départemental de l'Ardèche, chargé des politiques sportives et événementielles.
Vous avez lancé une réforme des subventions au mouvement sportif. Comment s'est-elle concrétisée?
À travers le contrat sportif départemental, nous avons voulu donner de la lisibilité à l'accompagnement du mouvement sportif. Au lieu d'avoir une quinzaine de dispositifs, il n'y en a plus qu'un. L'aide se décline désormais sur deux niveaux: une aide pour le fonctionnement des clubs ou comités, à hauteur de 30 %, et une aide pour leurs projets, à hauteur de 70 %. Certains seront donc moins bénéficiaires s'ils ne répondent pas aux axes de développement du département. Il y aura une autre condition: un engagement important de la commune ou communauté de communes. Si l'une, l'autre ou les deux, ne vont pas sur un projet, il n'est pas question que le département y aille seul.
Quelles thématiques seront favorisées?
L'objectif de ces projets sera de mettre en avant la formation, l'éducation, les actions territoriales, et non pas seulement de répondre à des actions fédérales. La création d'une école de sport dans un club sera très importante pour nous. Nous serons également sensibles au projet portant sur le sport féminin ou en faveur du handicap. Par ailleurs, nous avons également une case pour les projets innovants, où, volontairement, nous n'avons pas mis de règles, de manière à pouvoir accompagner plus facilement un projet particulièrement attrayant.
Quel accueil les clubs et comités ont-ils réservé à cette réforme?
Cette année était une année de transition, avec des aides ne variant pas plus de 20 % en plus ou en moins, et les premiers échos sont positifs. Pour que les clubs et comités comprennent notre réforme, nous avons mené une grosse action pédagogique avec six réunions de secteur, et je vais en organiser six autres pour faire le bilan. Cela sans compter une soixantaine de réunions individuelles avec des clubs et avec les élus communaux et communautaires pour les encourager à s'engager. Les clubs sont contents, car ceux qui ont des projets se disent enfin: le département est derrière nous!

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