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Comment chauffer les équipements sportifs?

Sylvie Roman • sylroman@yahoo.fr

Les équipements sportifs peuvent s'affranchir de la RT 2012
Issue du Grenelle de l'environnement, la RT2012 est applicable à tous les bâtiments neufs depuis le 1er janvier 2013 (1). Mais les premiers retours d'expériences ont produit plusieurs arrêtés apportant des précisions d'application. En premier lieu, la RT 2012 ne concerne que les « bâtiments chauffés ou refroidis afin de garantir le confort des occupants », il est donc facile de s'en émanciper dans le cadre d'équipements sportifs, en ne chauffant pas au-delà de 12 °C. En effet, « les bâtiments ou parties de bâtiment dont la température normale d'utilisation est inférieure ou égale à 12 °C », ne rentrent pas dans le champ d'application, d'où la référence constante à cette température. Ainsi que les « bâtiments ou parties de bâtiments qui, en raison de contraintes spécifiques liées à leur usage, doivent garantir des conditions particulières de températures, d'hygrométrie ou de qualité de l'air ». Les salles où se pratiquent des sports très dynamiques, comme le badminton, le tennis, le football en salle, ou encore le volley-ball ne sont pas non plus concernées. Tout comme, bien sûr, les piscines, avec une ultime précision dans ce cas, puisque sont aussi exclus des contraintes de la RT 2012, les locaux adjacents qui sont directement associés à son fonctionnement, caisses et... vestiaires; ce qui peut paraître assez étonnant du point de vue de la santé et du bien-être des nageurs. Autre exception, assez pratique, « les constructions provisoires prévues pour une durée d'utilisation de moins de deux ans ». Enfin, ultime précision: les constructions neuves de moins de 50 m2 de surface de plancher ne sont pas soumises à la RT 2012, mais à l'arrêté de mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique. Celui-ci est nettement moins contraignant, en termes de consommation énergétique par m2, et donc plus facile à mettre en place. (1) www.rt-batiment.fr

Les équipements sportifs peuvent s'affranchir de la RT 2012
Issue du Grenelle de l'environnement, la RT2012 est applicable à tous les bâtiments neufs depuis le 1er janvier 2013 (1). Mais les premiers retours d'expériences ont produit plusieurs arrêtés apportant des précisions d'application. En premier lieu, la RT 2012 ne concerne que les « bâtiments chauffés ou refroidis afin de garantir le confort des occupants », il est donc facile de s'en émanciper dans le cadre d'équipements sportifs, en ne chauffant pas au-delà de 12 °C. En effet, « les bâtiments ou parties de bâtiment dont la température normale d'utilisation est inférieure ou égale à 12 °C », ne rentrent pas dans le champ d'application, d'où la référence constante à cette température. Ainsi que les « bâtiments ou parties de bâtiments qui, en raison de contraintes spécifiques liées à leur usage, doivent garantir des conditions particulières de températures, d'hygrométrie ou de qualité de l'air ». Les salles où se pratiquent des sports très dynamiques, comme le badminton, le tennis, le football en salle, ou encore le volley-ball ne sont pas non plus concernées. Tout comme, bien sûr, les piscines, avec une ultime précision dans ce cas, puisque sont aussi exclus des contraintes de la RT 2012, les locaux adjacents qui sont directement associés à son fonctionnement, caisses et... vestiaires; ce qui peut paraître assez étonnant du point de vue de la santé et du bien-être des nageurs. Autre exception, assez pratique, « les constructions provisoires prévues pour une durée d'utilisation de moins de deux ans ». Enfin, ultime précision: les constructions neuves de moins de 50 m2 de surface de plancher ne sont pas soumises à la RT 2012, mais à l'arrêté de mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique. Celui-ci est nettement moins contraignant, en termes de consommation énergétique par m2, et donc plus facile à mettre en place. (1) www.rt-batiment.fr

Comment chauffer les équipements sportifs?

© Remy Ravon SMC2

Aujourd'hui, les bâtiments à usages sportifs sont, au même titre que les habitations, l'une des briques de la politique visant à la réduction ou à la maîtrise des dépenses énergétiques. D'après des études, les gymnases tempérés à 12 °C peuvent par exemple être jusqu'à 50 % plus économiques que ceux chauffés à 16 °C. Pour en arriver là, il faut prendre en compte les usages, la zone géographique et associer art de la construction, intelligence des matériaux et bonne gestion des bâtiments.

Le secteur du bâtiment est particulièrement énergivore, et représente 42 % de l'énergie totale finale consommée en France. Les équipements sportifs, en général peu ou très mal isolés, sont parmi les constructions les plus problématiques, se révélant souvent être des « passoires énergétiques ». L'enjeu est donc de taille pour le mouvement sportif, tant pour la rénovation des équipements existants, qui doivent inclure une prise en compte de la problématique de l'énergie (chauffage, eau chaude, éclairages), que pour les équipements neufs, qui doivent être intelligemment conçus.

Alors que pendant de nombreuses années, les salles de sport étaient chauffées de façon uniforme, quel que soit leur type d'usages, le temps d'utilisation, la présence ou non d'un public, aujourd'hui on revient sur ces conceptions monoblocs, et ingénieurs et architectes ont une approche plus fine, par zones et par utilisations. Cette préoccupation environnementale s'inscrit dans une réglementation: depuis le 1er janvier 2013 en effet, tous les permis déposés (sauf exceptions, lire encadré) pour des bâtiments neufs doivent être conformes à la RT 2012.

 

La théorie et la pratique

« Pourquoi et comment se chauffer sont les premières questions à poser, avant toute conception du projet et du programme. Il y a en effet une dichotomie entre les sports dynamiques, comme les sports collectifs, et les sports plus statiques comme le yoga ou certains arts martiaux, qui se pratiquent dans des dojos et des salles plus petites », explique Nicolas Robin, directeur général de SMC2, une entreprise d'ingénierie de bâtiments sportifs. L'apport d'une chaleur minimale ne sera donc pas le même selon les utilisations prévues par le maître d'ouvrage. Dans les constructions classiques, il était d'usage de maintenir une température de base assez élevée partout et uniformément, avec la possibilité de monter en puissance selon les utilisations et les créneaux. Cette pratique énergivore est inadaptée à la pratique sportive, puisque dans les faits il est courant, comme le souligne Nicolas Robin, que les fenêtres des salles soient ouvertes, y compris dans les salles de danse, afin de faire baisser la température ambiante: en effet, la chaleur produite par les sportifs est souvent oubliée dans les projections et dans les réglages. Comme toujours, il y a la théorie de l'utilisation future du bâtiment et la pratique.

 

Construction hybride

L'équipement doit donc être à la fois adapté aux sports et à la zone géographique, où les contraintes ne sont pas les mêmes: vent, froid, chaleur, humidité, sécheresse... Et il doit répondre aux impératifs financiers des maîtres d'ouvrage, tant sur l'enveloppe construction que pour son fonctionnement. La partition de l'espace et des zones de sports/repos, bureaux, est donc la première étape. Comme pour le complexe tennistique de Saint-Pierre-du-Mont (lire p. 21), il faut s'attacher à différencier les zones de vie (club house, vestiaires, bureaux) des zones dynamiques (courts de tennis), et selon les projets, des zones où le pratiquant peut avoir des moments de pause: salles de danse, dojo, mur d'escalade...

Une réponse de construction hybride est donc la plus adaptée, avec le traitement des zones maintenues à une température de base de 16 °C, couplée à un apport calorique programmable, et des zones « tempérées » à 12 °C, et donc non concernées par la RT2012. Ces salles non chauffées au sens strict peuvent être construites tout ou partie en matériaux légers (pour des économies de construction), du type panneaux métalliques, bois ou membranes PVC de très haute résistance, avec une toiture en bardages métalliques ou, aussi, en toile tendue.

Des coûts divisés par deux

En moyenne, explique Nicolas Robin, une salle de sport chauffée à 16 °C présente un coût de 1 200 euros/m2, contre 600 euros pour une salle de sport tempérée à 12 °C, et 1600 euros/m2 pour un dojo ou une salle de danse, prenant en compte bien sûr les sols spéciaux (tatamis ou parquet -flottant).

Les mêmes ratios, du simple au double, s'appliquent pour d'autres équipements comme les préaux sportifs (fondations, charpente et couverture en membrane textile), qui varient de 200 à 250 euros HT/m2, ou encore les tennis doubles, 36 x 36 mètres, qui, réalisés avec ces solutions hybrides, ont un coût de réalisation de 300 à 350 euros HT/m2.

L'emploi d'une couverture textile permet par exemple de réaliser des économies sur l'éclairage, puisque la membrane, de couleur blanche, offre un éclairage naturel optimal d'une moyenne de 800 lux, sans zone d'ombre ni éblouissement, idéal pour les jeux comme le tennis ou le volley-ball. Et au niveau thermique tout au long de l'année, en limitant l'usage du chauffage, par exemple un ventilo-convecteur soufflant, aux jours les plus froids, et lors des créneaux d'utilisation réelle des équipements. La solution textile « répond à 90 % des demandes en France, y compris dans les départements et territoires d'Outre-mer, pourtant soumis à d'importantes contraintes de vent ou de pluie », précise Thierry Jean, ingénieur commercial chez Losberger, entreprise spécialisée dans ce type de construction.

Solutions constructives

Selon les régions et les contraintes climatiques particulières, la solution consiste à agir sur le dimensionnement des fondations et des ossatures métal ou bois, plutôt que sur le choix des matériaux. Dans les zones de montagne ou classées comme telles à cause du froid, la membrane PVC n'est ni adaptée ni indiquée, du fait de son manque total d'isolant. Le choix, pour rester dans des contraintes de budgets, peut alors se porter aisément sur du bac acier, avec une isolation en sous-pente, tout en restant « hors RT 2012 » (lire encadré). Des chauffages ponctuels, de style cassettes rayonnantes (au gaz, électricité ou eau chaude), seront placés dans les endroits stratégiques, au-dessus des tribunes des spectateurs ou à proximité des bancs des juges (pour le tennis par exemple). Ces solutions constructives sont agréées par les fédérations sportives pour y organiser des tournois. D'ailleurs, la plus grande salle d'Europe d'athlétisme indoor, -150 x 80 mètres est actuellement en construction à Miramas (Bouches-du-Rhône), presque entièrement conçue en membranes PVC.

 

L'indispensable confort d'usage

Bien que de nombreux équipements sportifs soient hors champ d'application de la RT 2012, ils doivent néanmoins en conserver les principes afin d'assurer un meilleur confort aux usagers, sportifs et spectateurs, mais aussi pour s'adapter aux demandes environnementales. L'efficacité énergétique du bâti, grâce à des matériaux adaptés au climat, la maîtrise de la consommation énergétique du bâtiment (éclairage, lumière naturelle, production d'eau chaude solaire), et enfin un confort optimal en été grâce à la conception, et les matériaux utilisés doivent permettre au monde sportif de s'approprier les préceptes de l'architecture bioclimatique. En somme, construire beau et bien. Faute de quoi les pratiquants pourraient bien déserter une offre qu'ils jugeront, à juste raison, obsolète.

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