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Clubs alpins: la montagne dans sa diversité

Denis Cheminade • denischeminade@gmail.com

Chiffres clés
• 92 000 licenciés. Plus de 80 % habitent en zone urbaine, 20 % ont moins de 25 ans (en hausse continue depuis plusieurs années), âge moyen 43 ans, 10 licenciés centenaires. • 380 clubs, 265 écoles « culture montagne ». • 7 400 bénévoles, 26 % de bénévoles féminines. • 125 refuges et chalets de montagne. • 282000 nuitées réalisées en 2016 (en hausse). • 9,7 M€ de budget. • 2,16 M€ capacité d'autofinancement fédérale. • 5 M€ le budget annuel consacré aux bâtiments (entretien et investissement). • 24 salariés et 5 cadres techniques.

Clubs alpins: la montagne dans sa diversité

© Bertrand Bodin

La Fédération française des clubs alpins et de montagne est une jeune fédération mais a une longue histoire. Sa spécificité: ne pas être organisée autour de sports, mais d'un milieu. Avec une ambition: permettre au plus grand nombre d'accéder de manière autonome à l'environnement montagnard.

Difficile de résumer le chemin parcouru par la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) depuis la création du Club alpin français en 1874 et ce qu'elle est devenue plus de 140 années plus tard. S'y essayer ce serait ouvrir le livre de la création des sports de nature en France, voire du sport tout court. Des clubs alpins et de l'amour de la montagne sont issus la spéléologie (1888), le ski (le Club alpin organisera la première compétition de ski à Montgenèvre en 1907), l'Union nationale des centres de montagne (UNCM) qui deviendra l'UCPA, l'escalade, le vol libre, le canyoning... pour ne citer qu'une liste incomplète. La FFCAM est aussi à l'origine de la création du métier de guide. Elle est membre à vie de l'Union des parcs naturels. C'est dire la variété des domaines explorés au long de ce presque siècle et demi.

 

Un fédération multisport

Reste un fil conducteur permanent: développer des activités culturelles et scientifiques se rapportant à la montagne à travers la pratique d'activités sportives modérées, « une immersion dans le milieu montagnard à laquelle nous sommes attachés. Pour cela, nous proposons une large palette d'activités permettant de découvrir la montagne (dans une perspective de loisir et de sport pour tous), de se perfectionner dans les pratiques et aussi de s'épanouir dans la vie associative », indique son président Nicolas Raynaud qui ajoute « depuis que nous sommes agréés par le ministère des Sports (1996), notre gouvernance et nos activités se rapprochent de plus en plus du modèle d'une fédération multisport classique ».

 

Centenaires

La FFCAM se porte bien. On comptait 40 sections locales en 1900. Puis 140 clubs en 2000. Quinze ans plus tard, ils sont près de 400. Le nombre des licenciés augmente régulièrement. «Nous comptons atteindre et dépasser les 100000 prochainement », affirme le directeur technique national (DTN), Luc Thibal. La population de la fédération se féminise et se rajeunit, résultat d'une politique d'ouverture aux jeunes toujours plus nombreux, attirés par la découverte et l'autonomie dans leurs pratiques des sports de montagne. En même temps, elle a des pratiquants fidèles. Combien de fédérations peuvent se targuer de compter dans leurs licenciés dix centenaires?

 

Diversité

La FFCAM accueille une large palette d'activités sportives. Toutes celles qui sont utiles à ses membres pour accéder au milieu montagnard: l'alpinisme et l'escalade, les activités de neige(ski, raquettes, randonnée, trail, orientation, vélo de montagne, spéléologie, vol libre, canyoning...). « Notre rôle est d'accueillir toutes les disciplines en rapport avec la montagne dans leur diversité. Ce ne sont pas les fédérations qui inventent les sports, ce sont les pratiquants », ajoute le président. Une mission d'accueil que la FFCAM perpétue en accueillant de nouvelles disciplines: la cascade de glace (invitée aux prochains Jeux olympiques d'hiver en Corée du Sud), le dry-tooling (grimpe sur les parois rocheuses avec les outils utilisés sur les cascades de glace), ou encore la slackline « marche sur sangle molle ».

 

Autonomie

La vie fédérale est structurée autour de l'accès à la montagne. «Avec ou sans ski, l'adhérent doit pouvoir acquérir la capacité à aller en montagne par tous temps, par tous moyens, en sécurité et en respectant le milieu naturel », décrit le DTN. Cela s'appuie sur un système de formation fort et performant qui va de la formation de l'adhérent à celle des cadres. Un système bâti autour de l'idée de transmission, « rien ne me fait plus plaisir que de former des jeunes à la montagne. Pour cela, nous avons besoin de passeurs », ajoute le président. «Des personnes qui, au-delà de la technique, puissent aider les jeunes à se construire une vie sociale à travers la montagne ». Sans oublier la recherche de l'excellence qui forme les alpinistes de demain et les futurs professionnels du secteur.

 

Aménagements

Depuis 1892 et la création du premier refuge (Vallot) à 4 362 m sur les pentes du Mont-Blanc, l'accès à la montagne pour tous n'est pas seulement une question de techniques ou de compétences personnelles. Il nécessite des aménagements: sentiers, itinéraires, refuges. Une mission pour laquelle la FFCAM engage chaque année des budgets très importants (lire encadré). Ce qui ne veut pas dire être un hébergeur comme les autres. Refuges et chalets ne seraient rien sans « l'esprit club alpin ». Lieux d'accueil et de réconfort, ils doivent être la porte d'entrée pour la découverte du milieu montagnard. L'occasion de vivre une expérience différente des habitations « d'en bas ». Ce qui nécessite un investissement de chacun - gardien, usager...- pour faire d'une soirée en refuge une soirée qui compte.

 

Développement intégré

Générant des flux de publics dans les territoires, la fédération est sensible depuis toujours aux dimensions touristique, sociale et économique de ses activités. Ces préoccupations s'ajoutent à la protection de l'environnement, présente à la fédération depuis son origine. Cette approche transversale de la montagne est confortée dans le projet fédéral qui ambitionne un « développement intégré », qui réponde aux besoins des publics, des disciplines et des territoires d'accueil. Des territoires nécessairement sollicités, qui doivent voir leurs intérêts pris en compte et bénéficier de retombées positives.

 

Chaque année, la FFCAM investit 5 M€ dans les refuges
La FFCAM est le plus important gestionnaire de patrimoine d'altitude et de site isolé en France. Elle gère et assure l'entretien d'un réseau de 127 refuges et chalets. Ces bâtiments, dont l'altitude moyenne est de 2000 m sont situés en haute et moyenne montagne dans tous les massifs hexagonaux (Alpes, Pyrénées, Jura, Vosges, Massif Central) et au Maroc. L'ensemble représente plus de 37000 m2 de surface habitable, abrite 6500 lits et génère 280000 nuitées. 66 % des recettes des nuitées de tous les bâtiments sont mutualisées pour être affectées au financement des travaux annuels et des grands travaux. 10 % des cotisations des adhérents viennent renforcer ce budget. Les enjeux d'un tel patrimoine, qui plus est vieillissant, sont multiples: - sociaux: pour continuer à jouer leur mission d'introduction au milieu montagnard, ils doivent répondre aux besoins de nouveaux publics en matière de confort et de services; - économiques: la FFCAM a pour projet de mettre en place pour les hébergements un modèle économique plus conforme aux besoins et mieux accepté par l'ensemble des acteurs qui contribuent à leur entretien et leur rénovation; - environnementaux et d'aménagement des territoires. Pour y répondre, la fédération mobilise chaque année des fonds importants (5 millions d'euros en 2016). Elle s'est engagée dans un plan de remise en état du parc de refuge à travers un plan d'investissement de huit années pour un budget prévisionnel de 36 millions d'euros et y consacrera 2 millions d'euros de ressources propres par an.

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