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Arrosage : comment réduire sa facture d'eau ?

Arnaud Garrigues • a2garrigues@gmail.com

Les golfs veulent être plus vertueux
La France compte 700 parcours de golf. Un chiffre limité par rapport aux quelque 30 000 terrains de football, mais face à l'importance des volumes d'eau consommés (26 000 mètres cubes par tranche de 9 trous et par an), la Fédération française de golf a souhaité inciter à une gestion de l'eau plus vertueuse. Dans la foulée d'une charte signée en 2010, un premier rapport quinquennal a été remis le 19 mars dernier. Ce rapport rappelle les objectifs fixés par la charte aux gestionnaires des golfs : - favoriser les choix de graminées plus économes et résistantes aux sécheresses, l'amélioration des matériels et de la gestion de l'arrosage ; - renforcer la transparence des golfs en matière de quantité d'eau utilisée ; - inciter les golfs utilisant l'eau potable à identifier des actions de substitution ; - inciter à diminuer de 30 % les volumes utilisés en provenance des réseaux publics ; - inciter à l'expérimentation de matériels d'irrigation différents, d'espèces de graminées et de surfaces synthétiques compatibles avec la pratique du golf. Le rapport souligne que depuis cinq ans, la consommation d'eau publique des golfs français a diminué de 20 % et que leur consommation globale d'eau, toutes origines confondues, a baissé de 14 %. Il fixe également de nouveaux objectifs à la filière : - investir dans de nouveaux matériels de contrôle de l'arrosage ; - optimiser les systèmes d'irrigation ; - mener des opérations de conversion de flores. Rapport téléchargeable sur http://www.ffgolf.org/

Économiser l'eau lors de l'arrosage des terrains de sports permet de protéger la ressource en eau et de réduire sa facture. Pour cela, il faut jouer sur le type d'eau utilisé et sur l'optimisation du pilotage de l'arrosage.

Bien souvent, l'arrosage se fait à partir du réseau d'eau potable. La question se pose d'utiliser d'autres types de ressources en eau, et notamment les eaux de pluie.

Simple comme l'eau de pluie

Si une infrastructure sportive dispose de suffisamment de toitures, l'eau de pluie récupérée peut suffire pour arroser la pelouse, ce qui réduit à zéro la facture d'eau et entraîne donc un retour rapide sur investissement. C'est le choix qu'a fait la communauté de l'agglomération havraise (Codah) pour son tout récent Stade Océane. « Nous avons opté pour une récupération de l'eau de pluie avec deux cuves de 90 mètres cubes et 360 mètres cubes, la première fonctionnant uniquement pour l'arrosage de la pelouse, et la seconde servant aux usages sanitaires et à la sécurité incendie », explique Stéphane Millien, chef de projet au pôle aménagement, construction et maintenance de la Codah. L'eau de pluie est récoltée grâce aux 17 000 mètres carrés de toitures et couvre 90 % de tous les besoins en eau du site, c'est-à-dire ceux de l'arrosage et des chasses d'eau. Le besoin moyen en eau de la pelouse est de 4 litres/m2/jour ce qui, avec une surface de 7 000 mètres carrés, représente 28 mètres cubes quotidiens.

Autre possibilité : remplacer l'eau potable par de l'eau brute, directement prélevée dans le milieu naturel. La ville de Croissy-sur-Seine (78) a passé un contrat avec -Lyonnaise des eaux (LDE), pour alimenter son parc des sports (équipé de deux terrains de foot) avec l'eau provenant d'un captage de LDE situé à proximité. Le prix d'achat est passé de 3,19 euros/mètre cube à 0,63 euro/mètre cube. Les travaux ont coûté 72 000 euros TTC et la nouvelle installation permet de réaliser 50 000 euros d'économies sur les deux premières années. Interrogé sur ce type de démarche, Yannick Prebay, directeur des redevances à l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse souligne que sur le territoire de son agence, le fait de passer de l'utilisation de l'eau potable à l'eau brute abaisse le coût de la redevance à payer aux agences de l'eau (1) d'un facteur 5 ! « De plus, les travaux permettant de réaliser des économies d'eau, qu'il s'agisse d'une nouvelle installation ou d'un changement des pratiques, sont subventionnés à hauteur de 30 à 50 %, voire 80 % dans des zones où la tension sur l'eau est forte », ajoute-t-il.

 

Un arrosage automatique et programmable

En dehors du type d'eau utilisé, c'est toute la gestion de l'entretien de la pelouse, le système d'arrosage et la nature de la pelouse qui vont influencer la consommation d'eau. Il existe une multitude de paramètres à prendre en compte :

- le type de semence, qui est plus ou moins consommatrice d'eau ;

- la qualité du sol et sa capacité de drainage ;

- les opérations de travail mécanique sur la pelouse : aération (piquage, carottage, scarification, décompactage), tonte, etc.

- l'efficience de l'arrosage (fréquence, quantité d'eau utilisée, type de matériel et sa disposition...) ;

- les conditions météorologiques ;

- etc.

 

Pour être performant, il faut utiliser un système d'arrosage automatique et programmable pour ne consommer que la quantité d'eau adéquate, en choisissant les plages d'arrosage - en dehors de la journée, où l'évapotranspiration est la plus importante - et la fréquence adaptée. Comme le souligne Charles Hamelin, directeur de la société Sirev qui conseille les collectivités et installe des systèmes d'arrosage, « les gestionnaires des pelouses ont tendance à toujours trop arroser. Les systèmes d'arrosage disponibles actuellement sont très performants, encore faut-il bien savoir les utiliser. C'est pour cela que la formation de l'utilisateur joue un rôle très important ». Charles Hamelin rappelle aussi l'importance de bien connaître sa pelouse, et de suivre son évolution : « Cela nécessite du bon sens, de l'observation et d'aller sur le terrain ». Des outils d'aides (pluviomètre, capteur d'humidité, sonde, station météo) peuvent également être utilisés, ce qui sera d'autant plus intéressant que les équipes des services en charge de l'entretien auront des effectifs limités.

 

Les paramètres à suivre

Pour éviter que les terrains ne se transforment en pataugeoire, comme par le passé, les sols des terrains sont aujourd'hui plus drainants. Une caractéristique à prendre en compte pour éviter de trop arroser. « Certains ont fait le choix de récupérer l'eau de drainage ; cela peut permettre de réaliser des économies importantes », souligne Charles Hamelin.

Pour optimiser son arrosage, il faut s'appuyer sur plusieurs données, indique une fiche réalisée par la direction régionale de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt (Draf) de Bretagne (1) :

- La réserve utile (RU) : c'est le volume d'eau disponible pour les plantes. Elle comprend la réserve de survie et la réserve facilement utilisable (RFU). Cette dernière correspond à la réserve d'eau dans le sol qui est disponible pour les plantes. La RU va varier en fonction de la profondeur des racines et de la texture du sol. Ce sont la RU et la RFU qui vont permettre de déterminer la quantité d'eau maximale à apporter par arrosage. « Pour la conduite de l'irrigation, les apports d'eau doivent maintenir constante la réserve utile du sol », indique cette fiche. L'arrosage doit être réalisé quand la RFU est épuisée.

- L'évapo-transpiration potentielle (ETP) : elle correspond à la perte d'eau par la respiration de la plante et à l'évaporation (liée au vent et au soleil). « Elle est généralement de 3 mm/jour soit 3 litres par mètre carré et par jour ». Elle varie en fonction des spécificités locales et de la météo, ces données pouvant notamment être obtenues via une station météo.

 

Au final, l'arrosage sera déterminé à partir de la RU du sol, la RFU, l'ETP, la pluviométrie et la durée entre deux arrosages.

(1) Cette redevance n'est cependant qu'une des composantes du prix de l'eau potable et ne compte que pour environ un dixième du prix total. (2) « La maintenance des terrains de sport communaux engazonnés », Draf de Bretagne, téléchargeable à l'adresse : http://draf.bretagne.agriculture.gouv.fr/corpep/IMG/pdf/Fiche_Entretien_des_terrains_de_sport_cle0cddab.pdf

 

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