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Affichage publicitaire: les équipements sportifs s'adaptent au numérique

David Picot • david1picot@yahoo.fr

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Choisir un écran géant, un vrai sport !
Président de Supervision, Hernan Poblete est dans le circuit depuis près de quarante ans. «Dans le milieu, nous avons l'habitude de dire qu'il convient de veiller à trois paramètres lorsque l'on veut s'offrir un écran géant: 1) savoir ce que l'on veut; 2) trouver un bon fabricant; 3) compter sur... la chance! ». En référence notamment à la grande quantité de l'offre. Plus sérieusement, « il faut travailler avec un professionnel reconnu, qui n'est pas forcément le moins cher », reprend-il. Le prix étant souvent lié à la qualité des composants électriques, des câbles et autres galvanisations, histoire notamment de prévenir des traces précoces de rouille. Ensuite? Pour une installation extérieure et donc exposée à la lumière du soleil, il convient de veiller à la couleur de la diode led (dite SMD). « Le noir est à privilégier pour obtenir un bon contraste. Et si elle est blanche, la proportion de la diode par rapport à la taille de l'écran doit être petite: inférieure à 10 %. Ou alors, l'écran doit être mis à l'abri du soleil ». Dernier point: « bien veiller à la rédaction du contrat, au niveau notamment de la maintenance en matière de pièces et main-d'œuvre ».

Affichage publicitaire: les équipements sportifs s'adaptent au numérique

© trace sports

Du panneau fixe au panneau led multifonction, l'affichage publicitaire au sein des enceintes sportives a désormais basculé dans l'ère du tout-images et de la vidéo. En tout cas dans les grands stades et autres arénas. Écrans géants, cubes vidéos, panneaux bord de terrain et même marquage au sol, ces dispositifs nécessitent une approche technique particulièrement fine tant pour la sécurité du public et des pratiquants que pour l'entretien des équipements.

Même s'ils perdurent autour des terrains et dans les salles omnisports de nombreuses communes, les panneaux publicitaires fixes - voire les défilants - renvoient désormais à un autre temps! Aujourd'hui, place à l'image en mouvement et au son. Même pour des procédés simples en apparence comme un marquage au sol, il est question de... 3D! Ce dernier dispositif est particulièrement employé sur les terrains de rugby où les instances - contrairement à celles du football - autorisent les marquages sur l'aire de jeu. À La Rochelle (Charente-Maritime), la pelouse du Stade Marcel-Deflandre - « l'antre des jaune et noir » - accueille régulièrement le logo du Top 14 et/ou du sponsor principal de la Ligue nationale de rugby (LNR). « Nous nous conformons au cahier des charges de la ligue qui peut les imposer pour les matches premium », confie Jérémie Latorre, stadium manager. Autrement dit, les matches susceptibles d'être l'objet d'une retransmission télévisée. Pour le confort du téléspectateur, les logos sont donc réalisés en 3D. « En revanche, depuis les tribunes, le spectateur, lui, voit le marquage en 2D », explique Jean-Michel Larroque, à la tête de Trace Sports, spécialisé dans le marquage publicitaire au sol.

 

Un marquage à l'anamorphose

« Nous utilisons la technique de l'anamorphose. Le visuel est réalisé selon un point, un angle, une hauteur et une distance ». C'est pourquoi, avant chaque application, il doit savoir où se situera la caméra qui fera face au logo et connaître les angles de prises de vues. L'application du produit doit être idéalement réalisée dans les 24 heures qui précèdent la rencontre et par temps sec. «Nous appliquons directement une peinture à l'eau - dont la composition est spécifique, protégée par un brevet - avec brosse et pinceau », et non plus par projection pour limiter l'apport de produit sur la pelouse. «Nous mettons 15 l pour 150 m² de surface, ce qui est très peu », reprend-il, concédant que « oui, cela altère un peu la qualité de la pelouse ». Ce que confirme également Jérémie Latorre (Stade Rochelais) qui ajoute tout de même que « le principal objectif étant que les produits appliqués ne soient pas dangereux pour les joueurs, en cas de plaie par exemple ». Les procédés de traçage sur pelouse peuvent être permanents ou temporaires. «Le visuel s'efface après l'application d'eau projetée à relativement haute pression ou par la tonte bien sûr », souligne Jérémie Latorre. Et Jean-Michel Larroque de préciser que « des peintures spécifiques sont aussi prévues pour une utilisation sur terrain synthétique ».

 

Des adhésifs dans les salles

Permanent ou temporaire, l'affichage publicitaire est également très employé sur les sols indoor. Il s'agit le plus souvent « d'un adhésif imprimé et recouvert d'un floor antidérapant », détaille -Sébastien Narbucci, gérant de Nakara Sport. «Il peut rester toute une saison, y compris dans les salles qui accueillent des équipes amateurs. Mais les maires sont souvent récalcitrants car la colle utilisée peut laisser des traces sur le parquet lorsque le marquage est ôté en fin de saison ». D'où également l'idée de recourir à l'affichage temporaire: «l'adhésif est le même », poursuit-il. «En revanche, la colle est différente, moins acide'' et le procédé ne va donc pas polymériser », c'est-à-dire, créer comme une « soudure », ni laisser de traces sur le sol. Idéal pour les équipes engagées dans différentes compétitions (championnats, coupes...), et qui doivent adapter à chaque fois l'affichage de leurs différents sponsors.

 

Pour les grandes salles place au cube

Dans les grandes salles, la tendance est également au... cubisme! Le cube étant ce multi-écran dynamique disposé au plafond et permettant l'affichage du score et d'éléments publicitaires. «Non, nous ne pouvons pas en installer dans toutes les salles », prévient d'emblée Anthony Boigné, analyste technique grands projets chez Bodet Time & Sport. La raison est simple: la structure doit être en mesure de supporter les deux tonnes du cube! « Un ensemble de calculs est donc réalisé en amont, pour déterminer si elle peut supporter ce poids, sachant aussi que des éléments extérieurs comme la neige doivent aussi être pris en compte. C'est pourquoi, il est nettement plus simple de prévoir un cube dans une salle neuve que dans une existante. On peut ainsi apposer des sections de poutres, les points d'accroches, les câbles (alimentation et fibre ou Ethernet), etc. » La hauteur entre le terrain et le cube vidéo est bien sûr différente selon les sports et précisée dans les cahiers des charges des ligues. Le système d'accroche repose sur des palans fixés à l'intérieur du cube, de façon à le monter au plus près de la charpente ou le descendre - hors utilisation - selon les besoins, avec une amplitude qui peut aller jusqu'à 5 mètres. Il existe également différentes tailles de cubes avec une superficie d'écran allant de 9 m² à 12 m², de façon à l'adapter au dimensionnement de la salle.

Autre paramètre technique à prendre en compte: la résolution. «En intérieur, il est préconisé de cibler des pitchs'' de 6 à 8 mm ». Un pitch correspondant à la distance qui sépare deux pixels. «Plus le pitch est faible, meilleure sera la résolution, permettant une lecture relativement procheavec un maximum de qualité », poursuit le technicien. Lequel rappelle, d'un point de vue pratique, qu'un «cube vidéo offre de grandes possibilités d'animations ». Autrement dit, non seulement, il doit correspondre à un besoin mais il nécessite aussi un pilotage spécifique par une véritable équipe de régisseurs.

 

En bord de terrain des leds mobiles et rembourrées

Il en va de même d'ailleurs pour l'installation d'une panneautique led « bord de terrain » qui accompagne souvent les cubes multi-écrans. «La technologie est la même qu'un cube ou qu'un écran géant », complète Anthony Boigné. Ces panneaux se présentent sous la forme de modules d'un mètre (ou 1,20 m) de long pour un poids variant de 20 à 50 kg. Ils sont assemblés les uns aux autres pour former ce que l'on appelle un « bord de terrain ». Ces modules sont recouverts d'une mousse pour amortir les éventuels chocs et limiter les risques de blessures en cas de contact avec un joueur emporté par son élan. Ils sont posés sur des pieds stabilisateurs et sont déplaçables aisément grâce également à des roulettes ou des poignées de transport.Il existe aussi des produits qui s'ouvrent telle une porte qui permettent un passage en cas de nécessité. Ce type de panneaux se retrouve également en stade extérieur, avec une différence toutefois au niveau de l'étanchéité. Indice de protection (IP) supérieur à 60 requis! À La Rochelle, ces panneaux sont disposés sur une dalle de béton, à 3,5 m de la ligne de touche, selon le cahier des charges de la LNR. «Ils sont fixes avec des parties amovibles et basculables, au niveau des issues de secours », précise Stephen Braud en charge de la manutention et des travaux au Stade Rochelais. «Quant à la puissance électrique, nous sommes sur 380 volts et nos bords de terrain sont séparés à chaque fois en deux, de telle façon que si nous avons une panne d'alimentation, elle n'affecte pas l'ensemble de la ligne ». Les câbles (alimentation et fibre) sont eux disposés en semi-enterrés dans des fourreaux bien distincts.

 

Des accroches sécurisées pour les écrans géants

Pour compléter sa panoplie vidéo, le Stade Rochelais met aussi à disposition de son public, trois écrans géants: un de 45 m² et deux de 24 m². Pas simple dans un « vieux » stade qui n'a pas été vraiment conçu pour recevoir de tels dispositifs.« On évite par exemple d'en disposer sur une surface qui recouvre beaucoup de réseaux souterrains », reprend Stephen Braud. «Le 42 m² qui pèse 4,5 tonnes, repose sur 6 m3 de fondations. Il est disposé sur un pylône métallique de 4 m, avec un châssis sur lequel est fixé l'écran, avec un passage prévu sur la partie arrière pour assurer la maintenance. Les deux autres écrans sont attachés à la structure de la tribune. Le tout, en lien avec un bureau d'études pour calculer le dimensionnement des accroches, le calcul des charges, etc. Et un bureau de contrôle pour vérifier la conformité de l'installation, pour la sécurité du public ». Bref, un indispensable travail d'équipe qui permet de sécuriser l'installation.

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