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6 conseils pour aménager vos parcours de trail

Sylvie Roman • sylroman@yahoo.fr

Mis à jour le à

Le trail urbain, c'est possible
Ni en pleine nature, ni tout à fait en ville: c'est le concept de l'agglomér ation de Besançon, qui a balisé onze circuits, qui démarrent du centre-ville ou à proximité immédiate. Ces parcours ne sont pas que sportifs; « ils mettent en valeur le patrimoine et les fortifications, et ont été conçus avec les services du tourisme, du patrimoine et des espaces verts », explique- t-on à l'agglomération. Les panneaux d'information comportent aussi un volet pédagogique (flore et faune, etc.), et la promotion de cette nouvelle pratique sportive est prévue dans les écoles, collèges et lycées, en lien avec les professeurs. «C'est un projet structurant pour l'agglomération », souligne-t-on.

Le PDIPR, indispensable protection juridique
Établi sous l'égide du conseil départemental, le PDIPR assure le recensement et la conservation du patrimoine des chemins ruraux en vue de la continuité de cheminement. C'est une protection juridiquequi donne lieu pour chaque tronçon, du domaine privé ou public, à un conventionnement entre les parties. Il y a donc transfert de responsabilité du maître d'ouvrage vers le conseil départemental, en cas d'accident d'un pratiquant par exemple. Se conformer au PDIPR permet d'avoir une analyse globale des aménagements, avant la création de tout nouvel itinéraire. En Isère, les collectivités locales bénéficient alors d'un accompagnement du CD 38: dans le choix de parcours, sur les longueurs, difficultés; le CD 38 prend alors en charge l'aménagement, la sécurisation et la signalétique à 100 %. > goo.gl/qKh4jy

6 conseils pour aménager vos parcours de trail

© Cyrille quintard

Face à l'augmentation des pratiquants, les collectivités tentent de s'organiser en créant et balisant des circuits de trail. Autant de typologies, de chartes graphiques, de niveaux de difficultés qu'il faut harmoniser tout en prenant en compte les contraintes juridiques liées à la propriété des espaces traversés.

Pour une collectivité qui se lance dans la création de circuits, le premier réflexe consiste en la consultation du plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée (PDIPR). Élaboré sous l'égide et la responsabilité des conseils départementaux, la quasi-totalité des départements en sont aujourd'hui dotés, soit des milliers de kilomètres référencés, et en général balisés et entretenus pour la pratique d'une activité sportive de nature. L'utilisation de ces sentiers permet une couverture réglementaire et juridique pour la commune (lire encadré), et un gain de temps considérable pour l'élaboration des circuits « dédiés » au trail.

 

Concerter les professionnels

Ensuite se pose la concertation avec l'ensemble des acteurs concernés, l'ONF, les exploitants forestiers, les associations de chasseurs, les bergers, mais aussi les associations ou fédérations de sports de nature... Une phase amont, à la fois essentielle et longue, et qui peut être réalisée en interne, ou portée par un délégataire de type parc naturel régional par exemple ou une entreprise spécialisée. Dans le parc naturel régional du Queyras (Hautes-Alpes), l'office du tourisme, chargé de la promotion de la pratique du trail, a ainsi mis en place un groupe de travail réunissant des agents du parc, des socioprofessionnels du sport et du tourisme, les organisateurs du Grand Raid du Queyras ou encore des spécialistes du paysage ou de la flore, etc. « Nous avons aussi travaillé en lien étroit avec les hébergeurs, afin de nous assurer qu'un accueil cordial serait réservé aux traileurs, constituant des sortes de relais pour diffuser les informations, des conseils sur les circuits, ou tous renseignements utiles », explique une des responsables de l'office de tourisme.

 

Panacher les difficultés

Deux pôles de trail (regroupant plusieurs circuits) ont tout d'abord été identifiés sur le territoire du parc, pour leur intérêt sportif, de dénivelés positifs et totaux, de difficultés, mais aussi pour leur intérêt paysager, touristique, culturel... « Des points à prendre absolument en compte pour tout nouveau tracé », explique encore la responsable du projet. Les deux premiers pôles aménagés, mais aussi le « kilomètre vertical » suivent les sentiers inscrits au PDIPR, et présentent un panel de circuits avec des difficultés diverses, afin de répondre au maximum aux attentes des pratiquants, et de faire découvrir ce sport à un public élargi. «Panacher les difficultés et le style des parcours est essentiel. D'autant que nous avons vraiment une mission d'animation et promotion du territoire », poursuit-elle. Mais même si de nombreux sportifs fréquentent les circuits, il est difficile de quantifier leur nombre, et les retombées économiques sur le territoire, en termes de nuitées supplémentaires, de locations ou achat de matériel, etc.

Assurer la sécurité

Sur des circuits balisés, la sécurité est primordiale, en raison de la vitesse des pratiquants. Les zones dangereuses doivent donc être évitées, ou aménagées (rondins de bois, barrièrage parfois). Pour cela, conclure un partenariat avec les clubs locaux, dont les pratiquants feront remonter tous les problèmes (disparition d'un panneau de balisage, sentier en mauvais état, raviné, etc.) est une bonne solution. En Corrèze, sur le Plateau des Millevaches, la ligue d'athlétisme régionale est à l'origine de la conception et du balisage des différents circuits (coût: 12000 euros), sous le label « Univertrail », conçus par le délégué régional Patrick Gaumondie. Une convention a été passée avec le club Bugeat Treignac Athlétisme et la communauté de communes, portant notamment sur le suivi et la surveillance des circuits. Par ailleurs, le club s'engage aussi à faire des animations autour du trail, organiser des sorties encadrées, et promeut la pratique, en lien avec la -Fédération française d'athlétisme, délégataire pour le ministère des Sports. La FFA a d'ailleurs lancé une formation pour les encadrants et enseignants de clubs d'athlétisme, pour valoriser le trail au sein des clubs.

 

Définir les besoins

Devant l'augmentation du nombre de pratiquants de la course de trail, des responsables de départements de l'Arc Alpin ont échangé sur leurs expériences et les problèmes qu'ils rencontrent. «En 2016, nous avons lancé une enquête via internet auprès des pratiquants du trail, à laquelle nous avons reçu 6000 réponses », explique Yannis Ameziane, responsable des sports de nature au conseil départemental de l'Isère. « Cela nous a donné une idée plus précise des besoins et des pratiques, du type de sportifs, de leurs attentes ». Notamment en termes de balisage, de longueurs et d'aménagements de circuits, d'animation ou de services attendus (site internet, référencement GPS, etc.). Une démarche d'autant plus intéressante, que la pratique du trail « de loisir » ne répond à aucune codification (pas de sentier GR par exemple).

 

Harmoniser les parcours

Cette première démarche consultative s'est traduite par un accord Afnor sur le trail, initié par les conseils départementaux de l'Isère et de la Savoie et soutenu par la FFA. Publié en juin 2017, il a associé plusieurs conseils départementaux, des syndicats professionnels et des entreprises de conception d'itinéraires. Au-delà de l'harmonisation sur l'élaboration des circuits: niveau de difficultés en fonction des longueurs, dénivelés, largeur et état des sentiers, l'accord préconise aussi de prévoir des parkings, zones de repos ou d'étirement. Il fait enfin le point sur les démarches à engager par les collectivités avant tout projet: la faisabilité technique et politique, mais aussi les éventuels conflits d'usages, par exemple entre pratiquants du VTT, de la randonnée et de la course! Ces conflits peuvent être réduits si les circuits se conforment au PDIPR, et qu'une concertation élargie a été menée en amont mais ils ne peuvent être totalement évités, et il convient aux sportifs de se conformer à des règles de « bonne conduite », règles qui peuvent être rappelées sur les panneaux d'information au départ des circuits.

 

Intégrer le numérique

Aujourd'hui, impossible d'échapper aux applications mobiles. C'est un point indispensable, surtout si la collectivité compte sur le trail pour la promotion de son territoire. Elle « permet le téléchargement des cartes, avec les difficultés, les points d'intérêts touristiques, ou de lecture du paysage », explique Alison Lacroix, responsable de Station de Trail, une entreprise de conception de circuits. Parfois comme pour les « kilomètres verticaux », elle permet de se chronométrer et de comparer son temps avec les autres pratiquants. L'application donne également des informations sur les hébergements, les magasins de sport, clubs, tout un panel de services, « clés en main » ou presque qui peuvent aider à faire du trail un outil de développement et de promotion du territoire.

 

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