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150 ans de tourisme sportif à Deauville !

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L’étude historique du tourisme en France, et plus précisément du tourisme balnéaire, démontre le rôle majeur du sport au sein de ce phénomène. Tourisme et sport, au regard de l’histoire, semblent donc intimement liés voire indissociables. À travers l’exemple de Deauville, nous verrons que sa stratégie de développement touristique, dès son origine, se base sur une offre sportive innovante tant en matière de pratiques, de spectacles que d’équipements. Si bien que l’on peut y déceler toutes les caractéristiques managériales du tourisme sportif contemporain.

« Dans la grande compétition mondiale des villes touristiques, il faut sans cesse personnaliser l’offre de séjours. Aujourd’hui, le sport est une performance, un magnifique spectacle dont les acteurs sont médiatiquement connus. Le sport attire de très loin des passionnés ou des amateurs qui aiment côtoyer des champions et vivre en direct des expériences (1) ». Ces propos tenus par le maire actuel de Deauville, Philippe Augier, témoignent de l’importance donnée au sport dans la stratégie économique et touristique de la ville mais plus largement du rôle du sport dans le développement du tourisme contemporain. Ceci dit, lorsque l’on étudie l’histoire du tourisme en France, notamment quand ce dernier se développe dans la seconde moitié du xixe siècle sur les littoraux (Pic, 2009), il ne fait aucun doute du rôle fondamental du sport au sein de ce phénomène mondain naissant (Corbin, 1995 ; Viard, Pottier et Urbain, 2002 ; Boyer, 2005). Les stations balnéaires naissantes intègrent délibérément l’activité sportive (Pécout et Birot, 2008) dans leur offre touristique afin de vendre un territoire sportif pour attirer les touristes mondains qui s’adonnent aux sports. À la fois acteur et/ou spectateur sportif, le touriste balnéaire par sa présence saisonnière impulse en conséquence un mode de vie estival construit sur les loisirs et le sport qui transforme le littoral en un territoire touristique sportif.

Tourisme et sport, au regard de l’histoire, semblent donc intimement liés voire indissociables. Si, bien entendu, nous ne parlons pas encore de tourisme sportif, le terme apparaîtra dans les années 1980, certains usages touristiques balnéaires courants pourtant s’y rapportent. Les touristes mondains fréquentant les plages viennent pour s’adonner aux loisirs dont les sports en vogue de l’époque : tennis, golf, vélocipédie, escrime, automobile, voile, nage. N’est-ce pas alors une forme de tourisme sportif ? (De Knop, 1987, 1990). La venue de touristes le week-end pour assister aux courses de chevaux ou aux courses automobiles grâce à la mise en place des trains de plaisir à partir des années 1880-90 n’entre-t-elle pas non plus dans le tourisme sportif ? (Hall, 1992, Pigeassou, 1999). Nous postulons donc comme hypothèse que le terme de tourisme sportif est finalement une théorisation contemporaine de pratiques touristiques passées et de stratégies managériales touristiques déjà menées par les acteurs locaux il y a plus de 100 ans. Le tourisme sportif, dans le cadre du tourisme balnéaire, existerait donc dès l’origine de la mise en loisirs du littoral.

Pour démontrer notre hypothèse, nous prendrons l’exemple de Deauville, station balnéaire du Calvados, mondialement connue et emblématique de la mutation du littoral normand (Désert, 1983 ; Gandin, 2009) en territoire de loisirs sportifs. Quant au choix méthodologique, nous nous appuierons sur l’analyse d’un corpus de presse locale (de 1860 à 2014) permettant, d’une part, de mener une étude historique des différentes initiatives menées en matière de tourisme sportif et, d’autre part, d’exposer les stratégies contemporaines (à partir des années 2000). L’histoire de la ville permet alors de mieux saisir les choix sportifs et touristiques d’aujourd’hui.

Érigée au cours du xixe siècle, Deauville illustre la détermination de personnages, le plus souvent issus de l’aristocratie et de la bourgeoisie parisienne, de « fabriquer » ex nihilo une véritable ville moderne de haut standing consacrée uniquement aux loisirs et aux sports. Se saisissant des besoins de cette « classe de loisir » (Veblen, 1899) pour mener à bien leur projet touristique, ces acteurs envisagent le loisir, au sens large, comme une ressource économique. Ce qui impose des choix comme la prédominance des investissements sportifs qui concourent à la fabrique d’une notoriété sportive (Hautbois et Desbordes, 2008 ; Meyronin, 2012). Deauville s’autoproclame « La Reine des Sports » à la fin du xixe siècle. Cette identité touristique sportive, bâtie au fil des ans, demeure toujours aujourd’hui une priorité comme le déclare le maire : « la stratégie de Deauville consiste à faire de la pratique sportive un outil-marketing en vue de créer de l’événement, de l’image et de l’attractivité (2) ». En témoigne le slogan Deauville, la passion du sport. Cette volonté de développement touristique par le sport s’est caractérisée au cours des décennies par la détermination des acteurs locaux d’investir, d’équiper, d’animer et de promouvoir la station autour du sport. Ainsi, si l’on parle d’un point de vue managérial, la station met en place, dès sa création, des stratégies de développement de son territoire autour du sport qui perdureront dans le temps : une stratégie de promotion de la station pour fabriquer une image sportive, un financement des sociétés sportives locales, un partenariat avec les sociétés privées, une politique événementielle de spectacles sportifs et une politique de construction d’équipements sportifs. Cette démarche volontariste, qui apparaît clairement comme une constante dans l’histoire de la ville, occasionne alors continuellement des innovations sur le plan de l’offre touristique et sportive. C’est-à-dire la création de nouveautés permettant d’améliorer les services de la station afin de renforcer son pouvoir d’attractivité (Gagnon, 2007) et donc au final de prospérer (Hillairet, 1999). Innovations en termes d’équipements structurants (gare, port, hôtels, aéroport), d’équipements de loisirs (casinos, hippodromes), d’équipements sportifs (golf, tennis, piscine…), d’offre sportive (diversification des pratiques) et d’événements sportifs.

I • Des sportmen aux origines de Deauville

Deauville est née d’un projet ambitieux, puisqu’il s’agissait de créer de toutes pièces une station balnéaire destinée aux loisirs mondains. Les investisseurs fortunés qui s’impliquent dans cette réalisation, baptisés sportsmen par la presse, sont des passionnés d’équitation et de courses hippiques (le turf) qui possèdent de nombreuses écuries et investissent dans ce monde équestre (vente de yearlings). Anglomane, le sportman insuffle un nouveau style de vie, calqué sur celui de l’aristocratie britannique, basé sur l’entertainment, le plaisir, le loisir et la pratique sportive. Ces premiers hommes qui investissent dans la station connaissent donc parfaitement les usages et les pratiques de cette société mondaine ce qui les conduit à intégrer l’offre sportive dans leur stratégie de développement touristique.

À Deauville, le groupe d’investisseurs se compose de Joseph Ollife, médecin à l’ambassade d’Angleterre et principal actionnaire du casino de Trouville, d’Armand Donon, directeur de banque et du Duc de Morny, député, demi-frère de l’Empereur Napoléon III et principal promoteur des courses hippiques en France (Barjot, Anceau, Stoskopf, 2010). En décembre 1859, Donon et Olliffe se portent acquéreurs de 240 hectares de terrains en bord de mer moyennant 800 000 francs. Pour commercialiser et valoriser les terrains à bâtir, les deux hommes fondent la Société des terrains de Deauville. Le Duc de Morny assure, quant à lui, la promotion de l’opération auprès du groupe financier Morny-Delahante, qu’il dirige. Le journal trouvillais La Plage du 29 juillet 1860 révèle l’ambition et la grandeur du projet : « Une ville nouvelle va s’élever dans les immenses terrains qui se trouvent de l’autre côté de la Touques […] Un casino à proportions grandioses est décidé, des grandes rues, des boulevards et pour compléter un hippodrome dont la piste sera de 1 800 m, une église, une mairie, voilà ce qui va s’élever très prochainement dans les terrains du Marais (3) ». Aussi, dans le but de vendre cette future cité, les investisseurs via la presse locale font appel aux spéculateurs et financiers : « Vous qui cherchez une bonne opération, reposant sur des bases solides, avec la certitude de ne pas perdre vos capitaux, je vais vous indiquer une affaire unique […]. Apprenez qu’il existe entre Pont-l’Evêque, Trouville et le vieux Deauville un espace plan, ayant 16 kilomètres de longueur, 4 kilomètres de largeur, parfaitement placé entre deux collines […] La situation est admirable ; il ne faut, pour la rendre féconde, que l’intelligence, qui peut tout, et le capital, qui est la puissance sans laquelle on ne peut rien4 ». Grâce à cette communication et aux réseaux parisiens de De Morny, pas moins de 80 lots sont rapidement vendus à de riches familles de propriétaires fonciers, à des banquiers ou encore à des agents de change (Cueile, 2004). Si bien qu’entre 1860 et 1864, Deauville sort de terre. Une quarantaine de villas, un établissement de bains, un casino, un hippodrome, un grand hôtel et surtout une gare sont érigés permettant la venue de cette nouvelle population saisonnière (5 heures de train depuis Paris). Investissant en nombre le territoire deauvillais, cette clientèle impose à la station de s’adapter continuellement afin de ravir ces « Gens du Monde »5 demandeurs de loisirs, de luxe, d’extravagance et d’événementiel. D’où, au fil des années, une offre d’activités culturelles (théâtre, music-hall, opéra, bal, concert classique) et sportives de plus en plus diversifiée cherchant à occuper les « étrangers » présents sur place mais aussi à en attirer de nouveaux6. En effet, au même moment, c’est tout le littoral basnormand qui se mue en territoire touristique : Trouville, Deauville, Villers/Mer, Houlgate, Cabourg, Riva-Bella (Désert, 1983).

II • Une priorité et une nécessité : offrir des sports aux touristes

Plébiscité par l’élite mondaine, le sport constitue un enjeu clé dans la politique touristique de la station, d’autant plus qu’une concurrence avec les autres grandes stations françaises et européennes apparaît. Le journal Trouville-Deauville s’en fait l’écho : « Le danger que nous signalons d’ores et déjà est né de la concurrence que font à nos plages, la côte d’Argent, la Bretagne et surtout les plages étrangères. La lutte est engagée, d’autant plus acharnée, que les intérêts en jeu sont considérables. Il nous appartient d’en être les vainqueurs (7) ». Si la représentation d’un marché concurrentiel international semble quelque peu excessive, à l’échelle régionale, le développement du tourisme détermine bel et bien l’avènement d’une concurrence littorale. Les enjeux d’image et, plus largement, les enjeux économiques naissants liés au fait sportif (c’est le début d’une industrie autour du sport) conduisent donc les responsables politiques, les investisseurs et les acteurs touristiques à proposer de plus en plus d’activités et de compétitions sportives dans leurs programmations estivales. Si bien qu’en août 1912 le journal Les Échos de Deauville n’hésite pas à écrire à ce sujet : « Il n’y a qu’un pays au monde aménagé spécialement pour la satisfaction de tous les sports, c’est Deauville. Tout y est joué et sur tous les terrains (8) ». Comment la ville en est-elle arrivée à cette image de sportive ?

Bien entendu, le site balnéaire conduit à la prédominance des sports de plein air. La mer, premier espace de pratique investi par la mode des bains, offre par la suite la possibilité aux touristes de s’adonner simplement à la baignade, sous la surveillance des maîtres-baigneurs, voire de nager pour les plus sportifs. L’aménagement du port en 1866 et la création du Deauville yacht-club (1928) permettent à l’élite mondaine de pratiquer le yachting, activité distinctive par excellence. Dès les années 1870, Deauville multiplie les courses de plaisance, de yachts à voile, d’avirons et par la suite de canots automobiles via la Seine (de Paris à la mer). Afin de séduire sa clientèle, Deauville décide d’innover en proposant des nouvelles pratiques anglaises en plein essor comme le golf et le lawn-tennis. Fondé en 1899 à l’initiative du comte Florian de Kergolay, président du comité des courses locales, le golf de Deauville (9) « offre une attraction supplémentaire aux représentants de la société mondaine parisienne mais aussi aux étrangers qui viennent l’été à Deauville » (10). Sa cotisation annuelle extrêmement coûteuse et son système de parrainage en font une pratique sportive réservée à l’élite balnéaire. Comme l’écrit L’Écho des Plages en 1912 : « Le succès du golf ne se dément pas. Sur les 18 trous réservés aux hommes et les 9 proposés aux femmes, se sont retrouvés des passionnés rivalisant d’élégance » (11). On dénombre alors 600 membres actifs. De nombreuses compétitions y sont organisées : Prix du golf, Challenge cup, Prix de Varaville, Prix Baudrier…

Autre sport adopté, le lawn-tennis, le plus aristocratique des sports selon la presse. Il est vrai que ce dernier reste, jusqu’aux années 1930, le symbole d’une aristocratie balnéaire qui défend ses traditions anglophones (on parle anglais sur le court). Il est d’abord pratiqué sur la plage à marée basse, puis dans l’enceinte du casino ; la municipalité construit en 1912 un complexe tennistique de 22 courts en face du casino le long de la plage. Le Sporting-Club (présidé par le roi de Grèce et le Prince Murat) s’érige ainsi en un lieu de sociabilité permettant à ses pratiquant(e)s de se distinguer des autres groupes sociaux (moyenne et petite bourgeoisie) qui commencent à investir le littoral (Rollan, 2004). Signe du standing du club, le professeur attitré est le champion du monde professionnel, l’américain Thomas Burke.

Cette diversité des pratiques sportives fait la fierté du maire qui déclare en juillet 1939 : « Deauville est la ville d’eau qui offre à ses visiteurs le plus de possibilités de distractions, que les sportifs ont en dehors des courses, le polo, le golf, le tir aux pigeons, le tennis, le yachting et la nage, que les cavaliers ont des pistes excellentes (12) ». Il est vrai que la ville, pour développer ces sports qui « concourent à la prospérité et au renom d’élégance (13) » de la station, apporte son soutien financier aux différentes sociétés sportives grâce aux ressources provenant de la taxe de séjour et des 10 % sur la cagnotte du casino. Ainsi, en 1925, 4,5 millions de francs sont alloués à la construction d’équipement (hippodrome) et aux sociétés sportives (tir aux pigeons, yachting, tennis, golf, polo). Nous voyons bien que la stratégie de Deauville, au moins jusqu’aux années 50/60, vise à renforcer son image de sportive mais à partir de pratiques clairement distinctives symboles d’une culture mondaine mettant en exergue le raffinement, la courtoisie, l’élégance, le luxe.

Néanmoins, si cet élitisme sportif prédomine, on note en parallèle l’apparition dans la station de pratiques sportives populaires beaucoup plus rustiques contrastant avec les élégances mondaines. En témoigne, la création de l’Association Sportive de Trouville-Deauville (ASTD) en 1900. Cette association répond à la volonté municipale de réunir à travers le sport, la jeunesse des deux communes mais surtout de proposer des activités moins onéreuses à sa population locale. Ainsi, selon les années, l’ASTD propose du cross-country, du cyclisme, du basket-ball, de la natation et surtout du football dont l’équipe devient rapidement une des meilleures de la région. Pour satisfaire ses sportifs de plus en plus nombreux, le club et la ville décident de construire en 1933 un stade de football équipé d’une piste cycliste. Malgré quelques difficultés à trouver des financements (l’Union des commerçants de la ville refusera par exemple de donner une subvention s’attirant ainsi la colère du maire), le stade grâce à « la qualité de son terrain et au confort de ses spacieuses tribunes (14) » devient une référence régionale. On assiste donc à l’émergence d’une pratique sportive annuelle, locale et compétitive. Pratique qui s’accroît avec l’apparition d’un second club omnisports, l’Avant-garde Deauvillaise, composé de six sections : gymnastique (années 1940), hand-ball (1958), tir sportif (1969), volley, badminton et tennis de table (15). Ainsi, au fil des années, une culture corporelle autour du plein air s’est diffusée au sein de la station à travers la gymnastique féminine (expérience de la Palestra de Hébert en 1919), la gymnastique scolaire, les clubs de plage (club des canards et des dauphins en 1927), la diversification de l’offre sportive renforçant alors cette image de station sportive été comme hiver. 

III • Innover par l’événementiel sportif : une permanence

En plus d’offrir une diversité de pratiques sportives, une des clefs de la réussite de la station concerne ses stratégies promotionnelles autour de ces dernières. Nous trouvons d’abord tout un arsenal de moyens de propagande touristique, terme de l’époque et ce que l’on nomme aujourd’hui communication, visant à sublimer la station afin de générer du désir chez le touriste. Cela se matérialise tour à tour par la publication d’un guide, d’une brochure, de journaux balnéaires vantant les atouts sportifs ; par l’annonce dans la presse des personnalités membres des principaux clubs ; par l’affiche touristique promotionnelle mettant en scène le caractère sportif et mondain du site. Autre moyen privilégié, la mise en place d’une politique événementielle autour de festivités sportives en vue de proposer sans cesse de la nouveauté, du grandiose, du sensationnel et ainsi renforcer sa réputation touristique.

A – Et Deauville devint une terre de cheval

Promoteur des courses hippiques en France, de Morny ne pouvait oublier le cheval à Deauville. Si les premières courses, en août 1863, se déroulent sur la plage, le 15 août 1864 est inauguré l’hippodrome de Deauville-La Touques (Aublet, 2014). La société des courses de Deauville, qui gère l’équipement, multiplie alors les journées de courses (de 2 en 1864 à 14 en 1928) (16). Devant le succès de ces courses, véritable attraction touristique qui génère beaucoup d’argent, la municipalité et la société des hôtels et casinos de Deauville financent la création d’un second hippodrome en 1928 (hippodrome de Deauville Clairefontaine) permettant de multiplier mais aussi de diversifier les courses (trot, attelé). La gestion et l’organisation des courses sont confiées à des sociétés privées (la société des courses du Pays d’Auge et la société des courses de Deauville) qui se chargent de proposer les plus belles réunions de la région (Le Grand Prix de Deauville crée en 1871 en est un exemple). Ces personnalités du monde du cheval, soutenues financièrement par la ville, ambitionnent de faire de Deauville un haut lieu du cheval en France. En effet, parallèlement aux courses, d’autres pratiques équestres se diffusent. L’équitation bien sûr mais surtout le polo dont le premier match a lieu en 1895 avant même la création du Deauville international polo club en 1907 par le banquier Robert de Rothschild et le duc de Guiche, industriel et scientifique. Pratique élitiste et symbole aristocratique (le roi Alphonse XIII d’Espagne viendra y jouer en 1922), Deauville devient la capitale du polo en France et une référence dans le monde.

B – L’automobile et l’aviation : symboles de la modernité sportive de la ville

Toujours à la recherche de nouveautés sportives, afin de promouvoir la station, Deauville, par l’intermédiaire de la société du Casino, organise différentes manifestations automobiles et aéronautiques de grande ampleur. Le sport automobile, qui en est à ses balbutiements au début du xxe siècle, devient un moyen pour la station de présenter à son exigeante population touristique, un spectacle symbole de la modernisation et de l’industrialisation du pays. Ainsi, en septembre 1901, une première course est organisée, la course du mile, comportant cinquante participants. Près de 9 000 spectateurs suivent alors les exploits des pilotes. Par leur nouveauté et leur caractère spectaculaire, ces manifestations connaissent un large succès auprès d’un public balnéaire en attente de sensations et, par la même occasion, contribuent à la renommée de la station. En août 1902, le journal L’Auto-Vélo réitère l’initiative sous la forme du record du kilomètre lancé. La presse locale collabore à la promotion de cet événement en publiant plusieurs chroniques sur le déroulement de l’épreuve mais surtout en vantant la nouveauté et le sensationnalisme de cet événement : « les heureux deauvillois et les Parisiens qui pousseront jusqu’à Deauville auront en effet une orgie de vitesse comme on en voit peu (17) ». Le succès est au rendez-vous puisque 120 concurrents s’affrontent devant près de 10 000 spectateurs. Devant une telle réussite, L’Auto-Vélo renouvelle l’expérience en juillet 1903, avec deux nouvelles courses : mile et 500 mètres pour motocyclettes, voiturettes, voitures légères et grosses voitures. Enfin, couronnement de cette mise en spectacle du sport automobile, la création le 19 juillet 1936, d’un Grand Prix automobile de vitesse. La ville profite de l’annulation des 24 heures du Mans, conséquence des grèves qui paralysent l’industrie automobile pour organiser son Grand Prix. Un comité, composé du maire Robert Fossorier, du président du syndicat d’initiative, Louis Le Loet et de l’industriel Armand Esders (18), s’associe avec l’Automobile Club de l’Ouest, créateur des 24 heures depuis 1923, et le journal Le Matin pour organiser ce Grand Prix. La nouvelle de cet événement enthousiasme la presse locale qui y voit une occasion de joindre sport et tourisme : « un circuit automobile n’est pas une simple manifestation sportive, c’est un événement et quand il se situe à Deauville, il est à la fois du domaine des sports et de celui des mondanités (19) ». Malgré son succès, 30 000 spectateurs, cette course qui devait s’installer durablement dans le calendrier sportif deauvillais ne sera pas reconduite suite à l’accident mortel de deux pilotes qui choque l’assistance mondaine et nuit à l’image de la ville.

Autre type d’événements sportifs spectaculaires s’inscrivant dans cette recherche d’événementielle, les meetings d’aviation (Moisy et Sochon, 2014). Le premier a lieu en 1910, il s’agit de la Quinzaine d’aviation de la baie de Seine organisée par l’aéro-club de France, de Normandie et de la société des fêtes de Deauville. En août 1913, c’est la course d’hydro-aéroplanes Paris-Deauville qui attire la foule balnéaire sur la plage. Pendant la semaine du meeting, les milliers de spectateurs voient s’affronter les meilleurs aviateurs sur des épreuves d’endurance et de vitesse, supports à de véritables prouesses sportive et technologique. La création de l’aéroport en 1931 (avec ses 4 pistes), financé par l’État, la ville et des promoteurs privés dont le plus célèbre, Armand Esders (20), permet à la ville de s’ouvrir à l’international et d’offrir à ses touristes plusieurs manifestations aériennes dès la saison 1932 : coupe Armand Esders, course Deauville-Cannes aller/retour courue entre 1934 et 1936, un meeting international d’aviation en 1948 ou encore le Meeting du centenaire en 1961. Enfin, n’oublions pas qu’à côté de ces grands événements exceptionnels, jusqu’aux années 1930, d’autres manifestations sportives ont lieu comme les galas de boxe, de catch ou les championnats internationaux d’escrime, organisés dans le casino. Comme nous le voyons, cette stratégie d’événementiel sportif répond à une logique promotionnelle des acteurs locaux participant à la fabrique d’une notoriété en termes de spectacles sportifs, véritable outil de conquête des touristes. Ce qui est intéressant c’est de voir qu’aujourd’hui encore l’événement sportif est au coeur de la stratégie marketing de la ville (Chazaud, 2001).

C – Une volonté actuelle : développer le tourisme sportif par l’organisation de grands événements sportifs

Si Deauville s’engage dans une politique d’événementiel sportif c’est d’abord parce qu’elle possède déjà une grande expérience dans l’organisation de grands événements culturels (Festival du film américain, Festival du film asiatique) ou politiques (le G8 en 2011). Enfin, cette problématique est chère à Philippe Augier (21), son maire, qui à la demande du président Sarkozy, rédigea en 2009 un rapport intitulé « Les grands événements, outil stratégique et levier de croissance pour la France ». Depuis quelques années, la ville souhaite faire de la pratique sportive un nouvel outilmarketing fort à travers une politique d’organisation et d’accueil de grands événements sportifs venant ainsi renforcer son attractivité culturelle, parisienne (22) et religieuse (23). Les objectifs de cette stratégie d’événementiels sportifs (Bessy, 2013) consistent à maximiser son image via les médias pour obtenir un développement touristique et économique. Cette volonté de perpétuer sa tradition se caractérise par l’organisation d’événements sportifs typiques de son histoire : le polo, la voile.

Ville de tradition nautique et deuxième port de plaisance de Normandie la municipalité de Deauville a organisé en 2014 la semaine de départ de la 45e édition de la Solitaire du Figaro en partenariat avec Pen Duick, Deauville yachtclub, Port Deauville, Deauville Tourisme et l’hippodrome de Deauville-la-Touques. La ville s’est de nouveau engagée pour les éditions 2016 et 2018. Comme l’explique Pierre Bojic, directeur général de Pen Duick, organisateur de l’événement, le choix de Deauville a été dicté par son savoir-faire en matière d’événements mais aussi par sa capacité à attirer les touristes : « Deauville ville départ apporte à la course un beau bagage. Elle a pour elle une renommée internationale pour attirer de très loin, le savoir-faire de l’événement et le « savoir-recevoir ». Deauville a aussi l’atout de la proximité avec de grandes villes et métropoles en Normandie (Rouen, Le Havre, Caen), avec le bassin parisien, le grand nord ouest de la France (24) ». Au-delà de la performance sportive, l’accueil de cet événement vise à fidéliser les touristes comme l’envisage le maire : « Le village départ donnera envie à tous, nous l’espérons, skippers, organisateurs, visiteurs et sponsors de revenir à Deauville ». Pour ce faire, durant une semaine (29 mai-8 juin 2014), se sont multipliés, rencontres, animations sportives (zumba, fitness, initiation au paddle et optimiste), concerts car l’idée des organisateurs est de faire de cette semaine un véritable événement attractif pour le public et les partenaires.

Autre sport à l’honneur, le polo. La Lucien Barrière Polo Cup, jouée en août et gérée par le Deauville international polo club, figure aujourd’hui parmi les plus importants tournois du circuit mondial. Autre grand événement à fort impact touristique (565 000 spectateurs), les Jeux mondiaux équestres d’août 2014. Faisant partie des cinq sites normands retenus, témoignant de sa popularité équestre, Deauville, en tant que terre de polo, a accueilli une démonstration sous la forme avec d’un match junior mixte et d’un match professionnel (équipe de France contre reste du Monde). Au cours de cette journée, des animations permettaient au grand public de découvrir le polo et la culture argentine (référence mondiale en termes de polo). Cet événement des Jeux Mondiaux, au-delà du caractère sportif, a permis à Deauville de s’inscrire dans une stratégie économique et touristique de développement du territoire normand (25) autour du tourisme et du cheval. Cela se traduit par un programme de développement et de promotion du maillage régional des itinéraires de tourisme équestre, par le renforcement de l’offre de tourisme autour du cheval, par un programme de professionnalisation des acteurs du tourisme lié au cheval et par la promotion et la mise en marché des produits touristiques liés au cheval.

Enfin, depuis 2012, un Triathlon international a lieu. Troisième de France, eu égard au taux de participation (2700 inscrits), ce triathlon, comme l’écrit Philippe Augier, « est un formidable levier de communication pour le tourisme sportif que la ville s’attache à développer depuis plusieurs années tant à travers la construction d’infrastructures de haute qualité que par l’accueil qu’elle réserve aux grandes manifestations sportives (26) ». Deauville s’engage donc sur des événements sportifs à la portée médiatique nationale et internationale offrant des opportunités de promotions touristique, sportive et politique. Deauville fut ainsi ville d’arrivée d’une étape du Tour de France en 1948 et 1979.

IV • Des équipements innovants au service de tous les sportifs

Comme nous l’avons montré, Deauville a toujours été dans une dynamique innovante en matière d’infrastructures touristiques permettant d’optimiser son attractivité. En proposant au fil des années des équipements structurants toujours plus luxueux (hôtel Normandy en 1912, hôtel Royal en 1913, aéroport international en 1931), des équipements de loisirs de standing (casino en 1912), elle s’est constitué un patrimoine architectural façonnant l’image de la station. L’équipement sportif s’inscrit pleinement au sein de cette structuration spatiale puisqu’il modèle le front de mer : piscine, tennis, port de plaisance, centre équita-

tion, école de voile. Or, face à un front de mer historique, classé en Zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP (27)), Deauville a choisi d’aménager de nouveaux espaces pour amplifier son offre sportive. Ainsi, l’entrée principale de la ville est devenue un lieu de concentration d’équipements sportifs (hippodrome, parc des loisirs, pôle équestre, pôle omnisports) qui s’inscrit plus globalement dans un projet de rénovation urbaine de la presqu’île de la Touques (28). Ces équipements destinés aux sportifs locaux s’inscrivent également dans la politique événementielle de la ville car ils permettent la venue d’équipes professionnelles, propice à attirer le public.

A – L’équipement tennistique : entre patrimoine et innovation

Le tennis a une longue histoire à Deauville. C’est en 1912, qu’un complexe tennistique est construit en face du casino le long de la plage comprenant 22 courts. Si cet équipement de 1912 existe toujours, un nouveau projet de grande ampleur, situé sur un autre site derrière l’hippodrome, est en cours de réalisation. Il s’agit de la construction pour 2016 d’un complexe tennistique unique en son genre puisqu’il sera composé de 15 courts en gazon naturel. La référence à l’Angleterre et à la tradition tennistique mondaine est ici clairement assumée. Porté par l’association du lawn-tennis club, plusieurs partenaires se sont engagés dans le projet : la ville de Deauville, le conseil régional Basse-Normandie, le conseil général du Calvados, la Fédération française de tennis – FFT –, la communauté de communes Coeur côte fleurie et des investisseurs privées. Déjà baptisé « mini- Wimbledon », le complexe s’étalant sur six hectares comprendra un central pouvant accueillir jusqu’à 6 000 spectateurs et un club-house de 700 m². Coût de l’opération : 4 millions d’euros, pour des retombées estimées à 6 par an. Il sera ouvert aux amateurs, aux scolaires et aux professionnels puisque comme le déclare Philippe Augier « cet équipement doit permettre à la fois la pratique de tous et l’organisation d’événements majeurs (29) ». Dans cette logique événementielle, le président de la FFT, Jean Gachassin, s’est engagé, d’une part, à participer modestement au projet à hauteur de 150 000 euros et d’autre part, à faire venir les meilleurs joueurs français en vue de leur préparation pour Wimbledon. L’organisation d’un futur tournoi Challenger (30) est également à l’étude, car la refonte du calendrier ATP 2015 prévoit non plus 2 semaines mais 3 entre Roland-Garros et Wimbledon. Si ce complexe original et innovant servira de « vitrine exceptionnelle pour le département et la région (31) », nous pouvons nous questionner sur plusieurs points. Tout d’abord sur l’opportunité de construire un tel équipement dans une région où la météo est des plus capricieuses. Ensuite, l’intérêt d’un tournoi alors qu’il en existe déjà 3 sur herbe avant Wimbledon (Queen’s, Halle, Hertogenbosh). Enfin, comment le rendre viable ? Toujours est-il que ce complexe innovant inscrira Deauville dans les hauts lieux du tennis en France, perpétuera une longue histoire tennistique commencée il y a plus d’un siècle, offrira de nouveaux services à la population estivale et renforcera son image de ville sportive.

B – Le Pôle International du Cheval : le « Clairefontaine » de l’équitation

Haut lieu du cheval, Deauville a investi en 2010 près de 9 millions d’euros (sur un total de 11,5) dans son Pôle équestre. « Nous voulons créer un lieu d’envergure internationale qui réponde aux ambitions de toute la filière équine, aux besoins de la compétition de haut niveau et aux attentes d’une population passionnée de cheval (32) » assure le maire Philippe Augier. Cet équipement répond à la fois à la dynamique créée par le Pôle de compétitivité filière équine pour défendre la place de la région Basse-Normandie sur le plan international, mais aussi aux besoins en équipements de qualité exprimés par les professionnels du cheval, et à la stratégie de développement économique de la ville. Ce nouveau complexe équestre permet à Deauville de conforter sa vocation de sites d’entraînement et d’apprentissage, de poursuivre le développement de son calendrier de manifestations et de devenir un pivot permanent de la filière équine normande. Les infrastructures luxueuses, il est vrai, témoignent des ambitions deauvillaises. Sur 8 hectares, nous trouvons 3 manèges dont un aux normes olympiques, une tribune couverte de 875 places, des espaces

réservés sponsors, une salle de soins, un restaurant, trois carrières dont une de 6 000 m2 avec gradins, des paddocks de 2 600 m2 et 200 boxes démontables. Ouvert toute l’année, le Pôle a vocation de centre d’apprentissage, de lieu de formation aux métiers de la filière et d’organiseur d’événements d’envergures nationale ou internationale. En accueillant les meilleurs cavaliers français, le Pôle se veut un « Clairefontaine » de l’équitation.

C – Le Pôle OMni’Sports : un équipement au service des sportifs locaux et internationaux

Le Pôle omnisports de Trouville-Deauville – POM’S – a été inauguré en décembre 2009. Située à l’entrée de Deauville, à côté du stade de football du Commandant Hébert, la structure s’étend sur 2 500 m2 et son coût a avoisiné les 5,5 millions d’euros. Comme nous l’a précisé Pierre-Alain Duplais, maire-adjoint aux sports, « le POM’S s’inscrit dans une réflexion globale concernant le fonctionnement et le rôle urbain du parc des sports à l’intérieur duquel le nouvel équipement se situe (33) ». Cet équipement d’envergure composé d’une salle de sports collectifs, d’un dojo, d’une salle de tennis de table, d’une salle de boxe et de musculation est destiné à différents publics. Tout d’abord les licenciés des deux clubs omnisports : l’Avantgarde Deauvillaise et l’Association Sportive de Trouville-Deauville : judo, tennis de table, badminton, volley-ball, hand-ball, karaté, boxe. Il sert ensuite aux activités sportives scolaires des écoles primaires de la Communauté de communes et aux établissements du secondaire. Enfin, le Pôle accueille des sportifs de haut niveau à travers des stages d’équipes nationales. Grâce à sa salle de sports collectifs aux normes internationales, le POM’S peut accueillir des équipes nationales en stage ou bien organiser des rencontres internationales. Une première convention a été signée en 2010 avec la Fédération Française de Basket-Ball en vue d’accueillir l’équipe de France féminine lors de ses préparations. Un partenariat s’est également engagé avec la Fédération Française de Hand-ball qui a envoyé en stage son équipe masculine des moins de 17 ans garçons (juin 2013), son équipe féminine des moins de 20 ans (mars 2014) et son équipe senior féminine (octobre 2014). Enfin, grâce à son complexe footballistique (2 terrains synthétiques, un terrain d’honneur en herbe, 2 autres terrains en herbe), situé dans le parc des loisirs non loin du POM’S la ville a accueilli depuis 2004 plusieurs équipes professionnelles en stage de présaison : PSG (2004), Olympique de Marseille (2009), Stade Malherbe de Caen (2012) et l’équipe de France Espoir (2013). Tous ces stages, dont certains entraînements sont ouverts au public, sont souvent accompagnés de rencontres amicales, permettant de mobiliser la population sportive locale et touristique.

Conclusion

Comme nous l’avons vu, le sport depuis 150 ans occupe une place centrale dans la stratégie touristique de Deauville. Cela s’est traduit dès l’origine par une politique promotionnelle, par un financement des clubs et des événements sportifs, par une politique d’équipements sportifs, autant de volontarisme que l’on retrouve aujourd’hui sous le nom de tourisme sportif. L’offre sportive proposée par les acteurs locaux a donc perpétuellement évolué, et ce sous l’effet d’innovations, c’est-à-dire d’une volonté de créer de la nouveauté pour devenir plus attractive tant en termes de pratiques, d’événements que d’équipements. Cette prédominance de l’offre sportive surtout mondaine a permis la fabrique d’une notoriété sportive (Deauville, la Reine des sports) participant à sa visibilité nationale et internationale. Le sport incarne donc pour la station une ressource territoriale (Gumuchian et Pecqueur, 2007) dans le sens où l’on perçoit clairement les caractéristiques construites du territoire (loisirs, sports). Si bien que l’on peut légitimement se poser la question de la pertinence d’une définition du tourisme sportif dans le cadre de Deauville tant le sport y est intimement lié que se soit dans le cadre de son essor que dans son offre actuelle.

 

Bibliographie 

Aublet, Y. (2014). Deauville passion cheval : 1864- 2014. Cabourg : Cahiers du Temps. 

Barjot, D., Anceau, E. et Stoskopf, N. (2010). Morny et l’invention de Deauville. Paris : Armand Colin. 

Bessy, O. (2013). L’innovation dans l’événementiel sportif. De l’attractivité touristique au développement territorial. Voiron : Territorial Éditions. 

Boyer, M. (2005). Histoire générale du tourisme du xvie au xxie siècle. Paris : L’Harmattan. 

Corbin, A. (1995). L’avènement des loisirs (1850- 1960). Paris : Aubier. Cueile, S. (2004). Les stratégies des investisseurs : des bords de ville aux bords de mer. In Situ, 2004/4. 

Chazaud, P. (2001). La place du sport dans les stratégies marketing locales. Pouvoirs Locaux, 49, 58-66. Hautbois, C. et Desbordes, M. (2008). Sport et marketing public. Paris : Economica. 

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Gagnon, S. (2007). Attractivité touristique et sens géo-anthropologique des territoires. Téoros. Revue de recherche en tourisme, 26-2, 5-10. 

Gandin A. (2009). Destination Normandie. Deux siècles de tourisme xixe –xxe siècles, Milan : 5 Continents Éditions. 

Gumuchian, H. et Pecqueur, B. (2007). La ressource territoriale. Paris : Éditions Economica - Anthropos.

Meyronin, B. (2012). Marketing territorial : enjeux et pratiques. Paris : Vuibert. 

Moisy, H. et Sochon, S. (2014). Cent ans d’aviation à Deauville. Bayeux : Éditions OREP. 

Pécout, C. et Birot, L. (2008). La culture sportive mondaine à la Belle Époque : facteur du développement des stations balnéaire du Calvados. Annales de Normandie, n° 1 et 2, 135-147. 

Pic, R. (2009). L’Europe des bains de mer. Paris : Éditions Nicolas Chaudin.

Pigeassou, C. (2000). Du tourisme sportif au sport touristique. Cahiers Espaces, 66. 

Rollan, F. (2004). Les réseaux d’équipements sportifs dans les stations balnéaires : l’exemple du tennis. In Situ, n° 4.

Veblen, T. (1979). Théorie de la classe de loisir. Paris : Gallimard (1re éd. 1899). 

Viard, J., Pottier, J.-F., et Urbain, J.-D., (2002). La France des temps libre et des vacances. Paris : Éditions de l’Aube.

 

1 www.mairie-deauville.fr

2 Ouest-France, 24 avril 2014.

3 La Plage, 29 juillet 1860.

4 Guide-Annuaire à Trouville-Deauville et aux environs, 1866.

5 Terme utilisé par la presse locale pour définir les premiers touristes. Par la suite, elle parlera des baigneurs, des villégiaturistes, des étrangers puis des touristes.

6 En 1907, 20 000 « étrangers » sont recensés à Deauville.

7 Trouville-Deauville, 25 juillet 1907.

8 Les Échos de Deauville, 12 août 1912.

9 Aujourd’hui, la ville compte trois golfs : Golf Barrière de Deauville (27 trous), Golf de Deauville Saint-Gatien (27 trous) et Amirauté Golf Club (27 trous).

10 L’Écho des Plages, 30 juillet 1900.

11 L’Écho des Plages, 20 août 1912.

12 Deauville, hebdomadaire d’informations sportives et mondaines de la plage fleurie, 1er juillet 1939.

13 La Normandie illustrée, revue de tourisme et d’art, février 1926.

14 Le réveil de Trouville-Deauville, 10 juin 1933.

15 Deauville compte aujourd’hui une vingtaine d’associations sportives.

16 Aujourd’hui, l’hippodrome accueille 47 réunions annuelles.

17 Le Pays d’Auge, 23 août 1902.

18 Armand Esders (1889-1940). Industriel du textile, Esders est un passionné de voile (il est membre du Deauville yacht-club), d’automobile (il en possède une vingtaine) et d’aviation. Durant les années trente, il contribue au développement des loisirs à Deauville en y injectant une partie de sa fortune. Il sera conseiller municipal de 1935 à 1940.

19 Le Pays d’Auge, 15 juillet 1936.

20 Entre 1929 et 1935, Armand Esders aura dépensé 2 550 000 francs pour l’aéroport et les manifestations qui s’y sont déroulées.

21 Président du comité France Événements, organisme rattaché à l’agence de développement touristique de la France (Atout France).

22 Deauville est présentée comme le 21e arrondissement de Paris.

23 La communauté juive est très présente à Deauville depuis les années 60, époque où elle achète des résidences secondaires. Aujourd’hui cette présence est marquée par une synagogue, un mikvé (bain rituel), un restaurant casher. La ville possède plus de lieux confessionnels que Rouen, Caen ou Le Havre. On estime que durant la saison entre 5 000 et 6 000 juifs fréquentent la station.

24 Dossier de presse, Solitaire du Figaro, 2013.

25 http://www.normandie2014.com

26 L’Horizon, magazine de la ville de Deauville, n° 62, décembre 2012.

27 Ce dispositif, instauré par la loi de décentralisation du 7 janvier 1983, dont le champ fut étendu par la loi Paysages du 8 janvier 1993, a pour objet d’assurer la protection du patrimoine paysager et urbain et mettre en valeur des quartiers et sites à protéger pour des motifs d’ordre esthétique ou historique.

28 Deauville a lancé en 2002 un projet de recomposition urbaine. Il s’agit de transformer le territoire de la presqu’île à l’entrée de la ville en un quartier vivant (restaurants, cafés, bureaux, commerces, hôtels) toute l’année permettant de développer son offre touristique. La réhabilitation de cette zone portuaire à l’abandon permettra également de redorer l’image de la ville.

29 Ouest-France, 11 octobre 2012.

30 Tournoi masculin professionnel permettant aux joueurs de gagner des points pour effectuer leur entrée dans l’ATP World Tour.

31 Ouest-France, 11 octobre 2012.

32 Ouest-France, 21 juin 2010.

33 Entretien réalisé en juin 2011.

 

Cet article a été écrit par

Christophe Pécout Enseignant-contractuel, Faculté des sciences du sport, université de Lille 2 Christophe.pecout@cegetel.net

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